{"id":108,"date":"2011-10-20T12:57:13","date_gmt":"2011-10-20T12:57:13","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2011\/10\/20\/le-parti-de-la-derniere-chance-dan-gallin-2011\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:04","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:04","slug":"le-parti-de-la-derniere-chance-dan-gallin-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2011\/10\/20\/le-parti-de-la-derniere-chance-dan-gallin-2011\/","title":{"rendered":"Le parti de la derni\u00e8re chance (Dan Gallin, 13 octobre 2011)"},"content":{"rendered":"<p>Le Centre Praxis de Moscou (<a href=\"http:\/\/www.praxiscenter.ru\/about_us\/francais\">http:\/\/www.praxiscenter.ru\/about_us\/francais<\/a>) a entrepris de traduire et d&#8217;\u00e9diter en russe le livre de Wilebaldo Solano: <strong>&#8220;Le POUM: R\u00e9volution dans la guerre d&#8217;Espagne&#8221;<\/strong>.<\/p>\n<p>Solano \u00e9tait le dernier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti ouvrier d&#8217;unification marxiste (POUM), d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2010. Dans sa pr\u00e9face pour l&#8217;\u00e9dition russe, Dan Gallin d\u00e9crit le contexte international, le mouvement socialiste r\u00e9volutionnaire en Europe dont le POUM faisait partie et son intervention dans la guerre d&#8217;Espagne.<\/p>\n<p><em>Tout commence par la conscience et rien ne vaut que par elle<\/em><br \/>\n&#8211; <em>Albert Camus<\/em><br \/>\n<!--more--><strong>Le Parti de la derni\u00e8re chance<\/strong><br \/>\nLe Centre Praxis a un immense m\u00e9rite d&#8217;avoir traduit et \u00e9dit\u00e9 le livre de Wilebaldo Solano: &#8220;Le POUM: R\u00e9volution dans la guerre d&#8217;Espagne&#8221;. Cette guerre est un \u00e9v\u00e9nement charni\u00e8re dans l&#8217;histoire du mouvement ouvrier. C&#8217;\u00e9tait la premi\u00e8re et la derni\u00e8re bataille rang\u00e9e du prol\u00e9tariat europ\u00e9en contre le fascisme. Parmi les r\u00e9sistances, elle \u00e9tait la plus grande, la plus longue et celle qui a exig\u00e9 les plus grands sacrifices. Elle est entour\u00e9e de mythes qui obscurcissent sa signification et le plus d\u00e9l\u00e9t\u00e8re de ces mythes concerne le r\u00f4le de l&#8217;URSS et de l&#8217;Internationale communiste, la Comintern. Selon le mythe, l&#8217;URSS, par son soutien \u00e0 la R\u00e9publique espagnole, aurait \u00e9t\u00e9 le principal rempart contre le fascisme. La r\u00e9alit\u00e9 est tout autre: c&#8217;est l&#8217;histoire cach\u00e9e de la r\u00e9volution espagnole, que le soutien de l&#8217;URSS \u00e0 la R\u00e9publique a permis d&#8217;\u00e9trangler, ouvrant ainsi la voie au fascisme. Le livre de Solano documente cette r\u00e9alit\u00e9. Il \u00e9tait particuli\u00e8rement important de rendre cette histoire accessible aux lecteurs russes, et c&#8217;est une revanche historique que ce livre paraisse \u00e0 Moscou, d&#8217;o\u00f9 sont partis, en 1936, les assassins de la r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Il est \u00e9galement important de rappeler le contexte politique international, qui est celui du mouvement socialiste r\u00e9volutionnaire ind\u00e9pendant, en Europe et au del\u00e0. Le POUM faisait en effet partie d&#8217;un mouvement plus vaste, qui cherchait \u00e0 d\u00e9passer les limites de la social-d\u00e9mocratie et du communisme stalinien. Les prolongements de ce mouvement existent encore sous diff\u00e9rentes formes, en partie dans les partis socialistes, en partie dans des organisations ind\u00e9pendantes qui transmettent la m\u00e9moire historique, afin qu&#8217;elle puisse servir \u00e0 de nouvelles luttes. En Espagne, c&#8217;est la Fondation Andreu Nin, en Russie le Centre Praxis. Ils ne sont pas seuls.<\/p>\n<p>Le POUM appara\u00eet dans l&#8217;histoire \u00e0 un moment o\u00f9 le mouvement ouvrier international vient de subir, en Europe, ses plus graves d\u00e9faites. En 1935, lorsque le Bloc Ouvrier et Paysan (BOC) et a Gauche Communiste Espagnole (ICE) fusionnent pour cr\u00e9er un nouveau parti r\u00e9volutionnaire en Espagne, le fascisme avait d\u00e9j\u00e0 triomph\u00e9 en Italie, au Portugal, en Allemagne et en Autriche.<\/p>\n<p>En Italie, Mussolini brise l&#8217;opposition d\u00e9mocratique, la gauche et les syndicats et cr\u00e9e le prototype de l&#8217;Etat fasciste d\u00e8s 1925. Au Portugal, la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale insurrectionnelle lanc\u00e9e par la CGT en 1934 contre &#8220;l&#8217;Estado novo&#8221; de Salazar, est r\u00e9prim\u00e9e par l&#8217;arm\u00e9e. En Allemagne, Hitler prend le pouvoir en 1933 sans rencontrer de r\u00e9sistance. Les partis ouvriers, social-d\u00e9mocrate et communiste, disposent chacun de milices paramilitaires qui ne bougent pas. Le Parti communiste combat en priorit\u00e9 les social-d\u00e9mocrates, et ceux-ci s&#8217;accrochent \u00e0 une l\u00e9galit\u00e9 qui est en train de dispara\u00eetre. Ils se retrouveront dans les camps de concentration nazis d\u00e8s mars 1933. En f\u00e9vrier 1934, la milice socialiste autrichienne, le Schutzbund, se bat contre le coup d&#8217;Etat de Dollfuss, sans avoir re\u00e7u d&#8217;ordres, par refus de se laisser d\u00e9sarmer. Elle est \u00e9cras\u00e9e quand l&#8217;arm\u00e9e intervient avec son artillerie aux c\u00f4t\u00e9s de la milice fasciste.<\/p>\n<p>En Espagne aussi la gr\u00e8ve g\u00e9n\u00e9rale d&#8217;octobre 1934 et la r\u00e9volte des Asturies, r\u00e9prim\u00e9e par des troupes command\u00e9es \u2013 d\u00e9j\u00e0 &#8211; par le g\u00e9n\u00e9ral Franco, fait partie de ces luttes ouvri\u00e8res r\u00e9volutionnaires des ann\u00e9es 1930 contre une droite autoritaire et contre la mont\u00e9e du fascisme.<\/p>\n<p>Le mouvement ouvrier des ann\u00e9es 1930 \u00e9tait divis\u00e9 en deux grands blocs, la social-d\u00e9mocratie et les communistes, mais ils ne sont pas seuls. Des courants socialistes r\u00e9volutionnaires ind\u00e9pendants se manifestent d\u00e8s la fin de la premi\u00e8re guerre mondiale. Ils proviennent en partie des oppositions socialistes anti-militaristes et internationalistes de la guerre 1914-1918, qui refusent cependant d&#8217;adh\u00e9rer \u00e0 la Comintern, constitu\u00e9e en mars 1919, dans la plupart des cas par refus des 21 conditions d&#8217;adh\u00e9sion. Par la suite l&#8217;immobilisme et le l\u00e9galisme des grands partis social-d\u00e9mocrates face \u00e0 la menace fasciste cr\u00e9e de nouvelles scissions sur leur gauche.<\/p>\n<p>A noter dans ces premiers regroupements des socialistes de gauche, le r\u00f4le des organisations socialistes russes, ukrainiennes et g\u00e9orgiennes, d\u00e9j\u00e0 contraintes \u00e0 l&#8217;exil: les mencheviks de diff\u00e9rentes tendances, notamment les internationalistes de Martov, le Bund des travailleurs juifs, les SR de gauche, les SR d&#8217;Ukraine et d&#8217;Ukraine subcarpathique, les G\u00e9orgiens avec Tseretelli, Zhordania et Ramishvili, assassin\u00e9 \u00e0 Paris en 1930 par un agent du NKVD.<\/p>\n<p>Les syndicalistes r\u00e9volutionnaires en Espagne (CNT), qui avaient adh\u00e9r\u00e9 \u00e0 l&#8217;Internationale syndicale rouge (ISR) lors de sa constitution en 1921, la quitt\u00e8rent d\u00e8s 1922, pour reconstituer l&#8217;Association internationale des Travailleurs (AIT) en Internationale syndicale anarcho-syndicaliste. Andreu Nin, qui avait particip\u00e9 au congr\u00e8s de fondation de l&#8217;ISR comme d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 de la CNT, rejoint le Parti communiste de l&#8217;URSS, devient secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint de l&#8217;ISR de 1921 et le reste jusqu&#8217;en 1927 lorsqu&#8217;il rejoint l&#8217;Opposition de gauche. En France, des syndicalistes r\u00e9volutionnaires qui avaient rejoint le PC, notamment Pierre Monatte et Alfred Rosmer, en sont exclus en 1924 et fondent La R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, en rupture avec le Comintern.<\/p>\n<p>La troisi\u00e8me source du socialisme r\u00e9volutionnaire est celle des oppositions communistes, surtout apr\u00e8s la &#8220;bolch\u00e9visation&#8221; lanc\u00e9e par Staline en 1924 qui aboutit \u00e0 la subordination totale des partis communistes au Parti-Etat sovi\u00e9tique et entra\u00eene des vagues successives d&#8217;exclusions.<\/p>\n<p>La r\u00e9sistance politique \u00e0 la prise de pouvoir par Staline dans le Parti communiste de l&#8217;URSS donne lieu \u00e0 deux tendances principales qui ont des prolongements internationaux: &#8220;l&#8217;Opposition de gauche&#8221;, qui se manifeste d\u00e8s 1923, anim\u00e9e par Trotsky, devient un courant international en 1930, dont l&#8217;ICE fait partie. Elle se transforme en 4\u00e8me Internationale en 1938. D&#8217;autre part, &#8220;l&#8217;Opposition de droite&#8221;, qui soutient Boukharine, devient \u00e0 son tour un courant international en 1930, fortement implant\u00e9 en Allemagne, en Su\u00e8de et aux Etats-Unis. Le BOC, sans y adh\u00e9rer, en est proche.<\/p>\n<p>De 1923 \u00e0 1932 le regroupement international de la gauche socialiste et de ses courants r\u00e9volutionnaires est faite de scissions et de fusions successives, au fur et au mesure que la crise des grands partis, social-d\u00e9mocrate et communiste, s&#8217;approfondit, et que l&#8217;issue de ces crises devient inatteignable dans le cadre de ces partis. Apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec des tentatives de reconstitution de l&#8217;unit\u00e9 ouvri\u00e8re se pose la question d&#8217;une nouvelle Internationale.<\/p>\n<p>Le Centre marxiste r\u00e9volutionnaire international se cr\u00e9e en 1932 \u00e0 l&#8217;initiative du Independent Labour Party (ILP) britannique, qui en assure le secr\u00e9tariat. Il s&#8217;appelle par la suite Bureau International de l&#8217;Unit\u00e9 Socialiste R\u00e9volutionnaire mais reste plus connu sous le nom de Bureau de Londres. Il rassemble des partis de treize pays, issus, d&#8217;une part, de scissions de la gauche de la social-d\u00e9mocratie, tels que le Parti socialiste ouvrier allemand (SAP) ou, en France, la Gauche r\u00e9volutionnaire de la SFIO (qui en 1938 devient le Parti socialiste ouvrier et paysan (PSOP)), d&#8217;autre part, de scissions des partis communistes, tels que le Parti socialiste de Su\u00e8de, ou l&#8217;Opposition communiste (KPO) en Allemagne. Le POUM en devient membre lors de sa formation en 1935. Le Parti travailliste norv\u00e9gien est le seul parti ouvrier, tr\u00e8s majoritaire dans son pays, qui adh\u00e8re en bloc, mais il rejoint l&#8217;Internationale socialiste en 1933.<\/p>\n<p>Edo Fimmen, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la F\u00e9d\u00e9ration internationale des travailleurs des transports (ITF), est membre du Parti socialiste ind\u00e9pendant (OSP) des Pays-Bas, affili\u00e9 au Bureau. Sous sa direction, l&#8217;ITF affr\u00e8te des navires qui rompent le blocus des Asturies pendant la guerre civile en Espagne.<\/p>\n<p>Les partis du Bureau de Londres sont divis\u00e9s sur la question du Front populaire ou Front d&#8217;unit\u00e9 ouvri\u00e8re. Ils appellent \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 des partis socialistes et communistes contre la mont\u00e9e du fascisme, rejoignant ainsi Trotsky, mais un rapprochement avec le mouvement trotskiste \u00e9choue: la majorit\u00e9 des partis du Bureau, dont le POUM, s&#8217;oppose \u00e0 la cr\u00e9ation d&#8217;une nouvelle Internationale. La majorit\u00e9 de ces partis, aux origines et politiques h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, consid\u00e8re que la fondation d&#8217;une Internationale serait pr\u00e9matur\u00e9e, et qu&#8217;elle ne saurait de toute fa\u00e7on pas s&#8217;appuyer sur les groupuscules trotskystes. Trotsky lance des pol\u00e9miques contre le &#8220;centrisme&#8221; du Bureau, en particulier contre Andreu Nin et la direction de l&#8217;ICE pour avoir pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 la fusion avec le BOC \u00e0 l&#8217;option trotskiste.<\/p>\n<p>Le coup d&#8217;Etat des g\u00e9n\u00e9raux fascistes en Espagne en juillet 1936, qui d\u00e9clenche la r\u00e9volution en Catalogne et la guerre civile dans tout le pays, change radicalement la situation politique de la gauche r\u00e9volutionnaire. Apr\u00e8s les batailles perdues contre le fascisme dans toute l&#8217;Europe, voici que s&#8217;ouvre un nouveau front, une bataille que le mouvement ouvrier peut gagner.<\/p>\n<p>Pour le POUM, et dans une certaine mesure pour la CNT et pour la gauche du PSOE, la guerre et la r\u00e9volution sont indissolublement li\u00e9s: sans r\u00e9volution, la guerre ne pouvait \u00eatre gagn\u00e9e. D\u00e8s lors, le POUM devient le parti autour duquel s&#8217;organisa l&#8217;activit\u00e9 du Bureau de Londres et de ses partis membres. D\u00e8s le mois de juillet, des volontaires afflu\u00e8rent de toute l&#8217;Europe et de plus loin pour se battre, socialistes r\u00e9volutionnaires, communistes dissidents dans les milices du POUM, anarchistes dans les milices de la CNT. M\u00eame des membres des PC rejoignent ces milices, qui \u00e9taient les premi\u00e8res \u00e0 combattre, puisque les Brigades internationales ne seront organis\u00e9es par le Comintern qu&#8217;\u00e0 partir du mois d&#8217;octobre, quand Staline se rend compte qu&#8217;une r\u00e9volution est possible en Espagne et qu&#8217;elle risque de lui \u00e9chapper.<\/p>\n<p>On estime que pr\u00e8s de 700 volontaires internationaux, d&#8217;au moins 28 pays, rejoignirent les unit\u00e9s du POUM, provenant pour la plupart des partis du Bureau, mais aussi d&#8217;autres, notamment trotskistes de diff\u00e9rents pays. Plus de la moiti\u00e9 des internationaux \u00e9taient des Allemands, principalement du KPO et du SAP. Une centaine environ de volontaires britanniques du ILP combattirent en Espagne, dont la moiti\u00e9 dans les milices du POUM (George Orwell \u00e9tait le plus connu d&#8217;entre eux), d&#8217;autres avec les Brigades internationales ou des unit\u00e9s de la CNT. Une vingtaine d&#8217;Italiens (socialistes maximalistes, bordigistes et trotskistes) combattirent avec le POUM.<\/p>\n<p>A partir des mois d&#8217;ao\u00fbt et de septembre 1936, des socialistes r\u00e9volutionnaires rejoignent aussi les milices de la CNT. Le Bataillon Matteotti, command\u00e9 par Carlo Rosselli, dirigeant du mouvement socialiste Giustizia e Libert\u00e0 (GL), et par l&#8217;anarchiste Camillo Berneri, combat avec la Colonne Ascaso de la CNT sur le front d&#8217;Aragon. Il \u00e9tait compos\u00e9 d&#8217;Italiens de diff\u00e9rentes tendances (anarchistes, r\u00e9publicains, maximalistes, &#8220;giellistes&#8221; (GL), communistes) et remporta une bataille importante au Monte Pelado en ao\u00fbt 1936. A la radio de Barcelone, Rosselli lance: &#8220;Oggi in Spagna, domani in Italia&#8221;.<\/p>\n<p>Cependant, Staline et le Parti communiste espagnol \u00e0 ses ordres, sont d\u00e9cid\u00e9s \u00e0 d\u00e9truire les forces r\u00e9volutionnaires susceptibles de prendre la direction d&#8217;une r\u00e9volution ouvri\u00e8re qui pouvait servir d&#8217;exemple alors que Staline \u00e9tait en train de liquider ce qui restait de la R\u00e9volution russe. Le premier proc\u00e8s de Moscou a lieu en ao\u00fbt 1936. D\u00e8s octobre, les staliniens commencent leurs agressions contre les poumistes, les accompagnant d\u2019une campagne de calomnie et de diffamation monstrueuse.<br \/>\nL&#8217;URSS est en position de force: alors que les d\u00e9mocraties occidentales refusent leur aide \u00e0 la R\u00e9publique, elle reste le seul pays, avec le Mexique, \u00e0 lui apporter une aide militaire, assortie de conditions politiques qui finissent par paralyser les institutions de l&#8217;Etat. Le PCE, insignifiant au d\u00e9but de la guerre civile, investit les leviers du pouvoir: la police et l&#8217;arm\u00e9e, aid\u00e9 par les sp\u00e9cialistes envoy\u00e9s par l&#8217;URSS. L&#8217;\u00e9preuve de force, ce sont les journ\u00e9es de mai 1937 \u00e0 Barcelone, auxquelles Solano consacre un chapitre de son livre. Un d\u00e9tachement policier sous commandement communiste tente de prendre le contr\u00f4le de la centrale t\u00e9l\u00e9phonique tenue par la CNT. Les c\u00e9n\u00e9tistes se d\u00e9fendent, et la ville enti\u00e8re se soul\u00e8ve. Le POUM se joint aux c\u00e9n\u00e9tistes, mais la direction nationale de la CNT, qui participe au gouvernement de la R\u00e9publique, impose la cessation des combats. D\u00e8s lors, le rapport de force change, les staliniens reprennent l&#8217;initiative, obtiennent la d\u00e9mission de Largo Caballero et son remplacement par Negrin, socialiste mais collaborateur des communistes. Plus rien ne s&#8217;oppose \u00e0 la r\u00e9pression.<\/p>\n<p>Robert Louzon, syndicaliste fran\u00e7ais de la R\u00e9volution prol\u00e9tarienne, dans son \u00e9tude sur les Journ\u00e9es de mai, cit\u00e9e par Pierre Brou\u00e9, se d\u00e9clare frapp\u00e9 de l&#8217;\u00e9crasante sup\u00e9riorit\u00e9 des ouvriers en armes, ma\u00eetres, pratiquement sans combat, des neuf dixi\u00e8mes de la ville. Mais il souligne que cette force ne fut utilis\u00e9e que pour la d\u00e9fensive. Pierre Brou\u00e9 conclut: &#8220;Il est certes permis de penser que la r\u00e9action spontan\u00e9e des travailleurs de Barcelone pouvait ouvrir la voie \u00e0 un nouvel \u00e9lan r\u00e9volutionnaire, et qu&#8217;elle \u00e9tait l&#8217;occasion de renverser la vapeur. L&#8217;historien se contentera de constater que les dirigeants anarchistes ne l&#8217;ont pas voulu et que ceux du POUM. n&#8217;ont pas cru le pouvoir.&#8221; C&#8217;\u00e9tait la derni\u00e8re chance de la r\u00e9volution.<\/p>\n<p>La r\u00e9pression d\u00e9clench\u00e9e par le NKVD et les communistes espagnols \u00e0 partir de mai 1937 contre le POUM et la gauche anti-stalinienne frappe les volontaires internationaux avec violence. Les tueurs du NKVD assassinent le marxiste r\u00e9volutionnaire autrichien Kurt Landau, conseiller du POUM, Bob Smillie du ILP, le socialiste Marc Rhein, fils du dirigeant menchevik Rafael Abramovitch, les trotskistes Erwin Wolf, Hans Freund et Goffredo Rosini, un proche de Gramsci exil\u00e9 au Br\u00e9sil, George Tioli, un agent du Comintern entr\u00e9 en dissidence, Alberto Besouchet, militaire br\u00e9silien proche des trotskistes et volontaire des Brigades internationales, les anarchistes Camillo Berneri et Francesco Barbieri, parmi d&#8217;autres.<br \/>\nDe nombreux internationaux sont arr\u00eat\u00e9s et d\u00e9tenus dans les prisons priv\u00e9es du NKVD, les &#8220;tchekas&#8221;.<\/p>\n<p>Certains purent s&#8217;\u00e9chapper, d&#8217;autres sont rel\u00e2ch\u00e9s gr\u00e2ce aux campagnes internationales du Bureau de Londres et de ses partis membres qui envoy\u00e8rent plusieurs missions, de partis de l&#8217;Internationale socialiste, de comit\u00e9s de solidarit\u00e9 r\u00e9unissant intellectuels, syndicalistes et dirigeants politiques de divers horizons de gauche, notamment en France, en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis.. D&#8217;autres encore sont arrach\u00e9s aux &#8220;tchekas&#8221; par des commandos socialistes et anarchistes. La situation des exil\u00e9s, Allemands, Autrichiens, Italiens et autres, qui ne pouvaient pr\u00e9tendre \u00e0 une protection diplomatique, m\u00eame toute relative, est particuli\u00e8rement difficile.<\/p>\n<p>Le sort des militants du POUM ne fut gu\u00e8re plus facile. Environ un millier de militants du POUM sont arr\u00eat\u00e9s, une cinquantaine assassin\u00e9s, dont Andreu Nin, enlev\u00e9 et tortur\u00e9 \u00e0 mort le 20 juin 1937. Apr\u00e8s la dissolution des unit\u00e9s militaires du POUM, ses miliciens vers\u00e9s dans les unit\u00e9s sous commandement communiste sont assassin\u00e9s ou envoy\u00e9s au front dans des missions suicidaires, mais d&#8217;autres sont accueillis dans des unit\u00e9s command\u00e9es par des c\u00e9n\u00e9tistes ou socialistes de gauche, o\u00f9 ils purent survivre. Un proc\u00e8s des dirigeants du POUM organis\u00e9 par le NKVD en 1938, qui devait \u00eatre un &#8220;proc\u00e8s de Moscou en Espagne&#8221; et qui devait confirmer leur &#8220;complicit\u00e9 avec les franquistes&#8221;, tourne court: Andreu Nin \u00e9tait mort sous la torture sans signer des &#8220;aveux&#8221;, les accus\u00e9s r\u00e9sistent et deviennent des accusateurs, des dirigeants socialistes et anarchistes t\u00e9moignent en leur faveur et la campagne internationale de solidarit\u00e9 dans toute l&#8217;Europe et aux Etats-Unis finit par discr\u00e9diter le coup mont\u00e9 du NKVD.<\/p>\n<p>Des militants c\u00e9n\u00e9tistes et anarchistes subissent \u00e9galement la r\u00e9pression du NKVD et des communistes espagnols. Ainsi, douze membres des Jeunesses libertaires sont trouv\u00e9s assassin\u00e9s au bord de la route, y compris Alfredo Martinez, secr\u00e9taire du Front de la Jeunesse r\u00e9volutionnaire, constitu\u00e9 par la Jeunesse communiste ib\u00e9rique, dont le secr\u00e9taire \u00e9tait Wilebaldo Solano, et les Jeunesses libertaires.<\/p>\n<p>La r\u00e9pression contre le POUM, les anarchistes et leurs camarades internationaux se passe en marge des autorit\u00e9s de la R\u00e9publique, impuissantes. En ao\u00fbt, une d\u00e9l\u00e9gation conduite par James Maxton, d\u00e9put\u00e9 du ILP, enqu\u00eate sur les accusations lanc\u00e9es contre le POUM et la disparition d&#8217;Andreu Nin. Manuel Irujo, Ministre de la Justice (nationaliste basque), leur d\u00e9clare que la police \u00e9tait devenue &#8220;quasi ind\u00e9pendante&#8221; et qu\u2019elle \u00e9tait en r\u00e9alit\u00e9 sous le contr\u00f4le d\u2019\u00e9l\u00e9ments communistes \u00e9trangers. Une autre d\u00e9l\u00e9gation conduite par John McGovern, \u00e9galement d\u00e9put\u00e9 du ILP, en d\u00e9cembre, re\u00e7oit la m\u00eame r\u00e9ponse de Juli\u00e0n Zugazagoitia, Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur (socialiste): &#8220;Nous avons re\u00e7u l\u2019aide de la Russie et nous avons d\u00fb permettre certains actes qui ne nous plaisaient pas&#8221;.<\/p>\n<p>En 1939 le &#8220;gouvernement de la victoire&#8221; de Juan Negrin perd la guerre. Barcelone tombe le 26 janvier et la r\u00e9sistance arm\u00e9e cesse en Catalogne le 9 f\u00e9vrier. Les prisonniers du POUM craignaient de tomber aux mains des franquistes, mais le Ministre de la Justice, le socialiste Gonz\u00e1lez Pe\u00f1a, les lib\u00e8re \u00e0 l&#8217;avant-veille de la chute de Barcelone. Ils r\u00e9ussissent \u00e0 passer en France, o\u00f9 ils sont attendus par des militants du PSOP.<\/p>\n<p>Alors que le front r\u00e9publicain s&#8217;effondre, Negrin et les communistes appellent \u00e0 la r\u00e9sistance \u00e0 outrance. Le 12 mars, Negrin, ses conseillers sovi\u00e9tiques et l&#8217;\u00e9tat-major communiste s&#8217;enfuient par avion. Franco proclame la fin de la guerre le 1er avril 1939.<\/p>\n<p>On est \u00e0 cinq mois de la deuxi\u00e8me guerre mondiale. L&#8217;URSS avait progressivement diminu\u00e9 son aide militaire \u00e0 la R\u00e9publique \u00e0 partir de l&#8217;\u00e9t\u00e9 1938, amor\u00e7ant le tournant dans sa politique ext\u00e9rieure qui aboutit \u00e0 la signature du pacte Molotov-Ribbentrop le 23 ao\u00fbt 1939. L&#8217;arm\u00e9e allemande envahit la Pologne le 1 septembre, suivie par l&#8217;arm\u00e9e sovi\u00e9tique le 17 septembre.<\/p>\n<p>Le Bureau de Londres est dissout en 1939. Il avait fait de la lutte contre la guerre un axe principal de sa politique. La r\u00e9volution espagnole avait clarifi\u00e9 les enjeux et lui avait donn\u00e9 une nouvelle dimension.<br \/>\nAu congr\u00e8s du Bureau \u00e0 Bruxelles, en octobre 1936, Fenner Brockway du ILP avait d\u00e9clar\u00e9: &#8220;La r\u00e9volution espagnole deviendra la r\u00e9volution europ\u00e9enne. Cela peut para\u00eetre utopique, mais, \u00e0 la suite du d\u00e9veloppement de la situation en Espagne, alors que la Russie sovi\u00e9tique menace de d\u00e9chirer le Pacte de Non-intervention, il est indispensable que nous soyons pr\u00eats pour une r\u00e9volution sociale qui s&#8217;\u00e9tendra au del\u00e0 des fronti\u00e8res.&#8221;<\/p>\n<p>Brockway poursuit: &#8220;Dans la classe ouvri\u00e8re, comme r\u00e9sultat de la lutte h\u00e9ro\u00efque de nos camarades espagnols, il y a une renaissance de l&#8217;esprit r\u00e9volutionnaire (\u2026) En ce moment m\u00eame, des \u00e9v\u00e9nements, du processus historique, du mouvement g\u00e9n\u00e9ral de la classe ouvri\u00e8re, s&#8217;\u00e9l\u00e8vent des forces qui cr\u00e9eront une nouvelle Internationale r\u00e9volutionnaire (\u2026) Je dis \u00e0 ce Congr\u00e8s qu&#8217;il peut aussi \u00eatre vrai que ce qu&#8217;a \u00e9t\u00e9 la r\u00e9volution sociale en Russie \u00e0 la naissance de la Troisi\u00e8me Internationale, la R\u00e9volution Sociale en Espagne le sera \u00e0 la naissance d&#8217;une nouvelle Internationale r\u00e9volutionnaire.&#8221;<\/p>\n<p>C&#8217;\u00e9tait aussi la perspective du POUM. Comme l&#8217;\u00e9crit Solano plus tard, dans des termes moins exalt\u00e9s, &#8220;Il fallait s&#8217;armer id\u00e9ologiquement, politiquement et organisationellement afin de vaincre en Espagne et ainsi d&#8217;emp\u00eacher tout d\u00e9veloppement du fascisme en Europe en \u00e9vitant une seconde guerre mondiale et en ouvrant des perspectives de lib\u00e9ration pour le mouvement ouvrier europ\u00e9en.&#8221;<\/p>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la r\u00e9volution espagnole \u00e9tait isol\u00e9e. En France, les grandes gr\u00e8ves de juin 1936 pouvaient laisser croire \u00e0 une perspective r\u00e9volutionnaire, mais le gouvernement du Front populaire y avait mis fin. Au socialiste r\u00e9volutionnaire Marceau Pivert, membre du Bureau de Londres, qui affirmait en juin 1936 que &#8220;tout \u00e9tait possible&#8221;, Maurice Thorez, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du PC fran\u00e7ais, r\u00e9pond que tout n&#8217;\u00e9tait pas possible et qu&#8217;il fallait &#8220;savoir terminer une gr\u00e8ve&#8221;. Dans le reste de l&#8217;Europe, rien de bouge. Aux Etats-Unis il y a certes un renouveau du mouvement ouvrier avec l&#8217;essor de la CIO mais sans cons\u00e9quences imm\u00e9diates sur le plan international.<\/p>\n<p>S&#8217;il est n\u00e9anmoins vrai que la r\u00e9volution espagnole pouvait \u00eatre la derni\u00e8re chance d&#8217;une r\u00e9volution europ\u00e9enne, il aurait fallu pour cela que la CNT s&#8217;engage pleinement avec le POUM. Nous avons vu que cela n&#8217;\u00e9tait pas le cas. A ce sujet, le r\u00e9cit de Solano sur l&#8217;entrevue des dirigeants du POUM avec ceux de la CNT du 3 mai 1937 (dans le Chapitre 4) est des plus instructifs.<\/p>\n<p>Mais il y a surtout, dans la politique du Bureau, une m\u00e9connaissance fatale d&#8217;un facteur nouveau: la puissance contre-r\u00e9volutionnaire de l&#8217;URSS. Or, c&#8217;est l\u00e0 le facteur d\u00e9cisif pourquoi le rapport des forces \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle mondiale est loin d&#8217;\u00eatre aussi favorable \u00e0 la r\u00e9volution espagnole en 1936 qu&#8217;il l&#8217;\u00e9tait en 1917-19 \u00e0 la r\u00e9volution russe<\/p>\n<p>Le congr\u00e8s de Bruxelles, o\u00f9 Julian Gorkin repr\u00e9sentait le POUM, salue l&#8217;aide militaire de l&#8217;URSS, tout en mettant en garde contre la &#8220;colonisation de la classe ouvri\u00e8re espagnole en \u00e9change d&#8217;armes&#8221;. On sait ce qu&#8217;il en est advenu. Le congr\u00e8s adopte aussi, contre une minorit\u00e9, le mot d&#8217;ordre de la &#8220;d\u00e9fense de l&#8217;URSS&#8221; en tant que seul pays &#8220;dont le syst\u00e8me \u00e9conomique repose sur la collectivit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9 et par cela repr\u00e9sente un obstacle consid\u00e9rable pour la stabilisation de l&#8217;imp\u00e9rialisme mondial&#8221;.<\/p>\n<p>Enfin, le congr\u00e8s ne parvient pas \u00e0 prendre position sur le proc\u00e8s de Moscou d&#8217;ao\u00fbt 1936, malgr\u00e9 l&#8217;intervention de la d\u00e9l\u00e9gu\u00e9e de l&#8217;Ecole \u00e9mancip\u00e9e, qui fit remarquer par ailleurs qu&#8217;il ne subsistait plus grande chose des &#8220;acquis de la R\u00e9volution d&#8217;Octobre&#8221; qu&#8217;il vaille la peine de d\u00e9fendre. La discussion sur la &#8220;question russe&#8221; est report\u00e9e au prochain congr\u00e8s qui devait se r\u00e9unir, sur invitation du POUM, \u00e0 Barcelone, au printemps 1937.<\/p>\n<p>Des partis comme le KPO allemand de Brandler et Thalheimer, dont des membres combattirent pourtant dans les milices du POUM, refusa de condamner les proc\u00e8s de Moscou jusqu&#8217;au quatri\u00e8me, celui de mars 1938, dont le principal accus\u00e9 \u00e9tait leur camarade Boukharine.<\/p>\n<p>En r\u00e9alisant d\u00e8s 1935 une fusion des oppositions communistes &#8220;de gauche&#8221; et &#8220;de droite&#8221;, le POUM avait anticip\u00e9 sur une situation de fait qui avait fini par s&#8217;imposer aux r\u00e9volutionnaires des ann\u00e9es 1940 et 1950: les oppositions de &#8220;gauche&#8221; et de &#8220;droite&#8221; repr\u00e9sentaient en r\u00e9alit\u00e9 ensemble une gauche dans la tradition marxiste contre le stalinisme qui, loin de repr\u00e9senter un &#8220;centre&#8221;, construisait en fait un syst\u00e8me politique et \u00e9conomique aux mains d&#8217;une nouvelle classe qui n&#8217;avait plus rien de commun avec le socialisme. Les mouvements, comme les personnes, n&#8217;apprennent que par exp\u00e9rience, et l&#8217;exp\u00e9rience de la contre-r\u00e9volution stalinienne en Espagne fut une le\u00e7on d\u00e9cisive, mais tr\u00e8s cher pay\u00e9e, pour le mouvement socialiste.<\/p>\n<p>La d\u00e9faite de la r\u00e9volution espagnole, qui entra\u00eene celle de la R\u00e9publique, cl\u00f4t une p\u00e9riode dans l&#8217;histoire du socialisme r\u00e9volutionnaire, celle qui commence avec les retomb\u00e9es politiques de la premi\u00e8re guerre mondiale.<\/p>\n<p>Laissons l&#8217;\u00e9pilogue \u00e0 Willy Buschak, l&#8217;historien du Bureau de Londres:<\/p>\n<p>&#8220;Le fait que la guerre civile en Espagne ne pouvait conduire \u00e0 la relance esp\u00e9r\u00e9e pour les socialistes de gauche en Europe \u00e9tait d\u00fb en grande partie \u00e0 des facteurs hors de leur port\u00e9e. Finalement l&#8217;issue de la guerre civile a \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 Londres, Paris et Moscou, seul le poids concentr\u00e9 de l&#8217;ensemble du mouvement ouvrier europ\u00e9en aurait pu faire pencher la balance. Mais les grandes Internationales syndicales et politiques du mouvement ouvrier n&#8217;y \u00e9taient pas pr\u00eates. Le Comintern et sa section espagnole portaient la responsabilit\u00e9 d&#8217;une politique qui avait bris\u00e9 l&#8217;\u00e9lan de la r\u00e9sistance anti-fasciste en r\u00e9primant avec violence les tendances social-r\u00e9volutionnaires. D&#8217;une Espagne ou la r\u00e9volution gisait \u00e9trangl\u00e9e, aucun renouveau du mouvement europ\u00e9en, comme l&#8217;esp\u00e9raient les socialistes de gauche, ne pouvait plus repartir.<\/p>\n<p>&#8220;Tout ce que le Bureau de Londres pouvait faire \u00e0 partir de l\u00e0 \u00e9tait de pr\u00e9server ses cadres, de les former et de les pr\u00e9parer pour la nuit, longue et profonde, de la deuxi\u00e8me guerre mondiale qui les attendait, en essayant de faire survivre le plus possible l&#8217;esprit socialiste pendant la guerre.&#8221;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9f\u00e9rences<\/strong><br \/>\nWilly Buschak: Das Londoner B\u00fcro \u2013 Europ\u00e4ische Linkssozialisten in der Zwischenkriegszeit, Internationaal Instituut voor Sociale Geschiedenis, Amsterdam, 1985<br \/>\nAndy Durgan: International Volunteers in the POUM Militias, Fundaci\u00f3n Andreu Nin, Edici\u00f3n digital, 2004<br \/>\nReiner Tosstorf: Die POUM in der spanischen Revolution, ISP, K\u00f6ln, 2006<br \/>\nStefanie Prezioso, Jean Batou, Ami-Jacques Rapin (ed.): Tant pis si la lutte est cruelle \u2013 Volontaires internationaux contre Franco, Editions Syllepse, Paris, 2008<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le Centre Praxis de Moscou (http:\/\/www.praxiscenter.ru\/about_us\/francais) a entrepris de traduire et d&#8217;\u00e9diter en russe le livre de Wilebaldo Solano: &#8220;Le POUM: R\u00e9volution dans la guerre d&#8217;Espagne&#8221;. Solano \u00e9tait le dernier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral du Parti ouvrier d&#8217;unification marxiste (POUM), d\u00e9c\u00e9d\u00e9 en 2010. Dans sa pr\u00e9face pour l&#8217;\u00e9dition russe, Dan Gallin d\u00e9crit le contexte international, le mouvement [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[32,19],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108"}],"collection":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=108"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":317,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/108\/revisions\/317"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=108"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=108"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=108"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}