{"id":109,"date":"2011-12-24T17:32:01","date_gmt":"2011-12-24T17:32:01","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2011\/12\/24\/la-syndicalisation-des-travailleur-ses-du-sexe-thierry-schaffauser-2011\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:04","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:04","slug":"la-syndicalisation-des-travailleur-ses-du-sexe-thierry-schaffauser-2011","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2011\/12\/24\/la-syndicalisation-des-travailleur-ses-du-sexe-thierry-schaffauser-2011\/","title":{"rendered":"La syndicalisation des travailleur\/ses du sexe (Thierry  Schaffauser, 22 d\u00e9cembre 2011)"},"content":{"rendered":"<p><em>Mardi 6 d\u00e9cembre 2011, l\u2019Assembl\u00e9e nationale a r\u00e9affirm\u00e9 sa position abolitionniste en mati\u00e8re de prostitution. Voici l\u2019article de Thierry Schaffauser du syndicat des travailleur\u00b7ses du sexe, le STRASS. Article dans lequel il entend non seulement revenir sur les raisons de la cr\u00e9ation du syndicat, mais aussi sur les points de controverse qui l\u2019opposent \u00e0 une partie de la gauche en France<\/em>.<!--more--><strong>Pourquoi le mod\u00e8le syndical ?<\/strong><br \/>\nDepuis 1973 et la cr\u00e9ation de Coyote en Californie, les travailleu\u00b7ses du sexe s\u2019organisent au sein d\u2019associations. Les premi\u00e8res revendications portaient sur la d\u00e9criminalisation du travail sexuel appel\u00e9 encore alors prostitution. Mais tr\u00e8s vite, le th\u00e8me du travail appara\u00eet. D\u00e8s la fin des ann\u00e9es 1970, l\u2019activiste Carol Leigh cr\u00e9e le terme sex work, qui fut repris et traduit internationalement par l\u2019ensemble des travailleu\u00b7ses du sexe activistes.<\/p>\n<p>Ainsi, une des premi\u00e8res luttes men\u00e9es par les travailleu\u00b7ses du sexe est la reconnaissance du travail sexuel comme un travail. C\u2019est une \u00e9tape essentielle pour changer notre statut, acc\u00e9der de fa\u00e7on effective \u00e0 des droits et ne plus \u00eatre consid\u00e9r\u00e9\u00b7es comme des inadapt\u00e9\u00b7es sociaux\u00b7les \u00e0 r\u00e9ins\u00e9rer. Les travailleu\u00b7ses du sexe ne veulent pas de la charit\u00e9 chr\u00e9tienne aujourd\u2019hui organis\u00e9e autour des associations abolitionnistes financ\u00e9es par l\u2019Etat. Nous voulons des droits pour \u00eatre ind\u00e9pendant\u00b7es.<\/p>\n<p>Le qualificatif de victime qu\u2019on nous impose n\u2019a rien d\u2019\u00e9mancipateur mais n\u2019est qu\u2019un outil pour nous maintenir dans un statut de minorit\u00e9 l\u00e9gale, qui nous pathologise, et sans possibilit\u00e9 de nous exprimer par nous-m\u00eames. Pour beaucoup, le travail sexuel ne serait pas un travail mais une violence \u00e0 abolir. Ces gens confondent rapport sexuel consenti et viol, migrations et traite des \u00eatres humains, et le travail avec l\u2019esclavage. Ils soutiennent ces amalgames en expliquant que dans un syst\u00e8me capitaliste et patriarcal le libre choix n\u2019existe pas. Nous sommes d\u2019accord que le concept de choix est un concept lib\u00e9ral et qu\u2019il ne d\u00e9crit pas la r\u00e9alit\u00e9 v\u00e9cue par la plupart des travailleurs. Mais cela est vrai pour tous les travailleurs et pas seulement les travailleu\u00b7ses du sexe. Il est alors surprenant que seuls les travailleu\u00b7ses du sexe soient accus\u00e9\u00b7es d\u2019\u00eatre complices du patriarcat et du capitalisme quand ils et elles luttent pour leurs droits, quand nous ne sommes pas accus\u00e9es d\u2019\u00eatre des prox\u00e9n\u00e8tes (1), tandis que les autres travailleurs, eux, s\u2019organiseraient pour leur \u00e9mancipation. Cet argument du choix est en fait une strat\u00e9gie pour nous exclure en justifiant notre incapacit\u00e9 politique et pour confisquer notre parole. Puisque nous ne pourrions choisir le travail sexuel, alors de bonnes \u00e2mes vont d\u00e9cider pour nous qu\u2019il vaut mieux que nous travaillions \u00e0 McDonalds parce qu\u2019au moins ce n\u2019est plus nous la \u00abviande\u00bb qui est \u00e0 vendre (2). Ces personnes vont parfois jusqu&#8217;\u00e0 utiliser l\u2019expression de \u00abviandards\u00bb pour d\u00e9crire nos clients (3).<\/p>\n<p>L\u2019enjeu du mot \u00abtravail\u00bb pour les travailleurs du sexe est d\u2019obtenir la d\u00e9criminalisation et d\u2019acc\u00e9der aux droits associ\u00e9s \u00e0 l\u2019occupation d\u2019un emploi. Les mouvements abolitionnistes r\u00e9pondent que l\u2019usage du mot \u00abtravail\u00bb normaliserait ce qui serait toujours une violence et de l\u2019exploitation du corps. En faisant une diff\u00e9rence entre le travail sexuel et d\u2019autres formes de travail, ils op\u00e8rent ainsi implicitement une n\u00e9gation de l\u2019aspect violent et exploitant de tout travail. Les abolitionnistes qui refusent de reconna\u00eetre le travail sexuel comme travail tendent ainsi \u00e0 comprendre la notion de travail comme facteur d\u2019\u00e9panouissement personnel et qui serait diff\u00e9rent de la violence et de l\u2019exploitation. Pour les travailleurs du sexe, le mot travail ne cache ni l\u2019exploitation ni la violence qui existent dans les industries du sexe, mais permet de trouver des solutions dans les lois prot\u00e9geant les travailleurs et les mouvements syndicaux qui les d\u00e9fendent. Cr\u00e9er un syndicat, c\u2019est donc nous soustraire au statut ali\u00e9nant de victime, et inscrire notre lutte dans celle de l\u2019ensemble des travailleurs, et comme une lutte de classe.<\/p>\n<p><strong>Le droit de se syndiquer?<\/strong><br \/>\nLa D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme proclame au paragraphe 4 de l\u2019article 23 que : \u00abToute personne a le droit de fonder avec d\u2019autres des syndicats et de s\u2019affilier \u00e0 des syndicats pour la d\u00e9fense de ses int\u00e9r\u00eats\u00bb (4).<\/p>\n<p>En France, le Syndicat du TRAvail Sexuel (STRASS) (5) s\u2019est cr\u00e9\u00e9 en mars 2009 afin de d\u00e9fendre les droits et int\u00e9r\u00eats des travailleu\u00b7ses du sexe. Ce nouveau syndicat a suscit\u00e9 la curiosit\u00e9 des m\u00e9dias et du public mais continue d\u2019\u00eatre ignor\u00e9 par la plupart des autres organisations syndicales, les partis politiques et le mouvement social. Beaucoup vont jusqu&#8217;\u00e0 questionner la l\u00e9gitimit\u00e9 du STRASS de se revendiquer comme syndicat. C\u2019est par exemple ce qu\u2019a exprim\u00e9 l\u2019organisation Alternative Libertaire (AL) dans un dossier consacr\u00e9 \u00e0 la prostitution (6). En r\u00e9ponse au STRASS, ils \u00e9crivent :<\/p>\n<p>\u00abS\u2019agit-il d\u2019un syndicat de d\u00e9fense &#8220;de la l\u00e9galit\u00e9 du travail sexuel&#8221; ou d\u2019un &#8220;syndicat de d\u00e9fense des travailleurs et travailleuses du sexe&#8221; ? Nous pensons que le nom du syndicat est sans ambigu\u00eft\u00e9, il s\u2019agit d\u2019un syndicat de d\u00e9fense du &#8220;travail sexuel&#8221; et non de d\u00e9fense des travailleurs du sexe au sens o\u00f9 l\u2019a entendu le mouvement ouvrier. Le Strass est un syndicat qui d\u00e9fend les int\u00e9r\u00eats d\u2019une corporation de m\u00e9tier, c\u2019est un syndicat de d\u00e9fense d\u2019artisans du travail sexuel. Or, un syndicat de travailleurs au sens du mouvement ouvrier ne d\u00e9fend pas un m\u00e9tier, mais des travailleurs contre les abus des patrons. En ce sens, il ne pourrait y avoir de syndicat de travailleurs et de travailleuses du sexe que comme organisation de d\u00e9fense des personnes prostitu\u00e9es exploit\u00e9es dans des r\u00e9seaux de prostitution.\u00bb<\/p>\n<p>Cette objection est int\u00e9ressante \u00e0 plusieurs niveaux et reprend les diff\u00e9rents arguments entendus contre la syndicalisation des travailleu\u00b7ses du sexe. AL oppose tout d\u2019abord la d\u00e9fense de la l\u00e9galit\u00e9 du travail sexuel et la d\u00e9fense des travailleu\u00b7ses du sexe, comme si l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 du travail sexuel pouvait \u00eatre en fait dans l\u2019int\u00e9r\u00eat des travailleurs. Pour le STRASS, et l\u2019ensemble des organisations de travailleu\u00b7ses du sexe, la revendication de d\u00e9criminalisation est une priorit\u00e9 parce que l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 de notre travail est la premi\u00e8re cause des abus et de l\u2019exploitation et en aucun cas une barri\u00e8re ou une protection contre ces probl\u00e8mes. D\u00e9fendre la l\u00e9galit\u00e9 du travail sexuel, c\u2019est donc d\u00e9fendre les travailleurs et travailleuses du sexe.<\/p>\n<p>AL affirme que le nom du syndicat serait sans ambig\u00fcit\u00e9 et d\u00e9fendrait le travail plut\u00f4t que les travailleurs. Pourtant, le STRASS n\u2019est pas le seul syndicat qui porte dans son nom le mot \u00abtravail\u00bb au lieu de \u00abtravailleurs\u00bb. Il s\u2019agit l\u00e0 d\u2019un fait courant pour un syndicat : qu\u2019on pense \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration Fran\u00e7aise D\u00e9mocratique du Travail (CFDT), \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration G\u00e9n\u00e9rale du Travail (CGT) ou encore \u00e0 la Conf\u00e9d\u00e9ration Nationale du Travail (CNT). Etonnamment, aucun de ces syndicats ne se voit interrog\u00e9 sur sa l\u00e9gitimit\u00e9 \u00e0 \u00eatre un (vrai) syndicat d\u00e9fendant les travailleurs.<\/p>\n<p>En concluant que le STRASS d\u00e9fend un m\u00e9tier et non des travailleurs contre des patrons, AL commet plusieurs erreurs. Il s\u00e9pare les artisans des travailleur-se-s du sexe parce que sans patrons. Or, les travailleu\u00b7ses du sexe exer\u00e7ant ind\u00e9pendamment d\u2019un patron n\u2019en sont pas moins des travailleurs, et ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s par les oppressions et exploitations sp\u00e9cifiques de la part de l\u2019Etat ou de parties tiers qui tirent profit de l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 du travail sexuel. AL suppose que le STRASS ne comprend pas de membres salari\u00e9\u00b7es ou travaillant pour un patron, imaginant peut-\u00eatre l\u2019ensemble de l\u2019industrie du sexe comme ill\u00e9gale ou sous la mainmise de mafias. En fait, les membres du STRASS travaillent dans diff\u00e9rents cadres de travail, plus ou moins l\u00e9gaux, la notion de l\u00e9galit\u00e9 ou d\u2019ill\u00e9galit\u00e9 \u00e9tant souvent floue \u00e9tant donn\u00e9 le nombre et la vari\u00e9t\u00e9 des lois encadrant les industries du sexe, et beaucoup de travailleurs du sexe, dont des membres du STRASS, peuvent donc avoir un employeur. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment parce que le STRASS a conscience des int\u00e9r\u00eats de classe diff\u00e9rents dans l\u2019industrie du sexe entre travailleurs et patrons que son adh\u00e9sion est r\u00e9serv\u00e9e aux travailleurs.<\/p>\n<p>Enfin, AL suivant la m\u00eame logique que l\u2019Etat, confond salariat et prox\u00e9n\u00e9tisme. Ce qui est int\u00e9ressant, c\u2019est que cette confusion n\u2019est faite que pour le travail sexuel, tandis que l\u2019on pourrait consid\u00e9rer que tout patron est un prox\u00e9n\u00e8te que le travail soit sexuel ou pas. Cependant, en utilisant l\u2019expression \u00abpersonnes prostitu\u00e9es exploit\u00e9es dans des r\u00e9seaux de prostitution\u00bb, AL utilise la confusion de la loi sur le prox\u00e9n\u00e9tisme et ne fait pas de distinction entre le travail salari\u00e9 consenti et le travail forc\u00e9. AL semble analyser ainsi comme nous l\u2019avons vu pr\u00e9c\u00e9demment, le travail comme diff\u00e9rent de l\u2019exploitation (sexuelle), et nous fait retomber dans l\u2019amalgame entre travail sexuel et esclavage, puisqu\u2019il leur semble apparemment inconcevable, qu\u2019on puisse \u00eatre travailleu\u00b7se du sexe et salari\u00e9E, unE travailleu\u00b7se du sexe salari\u00e9\u00b7e \u00e9tant manifestement obligatoirement victime d\u2019un \u00abr\u00e9seau de prostitution\u00bb.<\/p>\n<p>En suivant cette logique, il est impossible que les travailleu\u00b7ses du sexe puissent s\u2019organiser par eux\/elles-m\u00eames. Nous devenons soit des esclaves qui devons \u00eatre lib\u00e9r\u00e9\u00b7es, soit des artisans lib\u00e9raux aux int\u00e9r\u00eats corporatistes et \u00e9go\u00efstes auxquels il faudrait s\u2019opposer. C\u2019est une analyse tr\u00e8s partag\u00e9e au sein de la gauche, qui peut de cette fa\u00e7on ignorer les revendications des travailleu\u00b7ses du sexe, voire les combattre. Il ne leur suffit plus pour compl\u00e9ter et justifier leur combat contre les travailleu\u00b7ses du sexe que de pr\u00e9tendre que l\u2019immense majorit\u00e9 des prostitu\u00e9\u00b7es sont des victimes de la traite (7) en manipulant les chiffres du minist\u00e8re de l\u2019Int\u00e9rieur (8).<\/p>\n<p>Paradoxalement, en reprenant \u00e0 son compte la lutte contre la prostitution et les (faux) chiffres sur la traite, la gauche fran\u00e7aise permet de normaliser le renforcement des fronti\u00e8res et la r\u00e9pression des femmes et des \u00e9trangers. Nicolas Sarkozy, pour justifier sa loi contre le racolage passif (en 2003), n\u2019a fait que r\u00e9p\u00e9ter ce que les abolitionnistes et f\u00e9ministes disaient depuis des ann\u00e9es, mais avec la coh\u00e9rence du pragmatisme puisque lui au moins faisait quelque chose de concret contre le \u00abprobl\u00e8me\u00bb. Les travailleu\u00b7ses du sexe se sont alors retrouv\u00e9\u00b7es seul\u00b7es pour lutter contre le gouvernement. Il est en effet hors de question pour la gauche de mener des luttes communes avec les travailleu\u00b7ses du sexe, sous peine de reconna\u00eetre notre existence politique comme celle d\u2019un acteur l\u00e9gitime dans le d\u00e9bat.<\/p>\n<p><strong>Lutte contre l\u2019exploitation <\/strong><br \/>\nLes attaques d\u2019AL et d\u2019autres organisations contre la l\u00e9gitimit\u00e9 du STRASS visent \u00e0 nous discr\u00e9diter. Certains abolitionnistes utilisent parfois des expressions telles que \u00ablib\u00e9ral-prox\u00e9n\u00e8te\u00bb (9) pour d\u00e9crire le STRASS, afin de nier notre repr\u00e9sentativit\u00e9 et sous-entendre que nous travaillerions dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de lobbys de prox\u00e9n\u00e8tes.<\/p>\n<p>Les abolitionnistes ont donc une analyse compl\u00e8tement diff\u00e9rente de celle du STRASS sur la lutte contre le lib\u00e9ralisme et le patronat dans les industries du sexe. Contrairement \u00e0 ce que croient les abolitionnistes, le STRASS est contre le prox\u00e9n\u00e9tisme. Cependant, nous faisons une diff\u00e9rence entre le prox\u00e9n\u00e9tisme de contrainte et le prox\u00e9n\u00e9tisme de soutien, car si la violence, la contrainte et les abus doivent rester p\u00e9nalis\u00e9s, l\u2019aide \u00e0 la prostitution criminalise les travailleu\u00b7ses du sexe davantage que nos exploiteurs. En confondant la d\u00e9criminalisation du travail sexuel (10) avec la l\u00e9gitimation de l\u2019exploitation, les mouvements abolitionnistes ne comprennent pas (ou font semblant de ne pas comprendre) que la prohibition ne lutte pas contre l\u2019exploitation, bien au contraire.<\/p>\n<p>La prohibition signifie que nous n\u2019avons aucun droit, et notamment aucun droit de recours aux prud\u2019hommes, aucun moyen de nous d\u00e9fendre ou d\u2019appeler la police lorsque nous sommes victimes de crime (11). C\u2019est donc la loi du plus fort, celle des patrons\/prox\u00e9n\u00e8tes. La prohibition c\u2019est le lib\u00e9ralisme, dont pourtant ils nous accusent. Les patrons font ce qu\u2019ils veulent, \u00e9tant tr\u00e8s facile quand on est riche et puissant de corrompre la police, et de les envoyer arr\u00eater les travailleurs du sexe et les migrants en priorit\u00e9. Beaucoup des cas de prox\u00e9n\u00e9tisme en France concernent en fait des putes qui tombent pour aide \u00e0 la prostitution d\u2019autrui. C\u2019est un crime de solidarit\u00e9 entre travailleurs dont on nous accuse et c\u2019est exactement le sens des attaques politiques contre le STRASS, par exemple dans le proc\u00e8s qui nous oppose \u00e0 Henriette Zoughebi. Dans sa lettre de soutien sign\u00e9e par des centaines de f\u00e9ministes, syndicats, et \u00e9lus de gauche, il est rappel\u00e9 que, selon le Code p\u00e9nal, \u00able prox\u00e9n\u00e9tisme est le fait, par quiconque, de quelque mani\u00e8re que ce soit : 1\u00b0 d\u2019aider, d\u2019assister ou de prot\u00e9ger la prostitution d\u2019autrui\u00bb (12). Il est \u00e9galement dit, \u00e0 charge contre le STRASS, \u00abqu\u2019en cela, ils facilitent, aident et promeuvent la prostitution d\u2019autrui et commettent des agissements prox\u00e9n\u00e8tes\u00bb. Ils accusent ainsi le STRASS de prox\u00e9n\u00e9tisme parce que nous nous entraidons, alors qu\u2019il faudrait que nous nous dissuadions les unEs les autres de travailler.<\/p>\n<p>C\u2019est bien mal connaitre le STRASS, car le syndicat s\u2019est toujours refus\u00e9 \u00e0 \u00abaider\u00bb le travail sexuel de ses membres. Il est clair que notre lutte est syndicale et politique et que nous laissons les associations de sant\u00e9 communautaire fournir les services d\u2019aide sociale et sanitaire. Le STRASS est souvent contact\u00e9 par des clients qui recherchent des prostitu\u00e9es et nous avons toujours r\u00e9pondu que nous ne sommes pas une agence d\u2019escortes. De m\u00eame, nous informons nos membres sur leurs droits, l\u2019acc\u00e8s aux services des associations de sant\u00e9 communautaire, mais nous ne leur indiquons pas la fa\u00e7on dont ils\/elles doivent travailler.<\/p>\n<p><strong>S\u2019organiser <\/strong><br \/>\nEn seulement 2 ans, le STRASS est pass\u00e9 de 200 \u00e0 500 membres, avec des f\u00e9d\u00e9rations dans 13 villes. Son relatif succ\u00e8s peut s\u2019expliquer par une histoire militante plus ancienne concentr\u00e9e autour des associations de sant\u00e9 communautaire. En s\u2019appuyant sur les organisations d\u00e9j\u00e0 existantes, le STRASS a r\u00e9ussi \u00e0 communiquer aupr\u00e8s de centaines de travailleu\u00b7ses du sexe, malgr\u00e9 un isolement accru par la criminalisation. La communication interne du STRASS est toujours un d\u00e9fi car de nombreu\u00b7ses travailleu\u00b7ses du sexe n\u2019ont pas forc\u00e9ment acc\u00e8s \u00e0 Internet et ne communiquent pas par email.<\/p>\n<p>C\u2019est parce que les associations de sant\u00e9 communautaires sont elles-m\u00eames compos\u00e9es de travailleu\u00b7ses du sexe, dont la plupart sont membres du STRASS, que l\u2019information, au besoin traduite en anglais et espagnol, peut circuler. Cela n\u2019est pas facile pour autant, car dans de nombreux cas existe une confusion des r\u00f4les entre le STRASS et les associations.<\/p>\n<p>Le travail du STRASS est surtout militant. Les membres peuvent b\u00e9n\u00e9ficier de soutien et de conseil juridique mais la plupart des services sont fournis par les associations. La priorit\u00e9 du STRASS est la d\u00e9criminalisation du travail sexuel, et du racolage en particulier, car la majorit\u00e9 de nos membres travaillent dans la rue et que c\u2019est ce qui impacte le plus leurs conditions de travail. Le syndicat s\u2019est donc attel\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper des discours et argumentaires, et \u00e0 rassembler des preuves afin de convaincre l\u2019opinion publique de l\u2019int\u00e9r\u00eat d\u2019un changement de loi. Ce travail est rendu plus compliqu\u00e9 par les mouvements prohibitionnistes, ou dit abolitionnistes, qui au contraire veulent renforcer la criminalisation du travail sexuel par la criminalisation de nos clients (13), ou bien par les mouvements r\u00e9glementaristes qui veulent imposer un contr\u00f4le \u00e9tatique par la r\u00e9ouverture des maisons closes (14). Le d\u00e9bat est donc bloqu\u00e9 entre contr\u00f4le et r\u00e9pression, mais jamais de r\u00e9flexion n\u2019est port\u00e9e sur l\u2019acc\u00e8s aux droits et l\u2019autonomie des travailleu\u00b7ses du sexe qui pourraient peut-\u00eatre savoir ce qui est le mieux pour eux\/elles-m\u00eames.<\/p>\n<p><strong>L\u2019exemple du GMB <\/strong>(15)<br \/>\nAu Royaume Uni o\u00f9 je vis, les travailleu\u00b7ses du sexe peuvent rejoindre le troisi\u00e8me syndicat du pays, le GMB, depuis presque dix ans. C\u2019est une diff\u00e9rence symbolique \u00e9norme car nous faisons ainsi partie du mouvement syndical. Depuis 2009, je suis le pr\u00e9sident de la branche sex work du GMB et j\u2019ai pu constater et comparer les diff\u00e9rences avec la France.<\/p>\n<p>Le GMB peut intervenir politiquement pour d\u00e9fendre la d\u00e9criminalisation de l\u2019ensemble de l\u2019industrie du sexe, en particulier aupr\u00e8s des parlementaires travaillistes mais cela n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 efficace car les autres syndicats n\u2019avaient pas de position claire sur la question et que les mouvements f\u00e9ministes officiels ont fait pression pour augmenter la criminalisation de l\u2019industrie du sexe avec le Policing and Crime Act vot\u00e9 en 2009.<\/p>\n<p>L\u2019aspect le plus politique de notre activisme a donc \u00e9t\u00e9 depuis 2009 de convaincre les autres syndicats. Au Royaume Uni, contrairement \u00e0 la France, les syndicats sont unis au sein d\u2019un Trade Unions Congress (TUC). Chaque ann\u00e9e, il est possible de pr\u00e9senter des motions et de discuter diff\u00e9rents th\u00e8mes politiques li\u00e9s aux droits des travailleurs. Si le syndicat UNISON a pris position en faveur de la criminalisation des clients, cette motion est pass\u00e9e avec une courte majorit\u00e9 seulement et les autres syndicats semblent de plus en plus enclins \u00e0 nous soutenir.<\/p>\n<p>S\u2019il y a eu des r\u00e9sistances au d\u00e9but de ma pr\u00e9sidence, il me semble que la syndicalisation des travailleu\u00b7ses du sexe para\u00eet de plus en plus acquise pour tout le monde, m\u00eame de la part des abolitionnistes qui reconnaissent \u00e0 pr\u00e9sent notre droit \u00e0 rejoindre un syndicat. Il faut dire que notre branche, bien qu\u2019\u00e9tant une des plus r\u00e9centes et petites, est une des plus actives du mouvement syndical alors que de nombreux syndicats perdent des membres. Nous sommes parmi les syndicalistes les plus jeunes et embrassant une diversit\u00e9 de genre, ethnique et sexuelle.<\/p>\n<p>De plus en plus de syndicalistes se rendent compte que nos probl\u00e8mes peuvent \u00eatre assez comparables \u00e0 ceux des travailleurs op\u00e9rant dans des industries d\u00e9r\u00e9gul\u00e9es, sans contrat, avec des horaires et conditions tr\u00e8s flexibles. Le capitalisme moderne fait perdre aux travailleurs leurs acquis et nombreux sont ceux qui comprennent ainsi notre situation. Les syndicats finissent par accepter les travailleurs tels qu\u2019ils sont et non tels qu\u2019ils aimeraient qu\u2019ils soient.<\/p>\n<p>Aussi, les syndicalistes travailleu\u00b7ses du sexe ont fait preuve de solidarit\u00e9 aupr\u00e8s des autres travailleurs dans les combats contre les coupes budg\u00e9taires du gouvernement, pour les retraites, et autres luttes. Lors des journ\u00e9es de gr\u00e8ve ou d\u2019action, notre branche a envoy\u00e9 des messages de soutien, s\u2019est d\u00e9plac\u00e9e sur les piquets de gr\u00e8ve en offrant des sandwichs, g\u00e2teaux et jus aux autres travailleurs. A plusieurs reprises j\u2019ai \u00e9crit des articles dans la presse de mouvements de travailleurs, tels <em>The Morning Star<\/em>, <em>The New Worker<\/em> ou <em>International Socialism<\/em>. Il est devenu \u00e9vident pour beaucoup que nous pouvions \u00eatre \u00e0 la fois travailleu\u00b7ses du sexe et anti-capitalistes ou simplement syndicalistes.<\/p>\n<p>Faire partie d\u2019un syndicat dit g\u00e9n\u00e9raliste nous a permis d\u2019apprendre comment mieux nous organiser et de b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019un soutien concret. GMB offre \u00e0 ses membres des conseils juridiques gratuits sur nos droits. Il peut intervenir pour nous d\u00e9fendre en cas de conflit avec un employeur comme ce fut le cas au sein d\u2019une entreprise de t\u00e9l\u00e9phone rose. GMB a d\u00e9fendu des membres qui ont \u00e9t\u00e9 discrimin\u00e9s par des employeurs en dehors de l\u2019industrie du sexe, qui consid\u00e9raient que le fait d\u2019\u00eatre ou d\u2019avoir un pass\u00e9 de prostitu\u00e9\u00b7e nuisait \u00e0 la r\u00e9putation de leur entreprise. Il est intervenu contre des tablo\u00efds qui avaient publi\u00e9 sans accord d\u2019une de nos membres des photos d\u2019elle et a obtenu compensation pour le pr\u00e9judice subi. Le syndicat peut fournir des formations pour les travailleu\u00b7ses du sexe qui veulent s\u2019orienter vers d\u2019autres carri\u00e8res ou bien des cours d\u2019auto-d\u00e9fense ou d\u2019anglais pour les migrant\u00b7es. Nous avons d\u00e9velopp\u00e9 des forums et des listes emails pour communiquer entre nous et nous alerter sur de mauvais clients ou d\u2019hommes potentiellement dangereux. Via le syndicat, nous avons eu des contacts avec la police dans certaines r\u00e9gions et r\u00e9cemment un homme qui arnaquait des escortes a pu \u00eatre arr\u00eat\u00e9 suite aux informations que des membres avaient r\u00e9ussi \u00e0 rassembler. L\u2019an dernier, notre syndicat a r\u00e9ussi \u00e0 emp\u00eacher la fermeture de 4 strip clubs dans Hackney malgr\u00e9 les campagnes des prohibitionnistes et nous avons pu sauver plus de 300 emplois dont ceux de nos membres qui y travaillaient.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui nous avons comme projet de cr\u00e9er une mutuelle sant\u00e9 pour les travailleu\u00b7ses du sexe et peut \u00eatre aussi une coop\u00e9rative. Toutes ces actions sont possibles parce que nous sommes membres du GMB et reconnus comme de vrais travailleurs et de vrais syndicalistes. La France est donc tr\u00e8s en retard sur la question, et pas seulement par rapport aux pays europ\u00e9ens voisins.<\/p>\n<p><strong>Un ph\u00e9nom\u00e8ne mondial <\/strong><br \/>\nLe mouvement des travailleurs du sexe est \u00e0 pr\u00e9sent international et des syndicats existent dans plusieurs pays du monde, que le travail sexuel y soit l\u00e9gal ou pas encore. L\u2019an dernier j\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e9lu, pour la r\u00e9gion Europe, membre du bureau du global Network of Sex Work Projects (NSWP) (16). Le NSWP a plus de 120 organisations membres \u00e0 travers le monde et coordonne des actions entre les activistes en particulier \u00e0 l\u2019occasion des conf\u00e9rences mondiales sur le sida.<\/p>\n<p>C\u2019est en Asie du Sud-Est et en Am\u00e9rique Latine que le mouvement des travailleu\u00b7ses du sexe est le plus fort. En Argentine, le syndicat AMMAR (17) a plus de 15 000 membres et en Inde, le syndicat DURBAR(18) plus de 65 000. Des syndicats de travailleu\u00b7ses du sexe existent en Allemagne, Hollande, Australie, Afrique du Sud, Ghana, Br\u00e9sil, Nig\u00e9ria, Bolivie, etc. Ce que le STRASS fait en France, d\u2019autres font exactement la m\u00eame chose dans d\u2019autres pays, et ce depuis plus de 30 ans. Je suis confiant dans l\u2019id\u00e9e que rien ne nous arr\u00eatera d\u00e9sormais et que, si la gauche fran\u00e7aise continue de nous exclure et de nous diffamer, nous serons pr\u00eat\u00b7es \u00e0 nous organiser sans elle, voire contre elle.<\/p>\n<p><strong><span id=\"result_box\" class=\"short_text\" lang=\"fr\">Remarques<\/span><\/strong><br \/>\n1 Comme Henriette Zoughebi qui est en proc\u00e8s pour diffamation avec le STRASS : <a href=\"http:\/\/www.unmondeenpartage.fr\/oui-a-la-liberte-d%E2%80%99expression-non-a-la-censure-exercee-par-des-groupes-qui-soutiennent-l%E2%80%99exploitation-sexuelle\/legalite-cest-pas-sorcier\/a-la-une\">http:\/\/www.unmondeenpartage.fr\/oui-a-la-liberte-d%E2%80%99expression-non-a-la-censure-exercee-par-des-groupes-qui-soutiennent-l%E2%80%99exploitation-sexuelle\/legalite-cest-pas-sorcier\/a-la-une<\/a><br \/>\n2 Evelina Giobbe,<em> In McDonald\u2019s, you\u2019re not the meat! In prostitution, you are the meat<\/em> in Janice Raymond, &#8220;Prostitution on demand Legalizing the Buyers as Sexual Consumers&#8221;, Violence against Women, Vol. 10 No. 10, October 2004, <a href=\"http:\/\/www.prostitutionresearch.com\/RaymondVAW.pdf\">http:\/\/www.prostitutionresearch.com\/RaymondVAW.pdf<\/a><br \/>\n3 Florence Montreynaud, <em>Comment nommer ceux qui paient pour \u00ab\u00e7a\u00bb? Rempla\u00e7ons le nom \u00ab client \u00bb par un mot p\u00e9joratif!<\/em>, No Pasaran!, hors s\u00e9rie n\u00b02, d\u00e9c. 02, <a href=\"http:\/\/eleuthera.free.fr\/pdf\/157.pdf\">http:\/\/eleuthera.free.fr\/pdf\/157.pdf<\/a><br \/>\n4 <a href=\"http:\/\/www.un.org\/fr\/documents\/udhr\/\">http:\/\/www.un.org\/fr\/documents\/udhr\/<\/a><br \/>\n5 <a href=\"http:\/\/www.strass-syndicat.org\">http:\/\/www.strass-syndicat.org<\/a><br \/>\n6 <a href=\"http:\/\/forum.anarchiste.free.fr\/viewtopic.php?f=16&amp;t=4614&amp;st=0&amp;sk=t&amp;sd=a&amp;start=20\">http:\/\/forum.anarchiste.free.fr\/viewtopic.php?f=16&amp;t=4614&amp;st=0&amp;sk=t&amp;sd=a&amp;start=20<\/a><br \/>\n7 <a href=\"http:\/\/lmsi.net\/Luttons-serieusement-contre-la\">http:\/\/lmsi.net\/Luttons-serieusement-contre-la<\/a><br \/>\n8 <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/06\/02\/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/06\/02\/combien-de-travailleurs-du-sexe-sommes-nous-par-thierry-schaffauser_1366353_3232.html<\/a><br \/>\n9 Par exemple Gr\u00e9goire Th\u00e9ry du mouvement du Nid, <a href=\"http:\/\/www.mouvementdunid.org\/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre\">http:\/\/www.mouvementdunid.org\/Feu-Verts-au-proxenetisme-Lettre<\/a><br \/>\n10 <a href=\"http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/12\/15\/decriminalisez-entierement-le-travail-du-sexe_1453445_3232.html\">http:\/\/www.lemonde.fr\/idees\/article\/2010\/12\/15\/decriminalisez-entierement-le-travail-du-sexe_1453445_3232.html<\/a><br \/>\n11 Sur les crimes de viol contre les putes voir <a href=\"http:\/\/lmsi.net\/Le-viol-des-putes-et-leur-parole\">http:\/\/lmsi.net\/Le-viol-des-putes-et-leur-parole<\/a><br \/>\n12 <a href=\"http:\/\/www.unmondeenpartage.fr\/oui-a-la-liberte-d%E2%80%99expression-non-a-la-censure-exercee-par-des-groupes-qui-soutiennent-l%E2%80%99exploitation-sexuelle\/legalite-cest-pas-sorcier\/a-la-une\">http:\/\/www.unmondeenpartage.fr\/oui-a-la-liberte-d%E2%80%99expression-non-a-la-censure-exercee-par-des-groupes-qui-soutiennent-l%E2%80%99exploitation-sexuelle\/legalite-cest-pas-sorcier\/a-la-une<\/a><br \/>\n13 <a href=\"http:\/\/site.strass-syndicat.org\/2011\/05\/travail-sexuel-pourquoi-penaliser-les-clients-est-une-mauvaise-idee\/\">http:\/\/site.strass-syndicat.org\/2011\/05\/travail-sexuel-pourquoi-penaliser-les-clients-est-une-mauvaise-idee\/<\/a><br \/>\n14 <a href=\"http:\/\/site.strass-syndicat.org\/2009\/11\/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass\/\">http:\/\/site.strass-syndicat.org\/2009\/11\/reouverture-des-maisons-closes-mise-au-point-sur-la-position-du-strass\/<\/a><br \/>\n15 <a href=\"http:\/\/www.gmb.org.uk\/home.aspx\">http:\/\/www.gmb.org.uk\/home.aspx<\/a><br \/>\n16 <a href=\"http:\/\/www.nswp.org\">http:\/\/www.nswp.org<\/a><br \/>\n17 <a href=\"http:\/\/www.ammar.org.ar\/\">http:\/\/www.ammar.org.ar\/<\/a><br \/>\n18 <a href=\"http:\/\/www.durbar.org\/\">http:\/\/www.durbar.org\/<\/a><\/p>\n<hr \/>\n<p>URL source: <a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/interventions\/syndicalisation-travailleur%C2%B7ses-sexe\">http:\/\/www.contretemps.eu\/interventions\/syndicalisation-travailleur%C2%B7ses-sexe<\/a><br \/>\nLiens:<br \/>\n<a href=\"http:\/\/www.contretemps.eu\/interventions\">http:\/\/www.contretemps.eu\/interventions<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mardi 6 d\u00e9cembre 2011, l\u2019Assembl\u00e9e nationale a r\u00e9affirm\u00e9 sa position abolitionniste en mati\u00e8re de prostitution. Voici l\u2019article de Thierry Schaffauser du syndicat des travailleur\u00b7ses du sexe, le STRASS. 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