{"id":154,"date":"2017-04-15T13:16:17","date_gmt":"2017-04-15T13:16:17","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2017\/04\/15\/la-reconstruction-du-syndicalisme-dans-lespace-post-sovietique-dan-gallin-2015\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:03","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:03","slug":"la-reconstruction-du-syndicalisme-dans-lespace-post-sovietique-dan-gallin-2015","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2017\/04\/15\/la-reconstruction-du-syndicalisme-dans-lespace-post-sovietique-dan-gallin-2015\/","title":{"rendered":"La reconstruction du syndicalisme dans l&#8217;espace post-sovi\u00e9tique (Dan Gallin, 2015)"},"content":{"rendered":"<p>La question de la refondation du mouvement syndical, et ult\u00e9rieurement de sa reconstruction, s\u2019est pos\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises dans le monde, et surtout en Europe, \u00e0 partir de la moiti\u00e9 du si\u00e8cle dernier. Elle est li\u00e9e aux bouleversements politiques de notre \u00e9poque.<\/p>\n<p>Il fallait reconstruire le syndicalisme en 1945 en Allemagne, apr\u00e8s 12 ans de nazisme, en Italie apr\u00e8s vingt ans de fascisme, au Japon, apr\u00e8s dix ans de dictature militaire, ensuite au Portugal apr\u00e8s presque cinquante ans de salazarisme et en Espagne apr\u00e8s une quarantaine d\u2019ann\u00e9es de franquisme.<\/p>\n<p>Plus r\u00e9cemment, et hors de l\u2019Europe, il y a le cas de l\u2019Indon\u00e9sie apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime de Suharto, celui de la Birmanie apr\u00e8s le renoncement, encore partiel et incertain, des militaires \u00e0 la dictature.<\/p>\n<p>Chaque cas est \u00e9videmment particulier, avec ses propres sp\u00e9cificit\u00e9s. Ils ont cependant tous un \u00e9l\u00e9ment commun : ce qu\u2019il fallait r\u00e9parer, \u00e0 part la destruction des structures syndicales d\u00e9mocratiques, c\u2019est la n\u00e9gation de l\u2019 identit\u00e9 des travailleurs en tant que classe.<\/p>\n<p>Cette n\u00e9gation est accompagn\u00e9e d\u2019une affirmation de l\u2019identit\u00e9 nationale et nationaliste du \u00ab monde du travail \u00bb par des structures o\u00f9 se retrouvent patrons et travailleurs, associ\u00e9s de force par le pouvoir de l\u2019\u00c9tat, au nom d\u2019un pr\u00e9tendu int\u00e9r\u00eat sup\u00e9rieur de la nation.<\/p>\n<p>M\u00eame dans les cas o\u00f9 les organisations ouvri\u00e8res ne sont pas oblig\u00e9es par le r\u00e9gime \u00e0 une unit\u00e9 organique avec les organisations patronales, l\u2019id\u00e9ologie qui leur est impos\u00e9e est celle de l\u2019unit\u00e9 nationale, o\u00f9 la l\u00e9gitimit\u00e9 du conflit social est ni\u00e9e et les conflits sociaux deviennent des atteintes \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>Dans l\u2019histoire r\u00e9cente de l\u2019Europe, l\u2019entreprise de refondation et reconstruction syndicale la plus importante, en v\u00e9rit\u00e9 gigantesque, a \u00e9t\u00e9 celle qui a suivi l\u2019effondrement de l\u2019Union sovi\u00e9tique comme structure politique, entra\u00eenant dans sa chute l\u2019id\u00e9ologie d\u2019\u00c9tat (le communisme sous sa forme stalinienne) et la d\u00e9composition du bloc sovi\u00e9tique, avec les nations qui le composaient regagnant leur ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>Le mouvement ouvrier russe, et des autres nationalit\u00e9s de l\u2019URSS, est un cas absolument unique : c\u2019est le seul mouvement ouvrier au monde qui a v\u00e9cu pendant soixante-dix ans dans une situation d\u2019isolement quasi total du reste du monde.<\/p>\n<p>La date-charni\u00e8re est 1921 : c\u2019est l\u2019ann\u00e9e o\u00f9 le parti bolch\u00e9vik abolit le pluralisme politique, en r\u00e9primant les autres partis socialistes et les anarchistes et en supprimant le droit de tendance \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du parti, notamment \u00ab l\u2019Opposition ouvri\u00e8re \u00bb de Chliapnikov, Kisselev et Kollontai.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi l\u00e0 o\u00f9 commence la mise au pas des syndicats et leur subordination au parti unique, un processus lent et difficile, \u00e0 cause de multiples r\u00e9sistances politiques et syndicales. Dans les ann\u00e9es 1930 toutes les r\u00e9sistances sont cass\u00e9es. Mikhail Pavlovitch Tomski, le dernier secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Conf\u00e9d\u00e9ration syndicale de l\u2019URSS qui essayait encore de d\u00e9fendre l\u2019ind\u00e9pendance syndicale, alli\u00e9 de Boukharine et Rykov, se suicide en ao\u00fbt 1936 pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019arrestation par le NKVD, la police politique. Il est condamn\u00e9 \u00e0 titre posthume pour haute trahison et d\u00e9clar\u00e9 \u00ab ennemi d peuple \u00bb au troisi\u00e8me proc\u00e8s de Moscou (mars 1938), puis r\u00e9habilit\u00e9, cinquante ans plus tard, dans le cadre de la perestroika.<\/p>\n<p>La classe ouvri\u00e8re sur le territoire de l\u2019URSS a subi une exp\u00e9rience historique terrible et unique : d\u2019abord des vagues successives des \u00ab \u00e9purations \u00bb staliniennes, avec des pertes humaines \u00e9normes, ensuite la guerre, de 1941 \u00e0 1945, encore une fois avec des pertes humaines terribles. A la fin des ann\u00e9es 1930, l\u2019URSS \u00e9tait devenue un \u00c9tat policier totalitaire, puis soixante ans, avec une classe ouvri\u00e8re ali\u00e9n\u00e9e, atomis\u00e9e et passive, au point de ne plus \u00eatre capable, apr\u00e8s la chute du r\u00e9gime, de s\u2019opposer au pillage g\u00e9n\u00e9ral du bien public et \u00e0 la transformation de sa classe dirigeante bureaucratique en une nouvelle classe dirigeante, pas tr\u00e8s diff\u00e9rente, d\u2019un capitalisme sans lois et sans freins.<\/p>\n<p>Rappelons tout de m\u00eame que, m\u00eame dans la nuit noire du stalinisme, il y eut des hommes et des femmes incroyablement courageux qui ont essay\u00e9 de cr\u00e9er des syndicats ind\u00e9pendants : Vladimir Klebanov, un mineur ukrainien, qui a cr\u00e9\u00e9 l\u2019Association syndicale libre au Donetsk en 1977, Vladimir Borisov et Viktor Fajnberg, qui avaient cr\u00e9\u00e9, avec d\u2019autres, l\u2019Association interprofessionnelle libre des travailleurs (SMOT) en 1978. Ces tentatives \u00e9taient vite r\u00e9prim\u00e9es : leur militants disparaissaient dans les prisons psychiatriques, les camps de travail ou l\u2019exil.<\/p>\n<p>Il y eut bien des comit\u00e9s de soutien en Europe de l\u2019Ouest et en Am\u00e9rique du Nord, mais le gros des organisations syndicales occidentales et du tiers-monde continuaient \u00e0 entretenir des relations diplomatiques avec les dirigeants sovi\u00e9tiques, rencontrant rarement des travailleurs et seulement dans des conditions strictement contr\u00f4l\u00e9es.<\/p>\n<p>Dans quelles conditions s\u2019est faite la refondation du mouvement syndical issu du syst\u00e8me stalinien?<br \/>\nD\u2019abord, personne ne s\u2019attendait \u00e0 l\u2019effondrement de ce r\u00e9gime \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980, d\u2019une fa\u00e7on aussi soudaine et, somme toute, pacifique. M\u00eame ceux d\u2019entre nous qui pensaient que ce r\u00e9gime \u00e9tait fondamentalement instable et vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chec lui donnaient encore au moins une vingtaine d\u2019ann\u00e9es. Politiquement, nous \u00e9tions pr\u00eats, pratiquement pas du tout. Le monde politique, nous y compris, \u00e9tait surpris.<\/p>\n<p>D\u2019autre part, la social-d\u00e9mocratie, en tant que force historique bas\u00e9e sur une classe ouvri\u00e8re organis\u00e9e, avec la perspective d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 socialiste, m\u00eame lointaine, \u00e9tait sur le d\u00e9clin. Ayant accept\u00e9 le capitalisme dans les ann\u00e9es 1950 et le n\u00e9o-lib\u00e9ralisme dans les ann\u00e9es 1990, elle \u00e9tait en train de perdre sa cr\u00e9dibilit\u00e9 et ne pouvait plus faire face \u00e0 la globalisation, malgr\u00e9 ses traditions internationalistes.<br \/>\nEn somme, au moment historique pr\u00e9cis o\u00f9 le stalinisme, son principal rival et ennemi, quittait la sc\u00e8ne politique mondiale, la social-d\u00e9mocratie, en tant que projet politique ind\u00e9pendant, sortait par l\u2019autre porte, et par cons\u00e9quent \u00e9tait incapable d\u2019offrir un mod\u00e8le de transition vers une soci\u00e9t\u00e9 alternative.<br \/>\nCe qui veut dire : les organisations syndicales issues des structures \u00e9tatiques ou bien de l\u2019opposition politique, en Russie mais aussi ailleurs dans le bloc sovi\u00e9tique, ne trouvaient aucun appui \u00e0 l\u2019Ouest pour une alternative progressiste et finirent par accepter la propagande de la droite : \u00ab il n\u2019y a pas d\u2019alternative \u00bb. Margaret Thatcher, notre pire ennemi, \u00e9tait l\u2019h\u00f4te d\u2019honneur au 20\u00e8me anniversaire de Solidarno\u015b\u0107, \u00e0 Gdansk, en 2000.<\/p>\n<p>Le mouvement syndical international n\u2019\u00e9tait pas non plus d\u2019une grande utilit\u00e9. Dans les ann\u00e9es 1990, ni la CISL, ni la CMT avaient une perspective de transformation sociale. En 2006, elles s\u2019unirent pour former la CSI, en abandonnant toute trace d\u2019une id\u00e9ologie qui pouvait rappeler celles qui autrefois leur servaient de guide.<\/p>\n<p>Ainsi, par un concours catastrophique de circonstances, l\u2019effondrement du stalinisme sur le territoire de l\u2019URSS n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 suivi par des soci\u00e9t\u00e9s progressistes, socialement, \u00e9conomiquement et politiquement avanc\u00e9es, comme nous l\u2019avions esp\u00e9r\u00e9, mais par une version violente et criminelle de capitalisme, avec une id\u00e9ologie proche du fascisme. Si les Blancs avaient gagn\u00e9 la guerre civile, le r\u00e9sultat n\u2019aurait pu \u00eatre pire, et des millions qui sont morts inutilement auraient v\u00e9cu.<\/p>\n<p>Sur le plan syndical, la refondation n\u2019a \u00e9t\u00e9 que partielle et la reconstruction est difficile. Une grande centrale syndicale, la F\u00e9d\u00e9ration des syndicats ind\u00e9pendants (FNPR), d\u00e9clare 17 millions de membres. Elle succ\u00e8de \u00e0 la centrale syndicale sovi\u00e9tique, et soutient actuellement le projet poutinien de reconstruire une Russie imp\u00e9riale et r\u00e9actionnaire.<\/p>\n<p>Son vice pr\u00e9sident Alexei Issaev, par ailleurs d\u00e9put\u00e9 au parlement russe du parti de Poutine, est all\u00e9 en novembre dernier au congr\u00e8s du Front national fran\u00e7ais, \u00e0 Lyon, apporter l\u2019assurance de solidarit\u00e9 fraternelle de son parti.<\/p>\n<p>La Conf\u00e9d\u00e9ration du Travail de Russie (KTR) est une centrale plus petite, avec 2 millions de membres, mais r\u00e9ellement ind\u00e9pendante, d\u00e9mocratique et combative, avec une forte pr\u00e9sence du syndicalisme r\u00e9volutionnaire . Son avenir est incertain, comme celui de la soci\u00e9t\u00e9 russe dans son ensemble.<\/p>\n<p>Dans les autres pays de ce qu\u2019\u00e9tait le bloc sovi\u00e9tique, le panorama est plus divers, mais dans la plupart des cas on voit une fragmentation, avec des structures en partie h\u00e9rit\u00e9es de l\u2019ancien r\u00e9gime en partie nouvelles, le plus souvent sans principes et sans perspectives claires.<\/p>\n<p>Que faut-il en conclure? Sans entrer dans les d\u00e9tails, essayons de formuler quelques consid\u00e9rations g\u00e9n\u00e9rales :<\/p>\n<p>D\u2019abord, l\u2019importance de l\u2019id\u00e9ologie et des principes. D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale. le mouvement syndical ne peut plus compter sur ses alli\u00e9s politiques traditionnels, le temps des courroies de transmission (dans les deux sens), des partis d\u2019avant-garde et du partage des r\u00f4les entre parti et syndicat, est r\u00e9volu.<\/p>\n<p>Cependant, le mouvement syndical a besoin d\u2019une dimension politique. Il faut donc qu\u2019il r\u00e9invente sa propre politique, qui ne peut \u00eatre autre que celle dict\u00e9e par l\u2019int\u00e9r\u00eat de ses membres, c\u2019est \u00e0 dire une politique de classe. En se souvenant de nos sources, et en \u00e9tudiant nos exp\u00e9riences, nous pouvons trouver les \u00e9l\u00e9ments de ce qui peut \u00eatre une politique du syndicalisme ind\u00e9pendant, d\u00e9mocratique et combattant.<\/p>\n<p>Cette politique doit viser \u00e0 la transformation sociale. Le capitalisme actuel est un syst\u00e8me o\u00f9 une minorit\u00e9 immens\u00e9ment riche est en train de faire la guerre \u00e0 la population du monde, et est en train de la gagner. La capacit\u00e9 de destruction de ce syst\u00e8me est \u00e9norme et menace la survie de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n<p>Combattre ce syst\u00e8me est un acte d\u2019auto-d\u00e9fense humaine et le mouvement syndical est oblig\u00e9 d\u2019assumer cette lutte. Qui d\u2019autre ?<\/p>\n<p>Avons-nous besoin de conformit\u00e9, disons, d\u2019unit\u00e9, politique ? Oui, mais dans un cadre tr\u00e8s large. Notre cause doit \u00eatre la d\u00e9mocratie radicale, non pas comme un but \u00e0 atteindre mais comme une culture, une m\u00e9thode de fonctionnement, surtout dans nos propres organisations, et dans la fa\u00e7on dont nous g\u00e9rons nos relations r\u00e9ciproques. C\u2019est une t\u00e2che qui exige un effort toujours renouvel\u00e9. Nous pouvons venir d\u2019horizons politiques divers, mais notre d\u00e9nominateur commun doit \u00eatre l\u2019engagement d\u00e9mocratique.<\/p>\n<p>Pour les syndicalistes, le syndicat est primordial. Le syndicat ne doit jamais devenir un cirque o\u00f9 s\u2019affrontent les sectes, il est trop vuln\u00e9rable et trop important. Tout le monde est bienvenu au syndicat et l\u2019opinion de chacun est respect\u00e9e, mais il doit \u00eatre entendu que chacun laisse ses int\u00e9r\u00eats sectaires, s\u2019il en a, au vestiaire. Le syndicat doit pouvoir cr\u00e9er son consensus politique librement et ensuite le d\u00e9fendre comme s\u2019il \u00e9tait lui-m\u00eame un parti.<\/p>\n<p>Enfin, nous devons reconstruire la solidarit\u00e9 internationale et pour cela nous devons red\u00e9couvrir une culture de solidarit\u00e9, c\u2019est \u00e0 dire de raisonner en termes de classe, nous demander si ce que nus faisons correspond \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat, non pas seulement de nos membres, vu sous l\u2019angle \u00e9troit, mais celui de l\u2019ensemble de notre classe. Nous devons raisonner ainsi m\u00eame sans les appareils syndicaux, nationaux et internationaux, parfois m\u00eame en d\u00e9pit d\u2019eux.<\/p>\n<p>En fait, nous sommes une Internationale, nous aussi, une Internationale invisible. Le terme vient de Victor Serge, l\u2019\u00e9crivain et le r\u00e9volutionnaire russe, qui, fuyant la France en train d\u2019\u00eatre occup\u00e9e en 1940, sauva sa vie gr\u00e2ce \u00e0 la solidarit\u00e9 de r\u00e9volutionnaires comme lui, pourchass\u00e9s par la Gestapo et le NKVD, constituant un r\u00e9seau d\u2019aide mutuelle improvis\u00e9. Nous sommes nombreux, et nous sommes partout, mais nous ne nous connaissons pas encore tous. Nous sommes des individus, des groupes, des organisations. Les technologies de communication actuelles nous permettent de constituer des r\u00e9seaux, et ce sont ces r\u00e9seaux qui seront l\u2019avant-garde de l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Construisons l\u2019Internationale invisible!<\/p>\n<hr style=\"height: 1px;background-color: gray\" \/>\n<p><em>Cet papier si-dessus etait un Intervention par Dan Gallin \u00e0 la S\u00e9minaire sur la refondation du syndicalisme tunisien du Conf\u00e9d\u00e9ration g\u00e9n\u00e9rale tunisienne du travail (CGTT), 30 avril 2015, Tunis.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question de la refondation du mouvement syndical, et ult\u00e9rieurement de sa reconstruction, s\u2019est pos\u00e9e \u00e0 de nombreuses reprises dans le monde, et surtout en Europe, \u00e0 partir de la moiti\u00e9 du si\u00e8cle dernier. Elle est li\u00e9e aux bouleversements politiques de notre \u00e9poque. 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