{"id":16,"date":"2008-01-03T15:04:30","date_gmt":"2008-01-03T15:04:30","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/01\/03\/un-retour-en-arriere-pour-lavenir-vasco-pedrina-2006\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:07","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:07","slug":"un-retour-en-arriere-pour-lavenir-vasco-pedrina-2006","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/01\/03\/un-retour-en-arriere-pour-lavenir-vasco-pedrina-2006\/","title":{"rendered":"Un retour en arri\u00e8re pour l&#8217;avenir &#8211; Vasco Pedrina (2006)"},"content":{"rendered":"<p><!--more--><br \/>\n<strong>Conf\u00e9rence des secr\u00e9taires Unia, Berne, 18 et 19 octobre 2006<\/strong><br \/>\n<strong><em>Un retour en arri\u00e8re pour l\u2019avenir:<br \/>\napr\u00e8s 15 ans d\u2019exp\u00e9rience dans la construction syndicale<\/em><\/strong><br \/>\nVasco Pedrina, copr\u00e9sident Unia<br \/>\nEn qualit\u00e9 de copr\u00e9sident, c\u2019est aujourd\u2019hui pour moi la derni\u00e8re occasion de faire part aux principaux cadres de notre organisation de quelques le\u00e7ons qu\u2019il me semble pouvoir tirer des 15 ans pass\u00e9s \u00e0 la t\u00eate du syndicat; conclusions et le\u00e7ons qui peuvent \u00eatre utiles pour le travail syndical qui nous attend. D\u2019o\u00f9 le titre de mon expos\u00e9: \u00abUn retour en arri\u00e8re pour l\u2019avenir!\u00bb<br \/>\nNous avons comme vision une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur la justice sociale, l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9, la d\u00e9mocratie et la paix. Nous savons qu\u2019un instrument essentiel, irrempla\u00e7able pour nous approcher de cet id\u00e9al, est un syndicalisme fort. Il est d\u2019autant plus irrempla\u00e7able eu \u00e9gard \u00e0 la globalisation capitaliste, au n\u00e9olib\u00e9ralisme, aux tendances \u00e0 la d\u00e9sagr\u00e9gation sociale, \u00e0 l\u2019individualisme et au repli sur soi \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans nos soci\u00e9t\u00e9s.<br \/>\nQuels sont les facteurs d\u00e9terminant un syndicalisme fort? Pour moi, la r\u00e9ponse \u00e0 cette question ne s\u2019est pr\u00e9cis\u00e9e qu\u2019au cours des ans.<br \/>\n1. Recrutement<br \/>\nUn premier \u00e9l\u00e9ment essentiel de la force d\u2019un syndicat est le nombre d\u2019adh\u00e9rents et le taux d\u2019organisation syndicale dans les diff\u00e9rentes branches. A relever que la question du recrutement a toujours \u00e9t\u00e9 une pr\u00e9occupation importante, tout au moins sur le plan des discours. Mais de fait elle n\u2019est devenue la priorit\u00e9 n\u00b0 1 que quatre \u00e0 cinq ans apr\u00e8s le d\u00e9but de la crise \u00e9conomique des ann\u00e9es 90, lorsque nous avons g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 l\u2019instrument du Management by Objectives (MbO). Entre-temps, sous le drapeau d\u2019Unia, le reproche qu\u2019on nous fait parfois est celui de souffrir d\u2019une manie de pers\u00e9cution en la mati\u00e8re. Mais m\u00eame si la t\u00e2che est difficile, dans un contexte europ\u00e9en, voire mondial, o\u00f9 les effectifs syndicaux baissent presque partout, il reste essentiel pour nous de stabiliser les effectifs et de reprendre la voie de la croissance. En effet, l\u2019\u00e9volution des effectifs va demeurer \u00e0 l\u2019avenir un indicateur essentiel de l\u2019\u00e9tat de sant\u00e9 de notre mouvement. Cela est d\u2019autant plus vrai que les ressources financi\u00e8res en d\u00e9pendent d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9terminante. Or, il n\u2019y a pas de syndicat fort sans solides assises financi\u00e8res. Les gr\u00e8ves co\u00fbtent et il faut toujours \u00eatre en mesure de les payer.<br \/>\nC\u2019est pourquoi, il faut continuer \u00e0 travailler sur les facteurs qui la d\u00e9terminent, il faut d\u00e9velopper l\u2019\u00e9change des \u00abbest practices\u00bb, il faut aborder enfin de mani\u00e8re plus syst\u00e9matique et approfondie \u2013 comme on est enfin en train de le faire avec un groupe de projet \u2013 la question des prestations\/services aux membres.<br \/>\n2. Vers l\u2019interprofessionnalisme<br \/>\nAu d\u00e9but des ann\u00e9es 90, notre d\u00e9fi a \u00e9t\u00e9 de rendre le syndicalisme capable d\u2019affronter une nouvelle phase, marqu\u00e9e par la crise, les restructurations, le d\u00e9placement des activit\u00e9s \u00e9conomiques vers le tertiaire, la mont\u00e9e du n\u00e9olib\u00e9ralisme et du n\u00e9oconservatisme. A l\u2019\u00e9poque nous avons utilis\u00e9 avec raison la formule \u00abdu syndicalisme de la haute conjoncture au syndicalisme pour les temps difficiles\u00bb. En termes de structures, il s\u2019est agi d\u2019\u0153uvrer de mani\u00e8re cons\u00e9quente pour faire passer dans le syndicalisme suisse le concept d\u2019interprofessionnalisme. Ce choix strat\u00e9gique ne devait pas seulement r\u00e9pondre \u00e0 la mobilit\u00e9 professionnelle croissante, mais aussi \u00e0 la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019attaquer enfin avec des moyens cons\u00e9quents \u00e0 la t\u00e2che vitale d\u2019ancrer le syndicalisme dans le secteur des services. L\u00e0 aussi, il nous a fallu quatre \u00e0 cinq ans, jusqu\u2019au milieu des ann\u00e9es 90, pour mettre vraiment au clair le concept d\u2019interprofessionnalisme et un autre lustre pour gagner toutes nos composantes \u00e0 embo\u00eeter le pas.<br \/>\nDeux ans apr\u00e8s la naissance d\u2019Unia, nous pouvons affirmer que strat\u00e9giquement c\u2019\u00e9tait le bon choix. Avec le temps, m\u00eame les syndicats issus des services publics nous suivent \u00e0 leur mani\u00e8re sur cette voie. Avec le recul toutefois, il y a au moins deux r\u00e9serves \u00e0 formuler:<br \/>\na)\tSi nous pouvons \u00eatre satisfaits de la dynamique interprofessionnelle, qui s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e dans bon nombre de r\u00e9gions, il subsiste des \u00abvillages gaulois\u00bb tant au niveau central \u2013 dans le fonctionnement des secteurs et des branches \u2013 que dans certaines r\u00e9gions. Le bon \u00e9quilibre entre autonomie des branches et pratique interprofessionnelle n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9, mais il s\u2019agit d\u2019un exercice difficile auquel il faut pr\u00eater attention en permanence. Car aussi bien les pressions patronales que les tendances naturelles chez nos responsables de branche, plus encore qu\u2019\u00e0 notre base, poussent de fait \u00e0 une remise en cause permanente de la logique interprofessionnelle.<br \/>\nb)\tNous sommes en train de le constater tous les jours \u2013 pour \u00eatre honn\u00eates bien au-del\u00e0 de nos attentes \u2013 interprofessionnalisme rime avec augmentation des attentes chez nos membres actuels (par ex. les \u00e9lectriciens, qui aimeraient gagner autant que les travailleurs soumis \u00e0 la CN de la ma\u00e7onnerie) ou potentiels (par ex. dans les branches du tertiaire), mais rime aussi avec complexit\u00e9 croissante. Or, ma\u00eetriser cette complexit\u00e9, notamment dans les r\u00e9gions et sections, est devenu un de nos d\u00e9fis majeurs. L\u2019\u00e9preuve d\u00e9cisive pour le concept d\u2019interprofessionnalisme, que l\u2019on n\u2019a pas encore gagn\u00e9e, est bien celle-ci.<br \/>\nC\u2019est d\u2019ailleurs pour cette raison, que nous avons int\u00e9r\u00eat, dans cette prochaine phase, \u00e0 renoncer \u00e0 des vis\u00e9es d\u2019int\u00e9gration de nouveaux syndicats \u00e0 notre projet Unia. Certes, dans une optique plus g\u00e9n\u00e9rale du mouvement syndical tout entier, il serait notamment urgent \u2013 et plus payant que bien d\u2019autres investissements que nous faisons \u2013 de s\u2019attaquer \u00e0 d\u2019autres morceaux strat\u00e9giquement et politiquement fort importants, comme la syndicalisation des branches en expansion de la sant\u00e9 et des services sociaux (h\u00f4pitaux, homes pour personnes \u00e2g\u00e9s, etc.), t\u00e2che que le SSP n\u2019est pas en mesure de remplir tout seul, faute de moyens. Mais dans des d\u00e9lais rapproch\u00e9s, nous ne sommes tout au plus en mesure que de mettre sur pied des projets pilotes dans certaines r\u00e9alit\u00e9s locales\/r\u00e9gionales.<br \/>\nLa question de la complexit\u00e9 m\u00e9rite d\u2019\u00eatre approfondie, en lien bien s\u00fbr avec celle relative \u00e0 l\u2019\u00e9volution de nos effectifs. On ne peut s\u2019\u00e9conomiser des choix douloureux, par la fixation de priorit\u00e9s. Mais ces choix ne peuvent pas \u00eatre unilat\u00e9raux (par ex. recruter dans le b\u00e2timent o\u00f9 c\u2019est plus facile, mettre une croix sur l\u2019industrie). Il faut de fait rechercher une solution \u00e9quilibr\u00e9e, adapt\u00e9e \u00e0 chaque r\u00e9gion et section, mais qui s\u2019inscrive dans la logique de nos objectifs strat\u00e9giques de construction syndicale.<br \/>\n3. La capacit\u00e9 de mobilisation et le r\u00e9seau des militant-e-s<br \/>\nUn autre \u00e9l\u00e9ment constitutif de la force et du rayonnement du syndicat r\u00e9side dans sa capacit\u00e9 de mobilisation, capacit\u00e9 qui est en lien aussi avec le r\u00e9seau des personnes de confiance.<br \/>\nCette capacit\u00e9 \u2013 et avec elle aussi le r\u00e9seau des militant-e-s \u2013 est all\u00e9e en s\u2019affaiblissant progressivement pendant les \u00ab30 glorieuses\u00bb et les ann\u00e9es de paix du travail plus ou moins absolue. Stopper le recul et accro\u00eetre \u00e0 nouveau cette capacit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 un des aspects importants de la \u00abcourse contre la montre\u00bb, que nous avons livr\u00e9e depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 90 pour faire face aux changements profonds sur l\u2019\u00e9chiquier social et politique.<br \/>\nC\u2019est dans le secteur principal de la construction, o\u00f9 cette op\u00e9ration nous a le mieux r\u00e9ussi. L\u2019exp\u00e9rience dans ce secteur montre que, pour parvenir \u00e0 des r\u00e9sultats, tels que la journ\u00e9e de gr\u00e8ve nationale pour la retraite \u00e0 60 ans de novembre 2002, il faut un travail de d\u00e9veloppement de la capacit\u00e9 de mobilisation sur la dur\u00e9e, conduit avec constance et t\u00e9nacit\u00e9. Nous avons utilis\u00e9 chaque renouvellement conventionnel, chaque tourn\u00e9e salariale et chaque conflit d\u2019entreprise depuis la fin des ann\u00e9es 80 pour accro\u00eetre la force de mobilisation, et cela en d\u00e9pit de la longue crise du secteur et de la perte qui s\u2019en est suivie de cadres exp\u00e9riment\u00e9s, surtout immigr\u00e9s, victimes des licenciements de masse.<br \/>\nLes multiples gr\u00e8ves locales, voire interr\u00e9gionales, \u00e0 commencer par celle dans le marbre et granit en Suisse al\u00e9manique de 1992, ont permis de familiariser \u00e0 nouveau une nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cadres syndicaux avec l\u2019art de la gr\u00e8ve. C\u2019est bien pour cela que nous n\u2019avons jamais frein\u00e9 les volont\u00e9s de lutte dans l\u2019organisation.<br \/>\nDans bien des secteurs et branches, nous avons pi\u00e9tin\u00e9, voire m\u00eame recul\u00e9 en mati\u00e8re de capacit\u00e9 de mobilisation. Et c\u2019est d\u2019ailleurs l\u00e0, o\u00f9 g\u00e9n\u00e9ralement, nous avons le plus de peine \u00e0 nous faire respecter par le patronat et \u00e0 pr\u00e9server\/arracher des acquis au niveau conventionnel, si bien qu\u2019on est aujourd\u2019hui encore loin du compte.<br \/>\nLes principales le\u00e7ons pour l\u2019avenir me paraissent \u00eatre les suivantes:<br \/>\na)\tIl faut vraiment s\u2019attacher \u00e0 saisir toutes les opportunit\u00e9s de lutte en vue de d\u00e9velopper la capacit\u00e9 de mobilisation et avec elle le r\u00e9seau de militant-e-s. La r\u00e8gle est qu\u2019un syndicat se construit et se renforce dans les conflits et non pas dans la pratique de la paix du travail absolue!<br \/>\nb)\tLe d\u00e9veloppement de la conscience syndicale conna\u00eet, dans les actions collectives et surtout dans les gr\u00e8ves, une acc\u00e9l\u00e9ration importante, m\u00eame parmi les travailleurs au d\u00e9but pas syndiqu\u00e9s. Celle-ci prend des connotations d\u2019autant plus positives, si la lutte est payante. Heureusement pour nous, cela a \u00e9t\u00e9 souvent le cas. De nouveaux\/potentiels cadres \u00e9mergent, qu\u2019il faut prendre le temps d\u2019accompagner et soutenir.<br \/>\nc)\tEntretenir cette prise de conscience pour la transformer en engagement militant sur la dur\u00e9e s\u2019av\u00e8re \u00eatre plus difficile qu\u2019on ne le pense, m\u00eame avec les cadres \u00e9mergents. Cela est souvent source de d\u00e9ceptions tout \u00e0 fait compr\u00e9hensibles dans nos rangs. Mais il faut aussi dire que nous n\u2019avons presque jamais r\u00e9ussi \u00e0 organiser un suivi syst\u00e9matique permettant de consolider l\u2019acquis initial. Les t\u00e2ches syndicales quotidiennes ont vite repris le dessus.<br \/>\nd)\tIl ne faut jamais emp\u00eacher ceux qui souhaitent faire la gr\u00e8ve de la faire, pourvu qu\u2019elle soit un minimum sens\u00e9e. Savoir saisir les opportunit\u00e9s pour exploiter consciemment les bons conflits, tant pour obtenir des avanc\u00e9es que pour renforcer la dynamique\/construction syndicale, est au moins tout aussi important. Les conflits ouverts sont encore et toujours la meilleure \u00e9cole syndicale. La devise des p\u00e8res fondateurs de notre mouvement selon laquelle les travailleurs\/-euses n\u2019apprennent pas la solidarit\u00e9 dans les livres, mais dans l\u2019action collective est plus actuelle que jamais.<br \/>\ne)\tLes directions avec leurs \u00e9quipes, jouent un r\u00f4le essentiel, tant dans le d\u00e9clenchement que dans le d\u00e9roulement des mouvements conventionnels ou des gr\u00e8ves. Il faut donner un grand poids au d\u00e9veloppement de ce \u00absavoir-faire\u00bb.<br \/>\nLorsqu\u2019on parle de mobilisation, de gr\u00e8ves, de r\u00e9seau de militant-e-s, comme lorsque nous parlons de solidarit\u00e9 et d\u2019individualisme, nous avons tendance \u00e0 id\u00e9aliser un pass\u00e9 plus ou moins lointain. En fait, l\u2019histoire syndicale est faite de hauts et de bas en la mati\u00e8re depuis toujours.<br \/>\nIl est int\u00e9ressant de relever que la capacit\u00e9 de mobilisation au cours de ces 15 derni\u00e8res ann\u00e9es a \u00e9volu\u00e9 de mani\u00e8re in\u00e9gale dans notre syndicat, selon les r\u00e9gions, m\u00eame en ce qui concerne le secteur de la construction, o\u00f9 nous avons atteint le stade le plus avanc\u00e9. On peut dire que la progression n\u2019a \u00e9t\u00e9 constante que pour quelques r\u00e9gions. Avec cette discontinuit\u00e9, comme on dit, il faut faire avec! C\u2019est pour cette raison, qu\u2019il ne faut jamais l\u00e2cher prise dans la volont\u00e9 d\u2019\u0153uvrer au d\u00e9veloppement de la capacit\u00e9 de mobilisation. Il faut laisser de la place \u00e0 la spontan\u00e9it\u00e9 et aux r\u00e9flexes anarchisants et antibureaucratiques, m\u00eame lorsqu\u2019 ils \u00e9nervent!<br \/>\nCet \u00e9tat d\u2019esprit est essentiel, car le d\u00e9fi d\u00e9cisif \u00e0 ma\u00eetriser au cours des 10 prochaines ann\u00e9es est celui de faire \u00e9merger dans Unia, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la \u00ablocomotive\u00bb pour la mobilisation qu\u2019est le secteur principal de la construction, qui pour des raisons structurelles perdra forc\u00e9ment une partie de son r\u00f4le actuel, d\u2019autres locomotives, \u00e0 savoir l\u2019artisanat et le tertiaire, r\u00e9alistement. En l\u2019\u00e9tat actuel, dans l\u2019Industrie cela para\u00eet beaucoup plus difficile \u00e0 mettre en \u0153uvre, quoi que l\u2019exp\u00e9rience de la gr\u00e8ve \u00e0 Swissmetal montre qu\u2019un potentiel existe d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 lors de conflits d\u2019entreprise.<br \/>\nToutes les tentatives coordonn\u00e9es de relancer le r\u00e9seau de militant-e-s ont jusqu\u2019ici \u00e9chou\u00e9, la plupart du temps par manque de syst\u00e9matique et de continuit\u00e9. Pourtant, le renforcement et renouvellement de ce r\u00e9seau reste une t\u00e2che vitale pour assurer l\u2019avenir de notre mouvement. Les exp\u00e9riences r\u00e9alis\u00e9es dans des branches, au niveau de certaines r\u00e9gions ou lors de conflits conventionnels\/gr\u00e8ves montrent qu\u2019il n\u2019y a pas lieu de d\u00e9sesp\u00e9rer. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, il faut avec pragmatisme b\u00e2tir\/renouveler le r\u00e9seau en s\u2019appuyant sur nos mobilisations, \u00absur tout ce qui bouge\u00bb par ailleurs. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, il faut autant de concepts clairs et r\u00e9alistes, que de pers\u00e9v\u00e9rance et de disponibilit\u00e9 pour ne pas sacrifier l\u2019investissement n\u00e9cessaire au profit des t\u00e2ches syndicales quotidiennes.<br \/>\nUn autre volet de la capacit\u00e9 de mobilisation a trait \u00e0 notre capacit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rendaire, \u00e0 savoir de r\u00e9colte de signatures pour des r\u00e9f\u00e9rendums et des initiatives populaires, mais aussi de gagner des votations populaires. Par rapport \u00e0 l\u2019\u00e9tat de notre mouvement au d\u00e9but des ann\u00e9es 90, nous avons fait des progr\u00e8s ind\u00e9niables en la mati\u00e8re. Une bonne combinaison de la capacit\u00e9 de mobilisation et de la capacit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rendaire est sans conteste la cl\u00e9 de vo\u00fbte pour que notre syndicat et l\u2019USS soient per\u00e7us comme une \u00abforce de contre-pouvoir social\u00bb de plus en plus incontournable sur l\u2019\u00e9chiquier social et politique. C\u2019est \u00e0 nouveau le cas aujourd\u2019hui, mais nous avons encore beaucoup de chemin \u00e0 faire pour briser vraiment la dominance n\u00e9olib\u00e9rale et n\u00e9oconservatrice. Une de nos principales faiblesses a \u00e9t\u00e9, \u00e0 ce propos, dans la plupart de nos batailles, de n\u2019avoir pas su exploiter suffisamment nos campagnes politiques pour le recrutement et la construction syndicale. Dans le m\u00eame registre, seulement dans la campagne \u00abPas de salaires en dessous de 3&#8217;000 Fr.\u00bb (mais il ne s\u2019agissait pas d\u2019une activit\u00e9 au niveau institutionnel) ou dans celle pour la \u00abpr\u00e9retraite \u00e0 60 ans\u00bb ou seulement dans celle sur les horaires d\u2019ouverture des magasins dans certains cantons, nous avons r\u00e9ussi \u00e0 faire v\u00e9ritablement la jonction entre les th\u00e8mes sociopolitiques et les CCT et ainsi \u00e0 assurer le lien avec la construction syndicale. Cela doit changer. Je crois m\u00eame, qu\u2019un des crit\u00e8res importants pour nos choix en mati\u00e8re de r\u00e9f\u00e9rendum et d\u2019initiatives, comme en mati\u00e8re d\u2019autres campagnes sur des th\u00e8mes sociopolitiques, doit \u00eatre leur contribution probable \u00e0 la r\u00e9alisation de cet objectif.<br \/>\n4. Structures et valeurs<br \/>\nLe danger qui guette en permanence un syndicat \u2013 et \u00e0 plus forte raison un grand syndicat comme Unia \u2013 est celui de s\u2019asseoir sur ses lauriers, de la bureaucratisation et de la d\u00e9rive conservatrice droiti\u00e8re. Si ces tendances prennent le dessus, le prix \u00e0 terme est son affaiblissement in\u00e9vitable. La force du syndicat d\u00e9pend donc aussi de sa capacit\u00e9 \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 mettre en \u0153uvre les antidotes n\u00e9cessaires. Pour cela, il importe d\u2019\u00eatre au clair sur les facteurs objectifs et subjectifs \u00e0 l\u2019\u0153uvre, auxquels il faut prendre garde \u00e0 tous les niveaux de l\u2019organisation:<br \/>\n&#8211;\tl\u2019appareil syndical a tendance \u00e0 se d\u00e9tacher de la base, surtout lorsqu\u2019elle n\u2019est pas tr\u00e8s active, et \u00e0 jouer un r\u00f4le de substitut, o\u00f9 pour finir les int\u00e9r\u00eats inavou\u00e9s de l\u2019appareil lui-m\u00eame prennent le dessus;<br \/>\n&#8211;\tparmi ces int\u00e9r\u00eats, il y a aussi les int\u00e9r\u00eats bassement mat\u00e9riels, qui t\u00f4t ou tard finissent par entrer en contradiction avec les valeurs d\u2019\u00e9thique et de transparence affich\u00e9es publiquement;<br \/>\n&#8211;\tla grandeur et la complexit\u00e9 de l\u2019organisation n\u2019arrangent pas les choses: des pratiques bureaucratiques tendent \u00e0 \u00eatre l\u00e9gitim\u00e9es par la complexit\u00e9 de l\u2019organisation; les organes de milice peuvent \u00eatre pris par un sentiment de d\u00e9passement (et parfois ils sont d\u00e9pass\u00e9s, surtout lorsque la volont\u00e9 p\u00e9dagogique et de transparence fait d\u00e9faut), qui pousse \u00e0 la r\u00e9signation ;<br \/>\n&#8211;\td\u2019une mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, si une orientation claire et partag\u00e9e manque, le danger de confusion et de r\u00e9signation se r\u00e9pand;<br \/>\n&#8211;\tles pressions patronales de toute sorte et la pratique de nos institutions paritaires, ainsi que le syst\u00e8me politique suisse avec le partenariat social et la concordance politique poussent \u00e0 une culture du compromis, qui peut aller parfois jusqu\u2019\u00e0 la compromission; de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, le durcissement patronal, le n\u00e9olib\u00e9ralisme et le n\u00e9oconservatisme, sources d\u2019arrogance et de polarisation sociale, oeuvrent dans le sens inverse et appellent \u00e0 relever le d\u00e9fi;<br \/>\n&#8211;\tl\u2019influence n\u00e9gative d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 capitaliste au stade des managers et jongleurs financiers sans principes, o\u00f9 prime l\u2019\u00e9go\u00efsme, le chacun pour soi, les pratiques selon le principe machiav\u00e9lique \u00abla fin justifie tous les moyens\u00bb, etc.;<br \/>\n&#8211;\tl\u2019absorption par le travail syndical quotidien, avec le pragmatisme qu\u2019il exige dans l\u2019assistance et la d\u00e9fense des int\u00e9r\u00eats des membres, qui tend \u00e0 faire perdre la vue d\u2019ensemble et \u00e0 r\u00e9duire l\u2019espace, voire m\u00eame l\u2019int\u00e9r\u00eat pour les questions de fonds, pour l\u2019\u00e9change et le d\u00e9bat intellectuels;<br \/>\n&#8211;\tla fatigue, l\u2019usure, la tendance tr\u00e8s humaine de s\u2019\u00e9conomiser des conflits et de vivre en paix, dans une profession o\u00f9 la pression et les tensions sont presque une constante, peuvent pousser \u00e0 l\u00e2cher prise et \u00e0 chercher la voie de facilit\u00e9 bureaucratique.<br \/>\nQuels sont, quels peuvent \u00eatre ces antidotes ?<br \/>\n&#8211;\tLes structures et les activit\u00e9s syndicales doivent \u00eatre con\u00e7ues et mises en \u0153uvre de mani\u00e8re \u00e0 promouvoir la participation des membres, des organes de milice aux d\u00e9cisions. Il faut veiller constamment \u00e0 ce que la d\u00e9mocratie et ses r\u00e8gles s\u2019exercent conform\u00e9ment aux statuts.<br \/>\n&#8211;\tIl faut que la dialectique d\u00e9mocratique avant la prise de d\u00e9cision puisse s\u2019exercer sans<br \/>\nentraves. A ce titre, le pluralisme, le respect et la tol\u00e9rance r\u00e9ciproques sont des valeurs \u00e0<br \/>\nne jamais oublier. Et j\u2019ajoute, tout particuli\u00e8rement envers les contestataires (surtout de gauche) de la ligne majoritaire: pour toute opposition, il y a des raisons, dans toute opposition il y a au moins un brin de vrai!<br \/>\nUne limite sur laquelle il n\u2019y a pas lieu toutefois de transiger, c\u2019est que le combat pour faire passer ses propres positions doit se faire avec des m\u00e9thodes propres et dans le respect de l\u2019autre. En outre, les d\u00e9cisions prises d\u00e9mocratiquement par les organes comp\u00e9tents doivent \u00eatre respect\u00e9es. Cela devrait aller de soi, mais l\u2019exp\u00e9rience le prouve, ce n\u2019est malheureusement pas toujours le cas. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, une direction doit veiller pour sa part \u00e0 r\u00e9sister aux tentations d\u2018abuser de sa position de pouvoir.<br \/>\n&#8211;\tMis \u00e0 part ce qui vient d\u2019\u00eatre dit, les tendances \u00e0 la bureaucratisation et \u00e0 se reposer sur ses lauriers peuvent \u00eatre au mieux combattues:<br \/>\n\u00b0 en pr\u00e9servant une orientation \u00abmouvementiste\u00bb, \u00e0 savoir en lan\u00e7ant avec r\u00e9gularit\u00e9 (mais pas trop!) des campagnes et des actions collectives sur des th\u00e8mes r\u00e9pondant aux attentes;<br \/>\n\u00b0 en veillant \u00e0 ce que l\u2019appareil permanent accroisse sa flexibilit\u00e9 par des r\u00e9formes structurelles et des rotations de postes;<br \/>\n\u00b0 en r\u00e9sistant autant que possible \u00e0 l\u2019extension \u00abnaturelle\u00bb de l\u2019appareil permanent; au profit d\u2019une utilisation des moyens disponibles pour des projets, des actions collectives et des campagnes ad hoc;<br \/>\n\u00b0 en cultivant consciemment une culture de la prise de risques. Sans prise de risques, il n\u2019y a pas de d\u00e9veloppement et d\u2019innovation dans l\u2019organisation, comme il n\u2019y a pas de luttes et de gr\u00e8ves. Comme g\u00e9n\u00e9ralement ce sont les jeunes qui sont le mieux pr\u00e9dispos\u00e9s \u00e0 la prise de risques, il faut, autant que possible, leur laisser la place et les promouvoir;<br \/>\n\u00b0 en recourant \u00e0 une utilisation judicieuse des m\u00e9thodes et des instruments qui ont permis et qui permettent de professionnaliser la gestion de l\u2019organisation.<br \/>\nEncore que sur ce dernier point, si l\u2019on pense notamment aux principes de conduite selon le MbO, le d\u00e9fi de tous les jours est de rechercher le point d\u2019\u00e9quilibre entre exigences et n\u00e9cessit\u00e9s contradictoires: d\u2019une part, celle du respect, voire du renforcement des r\u00e8gles de fonctionnement d\u00e9mocratique dans une organisation syndicale, celle de laisser libre cours au \u00abspontan\u00e9isme\u00bb et au c\u00f4t\u00e9 \u00absurprise, incalculable, d\u00e9concertant\u00bb de l\u2019action syndicale, et d\u2019autre part, celle de la recherche d\u2019efficacit\u00e9 dans le fonctionnement de l\u2019appareil permanent.<br \/>\n&#8211;\tL\u2019antidote aux tentations de c\u00e9der aux sir\u00e8nes mat\u00e9rielles et au copinage avec les milieux patronaux r\u00e9side:<br \/>\n\u00b0 dans la fixation et l\u2019application cons\u00e9quente de r\u00e8gles claires et transparentes dans l\u2019organisation (par ex. en mati\u00e8re de syst\u00e8me salarial, d\u2019indemnisation des frais et de mandats, etc.) qui soient en harmonie avec les valeurs \u00e9thiques affich\u00e9es publiquement;<br \/>\n\u00b0 mais aussi et surtout dans l\u2019effort personnel de chacun \u2013 et cela doit commencer au sommet de la hi\u00e9rarchie syndicale, car, comme le dit l\u2019adage \u00able poisson commence \u00e0 puer par la t\u00eate\u00bb \u2013 de s\u2019orienter aux hautes valeurs morales, qui doivent \u00eatre les n\u00f4tres, et de pr\u00e9server la distance n\u00e9cessaire avec les partenaires tant patronaux qu\u2018au niveau des autorit\u00e9s avec qui nous avons \u00e0 faire. Il ne faut jamais oublier que les permanent-e-s syndicaux\/-ales sont les principaux ambassadeurs du syndicat et impr\u00e8gnent l\u2019image de l\u2019organisation \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et sa cr\u00e9dibilit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur face \u00e0 nos membres. D\u2019o\u00f9 la grande responsabilit\u00e9 qui est la n\u00f4tre.<br \/>\n&#8211;\tUn syndicaliste ne peut \u00eatre qu\u2019un pragmatique dans sa d\u00e9fense des acquis sociaux et dans la lutte pour des am\u00e9liorations et des r\u00e9formes, qui sont le plus souvent modestes. Mais cela est aussi un pi\u00e8ge, qui \u2013 vu les temps difficiles, auxquels nous sommes confront\u00e9s \u2013 peut conduire au d\u00e9couragement, \u00e0 l\u2019usure, \u00e0 la perte du sens pour ce qu\u2019on fait. Un vrai, un bon syndicaliste n\u2019oublie donc pas que son action s\u2019inscrit, doit s\u2019inscrire, dans un projet plus g\u00e9n\u00e9ral de soci\u00e9t\u00e9. Pour cela, il faut qu\u2019il se nourrisse intellectuellement, qu\u2019il participe au d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es, qui entretiennent l\u2019espoir de lendemains qui chantent d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9, la fraternit\u00e9 et la justice. La discussion sur des questions de strat\u00e9gie et de soci\u00e9t\u00e9, la recherche d\u2018\u00ab\u00e9toiles fixes\u00bb  (pour reprendre la formule de \u00abFixsterne\u00bb de l\u2019IG Metall d\u2019il y a une dizaine d\u2019ann\u00e9es), qui fassent le lien entre la soci\u00e9t\u00e9 \u00e0 laquelle nous aspirons, les combats quotidiens pour l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie de celles et ceux que nous repr\u00e9sentons, ainsi que leur popularisation doivent reprendre, apr\u00e8s une fusion qui nous a absorb\u00e9s, pour des choses plus terre \u00e0 terre \u00e0 faire partie int\u00e9grante de notre vie syndicale. A terme, on ne supporte pas la charge de permanent syndical, sans des convictions et sans motivation fortes. Elles doivent \u00eatre constamment nourries par l\u2019action collective, mais aussi et surtout par le d\u00e9bat d\u2019id\u00e9es, qui ont, comme effet collat\u00e9ral, de favoriser l\u2019esprit de solidarit\u00e9 et de camaraderie.<br \/>\n5. Strat\u00e9gie, programme et profil du syndicat<br \/>\nM\u00eame s\u2019il s\u2019agit d\u2019un volet important du rayonnement d\u2019un syndicat, je me limiterai \u00e0 quelques r\u00e9flexions seulement \u00e0 ce sujet, car nous avons eu l\u2019occasion d\u2019en discuter \u00e0 plusieurs reprises par le pass\u00e9 (voir aussi \u00abL\u2019exp\u00e9rience du SIB 1992-2004\u00bb, dans le livre \u00abLa vie syndicale\u00bb). Ce qui me para\u00eet essentiel \u00e0 ce sujet est:<br \/>\n&#8211;\tqu\u2019il faut r\u00e9guli\u00e8rement se poser la question des \u00e9l\u00e9ments constitutifs du profil de notre syndicat, tel qu\u2019il est per\u00e7u, mais aussi tel que nous souhaiterions qu\u2019il puisse \u00eatre per\u00e7u. Le probl\u00e8me est que dans le vaste spectre de notre base syndicale, pour ne prendre qu\u2019un exemple, le profil combatif pla\u00eet aux uns et pla\u00eet moins \u00e0 d\u2019autres. Le danger est donc de rechercher une voie interm\u00e9diaire, qui rend flou le tout; ce qui serait une erreur. L\u2019autre danger est de se laisser d\u00e9terminer trop fortement par la tradition d\u2019un syndicalisme ancr\u00e9 parmi les ouvriers hommes et les secteurs classiques comme le b\u00e2timent, l\u2019artisanat et l\u2019industrie au d\u00e9triment des composantes et secteurs qui repr\u00e9sentent le mieux l\u2019avenir, \u00e0 savoir les femmes, les jeunes, les employ\u00e9s et le secteur tertiaire;<br \/>\n&#8211;\tqu\u2019il faut tout aussi r\u00e9guli\u00e8rement confronter l\u2019organisation aux questions de programme et de strat\u00e9gies. C\u2019est essentiel, car la r\u00e9alit\u00e9 change vite, ce qui n\u00e9cessite une forte capacit\u00e9 d\u2019adaptation, mais aussi d\u2019anticipation. Percevoir \u00e0 temps les nouveaux trends \u00e0 l\u2019\u0153uvre<br \/>\ndans la soci\u00e9t\u00e9 et tout particuli\u00e8rement sur le march\u00e9 du travail et y pr\u00e9parer \u00e0 temps la<br \/>\nr\u00e9ponse syndicale est une des cl\u00e9s du succ\u00e8s. C\u2019est judicieux \u00e9galement pour pr\u00e9server la<br \/>\nmotivation et nourrir la boussole des cadres et des activistes.<br \/>\n6. La question de l\u2019identit\u00e9 et le r\u00f4le des symboles, des \u00e9motions et de l\u2018histoire<br \/>\nLes salari\u00e9-e-s, nos membres, nos activistes, nos collaborateurs\/-trices, nos cadres ne vivent pas que de pain, mais aussi et surtout d\u2019\u00e9motions! La force d\u2019un syndicat d\u00e9pend aussi de sa capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des symboles et des \u00e9motions positives, \u00e0 d\u00e9velopper le sens d\u2019appartenance, le sens identitaire. Il faut cr\u00e9er les conditions pour les cultiver et les d\u00e9velopper, il faut y porter un soin syst\u00e9matique, ce que nous n\u2019avons pas l\u2019habitude de faire. M\u00eame si cela peut surprendre, c\u2019est l\u2019aspect dont il m\u2019a fallu le plus de temps pour en saisir l\u2019importance. Cela tient vraisemblablement, mis \u00e0 part les traits de caract\u00e8re, \u00e0 mon histoire personnelle (\u00e9duqu\u00e9 selon la devise qu\u2019un montagnard ne montre pas ses \u00e9motions, pass\u00e9 dans sa jeunesse d\u2019une \u00e9glise aust\u00e8re \u2013 catholique &#8211; \u00e0 l\u2019autre, qui l\u2019\u00e9tait encore plus \u2013 marxiste \u2013, etc.), mais aussi \u00e0 la culture d\u2019une partie de la gauche suisse, en particulier d\u2018une g\u00e9n\u00e9ration \u2013 de 68 \u2013, qui avait \u00e0 se d\u00e9marquer des symboles et de la culture de la Suisse du r\u00e9duit national.<br \/>\nLe signe avant-coureur de cette importance a \u00e9t\u00e9 pour moi la premi\u00e8re grande manifestation nationale organis\u00e9e encore sous l\u2019\u00e9gide de la FOBB en 1990 \u00abPour l\u2018abolition du statut de saisonnier, pour l\u2019Europe sociale\u00bb. Cette manifestation avait donn\u00e9 une impulsion extraordinaire \u00e0 toute la dynamique syndicale qui a suivi. Du fort besoin identitaire, qui s\u2019y \u00e9tait exprim\u00e9, a vraisemblablement avec le temps jailli l\u2019id\u00e9e de se doter d\u2019un drapeau, apr\u00e8s la fusion, qui a donn\u00e9 naissance au SIB. Il est significatif que personne ne se rappelle exactement comment l\u2019id\u00e9e du drapeau SIB a fait son chemin. Et nous avons plus ou moins toutes et tous \u00e9t\u00e9 surpris(-es) par l\u2019importance symbolique que ce drapeau, \u00e9criture rouge sur fonds blanc, a pris au cours des petites et grandes luttes dans la d\u00e9cennie qui a suivi, pour nous, mais aussi bien au-del\u00e0 de nos rangs. Unia ne serait d\u00e9j\u00e0 plus pensable aujourd\u2019hui sans son drapeau, symbolisant la confiance en soi, l\u2019esprit conqu\u00e9rant, le d\u00e9sir de r\u00e9aliser des belles et grandes choses, le combat pour nos valeurs. Cette belle histoire donc se perp\u00e9tue.<br \/>\nComme la solidarit\u00e9 s\u2019apprend dans les actions collectives, il en va de m\u00eame du sens d\u2019appartenance identitaire. Bien s\u00fbr, il faut, entre deux luttes dans notre activit\u00e9 syndicale quotidienne, veiller \u00e0 d\u00e9velopper et \u00e0 entretenir le sens de la camaraderie, voire de l\u2019amiti\u00e9. Et il est vrai que sous la pression du quotidien et de la charge de travail excessive qui lui est li\u00e9e, nous avons tendance \u00e0 les n\u00e9gliger. Mais c\u2019est surtout dans les luttes (et encore plus lorsqu\u2018elles aboutissent \u00e0 des r\u00e9sultats positifs) que la fiert\u00e9, naissant de la prise de risques ainsi que du courage, de la solidarit\u00e9 et de la force qui s\u2019y expriment, \u00e9tablit un lien tr\u00e8s fort entre toutes les composantes d\u2019une organisation syndicale, voire m\u00eame au-del\u00e0 dans des pans entiers de la soci\u00e9t\u00e9. Fiert\u00e9 et rayonnement d\u2019un c\u00f4t\u00e9, respect de l\u2019autre. C\u2019est la plus forte motivation qui soit!<br \/>\nPar rapport \u00e0 la g\u00e9n\u00e9ration qui nous a pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s, je dirais, en sch\u00e9matisant un peu, que nous avons fait un pas en arri\u00e8re en ce qui concerne le soin de l\u2019esprit de camaraderie et un important  pas en avant sur la voie de redonner du poids aux questions identitaires et \u00e9motionnelles.<br \/>\nNous avons des excuses pour le pas en arri\u00e8re: le rouleau compresseur de la globalisation capitaliste nous a impos\u00e9 d&#8217;autres rythmes qu\u2019aux secr\u00e9taires syndicaux habitu\u00e9s \u00e0 oeuvrer dans la haute conjoncture et dans la paix sociale la plus absolue. Les temps o\u00f9 les CC duraient jusqu\u2019\u00e0 13.00 heures et se poursuivaient l\u2019apr\u00e8s-midi par des repas paisibles et les jeux de cartes sont depuis longtemps r\u00e9volus. N\u2019emp\u00eache que nous devons, m\u00eame dans un contexte radicalement chang\u00e9, retrouver le chemin qui m\u00e8ne \u00e0 cultiver l\u2019humour et la  camaraderie. D\u2019ailleurs, un certain nombre de r\u00e9gions\/sections et d\u2018autres unit\u00e9s d\u2019Unia y parviennent d\u2019ores et d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s bien.<br \/>\nSoigner sa propre histoire, en transmettre les moments forts aux nouvelles g\u00e9n\u00e9rations, notamment lors d\u2019anniversaires importants, mais pas seulement, fait partie int\u00e9grante de la capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer, ancrer et d\u00e9velopper les symboles et le sens d\u2019appartenance \u00e0 l\u2018organisation. Comparativement aux syndicats d\u2019autres pays, comme l\u2019Italie, nous sommes tr\u00e8s loin du compte. Un seul exemple \u00e0 titre d\u2018illustration: les multiples initiatives prises au niveau national et au niveau d\u00e9centralis\u00e9 par la CGIL italienne pour f\u00eater cette ann\u00e9e son centenaire et l\u2019unique initiative prise au niveau national  par l\u2019USS pour f\u00eater son 125\u00e8me anniversaire. Cela tient \u00e0 des cultures diff\u00e9rentes de pays. Cela tient aussi et surtout \u00e0 des histoires syndicales diff\u00e9rentes. Il est bien \u00e9vident que le rapport \u00e0 l\u2019histoire est plus intense dans un pays o\u00f9 le syndicalisme a d\u00fb faire face \u00e0 des multiples phases dramatiques, telles que le fascisme ou le terrorisme, mais aussi o\u00f9 le syndicalisme a su mener de plus grands mouvements de gr\u00e8ves (comme l\u2019\u00abautunno caldo\u00bb de 1969). Mais cela tient enfin \u00e0 une sous-estimation de notre part de l\u2019importance de cet aspect des choses. Dans notre nouvelle g\u00e9n\u00e9ration de cadres, il y a des camarades qui l\u2019ont bien compris et qui savent lui donner la place n\u00e9cessaire \u00e0 chaque assembl\u00e9e\/f\u00eate annuelle. Le d\u00e9veloppement de la capacit\u00e9 de lutte doit aller de paire avec la r\u00e9appropriation par notre base des moments les plus forts de notre propre histoire, comme mouvement syndical suisse, mais aussi comme Unia!<br \/>\n7. Promotion des cadres<br \/>\nLa force du syndicat d\u00e9pend enfin de la quantit\u00e9 et de la qualit\u00e9 de ses cadres permanents. Nous en avons des remarquables dans toutes les g\u00e9n\u00e9rations. Unia en est vraisemblablement la mieux dot\u00e9e de toutes les forces sociales et politiques du pays (m\u00eame l\u00e0 o\u00f9 nous avons encore une longueur de retard, comme au niveau des cadres femmes!).<br \/>\nNous souffrons toutefois, \u00e0 tous les niveaux, d\u2019une p\u00e9nurie de cadres \u00e0 la hauteur des t\u00e2ches de plus en plus complexes. Et nous avons un gros probl\u00e8me de rel\u00e8ve. Les causes sont multiples:<br \/>\n&#8211;\tde moins en moins de coll\u00e8gues que nous engageons comme permanents, am\u00e8nent comme bagage personnel une exp\u00e9rience et une formation li\u00e9es \u00e0 un militantisme politique (PSS ou partis de gauche de l\u2019immigration) ou dans un mouvement social (comme celui des altermondialistes ou des f\u00e9ministes); cela tient, entre autres, au fait que depuis longtemps notre soci\u00e9t\u00e9 ne conna\u00eet plus de mouvement social de masse comme en 68;<br \/>\n&#8211;\tles changements dans les modes de vie, dans le rapport au travail et face \u00e0 l\u2019engagement militant entrent en contradiction avec les exigences et les contraintes du militantisme syndical;<br \/>\n&#8211;\tla difficult\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer et \u00e0 reproduire en notre sein m\u00eame les cadres permanents de l\u2019avenir;<br \/>\n&#8211;\tle manque de suivi, de d\u00e9pistage et de promotion syst\u00e9matiques des cadres militants et permanents potentiels.<br \/>\nCes causes indiquent la voie des rem\u00e8des \u00e0 cette faiblesse, qui est devenue chronique:<br \/>\n&#8211;\td\u00e9velopper la mobilisation sociale par des luttes et des campagnes, tout en assurant le suivi des cadres \u00e9mergeants;<br \/>\n&#8211;\tmettre sur pieds un instrument performant de d\u00e9tectage de cadres potentiels au sein et \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de l\u2019organisation et un plan de promotion des cadres et de la rel\u00e8ve.<br \/>\nMais nous sommes d\u00e9j\u00e0 sur la bonne voie pour empoigner ces probl\u00e8mes avec la d\u00e9termination et la continuit\u00e9 n\u00e9cessaires, car il s\u2019agit d\u2019un travail de longue haleine, qui ne peut plus \u00eatre sacrifi\u00e9 sur l\u2019autel des obligations syndicales quotidiennes.<br \/>\n8.\tR\u00e8gles personnelles de conduite du syndicaliste<br \/>\nLa charge que doit porter sur son dos un cadre syndical, \u00e0 quelque niveau qu\u2019il soit, s\u2019est progressivement alourdie. Les exigences croissent en m\u00eame temps que la complexit\u00e9 du mandat et des probl\u00e8mes \u00e0 r\u00e9soudre. Le durcissement dans les relations sociales n\u2019est pas pour<br \/>\nfaciliter les choses. Il faut une grande disponibilit\u00e9 et solidit\u00e9 pour tenir le coup sur la dur\u00e9e. C\u2019est un sujet que nous n\u2019abordons ni facilement ni souvent, peut-\u00eatre parce qu\u2019il empi\u00e8te sur la sph\u00e8re plus personnelle de chacun.<br \/>\nA la lumi\u00e8re de mon exp\u00e9rience personnelle, quels sont les facteurs qui peuvent contribuer \u00e0 cette solidit\u00e9 qui permet de tenir sur la dur\u00e9e?<br \/>\n&#8211;\tIl faut de fortes convictions, elles-m\u00eames rattach\u00e9es aux valeurs sur lesquelles se fonde notre mouvement, et une certaine disponibilit\u00e9 \u00e0 la prise de risque, au courage, \u00e0 la d\u00e9termination, \u00e0 la t\u00e9nacit\u00e9; toutes des qualit\u00e9s \u00e0 tenir en exercice!<br \/>\n&#8211;\tIl faut quelques bons principes de vie, de toute une vie, qui jouent le r\u00f4le de boussole, qui permettent d\u2019\u00eatre per\u00e7us en tant que cadre comme exemple \u00e0 suivre (\u00abVorbild\u00bb) et qui permettent de r\u00e9sister aux coups, aux d\u00e9ceptions et aux mauvais moments in\u00e9vitables, vu la condition humaine, mais aussi de se r\u00e9jouir pleinement lors des petits et grands succ\u00e8s.<br \/>\n&#8211;\tIl faut pr\u00e9server constamment la capacit\u00e9 de s\u2019indigner des injustices que l\u2019on rencontre comme syndicaliste, mais aussi ne jamais c\u00e9der aux sir\u00e8nes du cynisme, un des grands dangers qui guettent les syndicalistes presque autant que les politiciens. Les tendances \u00e0 la r\u00e9signation ont beaucoup \u00e0 faire avec ces deux aspects. Chacun d\u00e9veloppe ses propres sources de motivation pour un engagement dans lequel les heures travaill\u00e9es le soir et le week-end ne nous p\u00e8sent pas. Pour ma part, une de ces sources a \u00e9t\u00e9 ma volont\u00e9 de revanche face \u00e0 des patrons et \u00e0 des repr\u00e9sentants de l\u2019autorit\u00e9 politique qui lors de n\u00e9gociations ont fait preuve de m\u00e9pris envers les salari\u00e9-e-s et leur syndicat!<br \/>\n&#8211;\tIl est clair que l\u2019application du principe machiav\u00e9lique \u00abla fin justifie tous les moyens\u00bb ne m\u00e8ne pas tr\u00e8s loin, il m\u00e8ne m\u00eame \u00e0 l\u2019impasse. On ne construit pas un syndicat propre et une soci\u00e9t\u00e9 plus juste avec de sales m\u00e9thodes. Il n\u2019y a pas que la terrible aventure stalinienne qui le prouve. Certes, les meilleurs syndicalistes, pour parvenir au but, sont des malins et ont un c\u00f4t\u00e9 d\u00e9concertant. Mais il y a tout de m\u00eame une limite \u00e0 cela: c\u2019est celle de la bonne foi.<br \/>\nA la longue, un comportement honn\u00eate paie toujours, tant dans les relations avec nos partenaires et adversaires que dans les relations en notre sein.<br \/>\n&#8211;\tIl faut toujours porter le plus grand respect pour les salari\u00e9-e-s et les activistes que nous repr\u00e9sentons, et faire preuve de tol\u00e9rance, m\u00eame lorsqu\u2019ils nous \u00e9nervent, ce qui est plus vite dit que fait! Mais il ne faut pas non plus c\u00e9der aux sir\u00e8nes opportunistes ou populistes. Lorsqu\u2019on m\u00fbrit une conviction quant \u00e0 des choix syndicaux et politiques, il faut savoir les d\u00e9fendre et m\u00eame prendre en compte d\u2019\u00eatre mis en minorit\u00e9, de perdre une votation, voire m\u00eame une \u00e9lection.<br \/>\n&#8211;\tIl faut viser \u00e0 la coh\u00e9rence entre les principes de la vie professionnelle et publique et la vie priv\u00e9e. Et malgr\u00e9 qu\u2019un engagement syndical ne puisse jamais \u00eatre un travail normal de \u00ab40 heures\u00bb, il faut s\u2019efforcer de le concilier avec la vie priv\u00e9e et ses obligations. Sans un minimum d\u2019\u00e9quilibre dans sa vie priv\u00e9e, sans soigner suffisamment les relations familiales, on ne tient pas, \u00e0 terme, la route dans l\u2019engagement syndical non plus. L\u2019un va difficilement sans l\u2019autre!<br \/>\nCela dit, il y a peu de m\u00e9tiers, qui sont aussi pleins de sens, aussi vari\u00e9s, aussi riches en relations humaines, aussi enrichissants, aussi fascinants et passionnants que celui de syndicaliste.<br \/>\nPour ma part, je me suis efforc\u00e9 autant que possible de m\u2019en tenir aux r\u00e8gles et principes pr\u00e9cit\u00e9s et je ne le regrette pas. Je crois intimement qu\u2019ils contribuent \u00e0 fonder la force du syndicalisme \u00e0 laquelle nous aspirons. Certes, ils m\u2019ont conduit parfois \u00e0 \u00eatre trop intransigeant ou trop dur dans mon r\u00f4le de dirigeant, notamment dans des phases d\u00e9licates, et je m\u2019en excuse une fois pour toutes, surtout aupr\u00e8s des coll\u00e8gues, que j\u2019aurais bless\u00e9s. Mais je crois que tout le monde reconna\u00eetra ici, que je me suis efforc\u00e9 constamment d\u2019avoir comme point de rep\u00e8re non pas mon int\u00e9r\u00eat personnel, mais celui des salari\u00e9-e-s que nous repr\u00e9sentons. Tout en vous remerciant de tout c\u0153ur pour le soutien et la camaraderie que vous m\u2019avez toujours t\u00e9moign\u00e9s, notamment dans les phases les plus dures de mon\/notre parcours, je ne peux que vous appeler pour conclure \u00e0 tenir haut le drapeau d\u2019Unia et de tout notre mouvement avec cet esprit, fruit de la longue et passionnante aventure commune, qui a \u00e9t\u00e9 la n\u00f4tre jusqu\u2019ici.<br \/>\nVP, 18.10.2006\/def.<br \/>\nEl\u00e9ments de la force d\u2019un syndicat d\u2019aujourd\u2019hui<br \/>\n1.\tNombre d\u2019adh\u00e9rents et taux d\u2019organisation syndicale<br \/>\n2.\tStructures interprofessionnelles<br \/>\n3.\tCapacit\u00e9 de mobilisation (y compris capacit\u00e9 r\u00e9f\u00e9rendaire) et r\u00e9seau des militants<br \/>\n4.\tCapacit\u00e9 \u00e0 mettre en \u0153uvre des antidotes aux tendances naturelles, \u00e0 la bureaucratisation et \u00e0 la d\u00e9rive conservative (structures et valeurs)<br \/>\n5.\tCapacit\u00e9 \u00e0 se questionner et rechercher les bonnes r\u00e9ponses en mati\u00e8re de strat\u00e9gie, de programme et de profil syndicaux<br \/>\n6.\tCapacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer des symboles et des \u00e9motions positives, \u00e0 d\u00e9velopper le sens d\u2019appartenance, le sens identitaire<br \/>\n7.\tCapacit\u00e9 \u00e0 promouvoir les cadres et \u00e0 assurer la rel\u00e8ve<br \/>\n8. \tDes r\u00e8gles personnelles de conduite des syndicalistes respectant<br \/>\nles valeurs sur lesquelles se fonde notre mouvement syndical<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[5],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16"}],"collection":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=16"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":695,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/16\/revisions\/695"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=16"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=16"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=16"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}