{"id":17,"date":"2008-04-27T18:42:33","date_gmt":"2008-04-27T18:42:33","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/04\/27\/syndicats-et-ong-dans-le-developpement-social-un-partenariat-necessaire-par-dan-gallin-1999\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:06","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:06","slug":"syndicats-et-ong-dans-le-developpement-social-un-partenariat-necessaire-par-dan-gallin-1999","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/04\/27\/syndicats-et-ong-dans-le-developpement-social-un-partenariat-necessaire-par-dan-gallin-1999\/","title":{"rendered":"Syndicats et ONG dans le d\u00e9veloppement social &#8211; Un partenariat n\u00e9cessaire  &#8211;  par Dan Gallin (1999)"},"content":{"rendered":"<p>Ce document a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour l\u2019Institut de Recherche pour le D\u00e9veloppement Social des Nations Unies (UNRISD) ; il fait partie d\u2019une enqu\u00eate globale men\u00e9e par l\u2019UNRISD en 1999 sur les conditions du d\u00e9veloppement social.<br \/>\nIl cherche \u00e0 explorer les probl\u00e8mes qui se posent dans les relations entre syndicats et ONG. Ces relations, complexes, ont une longue histoire; elles vont d\u2019une coop\u00e9ration rapproch\u00e9e \u00e0 des rapports plus probl\u00e9matiques. Quand les syndicats et les ONG collaborent, leur impact sur les \u00e9v\u00e9nements sociaux et politiques peut \u00eatre puissant. Lorsque leur collaboration ne fonctionne pas, cela peut freiner les projets des deux. Le succ\u00e8s ou l\u2019\u00e9chec de leur coop\u00e9ration influence donc \u00e0 la fois l\u2019orientation et le rythme du d\u00e9veloppement social, c\u2019est-\u00e0-dire de la soci\u00e9t\u00e9 mondiale dans des d\u00e9cennies \u00e0 venir.<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\nLes syndicats et les ONG sont tous deux des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ils ont chacun un programme sp\u00e9cifique pour le progr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Les syndicats ont toujours consid\u00e9r\u00e9 que la d\u00e9fense \u00e0 long terme de leurs membres les obligeait \u00e0 \u0153uvrer pour le bien-\u00eatre du peuple et de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble (y compris en d\u00e9fendant la d\u00e9mocratie politique et sociale, les droits de l\u2019homme, la lutte contre la pauvret\u00e9, pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et le respect de l\u2019Etat de droit). Ils servent ainsi l\u00e9gitimement les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, tout comme les ONG qui agissent avec le d\u00e9sir d\u2019am\u00e9liorer la condition humaine.<br \/>\nIl y a environ vingt ans, l\u2019auteur de ces lignes sugg\u00e9rait que les alliances entre les syndicats et les ONG devaient \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment essentiel dans une strat\u00e9gie syndicale internationale pour \u00e9quilibrer le pouvoir grandissant des transnationales \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Il estimait que le programme social g\u00e9n\u00e9ral du mouvement ouvrier ne pourrait progresser que par \u00ab la construction de coalitions populaires \u00e9largies, centr\u00e9es sur le mouvement syndical mais r\u00e9unissant de nombreux groupes civiques ou mouvements populaires percevant tous, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, le pouvoir des transnationales comme une menace sociale. \u00bb(1)<br \/>\nEn vingt ans, ce pouvoir s\u2019est encore accru immens\u00e9ment. Par le processus de la globalisation, le capital transnational est maintenant en situation de pouvoir \u00e9chapper aux contraintes de la soci\u00e9t\u00e9 politique, en particulier, du mouvement ouvrier et de la gauche politique. Non seulement il n\u2019est m\u00eame plus int\u00e9ress\u00e9, comme durant les trente ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre, \u00e0 contribuer financi\u00e8rement et politiquement \u00e0 un compromis social, mais il vise l\u2019h\u00e9g\u00e9monie. Il fait passer ses propres r\u00e8gles comme \u00e9tant celles de toute la soci\u00e9t\u00e9 et s\u2019est entour\u00e9 de sa garde id\u00e9ologique dans les universit\u00e9s et les media ; il a des revendications croissantes sur les ressources publiques pour son propre int\u00e9r\u00eat et r\u00e9pond \u00e0 toute opposition avec une hostilit\u00e9 sans concession.<br \/>\nCe contexte a influenc\u00e9 \u00e0 la fois positivement et n\u00e9gativement les relations entre les syndicats et les ONG. Les divisions se sont accentu\u00e9es parmi les ONG entre celles qui ressentent l\u2019urgence d\u2019une alliance avec les syndicats autour d\u2019un projet commun et celles qui sont tent\u00e9es de pactiser avec ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 le New Policy Agenda (2).<br \/>\nOn observe la m\u00eame polarisation entre r\u00e9sistance et accommodement dans le mouvement syndical, bien que les syndicats, par leur obligation de rendre des comptes, d\u00e9mocratiquement, \u00e0 leurs membres, aient des choix strat\u00e9giques plus limit\u00e9s.<br \/>\nDans la perspective du d\u00e9veloppement social, il est donc important d\u2019identifier les domaines et les projets dans lesquels les syndicats et les ONG peuvent coop\u00e9rer, de savoir \u00e0 quelles conditions cette coop\u00e9ration est possible, et quels sont les obstacles ou les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat qui peuvent survenir et pourquoi.<br \/>\nLes syndicats et les ONG sont tous deux des acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ils ont chacun un programme sp\u00e9cifique pour le progr\u00e8s de la soci\u00e9t\u00e9. Les syndicats ont toujours consid\u00e9r\u00e9 que la d\u00e9fense \u00e0 long terme de leurs membres les obligeait \u00e0 \u0153uvrer pour le bien-\u00eatre du peuple et de la soci\u00e9t\u00e9 dans son ensemble (y compris en d\u00e9fendant la d\u00e9mocratie politique et sociale, les droits de l\u2019homme, la lutte contre la pauvret\u00e9, pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 et le respect de l\u2019Etat de droit). Ils servent ainsi l\u00e9gitimement les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral, tout comme les ONG qui agissent avec le d\u00e9sir d\u2019am\u00e9liorer la condition humaine.<br \/>\nIl y a environ vingt ans, l\u2019auteur de ces lignes sugg\u00e9rait que les alliances entre les syndicats et les ONG devaient \u00eatre un \u00e9l\u00e9ment essentiel dans une strat\u00e9gie syndicale internationale pour \u00e9quilibrer le pouvoir grandissant des transnationales \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Il estimait que le programme social g\u00e9n\u00e9ral du mouvement ouvrier ne pourrait progresser que par \u00ab la construction de coalitions populaires \u00e9largies, centr\u00e9es sur le mouvement syndical mais r\u00e9unissant de nombreux groupes civiques ou mouvements populaires percevant tous, chacun \u00e0 leur fa\u00e7on, le pouvoir des transnationales comme une menace sociale. \u00bb(1)<br \/>\nEn vingt ans, ce pouvoir s\u2019est encore accru immens\u00e9ment. Par le processus de la globalisation, le capital transnational est maintenant en situation de pouvoir \u00e9chapper aux contraintes de la soci\u00e9t\u00e9 politique, en particulier, du mouvement ouvrier et de la gauche politique. Non seulement il n\u2019est m\u00eame plus int\u00e9ress\u00e9, comme durant les trente ann\u00e9es d\u2019apr\u00e8s-guerre, \u00e0 contribuer financi\u00e8rement et politiquement \u00e0 un compromis social, mais il vise l\u2019h\u00e9g\u00e9monie. Il fait passer ses propres r\u00e8gles comme \u00e9tant celles de toute la soci\u00e9t\u00e9 et s\u2019est entour\u00e9 de sa garde id\u00e9ologique dans les universit\u00e9s et les media ; il a des revendications croissantes sur les ressources publiques pour son propre int\u00e9r\u00eat et r\u00e9pond \u00e0 toute opposition avec une hostilit\u00e9 sans concession.<br \/>\nCe contexte a influenc\u00e9 \u00e0 la fois positivement et n\u00e9gativement les relations entre les syndicats et les ONG. Les divisions se sont accentu\u00e9es parmi les ONG entre celles qui ressentent l\u2019urgence d\u2019une alliance avec les syndicats autour d\u2019un projet commun et celles qui sont tent\u00e9es de pactiser avec ce qui a \u00e9t\u00e9 appel\u00e9 le New Policy Agenda (2).<br \/>\nOn observe la m\u00eame polarisation entre r\u00e9sistance et accommodement dans le mouvement syndical, bien que les syndicats, par leur obligation de rendre des comptes, d\u00e9mocratiquement, \u00e0 leurs membres, aient des choix strat\u00e9giques plus limit\u00e9s.<br \/>\nDans la perspective du d\u00e9veloppement social, il est donc important d\u2019identifier les domaines et les projets dans lesquels les syndicats et les ONG peuvent coop\u00e9rer, de savoir \u00e0 quelles conditions cette coop\u00e9ration est possible, et quels sont les obstacles ou les conflits d\u2019int\u00e9r\u00eat qui peuvent survenir et pourquoi.<br \/>\n<strong>Les syndicats : de la reconstruction d\u2019apr\u00e8s-guerre \u00e0 la globalisation<\/strong><br \/>\nPour comprendre la situation actuelle, il est n\u00e9cessaire de revenir \u00e0 la fin de la derni\u00e8re guerre mondiale, quand le mouvement syndical s\u2019est reconstitu\u00e9 dans la partie de l\u2019Europe lib\u00e9r\u00e9e de l\u2019occupation nazie et au Japon.<br \/>\nEn apparence, les conditions de cette r\u00e9-\u00e9mergence paraissaient prometteuses. Le patronat \u00e9tait politiquement affaibli. \u00c0 quelques honorables exceptions pr\u00e8s, il \u00e9tait coupable d\u2019avoir soutenu le fascisme, d\u2019abord en Italie, en Allemagne et en Autriche, puis en Europe occup\u00e9e. L\u2019humeur politique de l\u2019\u00e9poque \u00e9tait anticapitaliste. En France, il y eut des nationalisations punitives. \u00c0 leur premier congr\u00e8s (Aalen), les d\u00e9mocrates-chr\u00e9tiens allemands adopt\u00e8rent ce qui pouvait passer pour un programme socialiste. L\u2019URSS, au sommet de son prestige, avec la moiti\u00e9 de l\u2019Europe sous son contr\u00f4le, pouvait ne pas \u00eatre socialiste, mais n\u2019en \u00e9tait pas moins anticapitaliste. Au Japon, le patronat avait soutenu la dictature militaire et la guerre, et les autorit\u00e9s d\u2019occupation, comme en Allemagne, avaient essay\u00e9 de d\u00e9manteler les trusts. Aux Etats-Unis, pouvoir dominant de l\u2019apr\u00e8s-guerre, le gouvernement \u00e9tait toujours d\u00e9mocrate, pro-syndical, et continuait sur la ligne du New Deal. En Grande-Bretagne, Attlee dirigeait un gouvernement travailliste r\u00e9formateur.<br \/>\nQuel qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 par ailleurs, le fascisme avait en tout  cas \u00e9t\u00e9 une vaste entreprise de r\u00e9pression antisyndicale. Et les syndicats, associ\u00e9s \u00e0 une gauche qui r\u00e9-\u00e9mergeait, \u00e9taient port\u00e9s par la victoire des Alli\u00e9s, tandis que le patronat, du moins en Europe continentale et au Japon, avait perdu la guerre. C\u2019est pourquoi les droits syndicaux, sous leur forme la plus \u00e9tendue, ont alors \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9s comme allant de soi et int\u00e9gr\u00e9s dans toutes les l\u00e9gislations d\u2019apr\u00e8s-guerre.<br \/>\nMais le mouvement ouvrier qui avait r\u00e9-\u00e9merg\u00e9 dans ces conditions n\u2019\u00e9tait plus celui d\u2019avant la guerre. Il avait \u00e9t\u00e9 saign\u00e9 de ses dirigeants : au moins deux g\u00e9n\u00e9rations avaient disparu dans les camps de concentration, \u00e0 la guerre, ou dans l\u2019exil d\u2019o\u00f9 peu \u00e9taient revenus. Les survivants se sont vite \u00e9puis\u00e9s \u00e0 la t\u00e2che et leurs successeurs manquaient d\u2019entra\u00eenement, d\u2019exp\u00e9rience et de vision politique<br \/>\nEn Europe de l\u2019Est (\u00e0 l\u2019exception de la Tch\u00e9coslovaquie) o\u00f9 le mouvement syndical n\u2019avait jamais \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s fort, les sociaux d\u00e9mocrates, les socialistes, les communistes dissidents et d\u2019autres cadres ind\u00e9pendants qui avaient surv\u00e9cu \u00e0 la guerre disparurent dans les prisons et les camps de travail du KGB. Les syndicats furent dissous par la force et remplac\u00e9s, sous le m\u00eame nom, par une administration du travail \u00e9tatique et r\u00e9pressive.<br \/>\nAu Japon, deux types de syndicats ont \u00e9merg\u00e9 sous l\u2019occupation am\u00e9ricaine : ceux qui ont succ\u00e9d\u00e9 aux organisations \u00ab patriotiques \u00bb de la dictature, en g\u00e9n\u00e9ral bas\u00e9s dans les entreprises et contr\u00f4l\u00e9s par la direction, et les vrais syndicats (eux aussi souvent aussi bas\u00e9s dans les entreprises) dirig\u00e9s par des socialistes et des communistes qui sortaient de prison.<br \/>\nLa reconstruction, en grande partie financ\u00e9e par les Etats-Unis (en Europe par le plan Marshall), s\u2019est ainsi fait sur la base id\u00e9ologique de partenariat social, c\u2019est-\u00e0-dire en gros sur un compromis entre la paix sociale et la reconnaissance des droits du travail, ainsi que sur le consentement du patronat \u00e0 participer politiquement et financi\u00e8rement (par les imp\u00f4ts) \u00e0 un Etat social. Une fois l\u2019opposition radicale d\u00e9sarm\u00e9e (les syndicats communistes en France et en Italie et, marginalement, l\u2019extr\u00eame gauche) ce mod\u00e8le allait pr\u00e9valoir pendant les trente ann\u00e9es suivantes.<br \/>\nCependant la reconstruction a aussi pris place dans le contexte de la Guerre froide. Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on croit souvent, la Guerre froide n\u2019est pas la seule ni la principale raison de la scission qui s\u2019est produite en 1947 au sein de la F\u00e9d\u00e9ration Syndicale Mondiale qui avait \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9e juste \u00e0 la fin de la guerre. L\u2019opposition politique absolue entre la social-d\u00e9mocratie et les communistes, en tout cas d\u00e8s l\u2019\u00e9mergence du stalinisme au milieu des ann\u00e9es vingt aurait suffi \u00e0 la provoquer.  Mais la r\u00e9pression des syndicalistes socialistes ou ind\u00e9pendants dans les pays sous le contr\u00f4le de l\u2019URSS l\u2019a confirm\u00e9e et aggrav\u00e9e.  Certes, comme il est prouv\u00e9, la CIA a apport\u00e9 sa propre contribution, destructrice, \u00e0 la scission, mais tant ses partisans que ses adversaires en ont souvent surestim\u00e9 les effets. Contrairement \u00e0 la th\u00e9orie polici\u00e8re de l\u2019histoire, l\u2019histoire ne se fait pas par des conspirations mais par le mouvement des forces sociales.<br \/>\nIl n\u2019en reste pas moins que durant les quarante ann\u00e9es ou plus qui ont suivi, un faux d\u00e9bat a domin\u00e9 dans le mouvement ouvrier : celui de savoir qui du capitalisme (partiellement g\u00e9r\u00e9 par la social-d\u00e9mocratie) ou du communisme (sous sa forme stalinienne) servait le mieux les int\u00e9r\u00eats des travailleurs. L\u2019\u00e9norme machine de propagande mobilis\u00e9e pour aligner le mouvement ouvrier de chaque c\u00f4t\u00e9 d\u2019une ligne verticale de s\u00e9paration entre les deux blocs a grandement r\u00e9ussi \u00e0 occulter la ligne horizontale &#8211;  bien plus importante &#8211; de s\u00e9paration entre les classes \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des deux blocs.<br \/>\nLa fin de la Guerre froide a co\u00efncid\u00e9, grosso modo, avec la fin du boom \u00e9conomique de l\u2019apr\u00e8s-guerre. Le ch\u00f4mage massif a commenc\u00e9 \u00e0 appara\u00eetre dans les pays industrialis\u00e9s avec le premier choc p\u00e9trolier de 1974. Le Mur de Berlin est tomb\u00e9 en 1989 et l\u2019URSS a \u00e9t\u00e9 dissoute en 1991. Entre la fin des ann\u00e9es 70 et la fin des ann\u00e9es 80, le mouvement syndical des pays industrialis\u00e9s, derri\u00e8re une fa\u00e7ade encore impressionnante, a continu\u00e9 \u00e0 d\u00e9cliner et son h\u00e9ritage id\u00e9ologique et politique s\u2019est banalis\u00e9. La Guerre froide avait fauss\u00e9 ses priorit\u00e9s. Les organisations syndicales \u00e9taient encore puissantes mais avec des directions occup\u00e9es \u00e0 administrer les acquis des luttes ant\u00e9rieures plut\u00f4t que d\u2019en lancer de nouvelles, restant en g\u00e9n\u00e9ral complaisantes pour l\u2019id\u00e9ologie du partenariat social, sans imagination et formant leurs membres \u00e0 la routine bureaucratique et \u00e0 la passivit\u00e9.<br \/>\nL\u2019autosatisfaction et la d\u00e9politisation du mouvement syndical dans la p\u00e9riode de l\u2019apr\u00e8s-guerre ont eu un effet secondaire important : le d\u00e9clin des ONG ouvri\u00e8res.(3) Le mouvement ouvrier d\u2019avant la Seconde guerre mondiale a \u00e9t\u00e9 construit sur l\u2019id\u00e9e que toutes les questions sociales majeures \u00e9taient de sa responsabilit\u00e9 et qu\u2019il se devait d\u2019y apporter des r\u00e9ponses. Les aspects particuliers du combat g\u00e9n\u00e9ral pour un monde meilleur \u00e9taient pris en charge par un mouvement socialiste de masse bien structur\u00e9 qui se concevait non seulement comme un parti politique, mais comme une contre-culture et qui cr\u00e9ait en son sein tous les organes ou institutions n\u00e9cessaires.(4)<br \/>\nCela incluait, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des partis socialistes et des syndicats, des organisations pour la d\u00e9fense des droits de l\u2019homme, y compris les mouvements anti-coloniaux, pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes, la protection des consommateurs (le mouvement coop\u00e9ratif), de la sant\u00e9 publique, du logement, de la culture, de l\u2019\u00e9ducation, des loisirs.<br \/>\nApr\u00e8s la guerre, la plupart de ces organisations ont commenc\u00e9 \u00e0 d\u00e9cliner. Dans de nombreux pays, elles ont soit disparu soit survivent avec un programme et des ambitions minimum. La perte de toute une couche de cadres id\u00e9ologiquement engag\u00e9s qui a contribu\u00e9 au d\u00e9clin des partis socialistes de masse, devenus machines \u00e9lectorales, a de m\u00eame pr\u00e9cipit\u00e9 dans les syndicats l\u2019abandon d\u2019une vision politique plus large. Ce d\u00e9clin s\u2019explique aussi par le succ\u00e8s de l\u2019id\u00e9e selon laquelle toutes ces questions sociales autrefois prises en charge par le mouvement ouvrier pouvaient maintenant \u00eatre transf\u00e9r\u00e9es \u00e0 l\u2019Etat, cet Etat qu\u2019il avait lui-m\u00eame si grandement contribu\u00e9 \u00e0 cr\u00e9er, auquel il participait activement et qu\u2019il ressentait un peu comme sa propri\u00e9t\u00e9.<br \/>\nCette vision des choses, d\u00e9j\u00e0 douteuse dans le meilleur des temps, est devenue carr\u00e9ment intenable quand l\u2019Etat s\u2019est vu contester \u00e0 partir des ann\u00e9es 80 son r\u00f4le de gardien du bien social et que sous des gouvernements de gauche aussi bien que de droite, ses engagements ont diminu\u00e9. En m\u00eame temps, le retrait des syndicats du terrain social avait laiss\u00e9 la place \u00e0 des groupes activistes sp\u00e9cialis\u00e9s, sans les liens traditionnels avec le syndicalisme. En ce sens, les ONG contemporaines peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9es, du moins dans de nombreux secteurs, comme les enfants ill\u00e9gitimes du mouvement ouvrier historique.<br \/>\nLe processus de  globalisation de l\u2019\u00e9conomie mondiale qui s\u2019est acc\u00e9l\u00e9r\u00e9 dans les ann\u00e9es 80 a trouv\u00e9 un mouvement syndical totalement non pr\u00e9par\u00e9, tant aux niveaux national qu\u2019international. Les principaux traits de la globalisation (r\u00e9volution des communications et du transport, mobilit\u00e9 accrue du capital, en particulier financier) n\u2019ont pas besoin d\u2019\u00eatre d\u00e9crits ici, ils sont connus de tous les observateurs. De m\u00eame que l\u2019augmentation du nombre, de la taille et du pouvoir des soci\u00e9t\u00e9s transnationales (STN), les fers de lance et principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires des changements technologiques qui portent la globalisation. Aussi important que leur propagation g\u00e9ographique, le changement des structures des entreprises transnationales, par l\u2019outsourcing notamment, a provoqu\u00e9 la diminution de l\u2019emploi permanent dans la production et  les services. La pr\u00e9carisation de l\u2019emploi, par l\u2019intervention des sous-traitants aboutit souvent au travail individuel \u00e0 domicile.(5)<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, nous sommes dans une situation o\u00f9 les soci\u00e9t\u00e9s transnationales ont fortement accru leur pouvoir en deux d\u00e9cennies et o\u00f9 la mobilit\u00e9 du capital est pratiquement incontr\u00f4l\u00e9e. Peu de STN d\u00e9pendent aujourd\u2019hui d\u2019un seul march\u00e9 int\u00e9rieur et de ce fait des arrangements n\u00e9goci\u00e9s avec les forces politiques et sociales du pays d\u2019origine.<br \/>\nL\u2019une des cons\u00e9quences politiques majeure de cette \u00e9mancipation est le d\u00e9clin de l\u2019Etat national, en premier lieu en tant qu\u2019acteur \u00e9conomique.<br \/>\nL\u2019Etat national a d\u00e9clin\u00e9 en tant qu\u2019employeur du fait des privatisations qui non seulement augmentent le pouvoir des STN qui rach\u00e8tent les entreprises publiques mais privent aussi l\u2019Etat de son influence sur les conditions de l\u2019emploi.<br \/>\nL\u2019Etat national a aussi d\u00e9clin\u00e9 comme r\u00e9gulateur de la politique \u00e9conomique \u00e0 cause des accords commerciaux internationaux qui r\u00e9duisent l\u2019emprise d\u00e9mocratique sur les politiques nationales, favorisant le transfert d\u2019autorit\u00e9 \u00e0 des STN qui ne sont responsables que devant leurs actionnaires.<br \/>\nFinalement, l\u2019incapacit\u00e9 grandissante de l\u2019Etat \u00e0 contr\u00f4ler les flux internationaux de capital a r\u00e9duit sa capacit\u00e9 d\u2019imposer le capital (6) et diminu\u00e9 sensiblement les revenus fiscaux avec lesquels sont financ\u00e9s les services publics et les programmes sociaux. Le consensus social qui d\u00e9pend de la protection des faibles par l\u2019Etat par la redistribution du produit social s\u2019en trouve ainsi menac\u00e9.<br \/>\nPlus dangereuse encore, l\u2019incapacit\u00e9 de contr\u00f4ler le capital \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des fronti\u00e8res nationales (par la loi ou d\u2019autres mesures politiques) entra\u00eene une perte d\u2019influence de toutes les institutions nationales : les Parlements, les partis politiques, les centrales syndicales, en d\u2019autres termes, de tous les instruments de contr\u00f4le d\u00e9mocratique qui existaient auparavant.<br \/>\nLa r\u00e9flexion id\u00e9ologique qui est \u00e0 la base de ces d\u00e9veloppements est le New Policy Agenda ou le  Consensus de Washington  : c\u2019est \u00ab la croyance que les march\u00e9s sont efficients, les Etats non n\u00e9cessaires, les pauvres et les riches sans conflit d\u2019int\u00e9r\u00eats ; que les choses se passent mieux quand on les laisse tranquilles; que la privatisation, la d\u00e9r\u00e9gulation et le march\u00e9 ouvert des capitaux favorisent le d\u00e9veloppement \u00e9conomique ; que les gouvernements devraient se contenter d\u2019\u00e9quilibrer leur budget, de lutter contre l\u2019inflation et de ne faire presque rien d\u2019autre \u00bb.(7)<br \/>\n\u00c9tant donn\u00e9 que la plupart des gouvernements sociaux-d\u00e9mocrates adh\u00e8rent, \u00e0 des degr\u00e9s divers, \u00e0 ce credo (8), les syndicats ont vu diminuer le soutien de leurs alli\u00e9s politiques traditionnels et de l\u2019Etat. La d\u00e9gradation de l\u2019alliance entre les partis sociaux-d\u00e9mocrates ou travaillistes et le mouvement syndical a fait que les syndicats ont perdu nombre de leurs points de contact et d\u2019ancrage dans la soci\u00e9t\u00e9 politique. Et l\u2019influence grandissante du patronat sur l\u2019Etat (quel que soit le gouvernement au pouvoir) a affaibli ce dernier dans son r\u00f4le de d\u00e9fenseur des droits et de la s\u00e9curit\u00e9 acquis par les luttes ouvri\u00e8res des d\u00e9cennies pr\u00e9c\u00e9dentes.<br \/>\nCela se produit au moment o\u00f9 le mouvement syndical doit faire face \u00e0 l\u2019immense d\u00e9fi d\u2019un march\u00e9 du travail global, la cons\u00e9quence sociale la plus importante de la globalisation. Le march\u00e9 du travail global signifie qu\u2019avec la mobilit\u00e9 du capital et la facilit\u00e9 des communications, les travailleurs de tous les pays, quels que soient le niveau de d\u00e9veloppement ou le syst\u00e8me social dans lequel ils vivent , sont en concurrence les uns avec les autres dans une sous-ench\u00e8re permanente, vu les diff\u00e9rences de salaires \u00e9normes entre les pays et les r\u00e9gions, dans tous les secteurs de l\u2019\u00e9conomie.<br \/>\nCette sous-ench\u00e8re \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale a d\u00e9clench\u00e9 une spirale descendante implacable qui d\u00e9t\u00e9riore les salaires et les conditions de travail par la d\u00e9r\u00e9gulation comp\u00e9titive et le recours au travail \u00ab informel \u00bb. Et la diminution de l\u2019emploi traditionnel dans les pays industrialis\u00e9s n\u2019est pas compens\u00e9e par une augmentation parall\u00e8le dans les pays industriellement sous-d\u00e9velopp\u00e9s du Sud et les pays en transition de l\u2019Est, o\u00f9 le ch\u00f4mage reste massif et croissant et o\u00f9 les salaires demeurent dans la plupart des cas en dessous du seuil de pauvret\u00e9.  Ce que perdent les pays industrialis\u00e9s n\u2019est donc pas r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, du point de vue \u00e9conomique et social, par les pays qui le sont moins. C\u2019est que le capital transnational a pu imposer ses conditions aux Etats nationaux par la menace de s\u2019en aller si elles n\u2019\u00e9taient pas satisfaites. De plus, on oublie trop souvent le r\u00f4le de la r\u00e9pression qui maintient des conditions proches de l\u2019esclavage, comme par exemple dans les zones franches ou en Chine, au Vietnam ou en Indon\u00e9sie.<br \/>\nLe point \u00e0 retenir, c\u2019est que le march\u00e9 du travail global n\u2019est pas un march\u00e9 du tout : il n\u2019ob\u00e9it pas \u00e0 des lois \u00e9conomiques mais \u00e0 des lois politiques. Le Consensus de Washington, qui appelle l\u2019Etat \u00e0 r\u00e9duire ses fonctions au minimum, n\u2019a rien \u00e0 dire sur l\u2019intervention massive de l\u2019Etat sous forme de r\u00e9pression militaire et polici\u00e8re quand cela sert les int\u00e9r\u00eats du patronat. (9)<br \/>\nDe nombreux observateurs ont d\u00e9j\u00e0 rendu compte du d\u00e9clin du syndicalisme dans le monde, quoique encore en surestimant ce qu\u2019il \u00e9tait. Par exemple, la plupart des statistiques sur l\u2019affiliation syndicale avant 1989 incluent syndicats du bloc sovi\u00e9tique qui n\u2019\u00e9taient autres que des organes \u00e9tatiques d\u2019administration du travail. Leur effondrement n\u2019est pas une perte pour le mouvement ouvrier : c\u2019est un gain pour autant qu\u2019il d\u00e9bouche sur de v\u00e9ritables syndicats, aussi faibles soient-ils encore \u00e0 ce stade.<br \/>\nLa tendance au d\u00e9clin a aussi de nombreuses exceptions : dans les pays o\u00f9 le contexte politique a \u00e9t\u00e9 favorable au mouvement ouvrier, les syndicats ont soit gard\u00e9 leurs membres soit les ont augment\u00e9s (par exemple dans les pays du Nord de l\u2019Europe, en Espagne, aux Philippines, en Cor\u00e9e du Sud, en Afrique du Sud.)<br \/>\nDans les principaux pays industriels cependant, les syndicats ont perdu des membres, dans certains cas de mani\u00e8re dramatique (10). C\u2019est par exemple le cas aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne et au Japon. C\u2019est largement l\u2019effet de la globalisation d\u00e9crit plus haut : diminution de l\u2019emploi traditionnel par les transferts de production, la sous-traitance et la pr\u00e9carisation du travail, c\u2019est-\u00e0-dire le transfert de l\u2019emploi vers le secteur informel, non organis\u00e9 et en expansion, et accroissement du secteur des services traditionnellement peu syndiqu\u00e9.<br \/>\nLa structure du mouvement syndical bas\u00e9e sur le territoire des Etats nationaux n\u2019a pas facilit\u00e9 les choses. C\u2019est de l\u00e0 que vient la relative faiblesse de ses organisations internationales, f\u00e9d\u00e9rations rel\u00e2ch\u00e9es de syndicats nationaux habitu\u00e9es \u00e0 penser et agir en termes nationaux dans un contexte global o\u00f9 le cadre national devient de moins en moins pertinent. Certaines des plus grandes  ONG internationales actives dans les questions environnementales (comme Greenpeace) ou des droits de l\u2019homme (comme Amnesty International) ont \u00e9t\u00e9 plus rapides \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 mondiale.<br \/>\n\u00c0 la fin des ann\u00e9es 90, le mouvement syndical reste le seul mouvement universel et organis\u00e9 d\u00e9mocratiquement \u00e0 niveau mondial (11) qui d\u00e9fende, de mani\u00e8re explicite ou implicite, la vision d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 fond\u00e9e sur l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral et les valeurs de justice sociale, d\u2019\u00e9galit\u00e9 et de coop\u00e9ration. Son attachement \u00e0 ces valeurs, ainsi que sa capacit\u00e9 de r\u00e9sistance face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9, \u00e9manent de ses membres. Dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies, il est devenu isol\u00e9 politiquement et il s\u2019est affaibli dans sa substance. Pour reconqu\u00e9rir le terrain perdu, il a besoin de se globaliser lui-m\u00eame afin d\u2019affronter les STN sur leur terrain, d\u2019organiser tout le secteur du travail informel, et de multiplier et d\u2019approfondir ses racines dans la soci\u00e9t\u00e9 civile. Ce sont l\u00e0 les trois principaux domaines d\u2019action o\u00f9 le mouvement syndical doit progresser s\u2019il veut pouvoir pr\u00e9senter une alternative cr\u00e9dible au Consensus de Washington. Dans aucun de ces domaines, il ne peut progresser sans la coop\u00e9ration avec les ONG concern\u00e9es.<br \/>\n<strong>Le monde des ONG <\/strong><br \/>\nToute la litt\u00e9rature sur les ONG souligne leur grand nombre et leur diversit\u00e9.  Selon le Yearbook of International  Organizations, plus de 16 000 ONG sont reconnues internationalement aujourd\u2019hui (12). En Grande-Bretagne leur nombre est estim\u00e9 \u00e0 50 000 dont 17 500 sont enregistr\u00e9es comme ONG de bienfaisance selon la loi britannique. Au Canada, le Canadian Environmental Network of NGOs a 2000 groupes affili\u00e9s. Le Zimbabwe en compte environ 800. Au Bangladesh il en existe au moins 12 000 qui re\u00e7oivent des subsides du gouvernement local et central. En Inde, certaines estimations parlent de 100 000 et d\u2019autres de 25 000 enregistr\u00e9es dans un seul Etat (le Tamil Nadu). Le Kenya a 23 000 organisations de femmes. L\u2019Ouganda a plus de 1000 ONG et plus de 20 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. En Australie, plus de la moiti\u00e9 des services de l\u2019assistance sociale du pays sont fournis par environ 11\u2019000 organisations caritatives sans but lucratif. (13)<br \/>\nEn 1997 il y avait 1356 organisations avec un statut consultatif au Conseil \u00e9conomique et social (ECOSOC) de l\u2019ONU (14). En 1998, 892 ONG du d\u00e9veloppement \u00e9taient membres des plates-formes nationales dans les quinze pays de l\u2019UE. (15)<br \/>\nLa difficult\u00e9 de s\u2019y retrouver dans la complexit\u00e9 du monde des ONG est illustr\u00e9e par les diff\u00e9rentes tentatives afin d\u2019\u00e9tablir des cat\u00e9gories. Une \u00e9tude de la Commonwealth Foundation dresse une liste non exhaustive de 31 formes d\u2019organisation (16). Les ONG peuvent aussi \u00eatre class\u00e9es selon leur degr\u00e9 d\u2019ind\u00e9pendance ou, au contraire, de contr\u00f4le par des entit\u00e9s ext\u00e9rieures : gouvernements, business, groupes politiques ou sponsors ; ou par leur fonction : aide humanitaire et au d\u00e9veloppement, droits de l\u2019homme, \u00e9ducation, f\u00e9minisme, environnement) ; ou par leur situation g\u00e9ographique : &#8221; Nord &#8221; et &#8220;Sud &#8220;. Enfin, il y a des r\u00e9seaux et des f\u00e9d\u00e9rations internationales d\u2019ONG ainsi que de grandes ONG qui op\u00e8rent \u00e0 l\u2019\u00e9chelle globale avec des sections dans diff\u00e9rents pays, comme Amnesty International). Une \u00e9tude r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 la demande de la Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale des Secr\u00e9tariats professionnels internationaux (SPI) (17) qui r\u00e9sume leurs exp\u00e9riences \u00e9tablit 12 cat\u00e9gories et note que \u00ab des doublons sont in\u00e9vitables. \u00bb (18)<br \/>\nLes possibilit\u00e9s de coop\u00e9ration entre les syndicats et les ONG ou les obstacles &#8211; ne d\u00e9pendent pas de la taille, de la structure ou forme organisationnelle de l\u2019ONG, ni m\u00eame de sa fonction : certaines ONG travaillent sur plusieurs th\u00e8mes \u00e0 la fois, souvent li\u00e9s (il est difficile de promouvoir le d\u00e9veloppement durable sans s\u2019occuper en m\u00eame temps des droits humains, de l\u2019\u00e9ducation, de l\u2019\u00e9galit\u00e9).<br \/>\nLa coop\u00e9ration entre syndicats et ONG d\u00e9pend plut\u00f4t de l\u2019existence d\u2019objectifs communs \u00e0 partager et de leur mani\u00e8re respective d\u2019agir : l\u00e9gitimit\u00e9, transparence, responsabilit\u00e9, direction. De toute fa\u00e7on, il est difficile de g\u00e9n\u00e9raliser car chaque cas est diff\u00e9rent. M\u00eame si les syndicats ont plus en commun que les ONG, ils ne sont pas tous pareils : ils varient selon leur tradition politique ou leur culture d\u2019organisation. La coop\u00e9ration d\u00e9pend donc toujours de la convergence des objectifs, d\u2019une compatibilit\u00e9 d\u2019approche et du modus operandi des partenaires<br \/>\n<strong>Objectifs communs et coop\u00e9ration<\/strong><br \/>\nLes syndicats, bien que concern\u00e9s en premier lieu par les conditions de l\u2019emploi et la place de travail, ont toujours eu des pr\u00e9occupations plus larges en mati\u00e8re sociale et politique, qu\u2019ils ont exprim\u00e9 par des engagements, des points de vue, des programmes sur une vari\u00e9t\u00e9 de questions nationales et internationales : les droits de l\u2019homme, le d\u00e9veloppement, l\u2019\u00e9ducation, l\u2019\u00e9galit\u00e9 des sexes et le droit des femmes ou la protection de l\u2019environnement. C\u2019est sur ces questions en particulier que la coop\u00e9ration entre syndicats et ONG s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e. On en donnera quelques exemples dans ce chapitre.<br \/>\nSur certaines de ces questions, les syndicats n\u2019ont pas toujours accord\u00e9 leurs actes \u00e0 la th\u00e9orie. Se concentrant sur ce qu\u2019ils consid\u00e9raient comme leur activit\u00e9 la plus importante, ils ont n\u00e9glig\u00e9 des questions plus g\u00e9n\u00e9rales per\u00e7ues comme de moindre importance ou du ressort d\u2019autres. Ces choix s\u2019expliquent en partie par la baisse des comp\u00e9tences politiques au sein du mouvement ouvrier et en partie par la division des t\u00e2ches dans le mouvement, les syndicats laissant \u00e0 ses agences sp\u00e9cialis\u00e9es le soin de prendre en charge ces questions. Mais, comme nous l\u2019avons vu, ces agences sp\u00e9cialis\u00e9es &#8211; des ONG ouvri\u00e8res avant la lettre &#8211; ont elles-m\u00eames perdu beaucoup d\u2019influence apr\u00e8s la guerre.<br \/>\nEn m\u00eame temps, les changements de la soci\u00e9t\u00e9 sous l\u2019effet de la globalisation ont conduit \u00e0 une explosion du nombre des ONG dont beaucoup s\u2019occupent de \u00ab gouvernance sociale et de progr\u00e8s \u00bb. (19) Toutes les questions sociales et politiques qui appartenaient aux pr\u00e9occupations typiques du mouvement syndical, y compris les questions centrales de l\u2019emploi et des salaires, int\u00e9ressent d\u00e9sormais une multitude d\u2019ONG locales et internationales.<br \/>\n<strong>Droits humains et droits des travailleurs<\/strong><br \/>\nDu fait de leur origine dans les r\u00e9volutions d\u00e9mocratiques du XIXe si\u00e8cle, les syndicats se sont toujours identifi\u00e9s avec la lutte pour les droits de l\u2019homme. Mais en plus de ces raisons historiques, les syndicats, contrairement \u00e0 d\u2019autres acteurs sociaux comme les \u00e9glises ou les associations patronales, ne peuvent pas exister et agir dans un environnement o\u00f9 ces droits ne sont pas respect\u00e9s, comme sous les dictatures militaires ou dans les Etats policiers, \u00e0 moins de passer \u00e0 la clandestinit\u00e9. Dans la clandestinit\u00e9, ou ouvertement, les syndicats ont \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019avant-garde de la plupart des batailles cruciales pour la d\u00e9mocratie : dans l\u2019histoire r\u00e9cente, en Espagne, en Pologne, en Hongrie, en Tch\u00e9coslovaquie, en Afrique du Sud, au Br\u00e9sil, en Cor\u00e9e, en Chine.<br \/>\nDe plus, presque toutes les pr\u00e9occupations de base des syndicats sont des questions de droits de l\u2019homme, \u00e0 commencer par le plus \u00e9l\u00e9mentaire : le droit d\u2019exister. Les restrictions du droit de s\u2019organiser et du droit de faire gr\u00e8ve, qui font partie du droit de n\u00e9gociation collective, sont des atteintes aux droits humains fondamentaux tels qu\u2019ils sont \u00e9nonc\u00e9s dans les r\u00e9solutions de l\u2019ONU et les normes de l\u2019OIT.(20)<br \/>\nC\u2019est pourquoi il y a eu une coop\u00e9ration \u00e9tendue entre les syndicats et les organisations de d\u00e9fense des droits de l\u2019homme, particuli\u00e8rement au niveau international. Par exemple, la plupart des SPI et la CISL travaillent avec Amnesty International (AI), soit sporadiquement, soit au cas par cas, soit de fa\u00e7on continue pour d\u00e9fendre des travailleurs contre la r\u00e9pression \u00e9tatique ou para-\u00e9tatique. La principale forme de coop\u00e9ration est l\u2019\u00e9change d\u2019information. AI enqu\u00eate de mani\u00e8re approfondie sur les plaintes, ce qui cr\u00e9dibilise ses campagnes. Les SPI ont acc\u00e8s \u00e0 ces informations et celles qu\u2019ils lui transmettent \u00e0 leur tour font l\u2019objet de v\u00e9rifications. Lorsqu\u2019il s\u2019agit de syndicalistes, ils peuvent b\u00e9n\u00e9ficier d\u2019une campagne de AI.<br \/>\nDe 1979 \u00e0 1985, AI a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans une campagne lanc\u00e9e par l\u2019UITA (21) pour prot\u00e9ger un syndicat &#8211; repr\u00e9sentant les travailleurs d\u2019une usine d\u2019embouteillage de Coca-Cola en franchise au Guatemala &#8211; de l\u2019extermination par la terreur, allant jusqu\u2019\u00e0 l\u2019assassinat de ses dirigeants (22). Cette campagne s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e en deux phases (1979\/81 et 1984\/85). Sur la premi\u00e8re page de son rapport de 1981, le secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UITA relevait, pour expliquer le succ\u00e8s de cette campagne,\u00bb  l\u2019extr\u00eame importance de la collaboration avec d\u2019autres organisations, celles qui \u00e9manent des \u00e9glises (ICCR(23), le American Friends Service Committee) et Amnesty International. C\u2019est cette coordination de l\u2019action et la communication qui a accru la pression sur l\u2019entreprise et permis l\u2019information rapide sur les \u00e9v\u00e9nements au Guatemala m\u00eame. Ce sont ces groupes qui ont fourni les contacts \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du pays, y compris entre les travailleurs de Coca-Cola. Gr\u00e2ce \u00e0 ces canaux directs d\u2019information, l\u2019UITA a pu mobiliser rapidement ses membres quand un \u00e9v\u00e9nement l\u2019exigeait \u00bb. (24)<br \/>\nLa coop\u00e9ration entre les SPI et les ONG des droits de l\u2019homme se retrouve aussi dans d\u2019autres situations o\u00f9 ces droits sont viol\u00e9s. La F\u00e9d\u00e9ration Internationale des Journalistes (FIJ) collabore avec AI et d\u2019autres sur la libert\u00e9 de la presse et la d\u00e9fense des journalistes. L\u2019UITA et la F\u00e9d\u00e9ration Internationale des Travailleurs des Transports (ITF) travaillent avec des ONG telles que ECPAT (End Child Prostitution in Asian Tourism, Arr\u00eater la prostitution des enfants dans le tourisme asiatique)) dans l\u2019industrie touristique. La FITCB (25) a coop\u00e9r\u00e9 avec la Soci\u00e9t\u00e9 anti-esclavagiste sur le travail forc\u00e9 et avec diverses ONG sur le travail des enfants. L\u2019Internationale de l\u2019Education (IE) et ses affili\u00e9s nationaux (des syndicats d\u2019enseignants) ont collabor\u00e9 avec des ONG pour la marche globale contre le travail des enfants, et pour la marche mondiale des femmes en 2000.<br \/>\nDans les dictatures o\u00f9 les syndicats sont victimes d\u2019une r\u00e9pression telle qu\u2019ils doivent parfois rester clandestins, ce sont souvent les ONG, et souvent d\u2019ob\u00e9dience religieuse, qui ont fourni une base pour l\u2019organisation des travailleurs et leur d\u00e9fense. Il y en a des exemples en Indon\u00e9sie (jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui), en Cor\u00e9e (jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 80), aux Philippines (sous Marcos), en Pologne (le Comit\u00e9 de d\u00e9fense des travailleurs, KOR, de 1976 \u00e0 1981), en Afrique du Sud (au d\u00e9but des ann\u00e9es 70). Au Nigeria, sous la r\u00e9cente dictature militaire, la F\u00e9d\u00e9ration internationale des travailleurs de la chimie (ICEM)(26) a collabor\u00e9 avec des ONG des droits de l\u2019homme pour le lancement de campagnes pour la lib\u00e9ration de syndicalistes emprisonn\u00e9s.<br \/>\nDans la plupart de ces exemples, les ONG et les travailleurs qui cherchaient \u00e0 cr\u00e9er des syndicats ont d\u00fb faire face non seulement \u00e0 un Etat r\u00e9pressif mais aussi \u00e0 des centrales syndicales nationales soumises \u00e0 cet Etat ou contr\u00f4l\u00e9s par lui. Lorsque ces centrales ont pu adh\u00e9rer \u00e0 des f\u00e9d\u00e9rations syndicales internationales, elles ont r\u00e9ussi dans certains cas (Indon\u00e9sie, Cor\u00e9e, Philippines) \u00e0 affaiblir ou \u00e0 retarder la solidarit\u00e9 du mouvement syndical international.<br \/>\nLes alliances ONG\/syndicats ont aussi jou\u00e9 un r\u00f4le important dans l\u2019organisation des travailleurs dans les secteurs ou dans des r\u00e9gions faiblement syndiqu\u00e9s. C\u2019est le cas des travailleurs ruraux et des petits paysans, la majorit\u00e9 de la force de travail mondiale. Par exemple l\u2019UITA est membre de EUROBAN, une coalition de syndicats et d\u2019ONG qui travaillent ensemble sur la question de la commercialisation de la banane.<br \/>\nLa F\u00e9d\u00e9ration internationale des travailleurs du textile, du v\u00eatement et du cuir participe \u00e0 la Clean Clothes Campaign (CCC), une coalition qui a vu le jour aux Pays-Bas en 1990 pour am\u00e9liorer les conditions de travail dans l\u2019industrie du v\u00eatement \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale. Elle comprend des syndicats, des organisations de consommateurs, des groupes de femmes, les organisations de d\u00e9veloppement, des magasins du monde, etc. Depuis 1995, la CCC s\u2019est \u00e9tendue \u00e0 d\u2019autres pays europ\u00e9ens. Des campagnes similaires, en collaboration avec la CCC, existent \u00e9galement en Australie, au Canada et aux Etats-Unis<br \/>\nLa CCC s\u2019est d\u2019abord int\u00e9ress\u00e9e \u00e0 l\u2019Asie et plus r\u00e9cemment \u00e0 l\u2019Afrique et l\u2019Europe centrale et orientale. Les organisations impliqu\u00e9es dans les diff\u00e9rentes CCC nationales sont les syndicats et les ONG qui ont leurs propres organisations partenaires dans les pays producteurs. La CCC soutient les travailleurs dans les conflits, elle a m\u00eame un petit fond de gr\u00e8ve. Elle cherche aussi \u00e0 aider les travailleurs \u00e0 domicile et les ouvriers des ateliers clandestins en Europe occidentale, en faisant pression sur les gouvernements afin de renforcer la l\u00e9gislation de protection du travail (27).<br \/>\n<strong>D\u00e9veloppement<\/strong><br \/>\nLes syndicats des pays industrialis\u00e9s ont consid\u00e9r\u00e9 comme de leur devoir de s\u2019occuper du d\u00e9veloppement, aux niveaux national et international. Dans la plupart des cas, ils se sont focalis\u00e9s sur le d\u00e9veloppement syndical par des programmes d\u2019\u00e9ducation et d\u2019organisation.<br \/>\nCes activit\u00e9s sont prises en charge par des organisations syndicales internationales (tels que les SPI), et sont en g\u00e9n\u00e9ral financ\u00e9es par des fonds de d\u00e9veloppement publics quand les f\u00e9d\u00e9rations ou les centrales nationales y ont acc\u00e8s, comme dans la plupart des pays de l\u2019Europe de l\u2019Ouest, au Canada, aux Etats-Unis et au Japon. Certaines centrales nationales ont leur propre d\u00e9partement international, par exemple LO en Norv\u00e8ge ou le FNV aux Pays-Bas ; d\u2019autres ont cr\u00e9\u00e9 leur agence de d\u00e9veloppement, comme le \u00ab LO\/TCO Council for International Cooperation \u00bb en Su\u00e8de, le \u00ab LO\/FTF Council \u00bb au Danemark, le SASK en Finlande, ISCOD en Espagne (UGT), l\u2019 \u00ab American Center for International Labor Solidarity \u00bb (AFL-CIO) ou la \u00ab Japan International Labour Foundation \u00bb (JILAF)).<br \/>\nCertains des grands syndicats interprofessionnels nationaux (par exemple UNISON en Grande-Bretagne, SID au Danemark, Bondgenoten FNV aux Pays-Bas) ont des programmes similaires sur une base bilat\u00e9rale.<br \/>\nDans certains pays de l\u2019UE, les organisations syndicales sont membres des associations nationales d\u2019ONG de d\u00e9veloppement (par exemple le SiD et le Conseil LO\/FTF au Danemark, la F\u00e9d\u00e9ration de la m\u00e9tallurgie et celle des travailleurs municipaux en Finlande, Le Conseil des syndicats du Commonwealth en Grande-Bretagne (28).<br \/>\nAu Canada, quatre syndicats ont cr\u00e9\u00e9 leur propre ONG pour leurs activit\u00e9s de d\u00e9veloppement qui vont de l\u2019aide humanitaire \u00e0 la solidarit\u00e9 syndicale et la d\u00e9fense des droits de l\u2019homme. Ce sont : le Fonds pour la justice sociale du syndicat canadien des travailleurs de l\u2019automobile, (CAW), le Fonds humanitaire du Syndicat du papier et de l\u2019\u00e9nergie (CEP), le Fonds d\u2019aide syndicale du Syndicat des fonctionnaires (CUPE)  et le Fonds humanitaire du Syndicat des travailleurs de l\u2019acier.<br \/>\nEn plus des syndicats, des ONG du mouvement ouvrier font aussi de l\u2019action de d\u00e9veloppement ; certaines d\u2019entre elles, devenues plus actives \u00e0 niveau international, ressentent l\u2019urgence d\u2019aider le mouvement syndical \u00e0 affronter la globalisation. Par exemple, celles d\u2019entre elles qui sont li\u00e9es aux partis socialistes et au mouvement syndical sont organis\u00e9es internationalement au sein du r\u00e9seau SOLIDAR (21 organisations membres dans 15 pays plus une f\u00e9d\u00e9ration internationale)<br \/>\nSOLIDAR m\u00e8ne une campagne \u00e0 l\u2019OMC avec la CISL sur le th\u00e8me \u00ab Les droits des travailleurs sont des droits humains \u00bb. Le but est d\u2019inscrire les principales normes de l\u2019OIT dans les accords commerciaux internationaux (les fameuses \u00ab clauses sociales \u00bb). Cette campagne a cependant r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un conflit majeur entre le mouvement syndical et certaines coalitions d\u2019ONG, comme Third World Network, illustrant certains des grands obstacles politiques et culturels qui restent \u00e0 franchir.<br \/>\nLe Centre international pour le commerce et le d\u00e9veloppement durable a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve pour rassembler les principales ONG de l\u2019environnement et du d\u00e9veloppement qui cherchent \u00e0 influencer les d\u00e9cisions de l\u2019OMC. Il est financ\u00e9 par Oxfam, par la fondation hollandaise NOVIB, par Christian Aid, par des groupes religieux allemands et am\u00e9ricains, des fondations nord-am\u00e9ricaines (Ford, MacArthur), des agences de l\u2019UE et d\u2019entraide au Danemark, aux Pays-Bas, en Su\u00e8de, en Suisse et en Grande-Bretagne. Il est ouvert \u00e0 la collaboration avec les syndicats et il est probable qu\u2019e celle-ci se d\u00e9veloppera en particulier avec les SPI.<br \/>\nLes fondations politiques allemandes sont un cas sp\u00e9cial car elles sont financ\u00e9es par des fonds publics en proportion des votes obtenus aux \u00e9lections l\u00e9gislatives nationales par les partis auxquels elles sont li\u00e9es. La Fondation Friedrich-Ebert, social-d\u00e9mocrate, a les liens les plus \u00e9troits avec le mouvement syndical international, elle a un programme de d\u00e9veloppement syndical important au niveau international, \u00e0 la fois bilat\u00e9ral et \u00e0 travers les SPI. Elle soutient aussi des coop\u00e9ratives, des groupes politiques et des ONG locales. Son \u00e9quivalent d\u00e9mocrate-chr\u00e9tienne, la Fondation Konrad-Adenauer, sponsorise aussi des programmes syndicaux, comme le font certaines fondations de moindre importance.<br \/>\nEn Su\u00e8de, le Centre International Olof Palme est une ONG syndicale fond\u00e9e en 1992 par le parti social-d\u00e9mocrate, la centrale nationale LO et le Mouvement coop\u00e9ratif, pour \u00ab coordonner, d\u00e9velopper et renforcer la participation et l\u2019int\u00e9r\u00eat du mouvement ouvrier dans les questions internationales \u00bb. Trente-quatre organisations politiques, culturelles, coop\u00e9ratives et syndicales de Su\u00e8de en sont membres.<br \/>\nEn r\u00e9sum\u00e9, le mouvement syndical, surtout dans les pays les plus industrialis\u00e9s, m\u00e8ne d\u2019importantes actions de d\u00e9veloppement, \u00e0 la fois sur une base bilat\u00e9rale et \u00e0 travers des organisations internationales. Il se concentre principalement dans les pays dits en voie de d\u00e9veloppement sur la construction de l\u2019encadrement institutionnel du d\u00e9veloppement syndical et du mouvement populaire. Mais malgr\u00e9 l\u2019importance de leur engagement dans le d\u00e9veloppement, ce n\u2019est pas l\u00e0 que les syndicats rencontrent le plus les ONG, \u00e0 moins qu\u2019il ne s\u2019agisse d\u2019ONG cr\u00e9\u00e9es pour ce but.  Dans ce domaine, les syndicats agissent en g\u00e9n\u00e9ral directement ou en sous-traitant sous leur propre nom. C\u2019est entre eux que sont discut\u00e9es les politiques et les strat\u00e9gies du d\u00e9veloppement, les questions telles que relations bilat\u00e9rales ou multilat\u00e9rales (avec celle qui en d\u00e9coule: la responsabilit\u00e9 de rendre des comptes) ou le choix des priorit\u00e9s: assistance humanitaire, ou alors assistance institutionnelle avec l\u2019objectif de changer le rapport de force politique dans la soci\u00e9t\u00e9.<br \/>\nCependant il existe certains exemples de coop\u00e9ration avec des ONG non syndicales. Certains SPI collaborent avec Oxfam International (OI), une coalition r\u00e9cemment cr\u00e9\u00e9e d\u2019importantes ONG nationales de d\u00e9veloppement. Dans le pass\u00e9, plusieurs SPI ont coop\u00e9r\u00e9 avec les branches nationales de OI comme Oxfam UK et NOVIB Pays-Bas. Durant le sommet du G-9 \u00e0 Cologne en juin 1999 L\u2019Internationale de l\u2019Education et OI ont demand\u00e9 ensemble l\u2019annulation de la dette afin de favoriser l\u2019\u00e9ducation. \u00c0 la r\u00e9union de la Banque Mondiale et du Fonds Mon\u00e9taire International d\u2019automne 1999, IE et OI ont montr\u00e9 les cons\u00e9quences des politiques d\u2019ajustement sur l\u2019\u00e9ducation. EI travaille aussi avec ActionAid, une ONG de d\u00e9veloppement britannique, sur une campagne internationale pour l\u2019am\u00e9lioration de l\u2019\u00e9ducation publique.  Dans 21 pays du Sud et dans 4 pays europ\u00e9ens, cette campagne est soutenue par des groupes religieux, des organisations des droits humains, des syndicats d\u2019enseignants, des associations de femmes et une s\u00e9rie d\u2019ONG nationales et internationales. (29)<br \/>\nIl est rare que des ONG se soient engag\u00e9es en partenariat avec les syndicats. Mais un exemple de r\u00e9ussite est  la cr\u00e9ation de la Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats de Hong Kong (HKCTU), la centrale ind\u00e9pendante de Hong Kong . C\u2019\u00e9tait \u00e0 l\u2019origine un projet commun d\u2019organisation d\u2019un syndicat r\u00e9unissant l\u2019UITA et le Hong Kong Christian Industrial Committee (HKCIC). Le projet, financ\u00e9 par l\u2019agence de d\u00e9veloppement des syndicats su\u00e9dois, le Conseil pour la coop\u00e9ration internationale du LO\/TCO, a vu le jour en 1983 et a conduit \u00e0 la cr\u00e9ation, en  1984, du Bureau de l\u2019Education de l\u2019UITA de Hong Kong, devenu plus tard le Centre d\u2019\u00e9ducation syndicale  de Hong Kong (HKTUEC), une op\u00e9ration conjointe de HKCIC et de plusieurs SPI. De l\u00e0 est sortie en ao\u00fbt 1990 la Conf\u00e9d\u00e9ration des syndicats de Hong Kong (HKCTU) qui compte aujourd\u2019hui approximativement 140 000 membres et est devenue la deuxi\u00e8me centrale syndicale \u00e0 Hong Kong.<br \/>\n<strong>\u00c9ducation<\/strong><br \/>\nDans le domaine de l\u2019\u00e9ducation \u00e9galement les syndicats ont pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 travailler soit pour leur propre compte soit avec des ONG syndicales. L\u2019organisation internationale des ONG de l\u2019\u00e9ducation (li\u00e9es au mouvement ouvrier) est la F\u00e9d\u00e9ration internationale des associations pour l\u2019\u00e9ducation des travailleurs (FIAET) (75 organisations dans 51 pays et 6 organisations internationales affili\u00e9es) qui a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e en 1947. Ses affili\u00e9s nationaux comprennent des ONG sp\u00e9cialis\u00e9es dans l\u2019\u00e9ducation li\u00e9es aux partis socialistes ou aux syndicats (souvent \u00e0 travers leur d\u00e9partement de l\u2019\u00e9ducation), des instituts de formation, des think tanks et des instituts de recherche. Les affili\u00e9s internationaux sont SOLIDAR (une affiliation r\u00e9ciproque : la FIAET est aussi membre de SOLIDAR), 4 SPI et une f\u00e9d\u00e9ration r\u00e9gionale latino-am\u00e9ricaine de formation pour adultes.<br \/>\nEn 1993, la FIAET a r\u00e9vis\u00e9 sa charte afin de mettre en \u00e9vidence ce qu\u2019elle partage avec d\u2019autres organisations du mouvement ouvrier (30). Par une d\u00e9cision de sa Conf\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale de 1996 de \u00ab renforcer la capacit\u00e9 d\u2019organisation globale du mouvement ouvrier \u00bb la FIAET a lanc\u00e9 les \u00ab Cercles d\u2019\u00e9tudes internationaux \u00bb (CEI) pour faciliter la formation syndicale sur les questions concernant la globalisation.<br \/>\nUn cercle d\u2019\u00e9tudes international consiste \u00e0 r\u00e9unir par l\u2019internet les participants de cercles d\u2019\u00e9tudes locaux dans plusieurs pays, et \u00e0 les faire travailler ensemble, sur le m\u00eame programme, avec du mat\u00e9riel et une m\u00e9thode de formation communs. Chaque cercle local a un moniteur. Entre les r\u00e9unions, chaque groupe a acc\u00e8s par l\u2019Internet aux r\u00e9sultats des discussions et travaux des sessions, y compris ceux d\u2019autres pays.<br \/>\nDeux cours pilotes sur les soci\u00e9t\u00e9s transnationales impliquant 12 pays ont eu lieu en 1997 et 1998. En 1999 la FIAET a conduit deux cercles d\u2019\u00e9tudes internationaux en partenariat avec l\u2019UITA et la F\u00e9d\u00e9ration internationale des m\u00e9taux sur des soci\u00e9t\u00e9s transnationales. Le but est que les liens cr\u00e9\u00e9s lors du cercle d\u2019\u00e9tudes entre les syndicats locaux dans les entreprises perdurent et constituent la base du r\u00e9seau syndical international.  C\u2019est ainsi que, s\u2019agissant des soci\u00e9t\u00e9s transnationales, les CEI aident \u00e0 \u00ab renforcer la capacit\u00e9 d\u2019organisation globale du mouvement ouvrier \u00bb. La m\u00e9thode peut \u00e9videmment \u00eatre utilis\u00e9e par tous les groupes qui cherchent \u00e0 cr\u00e9er des r\u00e9seaux internationaux. De fait, la FIAET a lanc\u00e9 un troisi\u00e8me CEI sur l\u2019industrie alimentaire mondiale pour les femmes dans les syndicats, les associations et les ONG. (31)<br \/>\nAu niveau national, il existe une coop\u00e9ration r\u00e9guli\u00e8re entre les membres non syndicaux de la FIAET (mais li\u00e9s au mouvement ouvrier) et les syndicats. Par exemple sous la forme de services &#8211; LEARN aux Philippines donne des cours de formation pour la centrale syndicale Alliance of Progressive Labour (APL) et certains de ses  membres &#8211; ou de programmes de formation communs \u2013 l\u2019association d\u2019\u00e9ducation ouvri\u00e8re su\u00e9doise, ABF, coop\u00e8re avec des syndicats su\u00e9dois pour la formation dans les  Etats baltes, en Europe centrale ou orientale.<br \/>\nDans certains cas, des sponsors non syndicaux ont soutenu des ONG syndicales d\u2019\u00e9ducation (y compris des membres de la FIAET) qui ont \u00e9t\u00e9 ou sont toujours en opposition avec le mouvement syndical officiel de leur pays. Cela a souvent \u00e9t\u00e9 le cas lorsque ce mouvement syndical \u00e9tait contr\u00f4l\u00e9 par l\u2019Etat et les ONG \u00e9taient le moyen d\u2019encourager la cr\u00e9ation d\u2019un mouvement ind\u00e9pendant. Les cas de l\u2019Indon\u00e9sie, de la Cor\u00e9e du Sud et des Philippines ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 mentionn\u00e9s. Un exemple actuel est le soutien apport\u00e9 par la Fondation hollandaise NOVIB au Center for Trade Union and Workers\u2019 Services en Egypte (affili\u00e9 \u00e0 la FIAET). Ce genre de situation pourrait en th\u00e9orie conduire \u00e0 des frictions entre l\u2019ONG qui finance et le mouvement syndical.  En pratique cela n\u2019arrive quasiment pas (except\u00e9 au niveau local dans le pays concern\u00e9) parce que la plupart des organisations syndicales des pays d\u00e9mocratiques sont m\u00e9fiantes \u00e0 l\u2019\u00e9gard des syndicats \u00e9tatiques et sont plut\u00f4t port\u00e9es \u00e0 soutenir les dissidents et les ind\u00e9pendants.<br \/>\nIl n\u2019y a pas de coop\u00e9ration dans le domaine de l\u2019\u00e9ducation entre les syndicats et les ONG \u00e9trang\u00e8res au mouvement ouvrier. Il existe cependant dans plusieurs pays une coop\u00e9ration entre des syndicats et des institutions universitaires qui ont des programmes de formation syndicale. Aux Etats-Unis des programmes de ce genre \u00e0 Harvard, Cornell, Yale, Rutgers, Michigan ou UCLA, entre autres, sont bien implant\u00e9s et appuy\u00e9s par le mouvement syndical. Leur organisation fa\u00eeti\u00e8re, University and College Labor Education Association (UCLEA), est affili\u00e9e \u00e0 la FIAET. Des relations comparables entre des institutions universitaires et le mouvement syndical existent dans certains pays de l\u2019Europe de l\u2019Ouest.<br \/>\n<strong>Droits des femmes et \u00e9galit\u00e9<\/strong><br \/>\nLes relations entre les syndicats et les mouvements de femmes sont complexes et contradictoires. D\u00e8s le d\u00e9but les syndicats ont d\u00e9fendu les droits des femmes. Dans l\u2019histoire du mouvement ouvrier, plusieurs femmes ont \u00e9t\u00e9 des leaders charismatiques : Flora Tristan Moscoso, active en France et au P\u00e9rou, \u00e9tait l\u2019auteur de L\u2019Union Ouvri\u00e8re, un plaidoyer avant-gardiste pour un syndicat g\u00e9n\u00e9ral international ; Louise Michel \u00e9tait une dirigeante de la Commune de Paris ; Clara Eissner Zetkin a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du mouvement des femmes socialistes allemandes et la premi\u00e8re secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9rale de la F\u00e9d\u00e9ration internationale du textile ; Maria Jones ( \u00ab  Mother Jones \u00bb) \u00e9tait une l\u00e9gendaire organisatrice des mineurs nord-am\u00e9ricains et fondatrice de IWW  (32) ; Federica Montseny a \u00e9t\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de la CNT (33) durant la guerre civile espagnole et en exil ; Marie Nielsen \u00e9tait une enseignante et dirigeante de la gauche danoise avant la seconde guerre mondiale : Margarethe Faas \u00e9tait la secr\u00e9taire et la militante de la F\u00e9d\u00e9ration suisse des syndicats et l\u2019\u00e9ditrice de \u00ab L\u2019Exploit\u00e9e\/Die Vork\u00e4mpferin \u00bb dans la premi\u00e8re d\u00e9cennie du XXe si\u00e8cle pour n\u2019en citer que quelques-unes.<br \/>\nEn m\u00eame temps, le mouvement syndical, depuis ses origines, \u00e9tait domin\u00e9 par la culture de l\u2019ouvrier industriel o\u00f9, sauf dans le textile, les hommes pr\u00e9dominaient.  Ce n\u2019\u00e9tait pas une culture favorable aux femmes. Dans plusieurs pays, les femmes ont d\u00fb cr\u00e9er leurs propres syndicats parce qu\u2019elles n\u2019\u00e9taient pas bienvenues dans le mouvement syndical existant. Le seul syndicat de ce type encore existant, le Syndicat des ouvri\u00e8res du Danemark (KAD), a \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 au d\u00e9but du XXe si\u00e8cle parce que le Syndicat interprofessionnel des travailleurs (SID) avait \u00e0 cette \u00e9poque refus\u00e9 d\u2019admettre les femmes.<br \/>\nSous la pression croissante du mouvement des femmes les trente derni\u00e8res ann\u00e9es et du fait que les femmes repr\u00e9sentent une partie de plus en plus importante de la force de travail, les syndicats ont fait de s\u00e9rieux efforts dans certains pays pour s\u2019ouvrir aux femmes. Ils ont forc\u00e9 l\u2019\u00e9lection de femmes dans leurs structures, remont\u00e9 les revendications f\u00e9minines vers le haut des priorit\u00e9s et adapt\u00e9 la culture, les habitudes et les pratiques de leurs organisations pour les rendre plus accueillantes aux femmes. Mais malgr\u00e9 ces progr\u00e8s constants, quoique lents, le mouvement syndical reste en grande partie une affaire d\u2019hommes, et par l\u00e0 une cible l\u00e9gitime de critique de la part des groupes de femmes.<br \/>\nDurant les dix derni\u00e8res ann\u00e9es l\u2019explosion du secteur informel a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 la n\u00e9cessit\u00e9 pour le mouvement syndical non seulement d\u2019organiser les travailleuses, mais surtout celles qui n\u2019ont pas un emploi permanent r\u00e9gulier. Le secteur informel a augment\u00e9 pour deux raisons principales : la crise \u00e9conomique mondiale et les changements dans l\u2019organisation du travail.<br \/>\nLa crise de la dette des pays en d\u00e9veloppement (34), le d\u00e9mant\u00e8lement du secteur public, la d\u00e9r\u00e9gulation du march\u00e9 du travail due aux programmes de r\u00e9ajustement structurel du FMI et de la BM, la crise globale qui a d\u00e9but\u00e9 en Asie en 1997 qui a continu\u00e9 en Russie en 1998 et qui a touch\u00e9 le Br\u00e9sil au commencement de 1999 ont jet\u00e9 des millions de gens hors de l\u2019emploi formel dans le secteur informel. Selon l\u2019OIT (35), cette crise a d\u00e9truit 24 millions d\u2019emplois en Asie seulement, majoritairement dans le \u00ab secteur industriel moderne\u00bb . En Russie et dans les nouveaux Etats ind\u00e9pendants (de l\u2019ex-URSS), outre les millions de ch\u00f4meurs, des millions de travailleurs encore dans le secteur formel ne touchent pas leur salaire depuis des mois. Pour tous ces gens, en l\u2019absence de filet de protection sociale, le secteur informel repr\u00e9sente l\u2019unique possibilit\u00e9 de survie.<br \/>\nL\u2019autre facteur qui a contribu\u00e9 \u00e0 la croissance du secteur informel a \u00e9t\u00e9 le changement de structure de l\u2019entreprise transnationale. L\u2019entreprise transnationale moderne est essentiellement un \u00e9tat-major pour l\u2019organisation de la production, une production qui est effectu\u00e9e par des sous-traitants, \u00e0 sa demande et en son nom. Cet \u00e9tat-major comprend la direction et le personnel du quartier g\u00e9n\u00e9ral avec \u00e9ventuellement une \u00e9quipe de techniciens hautement qualifi\u00e9s. Il dirige la production et les ventes, contr\u00f4le les sous-traitants, d\u00e9cide, \u00e0 court terme, ce qui va \u00eatre produit, o\u00f9, comment et par qui, et d\u2019o\u00f9 certains march\u00e9s seront approvisionn\u00e9s.  La production des marchandises et de toutes les op\u00e9rations de main-d\u2019\u0153uvre, sera sous-trait\u00e9e, y compris au niveau international. Ce type d\u2019entreprise devient ainsi le coordinateur d\u2019op\u00e9rations de sous-traitance en cascade qui ne feront pas partie de la structure formelle mais qui en seront cependant totalement d\u00e9pendantes, avec des salaires et des conditions de travail qui se d\u00e9t\u00e9rioreront au fur et \u00e0 mesure que l\u2019on se d\u00e9place du centre des op\u00e9rations vers la p\u00e9riph\u00e9rie.<br \/>\nLa baisse de l\u2019affiliation syndicale dans la plupart des pays industrialis\u00e9s durant les ann\u00e9es 80 et 90 est moins due aux transferts de production et aux d\u00e9localisations dans le Sud et \u00e0 l\u2019Est qu\u2019on ne l\u2019a cru : le d\u00e9mant\u00e8lement du secteur formel et la d\u00e9r\u00e9gulation du march\u00e9 du travail au c\u0153ur m\u00eame du syndicalisme industriel ont jou\u00e9 un plus grand r\u00f4le. \u00c9tant donn\u00e9 que le secteur informel repr\u00e9sente une grande majorit\u00e9 de la force de travail dans les pays dits en d\u00e9veloppement, et une partie croissante dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, il est impossible d\u2019imaginer un mouvement syndical \u00e0 l\u2019\u00e9chelle plan\u00e9taire sans organiser s\u00e9rieusement le secteur informel.<br \/>\nDans leur grande majorit\u00e9, les travailleurs du secteur informel sont des femmes.  Une majorit\u00e9 de travailleurs exclus du secteur formel par la crise \u00e9conomique globale sont des femmes. Comme le souligne la CISL, (36) les femmes sont les principales victimes de la pr\u00e9carisation du travail et de la paup\u00e9risation provoqu\u00e9e par la crise. Elles sont entr\u00e9es en masse dans le secteur informel durant ces deux derni\u00e8res ann\u00e9es. Selon un rapport de Friends of Women Foundation en Tha\u00eflande (37), les licenciements massifs de 1998 ont touch\u00e9 les industries textiles et \u00e9lectroniques o\u00f9 90 % des travailleurs sont des femmes. \u00c0 Moscou, les deux tiers des ch\u00f4meurs sont des femmes.<br \/>\nM\u00eame avant la crise, les femmes constituaient d\u00e9j\u00e0 la plus grande partie de la force de travail dans le secteur informel o\u00f9 le travail des enfants est \u00e9galement important.   La tr\u00e8s grande majorit\u00e9 des travailleurs \u00e0 domicile sont des femmes (40 \u00e0 50 % de la force de travail dans certains secteurs de l\u2019exportation, tels que la confection, les \u00e9quipements de football ou l\u2019\u00e9lectronique, en Am\u00e9rique Latine et en Asie) ; les femmes sont aussi la grande majorit\u00e9 des vendeurs de rue sur les march\u00e9s informels qui, dans certaines villes africaines, repr\u00e9sentent jusqu\u2019\u00e0 30 % de l\u2019emploi.<br \/>\nDans les quelque 850 zones franches qui existent dans le monde, pr\u00e8s de 90 % des travailleurs sont des femmes et dans la majorit\u00e9 des cas, sans droits ni protection sociale. Bien qu\u2019elles travaillent dans des usines, elles partagent avec les travailleuses du secteur informel l\u2019absence de protection et de syndicalisation.<br \/>\nC\u2019est dans ce contexte que les syndicats ont commenc\u00e9 \u00e0 coop\u00e9rer avec des ONG de femmes informels.                                                                                                                                                                                                                                                                      Au niveau de l\u2019UE, le \u00ab groupe europ\u00e9en sur le travail \u00e0 domicile \u00bb est une coalition de syndicats, d\u2019ONG, d\u2019organisations religieuses et de chercheurs. Son travail a pouss\u00e9 les gouvernements europ\u00e9ens \u00e0 soutenir la Convention de l\u2019OIT sur le travail \u00e0 domicile adopt\u00e9e en 1996.<br \/>\nEn Grande-Bretagne, il existe des projets locaux d\u2019ONG ou du gouvernement.  Une campagne nationale, par le National Group on Homeworking, a obtenu que les travailleurs \u00e0 domicile b\u00e9n\u00e9ficient du salaire minimum et a beaucoup influenc\u00e9 la politique du gouvernement et des syndicats sur le travail \u00e0 domicile.<br \/>\nDans les zones franches d\u2019Am\u00e9rique centrale et du Mexique, l\u2019organisation des travailleuses a pu se faire gr\u00e2ce aux ONG de femmes qui ont toujours soutenu la syndicalisation des ouvri\u00e8res, parfois, comme au Mexique, contre les syndicats en place (38). En R\u00e9publique Dominicaine, Fenatrazona, le syndicat des zones franches, a cr\u00e9\u00e9 des comit\u00e9s f\u00e9minins de quartiers r\u00e9unissant des syndicalistes et des non syndiqu\u00e9es pour discuter de leurs int\u00e9r\u00eats communs, d\u00e9velopper une conscience politique et organiser le soutien mutuel, notamment par l\u2019adh\u00e9sion au syndicat. Au Guatemala, un syndicat a d\u00e9pos\u00e9 avec des groupes de femmes un projet de loi au Parlement sur le harc\u00e8lement sexuel. Au P\u00e9rou, les syndicats se sont alli\u00e9s \u00e0 une ONG socialiste f\u00e9ministe, \u00ab Flora Tristan \u00bb, pour la formation et la syndicalisation de leurs adh\u00e9rentes. Au Ghana, une initiative conjointe syndicat-ONG sur le droit de succession visait \u00e0 garantir aux femmes une partie des biens du mari. Il existe d\u2019autres exemples de telles coop\u00e9rations. (39)<br \/>\nLes travailleurs du secteur informel, les femmes en particulier, ont aussi cr\u00e9\u00e9 des syndicats nouveaux. L\u2019un des premiers, et un exemple pour beaucoup, a \u00e9t\u00e9 le \u00ab Self-Employed Women\u2019s Association \u00bb (SEWA) en Inde, qui a vu le jour il y a 25 ans avec quelques centaines de membres et qui en 2000 en compte 210 000 dans quatre Etats de la f\u00e9d\u00e9ration indienne. SEWA organise les travailleuses \u00e0 domicile, les vendeuses de rue, les ramasseuses de papier et d\u2019ordures, de r\u00e9sines dans la for\u00eat, etc. Il a cr\u00e9\u00e9 une infrastructure de services annexes : une banque de microcr\u00e9dit, un programme de formation professionnelle et syndicale de plusieurs niveaux, des coop\u00e9ratives de production (artisanales, agricoles), des coop\u00e9ratives de service (sant\u00e9, logement).<br \/>\nEn Afrique du Sud, le Self-Employed Women\u2019s Union (SEWU), s\u2019est organis\u00e9 sur le m\u00eame mode. Et d\u2019autres pays ont vu des tentatives d\u2019organisations semblables.<br \/>\nLes organisations de travailleuses \u00e0 domicile et de vendeuses de rue ont form\u00e9 des r\u00e9seaux. L\u2019un d\u2019eux, Alliance of Street Vendors, ou StreetNet, comprend des organisations et de groupes de soutien dans onze pays. Il a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1995 et a adopt\u00e9 cette ann\u00e9e-l\u00e0 la \u00ab D\u00e9claration de Bellagio \u00bb sur les droits des vendeurs de rue. Le deuxi\u00e8me est HomeNet, un r\u00e9seau de syndicats, SEWA, SEWU, le Syndicat des brodeuses de Mad\u00e8re (SIBTTA) qui repr\u00e9sente \u00e9galement les travailleuses \u00e0 domicile, ainsi que d\u2019autres associations de travailleuses \u00e0 domicile (au Bangladesh, aux Philippines, en Tha\u00eflande).<br \/>\nHomeNet et StreetNet, conjointement avec SEWA, d\u2019autres syndicats, des groupes de soutien universitaires et des organisations internationales ont form\u00e9 un autre r\u00e9seau international : WIEGO (Women in Informal Employment Globalizing and Organizing), pour la recherche, la r\u00e9flexion sur la strat\u00e9gie politique et la cr\u00e9ation de  coalitions.<br \/>\n<strong>Environnement<\/strong><br \/>\nLes pr\u00e9occupations sociales des d\u00e9buts du mouvement syndical incluaient un puissant \u00e9l\u00e9ment de r\u00e9volte contre la d\u00e9gradation des conditions de vie de la classe ouvri\u00e8re urbaine par l\u2019industrialisation capitaliste. Les taudis \u00e9taient propices aux maladies et \u00e0 divers fl\u00e9aux sociaux et le mouvement syndical cherchait \u00e0 faire prendre conscience \u00e0 ses membres de la n\u00e9cessit\u00e9 de prot\u00e9ger ensemble leur int\u00e9grit\u00e9 physique et morale. Le mouvement d\u2019abstinence anti-alcoolique, les services de sant\u00e9, l\u2019urbanisme socialiste avec son insistance sur la lumi\u00e8re et la circulation de l\u2019air refl\u00e9taient ces pr\u00e9occupations.<br \/>\nDes organisations comme Les Amis de la Nature ont \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9es pour permettre aux travailleurs de passer leur temps de loisir dans un environnement sain. Les Amis internationaux de la Nature, fond\u00e9s en 1895 \u00e0 Vienne, o\u00f9 se trouve toujours le secr\u00e9tariat, ont maintenant 20 affili\u00e9 nationaux et organisations associ\u00e9es \u00e0 un total de 600 000 membres pour la plupart en Europe (pr\u00e8s de la moiti\u00e9 en Autriche et en Allemagne) mais aussi aux Etats-Unis (Californie), au Mexique, en Isra\u00ebl, au N\u00e9pal et en Australie. Parmi ses buts : \u00ab la protection de la nature et du paysage \u00bb et \u00ab du milieu naturel ambiant \u00bb (40) . C\u2019est une des ONG syndicales qui montre un regain d\u2019activit\u00e9. En Allemagne, les Amis de la Nature se consid\u00e8rent comme \u00ab un pont entre les syndicats, les associations et le mouvement \u00e9cologiste \u00bb et ils ont des projets communs pour la protection de l\u2019environnement avec les syndicats des m\u00e9dias et du b\u00e2timent. (41)<br \/>\nApr\u00e8s la guerre, la reconstruction \u00e9tait consid\u00e9r\u00e9e comme une priorit\u00e9 en Europe et le productivisme a pr\u00e9valu sur le respect de l\u2019environnement, y compris dans la social-d\u00e9mocratie. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 du Rideau de fer, le d\u00e9veloppement industriel du bloc sovi\u00e9tique, comme d\u2019ailleurs de la Chine ou la Cor\u00e9e du Nord, lanc\u00e9 sans le contr\u00f4le de l\u2019opinion publique par une bureaucratie toute vou\u00e9e \u00e0 la d\u00e9monstration de son pouvoir et de sa gloire, a \u00e9t\u00e9 le pire exemple de ce productivisme et a eu des cons\u00e9quences catastrophiques sur l\u2019environnement.<br \/>\nLorsque l\u2019actuel mouvement pour la protection de l\u2019environnement est apparu dans les ann\u00e9es 60, ses relations avec le mouvement ouvrier ont tout de suite \u00e9t\u00e9 ambivalentes. Les syndicats se souciaient en effet de prot\u00e9ger les postes de travail et, \u00e0 court terme, ils voyaient les mouvements \u00e9cologiques comme mena\u00e7ants pour l\u2019emploi. Parfois, comme dans l\u2019industrie de la for\u00eat au Nord-Ouest des Etats-Unis, dans l\u2019industrie de la baleine en Norv\u00e8ge ou dans l\u2019industrie du tabac o\u00f9 les syndicats ont soutenu la r\u00e9sistance des entreprises aux campagnes anti-tabac, le conflit a \u00e9clat\u00e9 entre les organisations \u00e9cologistes et les organisations syndicales.<br \/>\nMais ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le mouvement syndical a pris conscience, comme l\u2019ensemble de la population, de la n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019un d\u00e9veloppement durable et ce nouvel \u00e9tat d\u2019esprit a favoris\u00e9 de nouvelles formes de coop\u00e9ration entre syndicats et organisations \u00e9cologistes. Les syndicats ont aussi pu observer l\u2019habilet\u00e9 et la capacit\u00e9 de mobilisation des ONG \u00e9cologistes qui r\u00e9ussissaient \u00e0 amener de puissantes soci\u00e9t\u00e9s transnationales \u00e0 la table de n\u00e9gociations. Ils ont donc commenc\u00e9 \u00e0 les consid\u00e9rer comme des alli\u00e9s potentiels.<br \/>\nIl existe plusieurs exemples r\u00e9cents de coop\u00e9ration \u00e0 niveau international entre les SPI et les organisations \u00e9cologistes.<br \/>\nEn juin 1999, la FITBB (42) et le World Wide Fund for Nature (WWF) ont conclu un accord de coop\u00e9ration sur le probl\u00e8me des for\u00eats, en particulier sur les principes du label \u00e9cologique (43). Les deux organisations ont convenu que les aspects environnementaux et sociaux de la for\u00eat \u00e9taient li\u00e9s et qu\u2019une coop\u00e9ration \u00e9tait n\u00e9cessaire pour combattre la d\u00e9forestation et la d\u00e9gradation de la for\u00eat dans de nombreuses parties du monde. Les principes d\u2019un label \u00e9cologique auquel les deux organisations r\u00e9fl\u00e9chissent ensemble reposent sur le tra\u00e7age du bois et de tous les autres produits de la for\u00eat, c\u2019est-\u00e0-dire sur une gestion tr\u00e8s contr\u00f4l\u00e9e de la for\u00eat. Ce label doit \u00eatre attribu\u00e9 de fa\u00e7on ind\u00e9pendante, transparente, dans une proc\u00e9dure qui prenne en compte les int\u00e9r\u00eats \u00e9cologiques, \u00e9conomiques et sociaux, contrairement \u00e0 d\u2019autres labels dont les crit\u00e8res sont influenc\u00e9s par les propri\u00e9taires priv\u00e9s de for\u00eats.<br \/>\nAutre exemple, celui de la F\u00e9d\u00e9ration internationale des transports (ITF) et de la F\u00e9d\u00e9ration internationale des m\u00e9taux (FIOM) qui soutiennent une campagne de Greenpeace contre une m\u00e9thode de d\u00e9molition en Asie et particuli\u00e8rement en Inde de navires contamin\u00e9s. Certains navires sont contamin\u00e9s par des mat\u00e9riaux toxiques \u00e0 haut risque, y compris des m\u00e9taux lourds et de l\u2019amiante. Les deux SPI font remarquer que cette d\u00e9molition sur la plage pollue l\u2019environnement et met en danger la sant\u00e9 des travailleurs concern\u00e9s. On ne devrait d\u00e9manteler que des coques vid\u00e9es de toutes substances telles qu\u2019amiante, plomb, autres compos\u00e9s de m\u00e9taux lourds, r\u00e9sidus d\u2019huiles et autres toxiques. Les propri\u00e9taires de ces bateaux devraient prendre la responsabilit\u00e9 de les d\u00e9polluer avant de les envoyer \u00e0 la casse. Il faut prot\u00e9ger l\u2019environnement et les habitants des environs. Et les ouvriers qui travaillent \u00e0 la d\u00e9molition des navires doivent avoir de meilleures conditions de s\u00e9curit\u00e9 et de sant\u00e9. (44)<br \/>\nL\u2019UITA travaille avec le r\u00e9seau Pesticide Action Network (PAN) et ses branches locales ainsi qu\u2019avec le \u00ab Groupe interdisciplinaire de recherche et d\u2019action dans l\u2019agriculture et la sant\u00e9 \u00bb, bas\u00e9 au Br\u00e9sil, (GIAS), sur les pesticides. Avec l\u2019apparition des aliments g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9s, son organisation r\u00e9gionale pour l\u2019Am\u00e9rique Latine a lanc\u00e9 en septembre 1998 le projet BioMater. Il rassemble les syndicats, les organisations de paysans et les ONG qui ont pour objectif la pr\u00e9servation, la production et la distribution de semences. BioMater a cr\u00e9\u00e9 une banque de semences pour la production organique de semences qui sera enregistr\u00e9e dans la plupart des pays d\u2019Am\u00e9rique latine. (45)<br \/>\nLa F\u00e9d\u00e9ration internationale des travailleurs de la chimie, de l\u2019\u00e9nergie et des mines, ICEM, a travaill\u00e9 avec Greenpeace sur un accord avec l\u2019industrie chimique sur le chlore. Greenpeace et d\u2019autres ONG ou groupes locaux ont d\u2019autre part soutenu la campagne de l\u2019ICEM contre Rio Tinto Zinc (RTZ), une grande soci\u00e9t\u00e9 mini\u00e8re accus\u00e9e de mener ses op\u00e9rations dans des conditions environnementales et sociales inacceptables.<br \/>\n\u00c0 la Commission sur le d\u00e9veloppement durable (46) \u00e0 New York, la CISL a r\u00e9ussi, avec l\u2019aide de plusieurs SPI (ICEM, FIT, UITA, ISP), du Comit\u00e9 syndical consultatif de l\u2019OECD, des repr\u00e9sentants des syndicats des Bermudes, du Br\u00e9sil, du Canada, de la R\u00e9publique Tch\u00e8que, de l\u2019Allemagne, du Ghana, de l\u2019Italie, de la Norv\u00e8ge, de la Su\u00e8de et des Etats-Unis, \u00e0 faire prendre en compte le point de vue syndical sur l\u2019attribution, le but et le contr\u00f4le des labels \u00e9cologiques. Les ONG pr\u00e9sentes l\u2019ont aussi soutenu. (47)<br \/>\nUne coop\u00e9ration s\u2019est d\u00e9velopp\u00e9e entre les organisations syndicales nationales et internationales et les ONG \u00e9cologistes et elle est encore appel\u00e9e \u00e0 grandir. Reste \u00e0 savoir si elle se d\u00e9veloppera plus vite et plus profond\u00e9ment que la coop\u00e9ration entre ONG et les entreprises.<br \/>\n<strong>Responsabilit\u00e9 des entreprises<\/strong><br \/>\nLes effets de la globalisation ont souvent priv\u00e9 les syndicats de leurs moyens de lutte traditionnels ou en ont affaibli la port\u00e9e. Dans ce contexte, la capacit\u00e9 de mobiliser l\u2019opinion a plus que jamais prouv\u00e9 son efficacit\u00e9 comme moyen de pression sur les entreprises, et les ONG se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9es plus habiles \u00e0 cet exercice que les syndicats. Ce qui a conduit les ONG \u00e0 surestimer leur propre r\u00f4le (comme d\u2019ailleurs les entreprises elles-m\u00eames).<br \/>\nDes apologistes du patronat ont tir\u00e9 la sonnette d\u2019alarme et ont recommand\u00e9 de ne reconna\u00eetre \u00e0 aucune ONG le droit de repr\u00e9senter la soci\u00e9t\u00e9 civile (48). D\u2019autres, consultants en management, plaident au contraire pour la cooptation : ils voient une \u00ab dynamique d\u2019avenir \u00bb dans la succession des r\u00f4les que peuvent jouer les ONG et qu\u2019ils d\u00e9crivent ainsi : 1) Une ONG soul\u00e8ve un probl\u00e8me et le popularise.  2)  Une coalition d\u2019ONG prend la suite et lance une campagne \u00e0 laquelle le public soit r\u00e9pond bien (par exemple  le lait en poudre pour nourrissons) soit r\u00e9pond faiblement (par exemple, Disney).  3) Si le public se montre assez sensible, des organes gouvernementaux s\u2019en m\u00ealent et les ONG participent \u00e0 l\u2019\u00e9laboration des lois, r\u00e8glements ou codes de conduite jug\u00e9s n\u00e9cessaires. 4) Les ONG deviennent parties prenantes dans la surveillance de l\u2019application de ces nouvelles r\u00e8gles. 5) Les ONG deviennent des sources de conseils pour les entreprises dans leurs d\u00e9cisions suivantes (49). Il n\u2019y a pas de meilleure description du processus que celle de l\u2019ancien ministre des Pays-Bas, Jan Pronk, en 1982 : \u00ab La corruption des ONG sera l\u2019enjeu politique des ann\u00e9es \u00e0 venir \u00bb. (50)<br \/>\nOn comprend mieux dans ce contexte les tensions qui ont pu appara\u00eetre entre les syndicats et les ONG quand la d\u00e9fense des droits des travailleurs est en jeu, en particulier dans des soci\u00e9t\u00e9s transnationales ou dans certains secteurs de l\u2019industrie.<br \/>\nC\u2019est autour du courant en faveur des codes de conduite, tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9s par les entreprises qui y voient le moyen de se prot\u00e9ger des pressions de l\u2019opinion publique (essentiellement des consommateurs), que ces tensions ont \u00e9t\u00e9 les plus \u00e9videntes. Certaines ONG ont accept\u00e9 l\u2019id\u00e9e qu\u2019\u00e9laborer et surveiller des codes de conduite constituait en soi une d\u00e9fense suffisante des droits des travailleurs (par exemple en termes de salaire, de conditions de travail, de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9, etc.),  m\u00eame sans reconnaissance explicite des syndicats et sans garantie des droits syndicaux des travailleurs. Dans ces cas-l\u00e0, les syndicats ont consid\u00e9r\u00e9 les ONG comme complices des tentatives du patronat d\u2019utiliser les codes comme une \u00e9chappatoire \u00e0 la syndicalisation.<br \/>\nEn 1990, 85 % des 100 plus grandes soci\u00e9t\u00e9s am\u00e9ricaines avaient un code de conduite ; en Grande-Bretagne, ce chiffre \u00e9tait de 42 %, aux Pays-Bas de 22 % (51). Cependant, la plupart des codes de conduite incluant des questions sociales ont une couverture limit\u00e9e et ne garantissent pas les droits syndicaux de base. En 1998, l\u2019OIT a analys\u00e9 215 codes de conduite et n\u2019en a trouv\u00e9 que 15 %  qui reconnaissaient positivement les droits syndicaux (libert\u00e9 d\u2019association et de n\u00e9gociation collective), tandis que 25 % faisaient r\u00e9f\u00e9rence au travail forc\u00e9, 40 %, aux salaires, 45 %, au travail des enfants, 66% \u00e0 la discrimination et 75 % aux questions de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9. (52)<br \/>\nCe r\u00e9sultat n\u2019est pas une surprise puisque les entreprises ont souvent adopt\u00e9 des codes de conduite comme une strat\u00e9gie anti-syndicale qui leur permet de prendre les devants de mani\u00e8re paternaliste en offrant des mesures qui leur \u00e9vitent d\u2019avoir \u00e0 n\u00e9gocier avec un partenaire reconnu. Comme la CISL l\u2019a soulign\u00e9, \u00ab beaucoup des soci\u00e9t\u00e9s bas\u00e9es aux Etats-Unis qui ont \u00e9t\u00e9 les premi\u00e8res \u00e0 adopter des codes \u00e9taient, en principe et en pratique, oppos\u00e9es aux syndicats \u00bb (53). Par exemple, le code de conduite de Caterpillar stipule que la compagnie cherche \u00e0 \u00ab \u00e0 fonctionner de telle fa\u00e7on que les employ\u00e9s ne ressentent pas le besoin d\u2019\u00eatre repr\u00e9sent\u00e9s par les syndicats ou des parties tierces \u00bb. Le code de Sara Lee Knit Products stipule que l\u2019entreprise croit en \u00ab un environnement sans syndicat except\u00e9 dans le cas o\u00f9 la loi et la culture exigeraient de SKP de faire autrement \u00bb. Le code de DuPont mentionne que \u00ab dans la limite que la loi lui impose, la direction encouragera les employ\u00e9s \u00e0 ne pas se syndiquer mais si ceux-ci choisissent n\u00e9anmoins de se faire repr\u00e9senter par un syndicat, la direction traitera avec lui de bonne  foi \u00bb. (54)<br \/>\nUn deuxi\u00e8me probl\u00e8me a \u00e9t\u00e9 le contr\u00f4le de l\u2019application de ces codes. La plupart des codes ne pr\u00e9voient ni proc\u00e9dure de contr\u00f4le ind\u00e9pendante, ni m\u00e9canisme de recours. Le point de vue syndical, c\u2019est que l\u2019existence de syndicats ind\u00e9pendants dans toute la fili\u00e8re de fonctionnement des soci\u00e9t\u00e9s transnationales est le syst\u00e8me contr\u00f4le le plus efficace qui soit (55). Mais de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s se sont donn\u00e9 beaucoup de mal et ont beaucoup d\u00e9pens\u00e9 pour faire appel \u00e0 d\u2019autres contr\u00f4les (en cr\u00e9ant leur propre syst\u00e8me, en contractant des firmes d\u2019audits ou des ONG complaisantes) avec des r\u00e9sultats douteux.<br \/>\nCes questions non r\u00e9solues sont \u00e0 l\u2019origine de  l\u2019implosion du \u00ab Partenariat de la Maison blanche pour l\u2019industrie du v\u00eatement \u00bb (White House Apparel Industry Partnership, AIP) en novembre 1998. L\u2019AIP, aussi connu comme la \u00ab taskforce contre les ateliers clandestins \u00bb, (sweat shops), a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9 en 1996 \u00e0 l\u2019instigation du Pr\u00e9sident des Etats-Unis apr\u00e8s les r\u00e9v\u00e9lations embarrassantes selon lesquelles les v\u00eatements portant la marque  Kathie Lee Gifford \u00e9taient fabriqu\u00e9s dans des ateliers clandestins \u00e0 New York et en Am\u00e9rique centrale. Son but \u00e9tait d\u2019\u00e9laborer un code de conduite interdisant de telles conditions ill\u00e9gales de travail. Les soci\u00e9t\u00e9s signataires du code devaient pouvoir certifier leurs produits d\u2019un label prouvant qu\u2019ils ont \u00e9t\u00e9 fabriqu\u00e9s dans des conditions d\u00e9centes. Alors que les 18 membres de cette taskforce, repr\u00e9sentant des entreprises, des syndicats et des ONG, n\u2019arrivaient pas \u00e0 se mettre d\u2019accord depuis des mois, neuf soci\u00e9t\u00e9s et ONG ont commenc\u00e9 \u00e0 n\u00e9gocier parall\u00e8lement et ont pr\u00e9sent\u00e9 le 2 novembre 1998 un \u00ab accord pr\u00e9liminaire\u00bb  pr\u00e9voyant la cr\u00e9ation d\u2019un nouvel organisme, Fair Labor Association (FLA) charg\u00e9 des contr\u00f4les, qu\u2019ils ont soumis aux autres membres de la taskforce pour approbation. Quatre autres soci\u00e9t\u00e9s ont sign\u00e9 l\u2019accord, mais les syndicats ainsi qu\u2019une ONG, Interfaith Council for Corporate Responsibility \u2013 ICCR, l\u2019ont refus\u00e9 et ont quitt\u00e9 la taskforce. (56)<br \/>\nLe Syndicat du textile et du v\u00eatement (UNITE) a d\u00e9clar\u00e9:<br \/>\n\u201cCet accord \u2026 ne va pas vers un salaire viable ; il ne traite pas de la protection du droit syndical dans les pays o\u00f9 ce droit est syst\u00e9matiquement ni\u00e9 ; il permet aux soci\u00e9t\u00e9s de d\u00e9signer les usines qui seront inspect\u00e9es par des contr\u00f4leurs choisis et pay\u00e9s par elles et soustrait de l\u2019inspection jusqu\u2019\u00e0 95 % des installations de production ; il cr\u00e9e de multiples barri\u00e8res qui emp\u00eachent le public d\u2019avoir acc\u00e8s \u00e0 l\u2019information. Ce sont l\u00e0 des d\u00e9fauts graves dans un code d\u00e9j\u00e0 dilu\u00e9 par les compromis ant\u00e9rieurs. Nous sommes aussi conscients que cet accord renforcera la tendance \u00e0 consid\u00e9rer les codes de conduite volontaires comme des substituts \u00e0 l\u2019application des lois existantes et \u00e0 l\u2019adoption de l\u00e9gislations et d\u2019accords commerciaux prot\u00e9gent les droits des travailleurs dans l\u2019\u00e9conomie globale. \u00bb (57)<br \/>\nLes porte-parole de ICCR mentionn\u00e8rent de leur c\u00f4t\u00e9 que \u00ab les principes de base, tels qu\u2019un salaire viable dans la dur\u00e9e et un contr\u00f4le ind\u00e9pendant et cr\u00e9dible n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s de mani\u00e8re satisfaisante \u00bb et que l\u2019accord \u00ab ne sp\u00e9cifie pas ce que les soci\u00e9t\u00e9s doivent faire dans les pays o\u00f9 le droit des travailleurs de s\u2019organiser et de n\u00e9gocier librement est r\u00e9prim\u00e9. Les syndicats ind\u00e9pendants, contr\u00f4l\u00e9s par les travailleurs eux-m\u00eames, sont un \u00e9l\u00e9ment important dans la lutte pour l\u2019\u00e9limination des ateliers clandestins. \u00bb (58)<br \/>\nLes \u00e9v\u00e9nements qui ont suivi montrent que les craintes des syndicats et de ICCR \u00e9taient amplement justifi\u00e9es (59). Mais une hypoth\u00e8se implicite qui sous-tend toute cette discussion est de savoir si certains des codes de conduite les plus r\u00e9cents n\u2019\u00e9vitent pas d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment toute r\u00e9f\u00e9rence explicite aux droits syndicaux afin de permettre aux soci\u00e9t\u00e9s de faire des affaires en Chine : le plus grand pays du monde o\u00f9 les droits internationalement reconnus des travailleurs ne sont pas respect\u00e9s (60). La Chine est d\u2019un attrait irr\u00e9sistible pour les entreprises transnationales. Tandis que certaines soci\u00e9t\u00e9s productrices de biens de consommation s\u2019en sont retir\u00e9es apr\u00e8s la r\u00e9pression du mouvement d\u00e9mocratique et syndical ind\u00e9pendant de juin 1989, qui a tant choqu\u00e9 l\u2019opinion, beaucoup sont rest\u00e9es, certaines sont revenues et beaucoup ont continu\u00e9 \u00e0 investir durant la d\u00e9cennie qui a suivi. Le patronat occidental s\u2019est en g\u00e9n\u00e9ral accommod\u00e9 du r\u00e9gime, quand il ne s\u2019y est pas soumis (61) et des appels aux entreprises pour qu\u2019elles inscrivent les droits de l\u2019homme sur leur agenda sont rest\u00e9s lettre morte (62). Dans une telle situation, des codes tels que SA8000 leur fournissent un moyen id\u00e9al de s\u2019en sortir. (63)<br \/>\nLa critique de SA8000 par Labour Rights in China (LARIC)(64) est semblable \u00e0 celle des syndicats et de l\u2019ICRR contre le code de AIP\/FLA. Pour LARIC, SA8000 est \u00ab une \u00e9chappatoire \u00e0 la responsabilit\u00e9 sociale des entreprises \u00bb. LARIC d\u00e9nonce le manque de formation des contr\u00f4leurs et l\u2019inadaptation des proc\u00e9dures de contr\u00f4le en g\u00e9n\u00e9ral. Il souligne que le droit des travailleurs d\u2019\u00e9valuer eux-m\u00eames le respect de leurs droits fondamentaux leur est confisqu\u00e9 au profit d\u2019auditeurs ext\u00e9rieurs qui sont redevables aux entreprises. SA8000 sape d\u2019autre part l\u2019autorit\u00e9 des Etats \u00e0 se r\u00e9clamer des lois du travail pour changer les pratiques et ainsi \u00ab privatiser le droit et l\u2019inspection du travail \u00bb. \u00ab SA8000, comme d\u2019autres codes, peut \u00eatre un puissant moyen d\u2019\u00e9carter ce qui est reconnu comme peut-\u00eatre l\u2019instrument le plus reconnu, le plus efficace et le plus d\u00e9mocratique de protection des travailleurs : un accord n\u00e9goci\u00e9 directement et collectivement\u00bb. (65)<br \/>\nNous avons d\u00e9j\u00e0 soulign\u00e9 que la grande diversit\u00e9 des ONG emp\u00eachait un jugement g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 leur \u00e9gard. Les controverses sur les codes de conduite le confirment : il y a des ONG des deux c\u00f4t\u00e9s de l\u2019argument. Du point de vue syndical, les codes de conduite ne peuvent pas remplacer les accords n\u00e9goci\u00e9s internationalement entre les syndicats et les entreprises. De tels accords (par exemple entre l\u2019UITA et Danone ou Accor, entre l\u2019ICEM et Statoil ou entre la FITBB et Ikea) sont fondamentalement diff\u00e9rents des codes de conduite bien qu\u2019ils soient quelquefois amalgam\u00e9s de mani\u00e8re trompeuse dans certains textes. Ils impliquent en effet des droits et devoirs r\u00e9ciproques et n\u00e9goci\u00e9s et en ce sens, ils sont en fait des accords collectifs. Les ONG qui soutiennent les syndicats dans la recherche de tels accords collectifs sont des alli\u00e9s du mouvement syndical. Les ONG qui soutiennent les entreprises dans leur tentative d\u2019\u00e9viter de tels accords par le biais des codes de conduite sont des alli\u00e9es objectives du patronat.<br \/>\n<strong>Coop\u00e9ration syndicats\/ONG : terrains d\u2019entente et poten<\/strong>tialit\u00e9s<br \/>\nLes syndicats et les ONG ont en commun non seulement d\u2019\u00eatre parties de la soci\u00e9t\u00e9 civile, mais d\u2019\u0153uvrer \u00e0 son am\u00e9lioration. Tous deux peuvent l\u00e9gitimement pr\u00e9tendre servir les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Il n\u2019est donc pas surprenant qu\u2019ils collaborent dans une vari\u00e9t\u00e9 de domaines. Cependant, cette collaboration d\u00e9pend du choix de l\u2019objectif commun comme aussi leur situation respective : de la source de leur l\u00e9gitimit\u00e9 ; de la transparence ou pas de leurs op\u00e9rations ; aupr\u00e8s de qui ils sont responsables ; s\u2019ils sont dirig\u00e9s de mani\u00e8re d\u00e9mocratique ou non.<br \/>\nLorsque des difficult\u00e9s sont apparues, c\u2019est souvent le dernier facteur qui \u00e9tait \u00e0 la base du probl\u00e8me. Pour cette raison, il est aussi n\u00e9cessaire de comprendre en quoi les syndicats et les ONG sont diff\u00e9rents.<br \/>\nTous les syndicats ont une base clairement d\u00e9finie : ce sont leurs membres devant lesquels leur direction est redevable. Les dirigeants sont \u00e9lus \u00e0 intervalles r\u00e9guliers par des organes directeurs repr\u00e9sentatifs tels que les congr\u00e8s. Les dirigeants peuvent perdre une \u00e9lection et quelquefois \u00eatre destitu\u00e9s. Les comptes des syndicats sont g\u00e9n\u00e9ralement publics, sont contr\u00f4l\u00e9s et soumis \u00e0 l\u2019examen des membres. Les cons\u00e9quences de la politique des syndicats sont imm\u00e9diatement ressenties par leurs membres, par exemple sous la forme de bons ou mauvais r\u00e9sultats de n\u00e9gociations collectives.<br \/>\nLe contr\u00f4le et l\u2019\u00e9valuation des performances des syndicats ont donc lieu en permanence : pour commencer sur le lieu de travail par les membres, et plus formellement dans les organes de direction \u00e9lus qui se r\u00e9unissent fr\u00e9quemment. Les dirigeants syndicaux sont oblig\u00e9s de maintenir une discussion permanente avec les membres sur le bien-fond\u00e9 d\u2019une politique donn\u00e9e ; ils doivent mettre en rapport des objectifs \u00e0 court terme et les objectifs \u00e0 long terme de telle fa\u00e7on que les membres en comprennent l\u2019enjeu et les soutiennent, tout en s\u2019assurant que leurs d\u00e9cisions politiques refl\u00e8tent les besoins des membres et leur volont\u00e9 collective. Un syndicat caract\u00e9ristique est une organisation d\u00e9mocratique dont les membres se sentent les citoyens et les propri\u00e9taires. (66)<br \/>\nLes ONG, comme les syndicats, sont des organisations volontaires, mais elles ne sont pas sujettes aux m\u00eames r\u00e8gles. Certaines ONG sont des organisations bas\u00e9es sur des membres et se sont donn\u00e9 des structures d\u00e9mocratiques. C\u2019est le cas en principe des ONG syndicales mais aussi d\u2019autres. Mais toutes les ONG n\u2019ont pas n\u00e9cessairement des membres qui ont un sens de la citoyennet\u00e9 et de la propri\u00e9t\u00e9 de leur organisation. Souvent, les ONG ont une direction autoproclam\u00e9e qui se choisit elle-m\u00eame par cooptation, elles n\u2019ont de comptes \u00e0 rendre \u00e0 aucun membre mais seulement \u00e0 l\u2019opinion publique et \u00e0 leurs sponsors, elles n\u2019ont pas \u00e0 fournir d\u2019informations comptables au public et n\u2019ont pas de proc\u00e9dures de contr\u00f4le ni d\u2019\u00e9valuation. Cela leur donne une plus grande flexibilit\u00e9 et mobilit\u00e9 pour r\u00e9pondre rapidement aux urgences, mais cela soul\u00e8ve des questions de l\u00e9gitimit\u00e9, de transparence et de responsabilit\u00e9.<br \/>\nDes diff\u00e9rences culturelles de classe ont jou\u00e9 un r\u00f4le. Beaucoup d\u2019ONG (autres que syndicales) sont n\u00e9es dans la culture de charit\u00e9 et de philanthropie du XIXe si\u00e8cle. Dans le pass\u00e9, cela n\u2019a pas n\u00e9cessairement \u00e9t\u00e9 un obstacle \u00e0 la collaboration. Les organisations caritatives et d\u2019assistance sociale, fond\u00e9es par des r\u00e9formateurs des classes moyennes et sup\u00e9rieures, ont collabor\u00e9 avec le mouvement syndical sur des questions politiques telles que l\u2019abolition de l\u2019esclavage et du travail des enfants, le suffrage universel et m\u00eame sur des questions syndicales. Parmi les exemples connus : Annie Besant, une r\u00e9formatrice britannique qui a pris fait et cause pour la gr\u00e8ve des ouvri\u00e8res d\u2019une usine d\u2019allumettes \u00e0 Londres en 1888 et le Cardinal Manning qui a soutenu la gr\u00e8ve des dockers britanniques l\u2019ann\u00e9e suivante)<br \/>\nMais une culture caritative est fondamentalement diff\u00e9rente d\u2019une culture de solidarit\u00e9. La charit\u00e9 est par nature autoritaire, c\u2019est une relation du haut vers le bas, entre des partenaires in\u00e9gaux, tandis que la solidarit\u00e9 est une relation r\u00e9ciproque o\u00f9 des partenaires \u00e9gaux acceptent des droits et devoirs mutuels. La culture du mouvement ouvrier est une culture de solidarit\u00e9 dans une lutte pour le changement social, tandis que nombre d\u2019ONG ont pour but l\u2019assistance plut\u00f4t que le changement social.<br \/>\nCe n\u2019est que dans les derni\u00e8res d\u00e9cennies, avec la d\u00e9colonisation et l\u2019\u00e9mergence du concept de \u00ab tiers monde \u00bb, la mont\u00e9e des soci\u00e9t\u00e9s transnationales et le d\u00e9but de la globalisation, la radicalisation d\u2019une partie des classes moyennes (dans le mouvement estudiantin, le mouvement des femmes, dans les \u00e9glises sous la pression de la th\u00e9ologie de la lib\u00e9ration, etc.), qu\u2019une partie des ONG a \u00e9galement adopt\u00e9 un programme radical de changement social.<br \/>\nToutefois ce nouveau programme politique n\u2019a pas n\u00e9cessairement conduit \u00e0 une relation plus \u00e9troite avec les syndicats, pas plus qu\u2019il n\u2019a chang\u00e9 la culture des ONG de mani\u00e8re fondamentale. Au contraire, les syndicats \u00e9taient maintenant per\u00e7us par leurs nouveaux critiques de la classe moyenne comme conservateurs, bureaucratiques, incapables et m\u00eame r\u00e9ticents \u00e0 d\u00e9fendre les vrais int\u00e9r\u00eats des travailleurs et de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019attaque de la social-d\u00e9mocratie par l\u2019extr\u00eame gauche de diff\u00e9rentes tendances a eu son \u00e9cho dans les attaques des syndicats (domin\u00e9s par la social-d\u00e9mocratie) par certaines ONG. Quelques ONG radicales ont cherch\u00e9 \u00e0 organiser des travailleurs hors du cadre des syndicats, dans des formes pr\u00e9tendument plus d\u00e9mocratiques, et sont ainsi entr\u00e9s en conflit direct avec les syndicats.<br \/>\nMais les pressions engendr\u00e9es par la globalisation de l\u2019\u00e9conomie et par ses cons\u00e9quences sociales modifient \u00e0 nouveau la relation entre les syndicats et les ONG, et leur perception mutuelle. La menace du programme n\u00e9o-lib\u00e9ral adopt\u00e9 par une majorit\u00e9 de gouvernements, contre la recherche d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 juste, \u00e9galitaire et d\u00e9mocratique, souhait\u00e9e par les syndicats et la plupart des ONG, a consid\u00e9rablement renforc\u00e9 le besoin de coop\u00e9ration. Dans un environnement de plus en plus hostile, les critiques s\u2019accroissent au sein du mouvement syndical contre tout ce qui le retient de remplir sa mission : la bureaucratie, le conservatisme, les luttes intestines qui ne servent que des int\u00e9r\u00eats personnels et sont dommageables \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, la culture prol\u00e9tarienne machiste hostile aux femmes, etc., en d\u2019autres termes, toutes ces tares que beaucoup d\u2019ONG utilisaient pour tirer des conclusions g\u00e9n\u00e9rales et rejeter le mouvement syndical en bloc. Le changement de direction et de politique de l\u2019AFL-CIO en 1995 qui, c\u2019est \u00e0 esp\u00e9rer, n\u2019est que le d\u00e9but d\u2019un processus, est un sympt\u00f4me de ces pressions. L\u00e0 o\u00f9 des \u00ab nouveaux mouvements syndicaux \u00bb ont \u00e9merg\u00e9 (en Cor\u00e9e du Sud avec le KCTU, au Br\u00e9sil avec le CUT et le MST, et en Afrique du Sud avec le COSATU), ils ont pris la responsabilit\u00e9 des probl\u00e8mes de la soci\u00e9t\u00e9 en g\u00e9n\u00e9ral. Ils ont forg\u00e9 des liens forts avec d\u2019autres \u00e9l\u00e9ments de la soci\u00e9t\u00e9 civile, en particulier avec les associations, et ils ont des programmes politiques de r\u00e9forme.  Les ONG, de leur c\u00f4t\u00e9, n\u2019ont pas manqu\u00e9 de remarquer la capacit\u00e9 de r\u00e9sistance des syndicats dans l\u2019adversit\u00e9 et leur capacit\u00e9 \u00e0 se renouveler (comme d\u2019ailleurs certaines ONG).  Ce sont l\u00e0 des conditions favorables \u00e0 une coop\u00e9ration accrue. Examinons-en les possibilit\u00e9s.<br \/>\nLes questions o\u00f9 la coop\u00e9ration est la plus prometteuse sont celles o\u00f9 ONG et syndicats partagent un principe commun dominant, En pratique, c\u2019est l\u00e0 qu\u2019une coop\u00e9ration s\u2019engage le plus souvent : comme nous l\u2019avons vu entre les syndicats d\u2019ouvriers agricoles et les ONG contre l\u2019utilisation des pesticides dangereux pour la sant\u00e9, entre les travailleurs de la chimie et les ONG contre la pollution , entre les syndicats et les ONG f\u00e9minines pour l\u2019\u00e9ducation des travailleuses, et la d\u00e9fense des droits des femmes. Le but d\u2019une telle coop\u00e9ration est g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019influencer l\u2019attitude des autres acteurs de la soci\u00e9t\u00e9, par exemple les autorit\u00e9s publiques ou le patronat.<br \/>\nLa d\u00e9fense des droits de l\u2019homme est l\u2019un des points de contact les plus importants entre les ONG et les syndicats.  Cela implique que les ONG reconnaissent, premi\u00e8rement, que les droits des travailleurs sont un probl\u00e8me de droit de l\u2019homme et, deuxi\u00e8mement, que les droits des travailleurs sont un probl\u00e8me de droits syndicaux parce que les travailleurs n\u2019ont aucun autre moyen d\u2019exprimer leurs int\u00e9r\u00eats collectifs que par le truchement de syndicats ind\u00e9pendants et d\u00e9mocratiques.<br \/>\nTous les ONG n\u2019acceptent pas ce point de d\u00e9part : certaines ONG du d\u00e9veloppement voient dans la d\u00e9fense universelle des droits syndicaux une forme d\u00e9guis\u00e9e de protectionnisme orchestr\u00e9e par les syndicats dans les pays industrialis\u00e9s. Les syndicats et d\u2019autres ONG ont fait valoir, contre ce pr\u00e9jug\u00e9, que l\u2019absence de droits syndicaux et les conditions inhumaines de travail qui en sont la cons\u00e9quence ne peuvent pas \u00eatre tol\u00e9r\u00e9es comme un avantage comparatif dans la course au d\u00e9veloppement. La plupart des ONG et bien \u00e9videmment toutes les ONG des droits de l\u2019homme soutiendraient  que les principales normes du travail de la Charte sociale adopt\u00e9e par la Conf\u00e9rence Internationale du Travail en 1998, y compris le droit des travailleurs de s\u2019organiser librement, de n\u00e9gocier et de lutter pour d\u00e9fendre leurs revendications, repr\u00e9sentent bien la base des droits humains applicables dans tous les pays.<br \/>\nMais d\u2019autres conditions sont aussi n\u00e9cessaires \u00e0 une coop\u00e9ration : la transparence r\u00e9ciproque, la responsabilit\u00e9 et le respect mutuel. Ce sont l\u00e0 des r\u00e8gles de conduite indispensables \u00e0 un partenariat constructif entre organisations comme dans les relations sociales en g\u00e9n\u00e9ral.<br \/>\nLe respect mutuel signifie que chaque partenaire doit \u00eatre pr\u00eat \u00e0 respecter et endosser les objectifs de l\u2019autre. Les ONG devraient reconna\u00eetre qu\u2019elles ont des responsabilit\u00e9s diff\u00e9rentes de celles des syndicats et que, par cons\u00e9quent, elles ne devraient pas chercher \u00e0 se substituer \u00e0 eux \u00e0 moins qu\u2019il existe des raisons vitales de le faire. (67)<br \/>\nDans une \u00e9conomie et une soci\u00e9t\u00e9 globalis\u00e9es, les syndicats font face \u00e0 trois t\u00e2ches principales : l\u2019organisation des soci\u00e9t\u00e9s transnationales, l\u2019organisation du secteur informel et la recomposition de leurs liens avec d\u2019autres acteurs de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Pour ces trois t\u00e2ches, ils ont fait des alliances avec des ONG et cette tendance a tout lieu de continuer car elle est b\u00e9n\u00e9fique aux deux parties. Les ONG qui d\u00e9sirent jouer un r\u00f4le dans l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral trouvent dans les syndicats un ancrage de veille dans la r\u00e9alit\u00e9 que ni leurs membres ni leurs relations avec d\u2019autres acteurs sociaux (comme le patronat ou les gouvernements) ne peuvent leur fournir.<br \/>\nNous avons d\u00e9j\u00e0 d\u00e9crit les diff\u00e9rences entre les syndicats et les ONG. Ces diff\u00e9rences en mati\u00e8re de structures, de direction et de culture ont une raison de base : les syndicats sont par nature et non par choix, en lutte permanente contre le patronat et les gouvernements qui d\u00e9fendent ses int\u00e9r\u00eats. La mani\u00e8re dont une soci\u00e9t\u00e9 \u00e9volue d\u00e9pend du changement du rapport de forces global r\u00e9sultant de cette lutte. Les ONG peuvent se donner des r\u00f4les diff\u00e9rents : se consid\u00e9rer soit comme partisanes, soit comme m\u00e9diatrices, soit \u00e9viter de choisir. Une autre fa\u00e7on de le dire est que les ONG sont dans les intentions tandis que les syndicats sont dans les r\u00e9sultats. C\u2019est pourquoi la responsabilit\u00e9 de construire un mouvement populaire pour le progr\u00e8s social bien implant\u00e9 et de d\u00e9terminer son orientation incombe en grande partie au mouvement syndical. Il partagera cette responsabilit\u00e9 avec celles des ONG qui se d\u00e9finissent clairement, en paroles et en actes, comme des alli\u00e9es du mouvement syndical.<br \/>\nUn point de d\u00e9part commun serait de d\u00e9finir le but l\u00e9gitime de toute forme d\u2019organisation sociale, qu\u2019elle soit locale ou mondiale, en d\u2019autres termes, d\u2019affirmer que soit les entreprises, soit quelque syst\u00e8me \u00e9conomique que ce soit n\u2019ont de l\u00e9gitimit\u00e9 que dans la mesure o\u00f9 elles servent le bien-\u00eatre humain au sens large : la satisfaction des besoins de base qui comprennent aussi la justice, l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9, l\u2019acc\u00e8s \u00e0 la culture, l\u2019Etat de droit. Ces valeurs et ces principes de base, qui bien \u00e9videmment ont besoin d\u2019\u00eatre \u00e9labor\u00e9s, constituent ensemble un projet de d\u00e9mocratie radicale diam\u00e9tralement oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019actuel n\u00e9o-lib\u00e9ralisme h\u00e9g\u00e9monique. Ils devraient devenir le programme que le mouvement syndical et toutes les ONG qui pr\u00e9tendent am\u00e9liorer la soci\u00e9t\u00e9 devraient d\u00e9fendre \u00e0 tous les niveaux avec les moyens appropri\u00e9s. L\u2019enjeu est le monde dans lequel nous vivrons dans dix ou vingt ans. L\u2019objectif commun est de reconstituer un mouvement social plan\u00e9taire, \u00e0 l\u2019aide des moyens fournis par la globalisation et ses technologies. Ce mouvement social sera le mouvement de lib\u00e9ration de l\u2019humanit\u00e9 et ses armes seront le fax et l\u2019ordinateur.<br \/>\n***<br \/>\n<strong>NOTES<\/strong><br \/>\n1. Dan Gallin: \u201cUnions and Transnationals: The Beginnings of an International Response\u201d, in The New International Review (New York), Vol, 3, N\u00b0 1,  Et\u00e9 1980<br \/>\n2. Michel Edwards (Save the Children Fund) et David Hulme (Institute for Development Policy and Management, Universit\u00e9 de Manchester): \u201cNGOs and Development: Performance and Accountability in the \u201cNew World Order\u201d, un document distribu\u00e9 aux participants d\u2019un atelier international sur les ONG et le d\u00e9veloppement, Universit\u00e9 de Manchester, 27-29 juin 1994, se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0: Mark Robinson: \u201cGovernance, Democracy and Conditionality: NGOs and the New Policy Agenda\u201d, 1993<br \/>\n3. Les ONG ouvri\u00e8res sont des organisations cr\u00e9es par le mouvement ouvrier pour fournir des services sp\u00e9cialis\u00e9s \u00e0 ses membres, par exemple : Arbeiterwohlfart (Allemagne), Norsk Folkehjelp (Norv\u00e8ge), War on Want (GB) (d\u00e9veloppement et assistance  sociale), les Amis de la Nature (dans plusieurs pays) (loisirs, protection de l\u2019environnement), Arbeitsbund f\u00fcr Sport und K\u00f6rperkultur (Autriche) (sports et loisirs), Arbetarnas Bildningsf\u00f6rbund (Su\u00e8de), Workers Education Association (GB, Australie, Canada) (\u00e9ducation et culture). Elles sont financ\u00e9es par les cotisations des membres et par des donations et, dans le cas de l\u2019administration de projets, par des fonds publics ou semi-publics. A ces organisations qui sont actives aujourd\u2019hui et qui repr\u00e9sentent un petit reste de ce qui \u00e9tait un vaste mouvement social et culturel, il faut ajouter des organisations de femmes et de jeunesse, des maisons d\u2019\u00e9dition, des \u00e9coles de tous les niveaux d\u2019\u00e9ducation, des instituts de recherche, des fondations, des banques, des coop\u00e9ratives de logement, de consommateurs et de production dans de nombreux pays (cf note suivante). Leur r\u00e9seau international comprend la F\u00e9d\u00e9ration Internationale des Associations de l\u2019Education des Travailleurs, SOLIDAR, les Amis de la Nature-International, l\u2019Internationale des Femmes Socialistes, International Falcon Movement (jeunesse). Avec les syndicats et les partis ouvriers, cet ensemble forme le mouvement ouvrier international. Pour une perspective historique, il faudrait toutefois inclure une longue liste de toutes les institutions disparues ou devenues insignifiantes au cours des ann\u00e9es. Cette perte a \u00e9t\u00e9 compens\u00e9e seulement en partie par des ONG ouvri\u00e8res nouvelles et non traditionnelles cr\u00e9\u00e9es dans les derni\u00e8res ann\u00e9es par des militants socialistes et syndicaux (par ex. : Culture et Libert\u00e9 (France), Programa Laboral de Desarrollo (P\u00e9rou) ou Labor Education and Research Network (Philippines) (\u00e9ducation), Solifonds (Suisse) (solidarit\u00e9 internationale), Global Labour Institute (Suisse) et Labour and Society International (GB) (recherche et conseil), HomeNet (GB) et Women Working Worldwide (GB) (organisation et conseil).<br \/>\n4. Cela s\u2019applique principalement \u00e0 l\u2019Europe, et en particulier \u00e0 l\u2019Europe du Nord et du Centre, mais aussi \u00e0 Isra\u00ebl et, dans une mesure moindre, \u00e0 des secteurs du mouvement syndical en Australie, au Canada, aux Etats-Unis et \u00e0 certains pays d\u2019Am\u00e9rique latine, d\u2019Afrique et d\u2019Asie<br \/>\n5. States of Disarray: The Social Effects of Globalisation, UNRISD, mars 1995; cf aussi: Dan Gallin: \u201dInside the New World Order: Drawing the Battle Lines\u201d, dans New Politics (New York), vol. V, n\u00b01, \u00e9t\u00e9 199<br \/>\n6. Voir par exemple: Max Wilkinson: \u201cThey can run and they can hide\u201d, dans Financial Times (Londres), 14-15 ao\u00fbt 1999<br \/>\n7. James K. Galbraith: \u201cThe Crisis of Globalization\u201d dans Dissent (New York, \u00e9t\u00e9 1999)<br \/>\n8. cf notamment: Tony Blair et Gerhard Schr\u00f6der: \u201cThe Way Forward for European Social-Democrats\u201d, 8 juin 1999<br \/>\n9. Un r\u00e9cent exemple: Nike\/Indon\u00e9sie: Talks Fail, Troops Deployed, par Press for Change (une organisation d\u2019information aux consommateurs qui a fait un rapport sur les droits des travailleurs en Asie), par la Campagne pour les droits du travail (Washington D.C.) 2 septembre 1999<br \/>\n10.  Rapport mondial du travail 1997-1998 : Relations industrielles, d\u00e9mocratie et stabilit\u00e9 sociale, OIT, novembre 1997<br \/>\n11. Il y avait 163 millions d\u2019affili\u00e9s \u00e0 des syndicats en 1995 (OIT Rapport sur le travail mondial), dont 124 millions sont affili\u00e9s \u00e0 la CISL (213 organisations affili\u00e9es dans 143 pays). Les 39 millions restants sont affili\u00e9s \u00e0 la CMT (environ 3 millions), \u00e0 ce qui reste de la FSM ou \u00e0 des organisations r\u00e9gionales sans affiliations internationales. Le total des membres des SPI se recoupe largement  bien que pas enti\u00e8rement avec la CISL ; il est d\u2019environ 130 millions d\u2019adh\u00e9rents.<br \/>\n12 Cit\u00e9 (p. 132) dans : Peter Schwartz et Blair Gibb: \u201cWhen Good Companies Do Bad Things\u201d, John Wiley &amp; Sons, Inc., 194 p., 1999<br \/>\n13. Colin  Ball et Leith Dunn: \u201cNon-Governmental Organisations: Guidelines for Good Policy and Practice\u201d, The Commonwealth Foundation, Londres, 1995, 97 p; chapitre 1, p. 8<br \/>\n14. Carolina Ortega Barrales: \u201cThe Participation of Non-Governmental Organizations in the Public Procedures of the United Nations Commission on Human Rights\u201d, Institut Universitaire de Hautes Etudes Internationales, Geneva, 1998, p. 23.<br \/>\n15. NGO Handbook,  Comit\u00e9 de liaison des ONG de d\u00e9veloppement de l\u2019Union Europ\u00e9enne, Bruxelles, 1998<br \/>\n16. Ball et Dunn, op. cit., chapitre 5, p. 27<br \/>\n17. Les Secr\u00e9tariats Professionnels Internationaux (SPI) sont des f\u00e9d\u00e9rations de syndicats internationaux ind\u00e9pendants organis\u00e9s par industrie ou branche d\u2019activit\u00e9 \u00e9conomique (par ex. : transport, m\u00e9taux, chimie\/\u00e9nergie\/mines, alimentation\/agriculture\/restauration, service public, construction\/bois, etc.). Il existe 14 SPI et ils sont associ\u00e9s \u00e0 la CISL. Ils se rencontrent deux fois par an dans une Conf\u00e9rence G\u00e9n\u00e9rale. Cette conf\u00e9rence n\u2019a pas de constitution et les d\u00e9cisions sont prises par consensus. Cependant elle \u00e9lit son Pr\u00e9sident  (sur un principe de tournus) et ses repr\u00e9sentant aux comit\u00e9s de la CISL. Tous les SPI sont invit\u00e9s au Conseil Ex\u00e9cutif de la CISL o\u00f9 ils ont une voix mais pas de vote.<br \/>\n18. Bob Harris et Alan Leather: \u201cITS-NGO Relations\u201d, Gen\u00e8ve\/Ferney-Voltaire, juin 1999<br \/>\n19. Ball and Dunn, op. cit., chapitre 7, p. 38<br \/>\n20. La D\u00e9claration universelle des droits de l\u2019homme, articles 19, 20 et 23(4) (respectivement le droit de libert\u00e9 d\u2019opinion et d\u2019expression, la libert\u00e9 d\u2019assembl\u00e9e et d\u2019association pacifique et le droit de former des syndicats et d\u2019y adh\u00e9rer) ; Convention internationale de l\u2019ONU sur les droits civils et politiques (article 22 sur la libert\u00e9 d\u2019association avec d\u2019autres et article 21 sur le droit de rassemblement pacifique) ; Convention internationale de l\u2019ONU sur les droits \u00e9conomiques, sociaux et culturels (article 8, sur le droit de former des syndicats et de faire la gr\u00e8ve). Les principales normes internationales du travail prot\u00e9geant les droits des syndicats sont la Convention de l\u2019OIT sur la libert\u00e9 d\u2019association (no. 87), n\u00e9gociations collectives (no. 98) et repr\u00e9sentants des travailleurs- (no. 135).<br \/>\n21. UITA: Union internationale des travailleurs de l\u2019alimentation, de l\u2019agriculture, de l\u2019h\u00f4tellerie-restauration, du tabac et des branches connexes, le SPI pour les travailleurs de l\u2019alimentation, l\u2019agriculture, l\u2019h\u00f4tellerie-restauration et du tabac.<br \/>\n22. Mike Gatehouse et Miguel Angel Reyes: Soft Drink, Hard Labour, Latin America Bureau (Research and Action) Ltd., Londres, juin 1987, 38 p.<br \/>\n23. ICCR: Interfaith Council on Corporate Responsibility, une agence cr\u00e9\u00e9e par le Conseil des Eglises des Etats-Unis avec pour but de surveiller la conduite des  entreprises et du patronat.<br \/>\n24. The Coca-Cola Guatemala Campaign 1979-1981, UITA, Gen\u00e8ve, 1981, 21 p. et coupures de presse.<br \/>\n25. FITCV : F\u00e9d\u00e9ration internationale du des travailleurs du textile, du v\u00eatement et du cuir.<br \/>\n26. International Federation of Chemical, Energy, Mine and General Workers\u2019Union : le SPI des travailleurs de la chimie, du papier, du verre et de la c\u00e9ramique, du p\u00e9trole, de l\u2019\u00e9nergie nucl\u00e9aire et du charbon.<br \/>\n27. Janneke van Eijk et Ineke Zeldenrust : Monitoring Working Conditions in the Garment and Sportswear Industry, SOMO, Amsterdam, septembre 1997<br \/>\n28. NGO Handbook, Liaison Committee of Development NGOs to the European Union, Bruxelles, 1998, 345 p.<br \/>\n29. Education International ( Revue trimestrielle de l\u2019IE), vol. 5, no 3, octobre 1999, p. 18-19<br \/>\n30. \u201cEn tant que partie int\u00e9grante du mouvement ouvrier, l\u2019\u00e9ducation des travailleurs participe \u00e0 l\u2019\u00e9tablissement d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 bas\u00e9e sur la justice sociale\u2026 La FIAET  et ses organisations membres veulent contribuer par leur programme \u00e0 organiser la lutte contre l\u2019injustice sociale, la pauvret\u00e9 et la discrimination, en s\u2019alliant \u00e0 des partis politiques, des syndicats, le mouvement des femmes, les cooperatives, les organisations de jeunesse et d\u2019autres organisations sociales inspir\u00e9es par les id\u00e9es du socialisme d\u00e9mocratique. Chaque fois que cela s\u2019av\u00e8re possible, elle aidera de telles organisations \u00e0 renforcer leur base id\u00e9ologique et politique et \u00e0 former ses membres. \u00bb (FIAET, chapitre 10)<br \/>\n31. Responding to the Global Economy \u2013 International Study Circle Pilot Programme: Final Evaluation Report, IFWEA \/ Euro-WEA \/ WEA-UK, Londres, mars 1999, 20 p.<br \/>\n32. IWW: Industrial Workers of the World, une f\u00e9d\u00e9ration syndicale r\u00e9volutionnaire des Etats-Unis fond\u00e9e en 1905. A son apog\u00e9e, elle a eu pr\u00e8s de 200 000 membres aux Etats-Unis et, \u00e0 diff\u00e9rents moments de son histoire, des branches en Australie, en Grande-Bretagne, au Canada, au Chili, en Allemagne, au Mexique, en Nouvelle-Z\u00e9lande, en Norv\u00e8ge et en Afrique du Sud.<br \/>\n33.  CNT: Confederaci\u00f3n  Nacional del Trabajo, la plus grande conf\u00e9d\u00e9ration syndicale en Espagne avant la guerre civile (1 million de membres en 1936), anarcho-syndicaliste,  dominante en Andalousie et en Catalogne.<br \/>\n34. Le terme \u201cpays en d\u00e9veloppement\u201d est utilis\u00e9 ici pour des raisons de convenance, bien qu\u2019il soit inappropri\u00e9 car il transmet un sens incorrect de progr\u00e8s social et \u00e9conomique. La plupart des pays regroup\u00e9s sous cette appellation sont en fait en d\u00e9clin  en termes de niveaux de vie et de force \u00e9conomique.<br \/>\n35. The Asian Financial Crisis \u2013 The Challenge for Social Policy, OIT, novembre 1999<br \/>\n36. From Asia to Brazil to Russia \u2013 The Cost of the Crisis, ICFTU, mai 1999<br \/>\n37. Women Workers Hit Hard, Bangkok Post, 12 d\u00e9cembre 1998, cit\u00e9 dans ICFTU Trade Union World ( revue  de la CISL), mai 1999<br \/>\n38. The Factor \u00ab X \u00bb in Organising Women Workers, par Marleen van Ruyven, News d\u2019IRENE, avril 1998<br \/>\n39. Trade Unions and the Informal Sector : Towards a Comprehensive Strategy. ILO Bureau for Workers\u2019 Activities, juillet 1999, 64 p.; p 50-51<br \/>\n40. Statuts des Amis de la Nature-International, article 5 : Buts de ANI, n.d.<br \/>\n41. Vorw\u00e4rts, Revue mensuelle du SPD , Berlin ; avril 1999<br \/>\n42. FITBB : F\u00e9d\u00e9ration internationale des travailleurs du b\u00e2timent et du bois, le SPI de la construction et de l\u2019industrie du bois<br \/>\n43. Communiqu\u00e9 de presse de la FITBB, juin 1999<br \/>\n44. ITF News, Nr. 2\/1999, p.8<br \/>\n45. Rapport d\u2019activit\u00e9s au Comit\u00e9 ex\u00e9cutif , UITA, Gen\u00e8ve, 1998 et 1999<br \/>\n46. La Commission sur le D\u00e9veloppement Durable  (en anglais : Commission on sustainable development- CSD) a \u00e9t\u00e9 fond\u00e9e apr\u00e8s la Conf\u00e9rence de l\u2019ONU sur l\u2019environnement et le d\u00e9veloppement  qui s\u2019est tenue en 1992 \u00e0 Rio de Janeiro afin d\u2019assurer un suivi efficace au Sommet de la Terre de Rio. La CDD se r\u00e9unit r\u00e9guli\u00e8rement chaque ann\u00e9e durant 14 jours \u00e0 New York. C\u2019est un forum pour les gouvernements, les entreprises, les ONG, les syndicats et les agences internationales. En 1999 53 pays en sont membres.<br \/>\n47. CSD Newsletter \u201998, vol 1, juin 1998, publi\u00e9e par : Trades Unions Network on Sustainable Development and Working Group of Social Sustainability \/CSD.48. Martin Wolf ; Uncivil Society, dans Financial Times (Londres), 1er septembre 1999<br \/>\n49. Schwartz and Gibb, op. cit., p. 135<br \/>\n50. Cit\u00e9 dans Edwards and Hulme, op., cit., p. 1<br \/>\n51. S.P. Kaptein et H.K. Klamer : Ethische Bedrijfscodes in Nederlandse Bedrijven, Nederlands Christelijk Werkgeversbond, The Hague, 1991 ; cit\u00e9 dans Gijsbert van Liemt : Codes of Conduct and International Subcontracting: a \u201cprivate\u201d road towards ensuring minimum labour standards in export industries; document pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 la conference sur \u201cMultinational Enterprises and the Social Challenges of the 21st Century, Louvain, 3-4 mai 1999<br \/>\n52. BIT, document du Conseil d\u2019administration GB.273.\/WP\/SDL\/1 et Add. 1, 273\u00e8me Session, Gen\u00e8ve, novembre 1998<br \/>\n53. Labor and Business in the Global Market (ICFTU-ITS Recommendations and Guidelines Concerning Company and Industry Codes of Labor Practice, Their Implementation and Monitoring), ICFTU, Bruxelles, d\u00e9cembre 1997<br \/>\n54. Caterpillar : Code of Worldwide Business Conduct ; Sara Lee Knit Products : International Operating Principles ; DuPont : Labour Relations Policies and Principles ; cit\u00e9 dans le document de l\u2019OIT GB.273\/WP\/SDL\/1 (Add. 1): \u201cOverview of global developments and Office activities concerning codes of conduct, social labelling and other private sector initiatives addressing labour issues\u201d, (Annex, endnotes 69 and 70), novembre 1998<br \/>\n55. \u00ab L\u2019exp\u00e9rience montre que des syndicats ind\u00e9pendants et prot\u00e9g\u00e9s sont le moyen le plus efficace de mettre fin et de pr\u00e9venir l\u2019exploitation et les abus des travailleurs. Les codes de conduite ne sont pas aussi efficaces que ce que peuvent faire les travailleurs pour eux-m\u00eames quand ils sont autoris\u00e9s \u00e0 adh\u00e9rer \u00e0 un syndicat libre et \u00e0 n\u00e9gocier collectivement avec leur employeur avec l\u2019assurance que leurs droits sont en s\u00e9curit\u00e9 et prot\u00e9g\u00e9s. Les objectifs des codes sont mieux r\u00e9alis\u00e9s quand les gouvernements respectent les droits syndicaux des travailleurs. Les codes auto-promulgu\u00e9s qui ne mentionnent pas les droits syndicaux donnent l\u2019impression qu\u2019il est possible de prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des travailleurs sans respecter leur droit \u00e0 s\u2019organiser dans des syndicats libres. Cette impression est renforc\u00e9e o\u00f9 les codes exigent simplement de la soci\u00e9t\u00e9 qu\u2019elle respecte les lois et les pratiques nationales. \u00bb (CISL, op. cit., p. 2)<br \/>\nAussi: \u00ab Le contr\u00f4le ind\u00e9pendant seul \u2026 n\u2019est pas suffisant pour assurer le respect des droits minimaux des travailleurs et des normes de sant\u00e9 et de s\u00e9curit\u00e9 sur leur lieu de travail et leur environnement. Aucun contr\u00f4le ind\u00e9pendant ne peut se substituer \u00e0 l\u2019organisation ind\u00e9pendante des travailleurs \u00e0 travers leur syndicat, qui doit \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9 dans les entit\u00e9s de contr\u00f4le  pour ces derni\u00e8res puissent accomplir leur travail de mani\u00e8re qu\u2019il ait un sens. \u00bb (Ron Oswald, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019UITA, dans une lettre au International Herald Tribune, 9 juin 1998)<br \/>\n56. Les neuf membres de la taskforce qui ont \u00e9labor\u00e9 l\u2019 \u00ab accord pr\u00e9liminaire \u00bb \u00e9taient Liz Claiborne, Nike, Reebok, Philips van Heusen, Business for Social Responsibility, Lawyers Committee for Human Rights Fund et Robert F.  Kennedy Memorial Center for Human Rights. Les quatre autres soci\u00e9t\u00e9s qui ont sign\u00e9 l\u2019accord \u00e9taient L.L. Bean, Patagonia, Nicole Miller et Kathie Lee Gifford.<br \/>\n57. UNITE Statement on the White House Apparel Industry\/Partnership, 5 novembre 1998. Voir aussi : Commentary by UNITE on AIP \u201cPreliminary Agreement\u201d du 2 novembre 1998<br \/>\n58. D\u00e9claration de ICCR, 5 novembre 1998<br \/>\n59. Nike, qui a \u00e9t\u00e9 un des premiers artisans du code de AIP\/FLA, a aussi son propre code de conduite qui mentionne que \u00ab en 1998 Nike a s\u00e9lectionn\u00e9 des ONG partenaires pour participer \u00e0 des programmes de contr\u00f4le\/audit dans trois pays : Indon\u00e9sie, la Chine et le Vietnam \u2013 et a annonc\u00e9 son engagement \u00e0 rendre publics des r\u00e9sum\u00e9s de ces audits \u00bb.Le 9 septembre 1999 un rapport de Jakarta mentionnait que des n\u00e9gociations en cours pour renouvellement d\u2019un accord collectif avec les plus grand contractant de Nike, PT Nikomas Gemilang (qui emploie 23 000 travailleurs qui fabriquent 10 millions de chaussures Nike par ann\u00e9e pour l\u2019exportation) \u00e9taient dans l\u2019impasse et que la direction avait appel\u00e9 l\u2019arm\u00e9e pour intimider les travailleurs. La Campaign for Labor Rights, une ONG am\u00e9ricaine, commente : \u00ab Le code AIP oblige Nike \u00e0 respecter la libert\u00e9 d\u2019association. Entre-temps, des entreprises produisant pour Nike en Indon\u00e9sie continuent de licencier des militants syndicalistes connus  sans la moindre protestation de directeurs de Nike ou d\u2019 \u00ab inspecteurs \u00bb. Des \u00ab inspecteurs \u00bb proches des entreprises tels que ceux de Ernst&amp;Young ou Price Waterhouse, malgr\u00e9 leurs contrats cher pay\u00e9s, semblent incapables de d\u00e9tecter des violations des codes, m\u00eame si celles-ci ont lieu sous leur nez \u00bb. (Labor Alerts, Campaign for Labour Rights, 9 septembre 1999. Voir aussi note (8).<br \/>\n60. Cela s\u2019applique \u00e9galement \u00e0 la Birmanie, au Laos et au Vietnam et, dans une certaine mesure, \u00e0 l\u2019Indon\u00e9sie et au Cambodge.<br \/>\n61. CEOs told fortune favours the not so brave in China, par James Harding, Financial Times (Londres), 29 septembre 1999, p. 18<br \/>\n62.  Big Business Must Put Human Rights on the Agenda, communiqu\u00e9 de  presse de Human Rights in China (HRIC) (Les droits humains en Chine), New York, 8 septembre 1999 et : Fortune Conference Excludes Human Rights, article de presse de HRIC, 27 septembre 1999<br \/>\n63. Social Accountability 8000 (SA8000)  veut \u00eatre une norme sociale de la production de biens et services pour toutes les soci\u00e9t\u00e9s de toutes les industries et de tous les pays. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 par le Council on Economic Priorities Accreditation Agency (CEPAA) fond\u00e9 en 1997. CEPAA est une agence du Council on Economic Priorities (Conseil sur les priorit\u00e9s \u00e9conomiques) bas\u00e9 aux Etats-Unis  depuis 1969 et qui est sp\u00e9cialis\u00e9 dans l\u2019\u00e9valuation de la performance sociale collective. CEPAA examine et mandate des organes de certification telles que les soci\u00e9t\u00e9s fiduciaires et d\u2019audit. Les entreprises qui d\u00e9sirent une certification SA8000  paient une soci\u00e9t\u00e9 d\u2019audit  pour faire un contr\u00f4le de leur fonctionnement. La proc\u00e9dure est similaire \u00e0 celle de ISO9000 (qualit\u00e9 du management) et ISO14000 (management environnemental). SA8000 stipule que \u00ab l\u2019entreprise devra, dans des situations o\u00f9 la libert\u00e9 syndicale est limit\u00e9e par la loi, faciliter par des moyens parall\u00e8les l\u2019association ind\u00e9pendante et libre de tout le personnel concern\u00e9 ainsi que sa capacit\u00e9 de n\u00e9gociation  \u00bb.<br \/>\n64. Labour Rights in China (LARIC) est une coalition d&#8217;organisations \u00e0 Hong Kong comprenant la Conf\u00e9d\u00e9ration des Syndicats de Hong Kong (HKCTU), le journal China Labour Bulletin et deux ONG: Asia Monitor Resource Center et Hong Kong Christian Industrial Committee.<br \/>\n65. No Illusions \u2013 Against the Global Cosmetic SA8000, LARIC, Hong Kong, juin 1999. Voir aussi : The \u201cCode of Conduct\u201d Campaign and Transnational Corporations, LARIC, 20 juillet 1999<br \/>\n66. A l\u2019\u00e9vidence cela ne s\u2019applique pas \u00e0 tous les cas : nous connaissons des syndicats bureaucratis\u00e9s avec un r\u00e9gime interne dictatorial, des syndicats corrompus, des syndicats soumis \u00e0 des forces externes (employeurs,  gouvernements,  groupes politiques ou mafieux). Ils sont marginaux. S\u2019ils ne l\u2019\u00e9taient pas, le mouvement syndical n\u2019aurait jamais surv\u00e9cu. Il y a \u00e9galement des cas d\u2019ONG frauduleuses et corrompues qui sont aussi marginales. Ici, nous devons d\u00e9finir une typologie, c\u2019est-\u00e0-dire focaliser sur les caract\u00e9ristiques fondamentales des organisations que nous sommes en train de discuter.<br \/>\n67. Il existe des cas o\u00f9 des ONG ont d\u00e9fendu les travailleurs avec succ\u00e8s et les ont organis\u00e9s dans des situations o\u00f9 les syndicats avaient failli \u00e0 leur mission. Cela s\u2019est produit o\u00f9 les syndicats n\u2019\u00e9taient pas d\u00e9mocratiques (par exemple sous le contr\u00f4le de l\u2019Etat ou confisqu\u00e9s par des dirigeants non d\u00e9mocratiques et corrompus) et ont \u00e9chou\u00e9 dans leur t\u00e2che d\u2019organiser et de repr\u00e9senter leurs affili\u00e9s ou, m\u00eame dans le cadre de structure d\u00e9mocratique et dans un environnement libre, n\u2019ont pas su organiser des groupes significatifs de travailleurs (dans la plupart de ces cas, des travailleuses). Un exemple classique du premier cas est celui de Comit\u00e9 de d\u00e9fense des ouvriers de Pologne (KOR)(68) qui a fait le travail de pr\u00e9paration  du mouvement de Solidarnosc. Une illustration du second cas est le travail de la Korean Women Workers\u2019s Association (KWTU) en 1999. Tout comme au Chili (dans le cas des travailleuses saisonni\u00e8res dans l\u2019industrie des fruits et l\u00e9gumes), au Nicaragua (travailleuses des zones franches) et au Mexique (maquilas),  les ONG de femmes pr\u00e9tendent remplir un vide laiss\u00e9 par l\u2019absence d\u2019engagement des syndicats existants \u00e0 organiser les travailleuses. Il faut remarquer que de tels efforts de la part des ONG, lorsqu\u2019ils r\u00e9ussissent, m\u00e8nent \u00e0 la cr\u00e9ation de nouveaux syndicats et donc \u00e0 renouvellement du mouvement syndical. Une situation totalement diff\u00e9rente appara\u00eet quand une ONG conclut un accord avec une soci\u00e9t\u00e9, par exemple pour contr\u00f4ler son code de conduite, et assume la repr\u00e9sentation des travailleurs de la soci\u00e9t\u00e9 sans \u00e9tablir de structures d\u00e9mocratiques et responsables, c\u2019est \u00e0 dire, des syndicats d\u00e9mocratiques et ind\u00e9pendants, soit en coop\u00e9ration avec des syndicats existants ou en facilitant l\u2019organisation de nouveaux syndicats.<br \/>\n68. KOR : A History of the Workers\u2019s Defense Committee in Poland, 1976-1981, par Jan Josef Lipski, University of California Press, 561 p. 1985<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ce document a \u00e9t\u00e9 pr\u00e9par\u00e9 pour l\u2019Institut de Recherche pour le D\u00e9veloppement Social des Nations Unies (UNRISD) ; il fait partie d\u2019une enqu\u00eate globale men\u00e9e par l\u2019UNRISD en 1999 sur les conditions du d\u00e9veloppement social. 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