{"id":34,"date":"2008-05-02T11:51:28","date_gmt":"2008-05-02T11:51:28","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/05\/02\/financialisation-par-peter-rossman-et-gerard-greenfield\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:06","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:06","slug":"financialisation-par-peter-rossman-et-gerard-greenfield","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/05\/02\/financialisation-par-peter-rossman-et-gerard-greenfield\/","title":{"rendered":"Financialisation  (Peter Rossman et Gerard Greenfield, 2008)"},"content":{"rendered":"<p><strong>FINANCIALISATION : NOUVELLES PERSPECTIVES DE B\u00c9N\u00c9FICES, NOUVEAUX ENJEUX POUR LES SYNDICATS<\/strong><br \/>\nPeter Rossman est Directeur de la communication de l&#8217;Union internationale des travailleurs de l&#8217;alimentation, de l&#8217;agriculture, de l&#8217;h\u00f4tellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA); Gerard Greenfield est Coordonnateur r\u00e9gional de l&#8217;UITA pour l&#8217;Asie\/Pacifique pour les Soci\u00e9t\u00e9s transnationales du secteur de l&#8217;alimentation et des boissons. Cet article a paru dans <em>Education ouvri\u00e8re<\/em>, la revue du Bureau des Activit\u00e9s pour les Travailleurs (ACTRAV) de l&#8217;OIT, 1\/2006 (No. 142)<\/p>\n<p><!--more--><br \/>\n<strong>EMPLOIS JETABLES, EMPLOYEURS FANT\u00d4MES<\/strong><br \/>\nApr\u00e8s une \u00e9tape de recherche et de s\u00e9lection des investissements, le<br \/>\n&#8220;cycle de production&#8221; d\u2019Eurazeo s\u2019articule en trois phases :<\/p>\n<p>\u2022 la structuration de l\u2019investissement et l\u2019acquisition,<br \/>\n\u2022 l\u2019accompagnement de l\u2019investissement et la cr\u00e9ation de valeur<br \/>\ndans la soci\u00e9t\u00e9,<br \/>\n\u2022 le d\u00e9sinvestissement<\/p>\n<p><em><strong>&#8220;Objectifs \/ Strat\u00e9gies&#8221; d&#8217;Eurazeo, le plus grand fonds priv\u00e9 de France (1)<\/strong><\/em><br \/>\nL&#8217;un des principaux faits marquants du dernier quart de si\u00e8cle a \u00e9t\u00e9 la rupture<br \/>\nprogressive du lien \u00e9tabli entre les salaires et la productivit\u00e9. Alors que la<br \/>\nproductivit\u00e9 continue de cro\u00eetre, les salaires ne s&#8217;alignent plus sur les b\u00e9n\u00e9fices<br \/>\net ni sur la productivit\u00e9. Dans la grande vague de croissance qui a fait suite \u00e0 la<br \/>\ndeuxi\u00e8me guerre mondiale, l&#8217;axe salaires-productivit\u00e9-profits constituait la pierre<br \/>\nangulaire de la n\u00e9gociation collective au sein des pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9rosion et finalement la rupture de cet axe, la r\u00e9apparition d&#8217;une grande<br \/>\npauvret\u00e9 dans les pays capitalistes d\u00e9velopp\u00e9s et la croissance persistante du<br \/>\nch\u00f4mage ont fait na\u00eetre un grand d\u00e9bat qui s&#8217;est souvent invit\u00e9 au sein des<br \/>\ndiscussions sur la mondialisation. Pourtant, pour saisir le glissement fondamental<br \/>\ndes rapports de forces qui expose en permanence les travailleurs \u00e0 la<br \/>\nrestructuration et \u00e0 l&#8217;instabilit\u00e9 d&#8217;emploi, il convient de se pencher sur la question<br \/>\nde la financialisation.<\/p>\n<p>En gros, la financialisation se rapporte \u00e0 la fois \u00e0 l&#8217;importance accrue du capital<br \/>\nfinancier par rapport au capital r\u00e9el dans la d\u00e9termination du rythme et des<br \/>\nretours esp\u00e9r\u00e9s des investissements, et \u00e0 la plus grande subordination de cet<br \/>\ninvestissement aux demandes des march\u00e9s financiers mondiaux. Ces imp\u00e9ratifs<br \/>\nfinanciers font que les soci\u00e9t\u00e9s du secteur manufacturier et des services ne<br \/>\nconstituent principalement plus &#8220;qu&#8217;un groupe d&#8217;actifs \u00e0 d\u00e9ployer ou \u00e0<br \/>\nre-d\u00e9ployer en fonction des taux de rendement \u00e0 court terme qui peuvent \u00eatre<br \/>\nobtenus&#8221; (2). Les investisseurs des secteurs de la fabrication et des services<br \/>\nnon financiers exigent aujourd&#8217;hui des taux de rendement \u00e9quivalents \u00e0 ceux<br \/>\nobtenus sur les march\u00e9s financiers et boursiers mondiaux, ce qui \u00e9tait<br \/>\ninimaginable voil\u00e0 \u00e0 peine une dizaine d&#8217;ann\u00e9es. Le directeur de la Deutsche<br \/>\nBank a d\u00e9clar\u00e9 qu&#8217;un taux de rendement de 20 pour cent sur l&#8217;investissement<br \/>\ndevrait \u00eatre un objectif envisageable pour les investisseurs.<\/p>\n<p>Ces nouveaux imp\u00e9ratifs financiers renforcent une transformation institutionnelle<br \/>\net id\u00e9ologique de la gestion des entreprises et s&#8217;en nourrissent. Ces deux<br \/>\nderni\u00e8res d\u00e9cennies, il y a eu un &#8220;changement fondamental des incitations qui<br \/>\nmotivent les d\u00e9cisions des cadres de direction : alors que les salaires \u00e0 long<br \/>\nterme de la direction \u00e9taient li\u00e9s \u00e0 la r\u00e9ussite \u00e0 long terme de la soci\u00e9t\u00e9, ils<br \/>\nd\u00e9pendent maintenant des fluctuations du cours de l&#8217;action \u00e0 court terme&#8221; (3). Cette<br \/>\nnouvelle donne implique que les salaires spectaculairement \u00e9lev\u00e9s des cadres<br \/>\nsup\u00e9rieurs sont li\u00e9s \u00e0 &#8220;la plus grande priorit\u00e9 accord\u00e9e \u00e0 la &#8220;valeur pour<br \/>\nl&#8217;actionnaire&#8221;, de m\u00eame qu&#8217;\u00e0 l&#8217;augmentation des investisseurs institutionnels, \u00e0<br \/>\nl&#8217;alignement des int\u00e9r\u00eats des directeurs sur ceux des actionnaires par le recours<br \/>\naux options d&#8217;achat d&#8217;actions&#8221; (4). Ensembles, ces changements ont<br \/>\nconsid\u00e9rablement raccourci les horizons de planification des soci\u00e9t\u00e9s et ont<br \/>\nintroduit des strat\u00e9gies de gestion qui visent \u00e0 accro\u00eetre les int\u00e9r\u00eats pour les<br \/>\nactionnaires tout en mena\u00e7ant les performances \u00e9conomiques r\u00e9elles. De telles<br \/>\nstrat\u00e9gies impliquent des restructurations et des r\u00e9ductions de co\u00fbts pour<br \/>\ndiminuer le nombre d&#8217;emplois et \u00e9liminer la capacit\u00e9 productive afin de g\u00e9n\u00e9rer<br \/>\ndes liquidit\u00e9s pour racheter en retour des actions dans le but de relancer leurs<br \/>\ncours. \u00c0 titre d&#8217;exemple, citons les restructurations et les licenciements massifs<br \/>\nsurvenus aux \u00c9tats-Unis de 1995 \u00e0 2001 au moment o\u00f9 les soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res<br \/>\nont rachet\u00e9 leurs propres actions pour l&#8217;\u00e9quivalent de 870 milliards de dollars USA.<\/p>\n<p>Il est ind\u00e9niable que les soci\u00e9t\u00e9s ont toujours cherch\u00e9 \u00e0 maximiser le profit, mais<br \/>\nl&#8217;\u00e9l\u00e9ment neuf est qu&#8217;ici la course au profit se fait par le biais de l&#8217;\u00e9limination de la<br \/>\ncapacit\u00e9 productive et de l&#8217;emploi. Par exemple, \u00e0 l&#8217;heure actuelle les soci\u00e9t\u00e9s<br \/>\ntransnationales de l&#8217;industrie de l&#8217;alimentation investissent une part nettement<br \/>\nmoins \u00e9lev\u00e9e de leurs b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 accro\u00eetre leur capacit\u00e9 productive. Les<br \/>\nmarch\u00e9s financiers r\u00e9compensent aujourd&#8217;hui directement les soci\u00e9t\u00e9s qui<br \/>\nr\u00e9duisent leur masse salariale en fermant, restructurant et sous-traitant. Cela<br \/>\nmontre la fa\u00e7on dont la financialisation a incit\u00e9 les directions des soci\u00e9t\u00e9s<br \/>\nnon financi\u00e8res \u00e0 &#8220;agir plus comme des acteurs du march\u00e9 financier&#8221; (5).<\/p>\n<p>Les soci\u00e9t\u00e9s de production se comportant plus comme des acteurs financiers,<br \/>\nles v\u00e9ritables acteurs financiers, comme les fonds priv\u00e9s, les fonds sp\u00e9culatifs et<br \/>\nles fonds de placement immobilier, sont devenus d&#8217;importants propri\u00e9taires \u00e0<br \/>\ncourt terme de soci\u00e9t\u00e9s de transformation et de services et acqui\u00e8rent,<br \/>\nrestructurent et c\u00e8dent ces m\u00eames soci\u00e9t\u00e9s comme s&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;avoirs<br \/>\nliquides, sans tenir compte de leur v\u00e9ritable productivit\u00e9 et rentabilit\u00e9. Cette<br \/>\nderni\u00e8re d\u00e9cennie, les fonds priv\u00e9s ont consacr\u00e9 des milliers de milliards de<br \/>\ndollars EU \u00e0 acqu\u00e9rir des soci\u00e9t\u00e9s dans \u00e0 peu pr\u00e8s tous les secteurs industriels<br \/>\net de services, ce qui a pouss\u00e9 The Economist \u00e0 \u00e9crire &#8220;qu&#8217;aujourd&#8217;hui, les fonds<br \/>\npriv\u00e9s, plut\u00f4t en marge jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, se retrouvent au coeur m\u00eame du<br \/>\nmouvement capitaliste&#8221; (6)<\/p>\n<p>Les travailleurs d&#8217;\u00e0 peu pr\u00e8s tous les secteurs sont confront\u00e9s \u00e0 la menace d&#8217;un<br \/>\nchangement rapide de propri\u00e9taire et \u00e0 l&#8217;imposition de plans de restructuration et<br \/>\nd&#8217;objectifs \u00e0 court terme qui ob\u00e9issent \u00e0 une logique propre au march\u00e9 financier<br \/>\nne tenant aucunement compte de la production r\u00e9elle, de la productivit\u00e9 ou des<br \/>\nemplois. Rien que pur les seules huit premi\u00e8res semaines de l&#8217;ann\u00e9e 2006, les<br \/>\nfonds sp\u00e9culatifs et les fonds priv\u00e9s ont proc\u00e9d\u00e9 \u00e0 plus de 4 000 transactions,<br \/>\nimpliquant l&#8217;acquisition et la cession d&#8217;avoirs pour l&#8217;\u00e9quivalent de 473 milliards de<br \/>\ndollars EU. Parmi ces &#8220;avoirs&#8221; \u00e9chang\u00e9s figurent des soci\u00e9t\u00e9s de production et<br \/>\nde services qui emploient des centaines de milliers de travailleurs, comme par<br \/>\nexemple, les 3 000 travailleurs employ\u00e9s par la division europ\u00e9enne de boissons<br \/>\nde Cadbury Schweppes, la plus grande soci\u00e9t\u00e9 de confiserie du monde. En<br \/>\nf\u00e9vrier 2006, suivant un mod\u00e8le maintenant bien r\u00f4d\u00e9 dans l&#8217;industrie de<br \/>\nl&#8217;alimentation et des boissons, Cadbury Schweppes a vendu sa Division<br \/>\neurop\u00e9enne de boissons \u00e0 deux fonds priv\u00e9s, Blackstone Group International et<br \/>\nLion Capital LLP, pour la somme de 2,2 milliards de dollars EU. Instantan\u00e9ment,<br \/>\nles lieux de travail de 3 000 travailleurs \u00e9taient devenus des avoirs financiers<br \/>\nsuppl\u00e9mentaires du portefeuille de Blackstone qui p\u00e8se 45 milliards de dollars<br \/>\nEU et qui, en novembre 2004, exer\u00e7ait un contr\u00f4le sur les lieux de travail de 300<br \/>\n000 travailleurs. Ce cas, et les exemples de licenciements et de fermetures dont<br \/>\nnous avons fait mention pr\u00e9c\u00e9demment, montrent les cons\u00e9quences brutales de<br \/>\nla financi\u00e9risation sur l&#8217;emploi.<\/p>\n<p>Dans tous les secteurs o\u00f9 l&#8217;UITA compte des membres, que ce soit dans<br \/>\nl&#8217;alimentation, dans le secteur des boissons, dans celui l&#8217;h\u00f4tellerie, de la<br \/>\nrestauration, de l&#8217;agriculture ou encore dans secteur du tabac, nous avons pu<br \/>\nconstater la financialisation des soci\u00e9t\u00e9s et l&#8217;intrusion de nouveaux types de<br \/>\ncapital d&#8217;investissement, surtout de fonds priv\u00e9s et de fonds de placement<br \/>\nimmobilier. Dans le d\u00e9bat qui va suivre sur la financialisation et ses<br \/>\ncons\u00e9quences sur les travailleurs et leurs syndicats des secteurs couverts par<br \/>\nl&#8217;UITA, nous examinerons essentiellement des cas issus des secteurs de<br \/>\nl&#8217;alimentation, des boissons et de la restauration.<\/p>\n<p><strong>LA FINANCIALISATION DE L&#8217;ALIMENTATION<\/strong><br \/>\nConfront\u00e9s \u00e0 des ventes sur le d\u00e9clin et \u00e0 des b\u00e9n\u00e9fices en chute libre, les<br \/>\ntravailleurs et leurs syndicats rassemblent en g\u00e9n\u00e9ral leurs forces pour lutter<br \/>\ncontre des diminutions de salaires et des licenciements. Avec la financialisation<br \/>\nactuelle, la destruction de l&#8217;emploi s&#8217;accompagne de ventes en hausse et de<br \/>\nb\u00e9n\u00e9fices records. Par exemple, le 22 f\u00e9vrier 2006, Heineken a annonc\u00e9 que ses<br \/>\nb\u00e9n\u00e9fices pour le second semestre \u00e9taient en hausse de 56 pour cent par<br \/>\nrapport \u00e0 l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente et que 1 000 emplois seraient supprim\u00e9s dans les<br \/>\n12 prochains mois. Deux jours plus tard, c&#8217;\u00e9tait au tour de la brasserie<br \/>\ntransnationale Inbev qui, dans la foul\u00e9e de l&#8217;annonce d&#8217;une croissance de<br \/>\n15,3 pour cent de ses gains pour atteindre les 3,3 milliards d&#8217;euros, a \u00e9galement<br \/>\nr\u00e9v\u00e9l\u00e9 un plan de r\u00e9duction de 360 emplois. La motivation est \u00e9vidente : les<br \/>\nb\u00e9n\u00e9fices sont rapidement transform\u00e9s en dividendes plus cons\u00e9quents pour les<br \/>\nactionnaires, et notamment pour les cadres sup\u00e9rieurs de direction qui<br \/>\nd\u00e9tiennent des options d&#8217;achat d&#8217;actions, et les plans de restructuration<br \/>\npr\u00e9voyant des licenciements et des fermetures nourrissent un march\u00e9 financier<br \/>\nqui r\u00e9ussit \u00e0 merveille \u00e0 faire en sorte que les fonds ne soient plus consacr\u00e9s \u00e0<br \/>\nl&#8217;investissement productif.<\/p>\n<p>C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment cette logique qui sous-tend le &#8220;Mod\u00e8le Nestl\u00e9&#8221; expos\u00e9 par le<br \/>\nPr\u00e9sident et PDG de Nestl\u00e9, Peter Brabeck-Letmathe. Le 2 f\u00e9vrier 2006, la<br \/>\nsoci\u00e9t\u00e9 a annonc\u00e9 une augmentation de 21 pour cent de ses b\u00e9n\u00e9fices nets, un<br \/>\nratio de distribution de 12,5 pour cent de m\u00eame que l&#8217;affectation d&#8217;une somme de<br \/>\n1 milliard de francs suisses \u00e0 une nouvelle s\u00e9rie de rachats en retour des actions<br \/>\n(la m\u00eame op\u00e9ration avait eu lieu \u00e0 peine trois mois plus t\u00f4t pour la somme de 3<br \/>\nmilliards de francs suisses). Dans le m\u00eame temps, partout dans le monde, les<br \/>\nemploy\u00e9s de Nestl\u00e9 sont confront\u00e9s \u00e0 une diminution de la s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;emploi<br \/>\nainsi qu&#8217;\u00e0 des suppressions d&#8217;emplois du fait des d\u00e9localisations, de la<br \/>\npr\u00e9carisation du travail, des transferts de production et des fermetures d&#8217;usines (7).<\/p>\n<p>Le mod\u00e8le Nestl\u00e9 respecte donc \u00e0 la lettre l&#8217;affirmation suivante : &#8221; Ces vingt<br \/>\nderni\u00e8res ann\u00e9es, au nom de la cr\u00e9ation d&#8217;une &#8220;valeur pour l&#8217;actionnaire&#8221;, nous<br \/>\navons assist\u00e9 \u00e0 un changement net d&#8217;orientation de la part des dirigeants<br \/>\nd&#8217;entreprises qui, dans le cadre de l&#8217;allocation des liquidit\u00e9s et des b\u00e9n\u00e9fices de<br \/>\nleurs soci\u00e9t\u00e9s, sont pass\u00e9s du principe &#8220;retenir et r\u00e9investir&#8221; \u00e0 celui de &#8220;r\u00e9duire la<br \/>\ntaille et redistribuer les profits&#8221; (8).<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 Nestl\u00e9, Danone, l&#8217;une des principales soci\u00e9t\u00e9s transnationales<br \/>\ndu secteur de l&#8217;alimentation, reconna\u00eet les syndicats et n\u00e9gocie avec eux \u00e0 tous<br \/>\nles niveaux, y compris \u00e0 l&#8217;\u00e9chelle internationale, l&#8217;UITA ayant n\u00e9goci\u00e9 un certain<br \/>\nnombre d&#8217;accords avec cette soci\u00e9t\u00e9. Les d\u00e9cisions de la direction suivent<br \/>\npourtant la m\u00eame logique de ce nouvel environnement \u00e9conomique domin\u00e9 par<br \/>\nla financi\u00e9risation. En 2005, les &#8220;liquidit\u00e9s&#8221; g\u00e9n\u00e9r\u00e9es par d&#8217;importantes<br \/>\nrestructurations et fermetures, ayant entra\u00een\u00e9 de nombreuses pertes d&#8217;emplois,<br \/>\nont servi \u00e0 des rachats en retour des actions \u00e0 concurrence de 558 millions<br \/>\nd&#8217;euros, ce qui avait eu pour effet de faire grimper le cours de l&#8217;action. L&#8217;annonce<br \/>\nde b\u00e9n\u00e9fices\/dividendes records pour l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente s&#8217;accompagne de<br \/>\nl&#8217;affectation de 600 \u00e0 800 millions d&#8217;euros \u00e0 ce m\u00eame genre d&#8217;op\u00e9rations en<br \/>\n2006.<\/p>\n<p>Le 30 janvier, une autre soci\u00e9t\u00e9 transnationale de l&#8217;alimentation, Kraft Foods, a<br \/>\nannonc\u00e9 simultan\u00e9ment une augmentation de 23 pour cent de ses gains pour le<br \/>\nquatri\u00e8me trimestre (&#8220;au-del\u00e0 des attentes de Wall Street&#8221;) et la suppression de<br \/>\n8 000 emplois d&#8217;ici deux ans (ce qui repr\u00e9sente 8 pour cent de sa main-d&#8217;oeuvre<br \/>\nmondiale). Alors que nul ne sait pr\u00e9cis\u00e9ment quels sites de production vont \u00eatre<br \/>\nferm\u00e9s, il est par contre \u00e9vident que des usines seront ferm\u00e9es sans qu&#8217;il ne soit<br \/>\ntenu compte de leur viabilit\u00e9, de leur rentabilit\u00e9 ou encore de leurs r\u00e9sultats. Le<br \/>\nmessage transmis aux travailleurs par Kraft est que dans la mesure o\u00f9 l&#8217;activit\u00e9<br \/>\nprincipale est continuellement red\u00e9finie, m\u00eame les engagements vis-\u00e0-vis de<br \/>\nlignes de productions existantes d\u00e9pendront des imp\u00e9ratifs des march\u00e9s<br \/>\nfinanciers. Trois jours seulement apr\u00e8s l&#8217;annonce de Kraft de la rationalisation de<br \/>\nson &#8220;portefeuille&#8221;, dix usines au Canada \u00e9taient vendues \u00e0 deux fonds priv\u00e9s<br \/>\nnord-am\u00e9ricains, Sun Capital Partners et EG Capital Group, qui ont form\u00e9 une<br \/>\nnouvelle soci\u00e9t\u00e9, CanGro Foods, pour g\u00e9rer ces nouvelles acquisitions en tant<br \/>\nque nouveaux &#8220;produits financiers&#8221; de leur portefeuille d&#8217;actifs.<\/p>\n<p>Cette financialisation des grandes soci\u00e9t\u00e9s transnationales du secteur de<br \/>\nl&#8217;alimentation comme Nestl\u00e9, Danone et Kraft implique des glissements<br \/>\nconstants de la d\u00e9finition de leurs activit\u00e9s principales qui justifient d&#8217;autres<br \/>\nr\u00e9ductions de l&#8217;investissement productif et de l&#8217;emploi, y compris la cession de<br \/>\nparties importantes de leurs installations, qu&#8217;elles aient trait \u00e0 la production ou<br \/>\naux services, afin de les ins\u00e9rer dans une valse sans fin de portefeuilles de<br \/>\nplacements.<\/p>\n<p>La fermeture, en mai 2005, de l&#8217;usine du confiseur Leaf \u00e0 Turku (Finlande)<br \/>\nillustre bien ce processus destructif. En 1999, lorsque la soci\u00e9t\u00e9 finlandaise<br \/>\nHuhtam\u00e4ki est devenue une soci\u00e9t\u00e9 mondiale sp\u00e9cialiste de l&#8217;emballage, elle a<br \/>\nvendu Leaf \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de confiserie et de boulangerie hollandaise CSM qui l&#8217;a<br \/>\nelle-m\u00eame revendue, en mars 2005, \u00e0 deux fonds priv\u00e9s, Nordic Capital et CVC<br \/>\nCapital Partners. Peu de temps apr\u00e8s cette acquisition, il a \u00e9t\u00e9 annonc\u00e9 que<br \/>\nl&#8217;usine de Leaf \u00e0 Turku serait ferm\u00e9e et que 460 travailleurs seraient licenci\u00e9s,<br \/>\nd\u00e9cision qui a choqu\u00e9 \u00e0 la fois les syndicats et l&#8217;opinion publique. Le pays est<br \/>\nhabitu\u00e9 aux transformations industrielles puisqu&#8217;il a vu des secteurs entiers,<br \/>\ncomme le textile, cro\u00eetre et ensuite s&#8217;effondrer. Mais la fermeture d&#8217;une usine aux<br \/>\ntaux de productivit\u00e9 et de rentabilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9s \u00e9tait in\u00e9dit et choquant. &#8220;Personne ne<br \/>\npouvait imaginer, a d\u00e9clar\u00e9 le d\u00e9l\u00e9gu\u00e9 syndical de l&#8217;usine, qu&#8217;une usine si grande<br \/>\net si rentable serait un jour ferm\u00e9e.&#8221; L&#8217;annonce de la fermeture a \u00e9t\u00e9 suivie par<br \/>\nune menace de r\u00e9duire les salaires de 50 pour cent, ce qui a incit\u00e9 les militants<br \/>\nsyndicaux \u00e0 arr\u00eater le travail. La direction a d\u00fb faire marche arri\u00e8re au sujet des<br \/>\nr\u00e9ductions salariales, mais la remise en question de la fermeture par les<br \/>\nsyndicats, arguant du fait que l&#8217;usine \u00e9tait \u00e0 la fois rentable et viable, n&#8217;a<br \/>\nfinalement pas convaincu au moment de la prise de d\u00e9cision dict\u00e9e par les<br \/>\nimp\u00e9ratifs financiers qui animaient les nouveaux propri\u00e9taires de Leaf.<\/p>\n<p>Depuis 1990, Nordic Capital, un fonds de placement relativement petit de<br \/>\n1,5 milliard d&#8217;euros, a acquis un portefeuille de 21 soci\u00e9t\u00e9s dont les secteurs<br \/>\nd&#8217;activit\u00e9s vont de la biotechnologie aux produits pharmaceutiques et \u00e0<br \/>\nl&#8217;ameublement en passant par la t\u00e9l\u00e9vision \u00e0 p\u00e9age et parmi lesquelles figurent<br \/>\ntrois soci\u00e9t\u00e9s de l&#8217;alimentation, dont Leaf. Dans la m\u00eame p\u00e9riode, le fonds s&#8217;est<br \/>\n&#8220;d\u00e9barrass\u00e9&#8221; de 25 soci\u00e9t\u00e9s. Les crit\u00e8res d&#8217;investissement de Nordic Capital<br \/>\nd\u00e9finissent &#8220;l&#8217;ambition&#8221; de la soci\u00e9t\u00e9 &#8220;d&#8217;agir en tant que propri\u00e9taire actif pendant<br \/>\ntrois \u00e0 sept ans et de r\u00e9aliser des plus-values pour ses investisseurs&#8221;. Ce cycle<br \/>\nde trois \u00e0 sept ans d&#8217;acquisitions et de cessions repr\u00e9sente l&#8217;horizon<br \/>\nd&#8217;investissement \u00e0 long-terme du fonds priv\u00e9, ambition qui est impos\u00e9e de fa\u00e7on<br \/>\nagressive \u00e0 l&#8217;industrie manufacturi\u00e8re et alimentaire. Le second fonds priv\u00e9<br \/>\nimpliqu\u00e9 dans l&#8217;acquisition de Leaf et dans la liquidation de son usine rentable de<br \/>\nTurku est CVC Capital Partners, un fonds priv\u00e9 beaucoup plus grand, &#8220;sp\u00e9cialis\u00e9<br \/>\ndans les prises de contr\u00f4le par emprunt de grande ampleur&#8221;. Depuis 1981, CVC<br \/>\nCapital Partners a mobilis\u00e9 18 milliards de dollars EU dans l&#8217;acquisition et la<br \/>\ncession de 220 soci\u00e9t\u00e9s. Son portefeuille actuel compte 38 compagnies dont<br \/>\nsept soci\u00e9t\u00e9s de l&#8217;alimentation et une de la restauration.<\/p>\n<p><strong>CAPITAL &#8220;IMPATIENT&#8221; : INS\u00c9CURIT\u00c9 G\u00c9N\u00c9RALIS\u00c9E<\/strong><br \/>\n&#8220;\u2026La part du lion de la finance des soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res se taille \u00e0<br \/>\nl&#8217;heure actuelle sur le tr\u00e8s court terme. Les soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res<br \/>\ndoivent d\u00e9verser plus de la moiti\u00e9 des liquidit\u00e9s dont elles ont besoin pour<br \/>\nsoutenir, sur le long terme, les investissements et les innovations; elles<br \/>\ndoivent ensuite se mesurer \u00e0 tous les autres agents, \u00e9trangers et<br \/>\nnationaux, pour les r\u00e9cup\u00e9rer. C&#8217;est le capital impatient sous sa forme la<br \/>\nplus extr\u00eame. Il oblige les soci\u00e9t\u00e9s non financi\u00e8res \u00e0 choisir entre l&#8217;arr\u00eat<br \/>\ndes investissements et des innovations ou l&#8217;accroissement de<br \/>\nl&#8217;endettement. Il fait en outre peser des pressions pour r\u00e9duire les co\u00fbts et<br \/>\nengager les relations professionnelles sur &#8220;la voie la moins noble&#8221;, qui<br \/>\nretarde la croissance des salaires et de l&#8217;emploi et par-l\u00e0, limite celle de la<br \/>\ndemande globale.&#8221; (9)<\/p>\n<p>Alors que le capital &#8220;impatient&#8221; fait son apparition dans des secteurs comme celui<br \/>\nde l&#8217;alimentation et des boissons, de l&#8217;h\u00f4tellerie et de la restauration, il accro\u00eet le<br \/>\nnombre de licenciements, accentue la pr\u00e9carisation et multiplie la sous-traitance.<\/p>\n<p>Il ajoute, en outre, une extr\u00eame volatilit\u00e9 \u00e0 un m\u00e9lange destructeur qui est<br \/>\nparticuli\u00e8rement d\u00e9stabilisant pour les travailleurs et leurs syndicats. Nous ne<br \/>\nn\u00e9gocions plus avec des h\u00f4teliers ou des fabricants de produits alimentaires qui<br \/>\nont des int\u00e9r\u00eats \u00e0 long terme dans leur soci\u00e9t\u00e9 comme cela \u00e9tait pr\u00e9c\u00e9demment<br \/>\nle cas, mais avec des coalitions mouvantes d&#8217;investisseurs pour qui l&#8217;unique<br \/>\nr\u00e9f\u00e9rence est un march\u00e9 financier mondial et avec qui les r\u00e8gles du jeu ont<br \/>\ncompl\u00e8tement chang\u00e9. L&#8217;une des nombreuses cons\u00e9quences de cette situation<br \/>\nest que les syndicats cherchent maintenant \u00e0 marchander des changements<br \/>\nsous conditions, \u00e0 n\u00e9gocier les cons\u00e9quences des restructurations ou \u00e0 remettre<br \/>\nen question les innombrables fermetures face \u00e0 de nouveaux dirigeants<br \/>\nfinanciers qui n&#8217;ont que faire d&#8217;arguments comme l&#8217;am\u00e9lioration de la production<br \/>\nou des services, l&#8217;accroissement de la capacit\u00e9 productive, les nouvelles lignes<br \/>\nde production, la viabilit\u00e9 \u00e0 long terme des march\u00e9s, les besoins des<br \/>\nconsommateurs, etc. Tout investissement est consid\u00e9r\u00e9 comme un portefeuille<br \/>\nd&#8217;actifs financiers et non comme un lieu de travail.<\/p>\n<p>Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e9galement visible dans l&#8217;industrie h\u00f4teli\u00e8re o\u00f9 les grands<br \/>\nh\u00f4tels ont \u00e9t\u00e9 rapidement acquis par des fonds de placement immobilier. Aux<br \/>\n\u00c9tats-Unis, o\u00f9 les fonds de ce genre sont apparus en premier lieu, les syndicats<br \/>\nse sont retrouv\u00e9s en conflit avec des fonds de placement immobilier de plusieurs<br \/>\nmilliards de dollars EU, sp\u00e9cialis\u00e9s dans les h\u00f4tels mais qui n&#8217;ont pas de<br \/>\nv\u00e9ritables int\u00e9r\u00eats dans la gestion h\u00f4teli\u00e8re. Au Japon, le march\u00e9 des fonds de<br \/>\nplacement immobilier a atteint les 14 milliards de dollars EU en seulement quatre<br \/>\nans et il est pr\u00e9vu que dans toute la r\u00e9gion asiatique, les nouveaux march\u00e9s pour<br \/>\nce type de fonds atteignent 140 milliards de dollars EU d&#8217;ici les 10 prochaines<br \/>\nann\u00e9es.<\/p>\n<p>\u00c0 l&#8217;instar des fonds priv\u00e9s, les fonds de placement immobilier sont con\u00e7us pour<br \/>\nmaximiser la rentabilit\u00e9 financi\u00e8re (principalement gr\u00e2ce \u00e0 des loyers gonfl\u00e9s) et<br \/>\nsont en fait l\u00e9galement oblig\u00e9s d&#8217;assurer des taux de rendement \u00e0 leurs<br \/>\ninvestisseurs ce qui les rend naturellement incapables de g\u00e9rer et de maintenir<br \/>\ndes h\u00f4tels en tant que lieux de travail viables. La croissance rapide des fonds de<br \/>\nplacement immobilier, \u00e9galement appel\u00e9s des soci\u00e9t\u00e9s d&#8217;investissements<br \/>\nimmobiliers cot\u00e9es (SIIC) en France ou des PIF au Royaume-Uni, accentue<br \/>\nl&#8217;instabilit\u00e9 de l&#8217;emploi qui caract\u00e9rise d\u00e9j\u00e0 le secteur et vient s&#8217;ajouter aux d\u00e9fis<br \/>\nauxquels sont confront\u00e9s les syndicats du secteur h\u00f4telier.<\/p>\n<p>Le lourd impact de la financialisation sur les syndicats est significatif dans les<br \/>\nconflits qui ont eu lieu au sein de la soci\u00e9t\u00e9 transnationale de restauration<br \/>\na\u00e9rienne Gate Gourmet. Son acquisition par le fonds priv\u00e9 Texas Pacific Group a<br \/>\nen effet conduit la direction tout droit au conflit avec les travailleurs de la<br \/>\nrestauration et leurs syndicats.<\/p>\n<p>Gate Gourmet, la division de restauration de SwissAir, a \u00e9t\u00e9 achet\u00e9e en 2002 par<br \/>\nTexas Pacific Group dans la foul\u00e9e de la faillite de la compagnie a\u00e9rienne; la<br \/>\nm\u00eame ann\u00e9e, Texas Pacific Group, conjointement \u00e0 Bain Capital et Goldman<br \/>\nSachs Capital Partners, a acquis la cha\u00eene mondiale de restauration rapide,<br \/>\nBurger King. \u00c0 l&#8217;\u00e9poque, le PDG de Gate Gourmet a salu\u00e9 l&#8217;op\u00e9ration en ces<br \/>\ntermes : &#8220;Gr\u00e2ce \u00e0 des acquisitions strat\u00e9giques et \u00e0 une croissance organique,<br \/>\nl&#8217;avenir de Gate Gourmet semble vou\u00e9 \u00e0 la r\u00e9ussite&#8221;.<\/p>\n<p>Au moment de son achat par Texas Pacific Group, Gate Gourmet employait plus<br \/>\nde 25 000 travailleurs r\u00e9partis dans 29 pays et disposait de 140 cuisines de l&#8217;air.<br \/>\nPour l&#8217;ann\u00e9e 2005, la soci\u00e9t\u00e9 comptait 22 000 travailleurs et 109 cuisines de l&#8217;air.<br \/>\nGate Gourmet a entam\u00e9 son ascension sur le chemin de la &#8220;croissance<br \/>\norganique&#8221; par des attaques m\u00e9ticuleusement men\u00e9es contre les syndicats qui<br \/>\nont d\u00e9but\u00e9 par le conflit bien connu qui a eu lieu \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de Heathrow<br \/>\n(Royaume-Uni). La soci\u00e9t\u00e9 a donn\u00e9 le coup d&#8217;envoi en engageant discr\u00e8tement<br \/>\ndes centaines d&#8217;employ\u00e9s contractuels dans le cadre d&#8217;un plan de restructuration<br \/>\ncentr\u00e9 sur des licenciements massifs et une importante d\u00e9gradation des<br \/>\nconditions d&#8217;emploi. L&#8217;offensive contre l&#8217;emploi et contre les syndicats s&#8217;est<br \/>\nensuite d\u00e9plac\u00e9e vers l&#8217;a\u00e9roport de D\u00fcsseldorf (Allemagne) o\u00f9 des membres du<br \/>\nsyndicat des travailleurs de l&#8217;alimentation NGG, affili\u00e9 \u00e0 l&#8217;UITA, ont entam\u00e9 une<br \/>\ngr\u00e8ve le 7 octobre 2005 (au moment d&#8217;\u00e9crire cet article, \u00e0 la fin du mois de f\u00e9vrier<br \/>\n2006, l&#8217;action de gr\u00e8ve \u00e9tait toujours en cours). Le mouvement de protestation<br \/>\nportait sur le refus de la soci\u00e9t\u00e9 de n\u00e9gocier les salaires et des mesures de<br \/>\ncompensation pour des conditions de travail de plus en plus dures.<\/p>\n<p>La soci\u00e9t\u00e9 a clairement remis en question le cadre de la n\u00e9gociation collective en<br \/>\nAllemagne en demandant que des concessions soient faites au niveau de<br \/>\nl&#8217;entreprise en ce qui concerne les heures de travail, les cong\u00e9s et les primes de<br \/>\nposte alors que ces conditions avaient fait l&#8217;objet de n\u00e9gociations au niveau du<br \/>\nsecteur industriel. Le compromis auquel les syndicats et la direction locale de la<br \/>\nsoci\u00e9t\u00e9 \u00e9taient parvenus au d\u00e9but du mois de d\u00e9cembre 2005 a \u00e9t\u00e9<br \/>\nunilat\u00e9ralement rejet\u00e9 par le si\u00e8ge de la compagnie Gate Gourmet, ne laissant<br \/>\nd&#8217;autre choix aux travailleurs que de poursuivre leur mouvement de gr\u00e8ve. Il<br \/>\nsemblerait qu&#8217;\u00e0 l&#8217;heure actuelle l&#8217;offensive antisyndicale se concentre sur d&#8217;autres<br \/>\nsites de Gate Gourmet en Europe.<\/p>\n<p>Le principal probl\u00e8me auquel sont confront\u00e9s les syndicats des travailleurs de<br \/>\nl&#8217;alimentation est que les fonds priv\u00e9s et les fonds de placement immobilier qui<br \/>\nd\u00e9tiennent et contr\u00f4lent les lieux de travail qui emploient leurs membres ne se<br \/>\nconsid\u00e8rent pas comme des employeurs. Dans des nombreux syst\u00e8mes<br \/>\njurisprudentiels, ils ne sont pas d\u00e9finis comme tels et ne sont pas tenus aux<br \/>\nobligations l\u00e9gales des employeurs. Face aux syndicats, lors de licenciement ou<br \/>\nde fermetures, ils peuvent vraisemblablement rejeter toute responsabilit\u00e9. Gate<br \/>\nGourmet nie farouchement que les d\u00e9cisions de la direction qui ont men\u00e9 aux<br \/>\nconflits de Heathrow et de D\u00fcsseldorf ont quoi que ce soit \u00e0 voir avec Texas<br \/>\nPacific Group, tout en reconnaissant ses &#8220;obligations de fiduciaires&#8221; vis-\u00e0-vis de<br \/>\nla soci\u00e9t\u00e9 investisseur. De son c\u00f4t\u00e9, Texas Pacific Group rejette \u00e9nergiquement<br \/>\ntoute responsabilit\u00e9 vis-\u00e0-vis des relations professionnelles au sein de Gate<br \/>\nGourmet ou de l&#8217;une des autres soci\u00e9t\u00e9s de son portefeuille (soci\u00e9t\u00e9s dont<br \/>\nl&#8217;emploi global se monte \u00e0 un quart de million de travailleurs). Comme le syndicat<br \/>\nNGG l&#8217;a appris \u00e0 l&#8217;a\u00e9roport de D\u00fcsseldorf, il tente de n\u00e9gocier avec un employeur<br \/>\nd\u00e9guis\u00e9 en entit\u00e9 financi\u00e8re, libre de toutes les contraintes, lois et obligations qui<br \/>\nlient les employeurs \u00e9voluant au sein de syst\u00e8mes de relations industrielles<br \/>\nn\u00e9goci\u00e9s, r\u00e9sultats de plusieurs ann\u00e9es de combat.<\/p>\n<p>L&#8217;employeur ach\u00e8ve de dispara\u00eetre lorsque ces nouvelles entit\u00e9s financi\u00e8res<br \/>\n(fonds priv\u00e9s, fonds de placement, fonds de capital-risque, fonds sp\u00e9culatifs,<br \/>\nfonds de placement immobilier, etc.) ne figurent pas dans les donn\u00e9es et les<br \/>\npublications des agences des Nations Unies consacr\u00e9es \u00e0 la croissance, \u00e0<br \/>\nl&#8217;investissement et \u00e0 l&#8217;emploi.<\/p>\n<p>M\u00eame les programmes sp\u00e9cialis\u00e9s dans des domaines comme l&#8217;investissement<br \/>\ndans le monde, les soci\u00e9t\u00e9s transnationales et l&#8217;emploi n&#8217;ont pas pris<br \/>\ncompl\u00e8tement en consid\u00e9ration le r\u00f4le des fonds priv\u00e9s, que ce soit d&#8217;un point de<br \/>\nvue quantitatif ou qualitatif. D\u00e9j\u00e0 plus d&#8217;un cinqui\u00e8me des travailleurs du secteur<br \/>\nnon public au Royaume-Uni, par exemple, sont d\u00e9sormais employ\u00e9s par des<br \/>\ncompagnies contr\u00f4l\u00e9es par des fonds priv\u00e9s (10). Ces puissants int\u00e9r\u00eats financiers<br \/>\nne figurent tout simplement pas dans le Manuel de statistiques, dans le Rapport<br \/>\nsur le commerce et le d\u00e9veloppement et dans le Rapport sur l\u00b4investissement<br \/>\ndans le monde de la CNUCED (11). Le Rapport sur le commerce et le<br \/>\nd\u00e9veloppement &#8211; 2005 de la CNUCED, qui aborde pourtant le th\u00e8me des<br \/>\n&#8220;nouvelles formes d&#8217;interd\u00e9pendance mondiale&#8221;, ne reconna\u00eet pas l&#8217;incidence<br \/>\nmondiale de la financialisation. Son analyse se base sur l&#8217;hypoth\u00e8se que &#8220;des<br \/>\npolitiques mon\u00e9taires exag\u00e9r\u00e9ment restrictives pourraient inciter les investisseurs<br \/>\n\u00e0 pr\u00e9f\u00e9rer investir dans des avoirs financiers plut\u00f4t que d&#8217;accro\u00eetre les capacit\u00e9s<br \/>\nde production &#8221; (12). Ce rapport ne prend pas en consid\u00e9ration la r\u00e9alit\u00e9, illustr\u00e9e<br \/>\npar les exemples mentionn\u00e9s ci-dessus et \u00e0 laquelle nos membres se sont<br \/>\ndirectement heurt\u00e9s, qui veut que les pr\u00e9f\u00e9rences des investisseurs et leurs<br \/>\nd\u00e9cisions de se d\u00e9sint\u00e9resser des capacit\u00e9s de production sont motiv\u00e9es par les<br \/>\nimp\u00e9ratifs des march\u00e9s financiers et par le pouvoir qu&#8217;exercent les nouvelles<br \/>\nformes de capital financier.<\/p>\n<p>Si ces fonds priv\u00e9s \u00e9taient reconnus comme des soci\u00e9t\u00e9s transnationales, \u00e9tant<br \/>\ndonn\u00e9 le vaste contr\u00f4le qu&#8217;ils exercent partout dans le monde sur des soci\u00e9t\u00e9s<br \/>\nde transformation et de services, et qu&#8217;ils figuraient dans la liste des<br \/>\n100 premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s transnationales non financi\u00e8res du monde, elles<br \/>\nd\u00e9logeraient sans difficult\u00e9 les dix premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s (13). General Electric figure<br \/>\nen premi\u00e8re position dans la liste de la CNUCED alors que cette entreprise<br \/>\nd\u00e9tient moins d&#8217;actifs \u00e9trangers et emploie moins de travailleurs dans le monde<br \/>\nque Blackstone, Carlyle Group ou encore Texas Pacific Group. M\u00eame la nouvelle<br \/>\nliste de la CNUCED reprenant les 50 premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s transnationales<br \/>\nfinanci\u00e8res (incluse pour la premi\u00e8re fois dans le Rapport sur l\u00b4investissement<br \/>\ndans le monde de 2004) ne consid\u00e8re les soci\u00e9t\u00e9s transnationales financi\u00e8res<br \/>\nque d&#8217;un secteur de services financiers d\u00e9fini de fa\u00e7on tr\u00e8s restrictif et limite les<br \/>\ndonn\u00e9es relatives \u00e0 l&#8217;emploi \u00e0 ce secteur (14). Ce manque d&#8217;int\u00e9r\u00eat pour le r\u00f4le des<br \/>\nfonds d&#8217;investissement en tant qu&#8217;employeur est \u00e9galement \u00e9vident dans la s\u00e9rie<br \/>\nde rapports de l&#8217;OIT sur l&#8217;emploi dans le monde. Le Rapport sur l&#8217;emploi dans le<br \/>\nmonde 2004-2005 examine l&#8217;incidence sur la productivit\u00e9 des travailleurs et la<br \/>\nmobilit\u00e9 des capitaux, de m\u00eame que la relation entre la stabilit\u00e9 de l&#8217;emploi et la<br \/>\nproductivit\u00e9 sans porter d&#8217;attention aux imp\u00e9ratifs financiers qui motivent cette<br \/>\nflexibilit\u00e9 et l&#8217;impossibilit\u00e9 croissante de maintenir une stabilit\u00e9 de l&#8217;emploi dans<br \/>\nun environnement o\u00f9 la financi\u00e9risation est pr\u00e9sente (15). Dans d&#8217;autres<br \/>\npublications et programmes de l&#8217;OIT, des r\u00e9f\u00e9rences explicites sont faites aux<br \/>\nfonds priv\u00e9s et aux capitaux \u00e0 risque, mais uniquement dans le cadre du<br \/>\nfinancement de la cr\u00e9ation d&#8217;emplois (16).<\/p>\n<p>&#8220;L&#8217;employeur fant\u00f4me&#8221;, en tant que ph\u00e9nom\u00e8ne politique, juridique et<br \/>\ninstitutionnel d\u00e9coulant de la financialisation, remet \u00e0 son tour tr\u00e8s s\u00e9rieusement<br \/>\nen question les fondements sur lesquels la politique sociale est \u00e9labor\u00e9e au sein<br \/>\nd&#8217;organisations comme l&#8217;Organisation internationale du travail.<\/p>\n<p><strong>RETOUR AUX BASES : R\u00c9AFFIRMER LE R\u00d4LE DE L&#8217;OIT<\/strong><br \/>\nO\u00f9 cela m\u00e8ne-t-il les travailleurs dont les employeurs risquent de dispara\u00eetre<br \/>\nmais qui, pour le moment, se pr\u00e9sentent toujours chez Gate Gourmet, chez Kraft<br \/>\nou chez Leaf pour travailler ? Doivent-ils tenter d&#8217;engager un &#8220;dialogue social&#8221;<br \/>\navec CVC Capital Partners ? Chercher \u00e0 conclure un accord-cadre mondial avec<br \/>\nTexas Pacific Group ? Mettre sur pied un forum pour que les syndicats de<br \/>\nl&#8217;h\u00f4tellerie \u00e9changent les &#8220;meilleures pratiques&#8221; \u00e0 propos de fonds de placement<br \/>\nimmobilier ? Le caract\u00e8re absurde de ces propositions met en relief les enjeux<br \/>\nparticuli\u00e8rement r\u00e9els et complexes auxquels les syndicats sont confront\u00e9s<br \/>\nlorsqu&#8217;ils remettent en question ces nouvelles formes de pouvoir.<\/p>\n<p>Les syndicats se sont toujours servis de leur force collective pour n\u00e9gocier le<br \/>\nrapport de force au travers de la n\u00e9gociation collective, un processus qui<br \/>\nimplique des n\u00e9gociations directes avec un employeur. \u00c0 mesure que les<br \/>\nemployeurs se font de moins en moins tangibles et que les relations<br \/>\nprofessionnelles se font de plus en plus obscures, leur capacit\u00e9 \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer une<br \/>\ndestruction sociale et \u00e0 g\u00e9n\u00e9raliser l&#8217;ins\u00e9curit\u00e9 augmente. Face \u00e0 cette situation,<br \/>\nles syndicats doivent s&#8217;organiser et se mobiliser diff\u00e9remment de fa\u00e7on \u00e0 rendre<br \/>\nl&#8217;employeur visible et \u00e0 renforcer la relation de n\u00e9gociation de fa\u00e7on \u00e0 pouvoir \u00e0<br \/>\nnouveau n\u00e9gocier le rapport de force.<\/p>\n<p>L&#8217;UITA reconna\u00eet qu&#8217;il est urgent de mettre au point des strat\u00e9gies de<br \/>\nsyndicalisation et de n\u00e9gociation pour d\u00e9fendre nos membres dans cet<br \/>\nenvironnement profond\u00e9ment modifi\u00e9. Cela constitue l&#8217;une des t\u00e2ches<br \/>\nessentielles du mouvement syndical. Nous reconnaissons \u00e9galement clairement<br \/>\nle besoin de red\u00e9finir cet environnement en proie \u00e0 la financi\u00e9risation au sein<br \/>\nduquel la syndicalisation et la n\u00e9gociation s&#8217;op\u00e8rent \u00e0 l&#8217;heure actuelle.<\/p>\n<p>Cependant, les changements, tout radicaux qu&#8217;ils soient, ne rendent pas pour<br \/>\nautant d\u00e9suets les outils existants. Nous sugg\u00e9rerions, par exemple, que le r\u00f4le<br \/>\nde d\u00e9finition des normes de l&#8217;OIT acqui\u00e8re non pas moins, mais plus de<br \/>\npertinence dans le cadre de la financi\u00e9risation. Il convient de s&#8217;opposer<br \/>\nfermement aux efforts qui ont pour but de diluer les r\u00f4les de l&#8217;OIT dans la mise<br \/>\nau point et la promotion active des normes universelles, transpos\u00e9es dans les<br \/>\nl\u00e9gislations nationales. \u00c0 l&#8217;heure actuelle, l&#8217;OIT a un r\u00f4le progressiste \u00e0 jouer<br \/>\npour faire en sorte que des m\u00e9canismes soient mis au point ou relanc\u00e9s au<br \/>\nniveau national pour imposer des responsabilit\u00e9s et des obligations<br \/>\nd&#8217;employeurs. Il est urgent de mettre au point des nouvelles d\u00e9finitions<br \/>\napplicables de la &#8220;relation de travail&#8221; afin de refl\u00e9ter les changements<br \/>\nfondamentaux qu&#8217;a apport\u00e9s la financialisation.<\/p>\n<p>R\u00e9tablir l&#8217;axe salaires-productivit\u00e9-profits que la financialisation a bris\u00e9 est une<br \/>\nvaste t\u00e2che politique. Progresser dans ce programme implique de rejeter les<br \/>\naffirmations au sujet des gouvernements nationaux d\u00e9pourvus de pouvoir ou de<br \/>\nla r\u00e9glementation nationale qui perdrait de sa pertinence. La financialisation n&#8217;est<br \/>\npas un processus spontan\u00e9 et anonyme r\u00e9sultant d&#8217;un changement<br \/>\ntechnologique ou de flux d&#8217;informations mondiaux. Le dernier quart de si\u00e8cle,<br \/>\nmarqu\u00e9 par la d\u00e9r\u00e9glementation, a vu appara\u00eetre un vaste dispositif de<br \/>\nr\u00e9glementations et de m\u00e9canismes l\u00e9gaux nouveaux, mis en place par les<br \/>\ngouvernements nationaux pour prot\u00e9ger les int\u00e9r\u00eats des investisseurs et des<br \/>\nactionnaires. Il faut les d\u00e9manteler, d&#8217;autres r\u00e9glementations et m\u00e9canismes<br \/>\nl\u00e9gaux doivent \u00eatre mis au point au niveau national pour que les capitaux<br \/>\nd&#8217;investissement soient soumis aux exigences d\u00e9mocratiques \u00e9tablies par les<br \/>\nnormes internationales en mati\u00e8re de droits de l&#8217;homme. Ce vaste projet de<br \/>\nrenouveau politique et d\u00e9mocratique figure parmi les t\u00e2ches essentielles de<br \/>\nl&#8217;UITA et de tout le mouvement syndical international.<\/p>\n<p><strong>NOTES<\/strong><br \/>\n(1) Voir le site web d&#8217;Eurazeo: <a href=\"http:\/\/www.eurazeo.com\/fr\/01_qui\/objectif-strategie.php\">http:\/\/www.eurazeo.com\/fr\/01_qui\/objectif-strategie.php<\/a><br \/>\n(2) Neil Fligstein et Linda Markowitz, <em>Financial Reorganization of American Corporations in the 1980s<\/em> dans &#8220;Sociology and the Public Agenda&#8221;, \u00e9dit\u00e9 par W. J. Wilson &#8211; Newbury Park : Sage,<br \/>\n1990, page 187.<br \/>\n(3) James Crotty, <em>The Neoliberal Paradox : The Impact of Destructive Product Market<\/em><br \/>\n<em> Competition and \u2018Modern\u2019 Financial Markets on Nonfinancial Corporation<\/em><br \/>\n<em> Performance in the Neoliberal Era<\/em>, dans &#8220;Financialization and the World<br \/>\nEconomy&#8221;, \u00e9dit\u00e9 par Gerald Epstein, Northampton, MA: Edward Elgar, 2005.<br \/>\n(4) Ozgur Orhanggazi, \u201cFinancialization and capital accumulation in the non-financial corporate sector : A theoretical and empirical investigation\u201d, (\u00e0 para\u00eetre), page 7.<br \/>\n(5) Engelbert Stockhammer, \u201cFinancialization and the Slowdown of Accumulation,\u201d Cambridge Journal of Economics, 28, 2004, pages 719 \u00e0 741.<br \/>\n(6) \u201cThe new kings of capitalism\u201d, <em>The Economist<\/em>, 25 novembre 2004.<br \/>\n(7) Informations tir\u00e9es du site web de l&#8217;UITA sur Nestl\u00e9.<br \/>\n(8) William Lazonick et Mary O\u2019Sullivan, \u201cMaximizing Shareholder Value : A New Ideology for Corporate Governance\u201d, <em>Economy and Society<\/em>, Volume 29 N\u00b01, 2000, pages 13 \u00e0 35.<br \/>\n(9) Mise en \u00e9vidence dans le texte original. James Crotty, <em>The Neoliberal Paradox: The Impact ofDestructive Product Market Competition and Impatient Finance on Nonfinancial Corporations in\u00a0<\/em><em>the Neoliberal Era<\/em>, &#8220;Dossier du Political Economy&#8221; Research Institute Research, juillet 2003, page 6.<br \/>\n(10) &#8220;Private equity under government scrutiny&#8221;, Bourse de Londres, 20 f\u00e9vrier 2006; Discours du Pr\u00e9sident de la British Venture Capital Association, APG Private Equity and Venture Capital, 1er novembre 2004.<br \/>\n(11) Le Rapport sur l\u00b4investissement dans le monde \u2013 2004 contient des informations sur les transactions de deux fonds de placement immobilier bas\u00e9s aux \u00c9tats-Unis \u00e0 propos de fusions et d&#8217;acquisitions transfronti\u00e8res pour plus d&#8217;un milliard de dollars EU, mais ne fournit aucune analyse critique de l&#8217;importance des fonds de placement immobilier ou des fonds priv\u00e9s dans les flux de l&#8217;investissement \u00e9tranger direct.<br \/>\n(2) CNUCED,<em> Rapport sur le commerce et le d\u00e9veloppement<\/em> 2005, &#8220;Nouvelles caract\u00e9ristiques de l&#8217;interd\u00e9pendance \u00e9conomiques mondiale&#8221;, Gen\u00e8ve : Nations Unies, 2005, page 29.<br \/>\n(13) CNUCED, Tableau A.I.9.(Annexes), &#8220;Liste des 100 premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s transnationales non financi\u00e8res du monde, class\u00e9es en fonction de leurs avoirs \u00e9trangers&#8221;, 2003, Rapport sur l\u00b4investissement dans le monde, 2005, Gen\u00e8ve : Nations Unies, 2005.<br \/>\n(14) CNUCED, Tableau A.I.12.(Annexes), &#8220;Liste des 50 premi\u00e8res soci\u00e9t\u00e9s transnationales financi\u00e8res du monde, class\u00e9es en fonction de l&#8217;actif total&#8221;, 2003, <em>Rapport sur l\u00b4investissement\u00a0<\/em><em>dans le monde,\u00a0<\/em>2005, Gen\u00e8ve : Nations Unies, 2005.<br \/>\n(15) <em>Rapport sur l&#8217;emploi dans le monde,<\/em> 2004-05, &#8220;Emploi, productivit\u00e9 et r\u00e9duction de la pauvret\u00e9 dans le monde&#8221;. Gen\u00e8ve : BIT, 2005.<br \/>\n(16) Par exemple, parmi les \u00e9tudes d\u00e9taill\u00e9es sur le capital figure un rapport de Ebony <em>Consulting International (Pty) Ltd, Private Equity and Capitalisation of SMMEs in South Africa : Quo Vadis?<\/em>, &#8220;Document de travail n\u00b034 du Programme Finance et Solidarit\u00e9 &amp; Programme focal de promotion de l\u2019emploi par le d\u00e9veloppement des petites entreprises, Secteur de l&#8217;emploi&#8221;, Organisation internationale du travail, Gen\u00e8ve<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>FINANCIALISATION : NOUVELLES PERSPECTIVES DE B\u00c9N\u00c9FICES, NOUVEAUX ENJEUX POUR LES SYNDICATS Peter Rossman est Directeur de la communication de l&#8217;Union internationale des travailleurs de l&#8217;alimentation, de l&#8217;agriculture, de l&#8217;h\u00f4tellerie-restauration, du tabac et des branches connexes (UITA); Gerard Greenfield est Coordonnateur r\u00e9gional de l&#8217;UITA pour l&#8217;Asie\/Pacifique pour les Soci\u00e9t\u00e9s transnationales du secteur de l&#8217;alimentation et des [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34"}],"collection":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=34"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":630,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/34\/revisions\/630"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=34"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=34"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=34"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}