{"id":71,"date":"2008-10-23T22:57:31","date_gmt":"2008-10-23T22:57:31","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/10\/23\/entretien-avec-diane-bellemare-2001\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:05","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:05","slug":"entretien-avec-diane-bellemare-2001","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/10\/23\/entretien-avec-diane-bellemare-2001\/","title":{"rendered":"Entretien avec Dan Gallin (Diane Bellemare, 2001)"},"content":{"rendered":"<p>Diane Bellemare \u00e9dite un journal \u00e9lectronique, <em>La Minute de l&#8217;Emploi<\/em>, soutenu par le Fonds de formation de la F\u00e9d\u00e9ration des Travailleurs et Travailleuses du Qu\u00e9bec, \u00e0 Montr\u00e8al. L'&#8221;entrevue virtuelle&#8221; ci-dessous, portant sur &#8220;l&#8217;ordre du jour syndical face \u00e0 la mondialsation&#8221;, a eu lieu en septembre 2001. <!--more-->Dan Gallin est chercheur en sciences sociales et a \u00e9t\u00e9 longtemps secr\u00e9taire d&#8217;une organisation syndicale internationale, l&#8217;Union Internationale des Travailleurs de l&#8217;Alimentation. Il est pr\u00e9sident du Global Labour Institute dont le si\u00e8ge est \u00e0 Gen\u00e8ve. Le mandat de cet institut est d\u2019\u00e9tablir des liens entre les organisations syndicales et celles de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Pour en savoir plus visiter le site: <a href=\"http:\/\/www.global-labour.org\">http:\/\/www.global-labour.org<\/a>.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; La mondialisation de l\u2019\u00e9conomie est-il un ph\u00e9nom\u00e8ne incontournable tout comme les effets qu\u2019elle engendre?<\/em><\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; Dans toute discussion sur la mondialisation, il est facile de confondre cause et effet. La mondialisation est au d\u00e9part un processus de transformation de la vie \u00e9conomique \u00e0 la suite de l\u2019introduction de technologies nouvelles, fond\u00e9es sur l\u2019informatisation, essentiellement dans le domaine des communications et des transports. Dans ce sens, la mondialisation est une r\u00e9alit\u00e9 incontournable et irr\u00e9versible, au m\u00eame titre que la r\u00e9volution industrielle qui a suivi l\u2019invention de la machine \u00e0 vapeur ou du moteur \u00e0 explosion.<\/p>\n<p>Comme toutes les grandes transformations, la mondialisation fond\u00e9e sur l\u2019informatisation entra\u00eene des cons\u00e9quences sociales, politiques et culturelles. L\u00e0, il n\u2019y a rien qui soit incontournable et irr\u00e9versible : elles sont ou bien le r\u00e9sultat de processus qui se sont ma\u00eetris\u00e9s par personne mais pas forc\u00e9ment in\u00e9vitables ou bien le r\u00e9sultat d\u2019un rapport de force social. Ceux qui d\u00e9clarent \u00ab s\u2019opposer \u00e0 la mondialisation \u00bb, pensent en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 ses cons\u00e9quences, qui sont dans la plupart des cas contraires aux int\u00e9r\u00eats de la vaste majorit\u00e9 de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Il est important de tenir ces distinctions \u00e0 l\u2019esprit pour deux raisons : d\u2019abord parce que nous pouvons et devons concevoir un mod\u00e8le de mondialisation conforme aux int\u00e9r\u00eats des peuples. Ensuite, parce que les m\u00eames outils qui ont servi \u00e0 la mondialisation de l\u2019\u00e9conomie peuvent servir \u00e0 l\u2019internationalisation du mouvement ouvrier.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; Pouvons-nous compter sur nos gouvernements pour nous prot\u00e9ger des effets n\u00e9gatifs de la mondialisation?<\/em><\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; Le processus de mondialisation impose un nouveau r\u00f4le \u00e0 nos gouvernements. En fait, les soci\u00e9t\u00e9s transnationales sont le principal moteur et en m\u00eame temps les principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires des transformations technologiques qui sous-tendent la mondialisation. Nous savons qu\u2019elles sont environ 63 000 et, avec leurs 690 000 filiales, elles repr\u00e9sentent un quart du PIB mondial et un tiers des exportations mondiales. Nous savons aussi que la concentration du capital transnational, qui se poursuit, aboutit \u00e0 un contr\u00f4le de secteurs \u00e9conomiques clefs par un petit nombre de soci\u00e9t\u00e9s transnationales : t\u00e9l\u00e9communications, pesticides, ordinateurs, produits pharmaceutiques, p\u00e9trole, alimentation, commerce de d\u00e9tail, banques, assurances, automobile, et j\u2019en passe.<\/p>\n<p>C\u2019est surtout la nouvelle mobilit\u00e9 du capital qui explique le pouvoir politique de ces soci\u00e9t\u00e9s. Elle leur a permis d\u2019imposer un nouveau r\u00f4le \u00e0 l\u2019\u00c9tat. D\u00e9sormais, les gouvernements se trouvent en position de faiblesse vis-\u00e0-vis des entreprises transnationales qui peuvent leur imposer leurs conditions, par un chantage \u00e0 l\u2019investissement ou \u00e0 la fiscalit\u00e9.<\/p>\n<p>Si les \u00e9conomistes n\u00e9o-lib\u00e9raux de l\u2019\u00e9cole de Chicago ont cess\u00e9 d\u2019\u00eatre une obscure secte acad\u00e9mique pour devenir les ma\u00eetres \u00e0 penser du monde, ce n\u2019est pas parce que leurs id\u00e9es sont devenues meilleures au fil des ann\u00e9es mais parce que les rapports de force politiques et sociaux ont chang\u00e9 dans les soci\u00e9t\u00e9s industrielles modernes et sur le plan mondial.<\/p>\n<p>Cela veut dire que la vaste majorit\u00e9 des citoyens ne peuvent plus compter sur l\u2019\u00c9tat pour les prot\u00e9ger. L\u2019alternative \u00e0 l\u2019\u00c9tat, c\u2019est une vaste organisation civile et d\u00e9mocratique \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; Et que dire du mouvement syndical qui tout au long de la r\u00e9volution industrielle a \u00e9t\u00e9 \u00e0 l\u2019avant garde pour promouvoir l\u2019am\u00e9lioration des conditions de vie \u00e9conomiques et sociales?<\/em><\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; Des organisations syndicales internationales existent qui pourraient faire face aux entreprises transnationales. Il s\u2019agit notamment de la Conf\u00e9d\u00e9ration internationales des syndicats libres (CISL) et de la Conf\u00e9d\u00e9ration europ\u00e9enne des syndicats (CES). Je suis toutefois oblig\u00e9 de constater leur faiblesse. Pour des raisons diverses qui tiennent \u00e0 leur histoire, elles ont \u00e9t\u00e9 incapables jusqu\u2019ici de mener une action coh\u00e9rente et efficace pour reconqu\u00e9rir le terrain perdu les vingt derni\u00e8res ann\u00e9es. La raison fondamentale est le fait qu\u2019elles soient compos\u00e9es d\u2019organisations nationales qui, dans la plupart des cas, n\u2019arrivent pas \u00e0 d\u00e9passer le cadre national dans leur pens\u00e9e et dans leur action. Par ailleurs, elles privil\u00e9gient la repr\u00e9sentation au niveau des organisations inter-gouvernementales plut\u00f4t que le travail d&#8217;organisation et une strat\u00e9gie politique de lutte syndicale.<\/p>\n<p>Le mouvement syndical d\u2019aujourd\u2019hui est diff\u00e9rent de ce qu\u2019il \u00e9tait au temps de la r\u00e9volution industrielle o\u00f9 il \u00e9tait beaucoup plus politis\u00e9 en ce sens qu\u2019il portait un projet de soci\u00e9t\u00e9. La d\u00e9politisation du mouvement syndical pendant les ann\u00e9es des vaches grasses d\u2019apr\u00e8s-guerre- les trente glorieuses- lui a \u00e9t\u00e9 funeste : elle a cr\u00e9\u00e9 des cadres routiniers plus aptes \u00e0 administrer des acquis que de mener des luttes et d\u2019organiser, et surtout de tenir compte de l\u2019impr\u00e9vu, et elle a cr\u00e9\u00e9 une base habitu\u00e9e \u00e0 la passivit\u00e9.<\/p>\n<p>Il faut donc repolitiser, mais cela ne veut pas dire de continuer ou de r\u00e9tablir des relations de d\u00e9pendance vis-\u00e0-vis de partis politiques. Les relations du mouvement syndical avec les partis politiques, y compris ses alli\u00e9s traditionnels, sont devenues difficiles, dans la mesure o\u00f9 ces partis, une fois au pouvoir, se sentent oblig\u00e9s de suivre pour l\u2019essentiel des m\u00eames politiques n\u00e9o-lib\u00e9rales que les partis conservateurs. N\u00e9anmoins, le mouvement syndical a besoin d\u2019une dimension politique, mais son programme politique devra \u00eatre \u00e9labor\u00e9 et appliqu\u00e9 en toute ind\u00e9pendance. Il devra \u00eatre fond\u00e9 sur les besoins de ses membres et devra comprendre un projet de soci\u00e9t\u00e9 dans lequel la majorit\u00e9 de la population puisse se retrouver.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; De nombreux groupes qui se revendiquent de la soci\u00e9t\u00e9 civile manifestent leur opposition aux effets de la mondialisation, et ces groupes font beaucoup parler d\u2019eux. Par ailleurs, les syndicats sont aussi tr\u00e8s pr\u00e9sents lors de ces manifestations mais moins visibles. Ne voyez-vous pas dans cette r\u00e9alit\u00e9 une tendance vers la marginalisation du mouvement syndical?<\/em><\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; En effet, le mouvement syndical a \u00e9t\u00e9 marginalis\u00e9 au fil des derni\u00e8res ann\u00e9es. La tendance doit s\u2019inverser. La reconqu\u00eate de l\u2019opinion publique et la r\u00e9insertion du mouvement syndical au centre de la soci\u00e9t\u00e9 passe par une politique d\u2019alliances avec d\u2019autres acteurs sociaux notamment les nouveaux mouvements sociaux des femmes, des droits de la personne, de la d\u00e9fense de l\u2019environnement.<\/p>\n<p>Tous ces mouvements sociaux repr\u00e9sentent des int\u00e9r\u00eats convergents, ils ont un combat commun \u00e0 mener et l\u2019enjeu de ce combat est le m\u00eame que celui du mouvement syndical : c\u2019est le monde dans lequel nous vivrons demain, dans 10 ans, dans 20 ans. L\u2019objectif du mouvement syndical doit \u00eatre de reconstituer le mouvement social sur le plan mondial, en se battant avec les moyens que la globalisation, et la technologie qui la sous-tend, lui donnent. Un tel mouvement social mondial serait un nouveau mouvement de lib\u00e9ration de l\u2019humanit\u00e9 dont les armes principales sont le t\u00e9l\u00e9copieur et l\u2019ordinateur.<\/p>\n<p>Le mouvement syndical est seul \u00e0 pouvoir jouer ce r\u00f4le. Malgr\u00e9 ses faiblesses au plan international, il reste le seul mouvement universel et d\u00e9mocratiquement organis\u00e9, avec une capacit\u00e9 de r\u00e9sistance remarquable. Ce n\u2019est pas un miracle : il est seul \u00e0 donner du pouvoir par \u00ab l\u2019organisation \u00bb \u00e0 des millions de travailleurs qui m\u00e8nent tous les jours des milliers de luttes dans le monde entier, grandes ou petites, dans un combat pour la dignit\u00e9 humaine. Le mouvement syndical n\u2019est pas un groupe de pression comme un autre et contrairement \u00e0 ce que certains pr\u00e9tendent, la fiche de paie de ses membres ne saurait \u00eatre sa pr\u00e9occupation exclusive. Il n\u2019a pas d\u2019int\u00e9r\u00eats s\u00e9par\u00e9s de ceux de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans son ensemble. Cela non plus n\u2019a rien d\u2019\u00e9tonnant puisque la tr\u00e8s grande majorit\u00e9 de la population mondiale sont des travailleurs d\u00e9pendants et, lorsqu\u2019il prend en charge leurs pr\u00e9occupations et leurs int\u00e9r\u00eats, ce sont les pr\u00e9occupations et les int\u00e9r\u00eats de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 civile qu\u2019il prend en charge. Et enfin, le mouvement syndical est constitu\u00e9 de structures et de r\u00e9seaux qui, malgr\u00e9 leurs faiblesses et leur rel\u00e2chement, recouvrent le monde entier.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; Si le mouvement syndical doit revenir au centre de la soci\u00e9t\u00e9 civile, s\u2019il doit se repolitiser, la question qui se pose est \u00ab pour faire quoi \u00bb quand on sait qu\u2019un retour en arri\u00e8re n\u2019est pas possible et que modifier les rapports de force en faveur de la soci\u00e9t\u00e9 civile dans le cadre de l\u2019\u00c9tat national n\u2019est pas possible non plus<\/em>?<\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; La mondialisation que nous vivons n\u2019est qu\u2019une mondialisation partielle : ce qui est mondialis\u00e9, ce sont les entreprises transnationales et le r\u00e9seau politique \u00e0 son service. On peut m\u00eame dire qu\u2019il existe une sorte de gouvernement mondial virtuel, dont les \u00e9l\u00e9ments sont un ensemble de trait\u00e9s multilat\u00e9raux et des institutions supranationales telles que le Fonds Mon\u00e9taire International, la Banque Mondiale, l\u2019Organisation Mondiale du Commerce et d\u2019autres, et bien \u00e9videmment ce \u00abgouvernement mondial\u00bb \u00e9chappe compl\u00e8tement \u00e0 tout contr\u00f4le d\u00e9mocratique. Sa politique et ses d\u00e9cisions sont fa\u00e7onn\u00e9es par les lobbies des entreprises mondiales, les m\u00eames d\u2019ailleurs qui d\u00e9terminent la politique des principaux gouvernements qui contr\u00f4lent ces instances internationales.<\/p>\n<p>En revanche, ce qui n\u2019est pas mondialis\u00e9, c\u2019est l\u2019\u00e9tat de droit, les droits d\u00e9mocratiques et les droits de la personne, les droits syndicaux. Nous pouvons dire : mondialisons, mais alors mondialisons tout!<br \/>\nIl n\u2019est pas difficile d\u2019imaginer la construction d\u2019un nouvel ordre mondial, diff\u00e9rent du mod\u00e8le n\u00e9o-lib\u00e9ral aujourd\u2019hui dominant, et qui r\u00e9pondrait aux int\u00e9r\u00eats de l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9. L\u2019absence d\u2019un gouvernement mondial formel, d\u2019un \u00ab \u00c9tat mondial \u00bb &#8211; d\u2019ailleurs pas du tout souhaitable dans les circonstances actuelles- n\u2019emp\u00eache pas des accords entre \u00e9tats, assortis de proc\u00e9dures d\u2019application qui, par exemple, imposeraient des r\u00e8gles de fonctionnement aux soci\u00e9t\u00e9s transnationales conformes aux int\u00e9r\u00eats des populations et de la soci\u00e9t\u00e9 civile mondiale, y compris une l\u00e9gislation du travail internationale contraignante, ou bien la taxation des flux financiers comme l\u2019imaginait l\u2019\u00e9conomiste James Tobin aux \u00c9tats-Unis en 1974.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me actuel n\u2019est pas un manque d\u2019id\u00e9es sur la fa\u00e7on d\u2019organiser le monde. Mais plut\u00f4t un probl\u00e8me de pouvoir et de rapport de force entre les int\u00e9r\u00eats de la soci\u00e9t\u00e9 civile et ceux des entreprises transnationales. La source de la puissance de ces derni\u00e8res, c\u2019est l\u2019argent\u2026et de tr\u00e8s grandes quantit\u00e9s d\u2019argent. La source de la puissance de la soci\u00e9t\u00e9 civile et plus particuli\u00e8rement du mouvement syndical, c\u2019est l\u2019organisation. L\u2019organisation, c\u2019est ce que le mouvement syndical est cens\u00e9 savoir faire. Cet outil sert peu ou mal en ce moment principalement parce que le r\u00e9flexe syndical demeure conditionn\u00e9 par les fronti\u00e8res des \u00e9tats nations. Devant la crise, beaucoup se replient sur eux-m\u00eames, exactement le contraire de ce qu\u2019il faut faire \u00e0 un moment o\u00f9 il faut \u00e9videmment chercher \u00e0 renforcer les liens internationaux, et de les rendre plus efficaces. C\u2019est un r\u00e9flexe naturel, mais faux, de la m\u00eame fa\u00e7on que freiner sur du verglas est un r\u00e9flexe naturel mais dangereux.<\/p>\n<p><em><strong>D.B.<\/strong>&#8211; A votre avis, les \u00e9v\u00e8nements tragiques du 11 septembre vont-ils acc\u00e9l\u00e9rer ou freiner le processus de mondialisation en cours?<\/em><\/p>\n<p><strong>D.G.<\/strong>&#8211; Je ne pense pas que des attaques terroristes, m\u00eame de grande envergure, puissent changer grand chose au processus de mondialisation. Je constate, cependant, que nous sommes en plein dedans: d&#8217;une part, les organisations terroristes collaborent \u00e0 &#8216;\u00e9chelle mondiale (IRA Irlande avec les FARC Colombie, ETA basque avec IRA, etc.) et celles de la n\u00e9buleuse int\u00e9griste islamique sont implant\u00e9es, semble-t-il, dans 60 pays. D&#8217;autre part, une attaque comme celle contre les cibles \u00e0 New York et \u00e0 Washington est impensable sans la ma\u00eetrise des outils techniques de la mondialisation (notamment l&#8217;Internet) et la connaissance des failles des soci\u00e9t\u00e9s ouvertes, elles-m\u00eames un produit de la mondialisation. Quant \u00e0 la r\u00e9pression au service du capital transnational elle est aussi mondialis\u00e9e, et depuis longtemps. D&#8217;autre part, et heureusement, une conception commune des droits humains et de l&#8217;Etat de droit commence aussi \u00e0 se mondialiser: les tribunaux qui se mettent en place pour juger les crimes contre l&#8217;humanit\u00e9, en ex-Yougoslavie, au Rwanda, au Cambodge, peut-\u00eatre sur le plan mondial, en sont un signe.<\/p>\n<p>Le probl\u00e8me du mouvement ouvrier, qui n&#8217;est pas nouveau, c&#8217;est que nous devons nous battre sur plusieurs fronts: d&#8217;une part, nous sommes une force d&#8217;opposition qui doit obtenir un changement fondamental de soci\u00e9t\u00e9 dans le sens de la justice et de la libert\u00e9 pour tous, et nous devons le rester; d&#8217;autre part, nous devons nous battre contre les forces autoritaires, multiformes au cours de l&#8217;histoire (frange terroriste de l&#8217;anarchisme, staliniens, int\u00e9gristes) qui contestent le m\u00eame ordre social mais avec des moyens diff\u00e9rents, inacceptables pour nous, qui aboutissent forc\u00e9ment \u00e0 des r\u00e9sultats diff\u00e9rents, puisque les moyens d\u00e9terminent la fin. Comme toujours, le terrorisme renforce les tendances les plus r\u00e9actionnaires des soci\u00e9t\u00e9s o\u00f9 il se manifeste. Il s&#8217;agit pour nous de garder la t\u00eate froide, de lutter avec les armes de la d\u00e9mocratie qui nous sont propres, et de ne pas c\u00e9der aux int\u00e9grismes, quels qu&#8217;ils soient.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Diane Bellemare \u00e9dite un journal \u00e9lectronique, La Minute de l&#8217;Emploi, soutenu par le Fonds de formation de la F\u00e9d\u00e9ration des Travailleurs et Travailleuses du Qu\u00e9bec, \u00e0 Montr\u00e8al. L&#8217;&#8221;entrevue virtuelle&#8221; ci-dessous, portant sur &#8220;l&#8217;ordre du jour syndical face \u00e0 la mondialsation&#8221;, a eu lieu en septembre 2001.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[12,2],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71"}],"collection":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=71"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":620,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/71\/revisions\/620"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=71"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=71"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=71"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}