{"id":72,"date":"2008-11-12T16:11:46","date_gmt":"2008-11-12T16:11:46","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/11\/12\/syndicalisme-dans-le-secteur-informel-facteur-de-developpement-dan-gallin-2005\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:05","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:05","slug":"syndicalisme-dans-le-secteur-informel-facteur-de-developpement-dan-gallin-2005","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2008\/11\/12\/syndicalisme-dans-le-secteur-informel-facteur-de-developpement-dan-gallin-2005\/","title":{"rendered":"Syndicalisme dans le secteur informel: facteur de d\u00e9veloppement (Dan Gallin, 13 d\u00e9cembre 2005)"},"content":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence donn\u00e9e par Dan Gallin, directeur du Global Labour Institute, dans le cadre du s\u00e9minaire R\u00e9formes \u00e9conomiques et d\u00e9veloppement durable en Afrique, Institut Universitaire d&#8217;Etudes du D\u00e9veloppement, Gen\u00e8ve.<br \/>\n<!--more-->Les Etats, et les organisations inter-gouvernementales, admettent aujourd&#8217;hui qu&#8217;une politique de d\u00e9veloppement, pour avoir quelque chance de succ\u00e8s, doit impliquer la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>Ainsi l&#8217;Union europ\u00e9enne, dans son papier d&#8217;octobre dernier sur sa nouvelle strat\u00e9gie vis-\u00e0-vis de l&#8217;Afrique (1), d\u00e9clare que le partenariat envisag\u00e9 entre les deux continents n&#8217;aura du succ\u00e8s que s&#8217;il va au-del\u00e0 d&#8217;une interaction formelle politique et \u00e9conomique. Ce qui est propos\u00e9, au-del\u00e0 de cette interaction formelle, c&#8217;est un partenariat entre diff\u00e9rentes institutions, mouvements et organisations, entre autres les syndicats et les r\u00e9seaux de la soci\u00e9t\u00e9 civile.<\/p>\n<p>D&#8217;autres aussi font r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 civile comme facteur de d\u00e9veloppement, ce qui peut traduire un souci d&#8217;impliquer et de co-opter l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9 dans certaines politiques de d\u00e9veloppement, aussi bien que dans certains cas une saine m\u00e9fiance vis-\u00e0-vis de la capacit\u00e9 des gouvernements de faire aboutir des politiques de d\u00e9veloppement dans l&#8217;int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral de la soci\u00e9t\u00e9. Dans ce cas, on appelle la soci\u00e9t\u00e9 civile \u00e0 exercer une fonction de contr\u00f4le.<\/p>\n<p>Arr\u00eatons-nous un instant sur le concept de la soci\u00e9t\u00e9 civile. Il a une histoire longue et compliqu\u00e9e, mais dans son acceptation actuelle il d\u00e9signe l&#8217;ensemble des associations volontaires que les citoyens se donnent pour faire avancer leurs int\u00e9r\u00eats, ne d\u00e9pendant ni de l&#8217;Etat, ni du patronat, ni des partis politiques \u2013 encore que des passerelles existent forc\u00e9ment. En fait, il s&#8217;agit du peuple organis\u00e9, sous diff\u00e9rentes formes, mais des formes libres et ind\u00e9pendantes. Cette libert\u00e9 et ind\u00e9pendance est la condition d&#8217;une action efficace, qu&#8217;il s&#8217;agisse des syndicats, des femmes, des d\u00e9fenseurs des droits de l&#8217;homme, de l&#8217;environnement ou encore de communaut\u00e9s locales, pour d\u00e9fendre des int\u00e9r\u00eats qui se heurtent \u00e0 des obstacles mis en place par d&#8217;autres int\u00e9r\u00eats qui leur sont contraires.<\/p>\n<p>Nous sommes donc dans une situation de conflit entre int\u00e9r\u00eats oppos\u00e9s, de rapports de force. Il y a un enjeu de pouvoir. Ceci, qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;Afrique ou de n&#8217;importe quelle autre r\u00e9gion du monde.<br \/>\nParmi les forces en pr\u00e9sence dans la soci\u00e9t\u00e9 civile, le mouvement syndical est certainement celui qui a les objectifs les plus ambitieux et les plus universels. Depuis ses origines dans l&#8217;Europe du 19\u00e8me si\u00e8cle, ensuite dans le monde entier, son programme, c&#8217;est la justice sociale, un vaste programme qui implique un changement de soci\u00e9t\u00e9, parce que la justice, comme la libert\u00e9, ne saurait \u00eatre celle de quelques-uns: si elle est r\u00e9elle, elle est celle de tous.<\/p>\n<p>C&#8217;est aussi dans le cadre d&#8217;une lutte pour la justice sociale au sens large du terme que peuvent aboutir les luttes pour l&#8217;\u00e9galit\u00e9, pour l&#8217;Etat de droit, pour la d\u00e9mocratie, pour la sauvegarde de l&#8217;environnement naturel. Dans ce sens, le mouvement syndical n&#8217;est pas un &#8220;groupe de pression&#8221; parmi d&#8217;autres: il est, du moins en puissance, le point de ralliement et le mouvement d&#8217;autod\u00e9fense de la soci\u00e9t\u00e9 contre toute forme d&#8217;oppression et d&#8217;exploitation et contre les menaces \u00e0 sa survie.<\/p>\n<p>Ce que je viens de vous d\u00e9crire, c&#8217;est la vision: une vision politique, id\u00e9ologique et, n&#8217;ayons pas peur du terme, une vision morale. C&#8217;est gr\u00e2ce \u00e0 elle que le mouvement syndical existe et qu&#8217;il a surv\u00e9cu \u00e0 des r\u00e9pressions, souvent dans leurs formes les plus dures, partout dans le monde.<\/p>\n<p>Mais qu&#8217;en est-il de sa r\u00e9alit\u00e9 actuelle? Quel est le rapport de cette r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 la vision?<\/p>\n<p>En Afrique (sub-saharienne et \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;Afrique du Sud), le mouvement syndical a souvent \u00e9t\u00e9 critiqu\u00e9 pour ne repr\u00e9senter qu&#8217;une petite partie du peuple: une \u00e9lite de fonctionnaires du secteur public et des travailleurs salari\u00e9s de l&#8217;industrie, des mines, des transports, des plantations, alors que la grande majorit\u00e9 du peuple travailleur, c&#8217;est \u00e0 dire de la classe ouvri\u00e8re r\u00e9elle, vivait de l&#8217;agriculture de subsistance ou des activit\u00e9s du secteur informel.<\/p>\n<p>Cela a certainement \u00e9t\u00e9 le cas au moment de la d\u00e9colonisation et dans les d\u00e9cennies qui ont suivi, jusqu&#8217;\u00e0 tout r\u00e9cemment. Si le mouvement syndical, repr\u00e9sentant seulement les travailleurs salari\u00e9s, a n\u00e9anmoins pu jouer un r\u00f4le politique important, et disproportionn\u00e9 par rapport \u00e0 sa repr\u00e9sentativit\u00e9, c&#8217;est parce qu&#8217;il constituait partout l&#8217;infrastructure indispensable des mouvements de lib\u00e9ration. Par la suite, dans un certain nombre d&#8217;Etats, une fois la d\u00e9colonisation acquise, le mouvement syndical a \u00e9t\u00e9 somm\u00e9 de choisir entre la soumission au gouvernement contr\u00f4l\u00e9 par le parti unique ou la r\u00e9pression. Dans un cas comme dans l&#8217;autre, cela signifiait qu&#8217;il \u00e9tait dans l&#8217;incapacit\u00e9 de jouer son r\u00f4le.<\/p>\n<p>Dans d&#8217;autres Etats, o\u00f9 une forme suffisante de d\u00e9mocratie s&#8217;\u00e9tait maintenue, ou avait \u00e9t\u00e9 r\u00e9tablie apr\u00e8s une p\u00e9riode de dictature, le mouvement syndical restait politiquement influent.<\/p>\n<p>Le grand changement, et le d\u00e9fi existentiel, arrive avec la globalisation \u00e0 partir de la fin des ann\u00e9es 1970. La globalisation, nous les savons, a un aspect, si l&#8217;on veut, technique, essentiellement les nouvelles technologies de communication et des transports, et un aspect politique, dont les \u00e9l\u00e9ments principaux sont notamment la d\u00e9r\u00e9glementation, la privatisation du secteur public (production et services), et le libre commerce.<\/p>\n<p>Ces \u00e9l\u00e9ments politiques ont \u00e9t\u00e9 mis en application sous la forme des programmes d&#8217;ajustement structurel du Fonds mon\u00e9taire international et de la Banque mondiale, souvent impos\u00e9s \u00e0 des pays endett\u00e9s en Afrique, en Am\u00e9rique latine et en Asie comme condition pour l&#8217;obtention de nouveaux cr\u00e9dits. Ils ont eu pour cons\u00e9quence le d\u00e9mant\u00e8lement du secteur public et, dans beaucoup de cas, l&#8217;arr\u00eat de la production industrielle pour cause de comp\u00e9titivit\u00e9 jug\u00e9e insuffisante.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me cons\u00e9quence, d\u00e9coulant de la premi\u00e8re, a \u00e9t\u00e9 le formidable d\u00e9veloppement de l&#8217;\u00e9conomie informelle et du travail informel.<\/p>\n<p>Qu&#8217;est-ce que le travail informel? Il s&#8217;agit de tout travail non r\u00e9glement\u00e9 et non prot\u00e9g\u00e9 par des lois ou par des conventions collectives. Il existe dans toutes les branches d&#8217;activit\u00e9s, dans la production, le commerce et les services sous diff\u00e9rentes formes, notamment: travail \u00e0 domicile, vente dans les rues et march\u00e9s, emploi domestique, travail occasionnel (par exemple dans la construction et l&#8217;agriculture), agriculture de subsistance ou m\u00e9tayage, collecte des produits de la for\u00eat, transports personnels (cyclo-pousse), artisanat, petites entreprises familiales. Il s&#8217;agit dans la majorit\u00e9 de cas de travailleurs peu qualifi\u00e9s, \u00e0 revenus tr\u00e8s bas, dans des activit\u00e9s de survie, en grande partie auto-employ\u00e9s.<\/p>\n<p>Ces formes d&#8217;activit\u00e9 ne sont pas nouvelles. Dans la plupart des pays d&#8217;Afrique, d&#8217;Asie, d&#8217;Am\u00e9rique latine et des Cara\u00efbes elles existent depuis les d\u00e9buts du capitalisme colonial. Ce qui est nouveau, c&#8217;est leur croissance sous l&#8217;impact des politiques n\u00e9o-lib\u00e9rales. Encore dans les ann\u00e9es 1970 on pensait que le secteur informel \u00e9tait une survivance archa\u00efque et qu&#8217;il serait graduellement absorb\u00e9 dans le secteur dit &#8220;moderne&#8221; par un processus de &#8220;d\u00e9veloppement&#8221;. En fait, c&#8217;est tout le contraire qui s&#8217;est produit. C&#8217;est le secteur informel qui s&#8217;est d\u00e9velopp\u00e9, et continue \u00e0 cro\u00eetre, non seulement dans les pays dits en d\u00e9veloppement mais aussi dans les pays industrialis\u00e9s du Nord: en Europe occidentale, o\u00f9 il est estim\u00e9 \u00e0 environ 15% en moyenne de la population active, (beaucoup plus dans les pays de l&#8217;ancien bloc sovi\u00e9tique), en Am\u00e9rique du Nord et au Japon.<\/p>\n<p>En Afrique sub-saharienne, 72% de la population active urbaine travaille dans l&#8217;\u00e9conomie informelle (78% sans l&#8217;Afrique du Sud), et 90% de tous les emplois nouvellement cr\u00e9\u00e9s le sont dans l&#8217;\u00e9conomie informelle. Les chiffres pour les autres r\u00e9gions du Sud global sont: 48% pour l&#8217;Afrique du Nord, 51% pour l&#8217;Am\u00e9rique latine et 65% pour l&#8217;Asie (2), mais en Inde, ce ne sont pas moins de 97% de la population active qui travaille dans le secteur informel (83% sans l&#8217;agriculture).<\/p>\n<p>Les femmes sont fortement sur-repr\u00e9sent\u00e9es dans la plupart des activit\u00e9s informelles, surtout dans le travail \u00e0 domicile, la vente dans les lieux publics, l&#8217;emploi domestique, mais aussi dans d&#8217;autres secteurs: comme man\u0153uvres \u00e0 la journ\u00e9e sur des chantiers de construction, dans l&#8217;agriculture, dans la collecte et la premi\u00e8re transformation de produits forestiers, m\u00eame dans les transports personnels: \u00e0 La Havane, les transports personnels (en motocycle) sont assur\u00e9s enti\u00e8rement par des femmes.<\/p>\n<p>Prenons le cas du Ghana (3). Entre 1960 et 1991 l&#8217;emploi dans l&#8217;\u00e9conomie formelle (c&#8217;est \u00e0 dire couvert par la l\u00e9gislation du travail et souvent par des conventions collectives, permanent et r\u00e9guli\u00e8rement salari\u00e9) est tomb\u00e9 (en milliers) de 333 \u00e0 186, non seulement dans le secteur public mais aussi dans le secteur formel priv\u00e9 (de 149 \u00e0 31). Dans la m\u00eame p\u00e9riode, on constatait une augmentation de la population active, avec pr\u00e8s de 100,000 personnes sortant chaque ann\u00e9e des \u00e9tablissements d&#8217;\u00e9ducation et cherchant du travail. En 1998, l&#8217;emploi salari\u00e9 \u00e9tait estim\u00e9 \u00e0 16,1% de la main d&#8217;\u0153uvre du Ghana tandis que le reste de la population exer\u00e7ait une activit\u00e9 ind\u00e9pendante, surtout dans le secteur informel. Selon une autre estimation, le secteur informel du Ghana occupait en 1998 80% de la main d&#8217;\u0153uvre du pays. (4). Adu-Amankwah, secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint du Ghana TUC, auteur de l&#8217;\u00e9tude, conclut: &#8220;Les licenciements de masse, qui n&#8217;ont pu \u00eatre compens\u00e9s par l&#8217;offre d&#8217;emplois de substitution, ont pr\u00e9cipit\u00e9 d&#8217;innombrables travailleurs dans l&#8217;orbite du secteur informel.&#8221;<\/p>\n<p>Le Ghana est aussi parmi les pays o\u00f9 le mouvement syndical a commenc\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t \u00e0 s&#8217;engager dans l&#8217;organisation des travailleurs informels, fondamentalement pour deux raisons: en premier lieu, par une prise de conscience de la situation de ces travailleurs, exclus des m\u00e9canismes du pouvoir politique et sans d\u00e9fense sociale. Je cite encore Adu-Amankwah: &#8221; La population active du secteur informel ghan\u00e9en, quelle que soit sa force num\u00e9rique par rapport \u00e0 la totalit\u00e9 de la main d&#8217;\u0153uvre, n&#8217;est pas ad\u00e9quatement repr\u00e9sent\u00e9e dans les processus politiques. Elle est d&#8217;ailleurs totalement absente des all\u00e9es du pouvoir et du processus de d\u00e9cision. Les travailleurs du secteur informel ne disposent pas non plus des moyens et des possibilit\u00e9s requis pour influencer de mani\u00e8re syst\u00e9matique les situations et les d\u00e9cisions qui les concernent; ils n&#8217;ont pas non plus acc\u00e8s aux services n\u00e9cessaires pour fonctionner de mani\u00e8re efficace et rentable.&#8221; Il \u00e9tait donc du devoir du mouvement syndical de les prot\u00e9ger.<\/p>\n<p>La deuxi\u00e8me raison c&#8217;est que l&#8217;\u00e9rosion de sa base dans le secteur formel n&#8217;allait plus permettre au mouvement syndical, \u00e0 terme, de d\u00e9fendre m\u00eame les int\u00e9r\u00eats des membres qui lui restaient, et que pour maintenir son efficacit\u00e9 il fallait suivre ses membres l\u00e0 o\u00f9 ils \u00e9taient partis, donc dans le secteur informel.<\/p>\n<p>Depuis la fin des ann\u00e9es 1970, les syndicats ghan\u00e9ens ont syst\u00e9matiquement commenc\u00e9 \u00e0 recruter dans le secteur informel. L&#8217;un des affili\u00e9s du Congr\u00e8s des syndicats (Ghana TUC) est le Syndicat des transports des routiers priv\u00e9s (Ghana Private Road Transport Union) un syndicat du secteur informel dont les membres sont des chauffeurs salari\u00e9s et des chauffeurs propri\u00e9taires et d\u00e9tenteurs de v\u00e9hicules. Avec le soutien du gouvernement, le syndicat a \u00e9t\u00e9 en mesure d&#8217;obtenir des facilit\u00e9s de cr\u00e9dit permettant \u00e0 ses membres d&#8217;acqu\u00e9rir des v\u00e9hicules.<\/p>\n<p>Le syndicat g\u00e9n\u00e9ral des travailleurs agricoles (GAWU) a commenc\u00e9 \u00e0 organiser sa division de travailleurs ruraux (Rural Workers Organisation Division) d\u00e8s 1979. En 1998, la RWOD avait 12,000 membres, dont 60% de femmes.<\/p>\n<p>Le GAWU aide ses adh\u00e9rents, en particulier les femmes, en leur offrant des cr\u00e9dits renouvelables, et leur facilite l&#8217;acc\u00e8s \u00e0 d&#8217;autres formes de cr\u00e9dit institutionnel. Il aide \u00e9galement ses adh\u00e9rents \u00e0 se procurer des outils, des engrais ainsi que des articles essentiels tels que des lanternes et du p\u00e9trole. Le syndicat a \u00e9galement procur\u00e9 des machines \u00e0 coudre \u00e0 un groupe de femmes adh\u00e9rentes pour leur permettre de fabriquer des v\u00eatements pour leurs familles. Il a construit des b\u00e2timents destin\u00e9s au stockage des produits et \u00e0 des salles de classe pour ses programmes d&#8217;alphab\u00e9tisation. Il offre \u00e9galement \u00e0 ses adh\u00e9rents une \u00e9ducation de base et des cours de formation sur les sujets suivants: apiculture, transformation des produits alimentaires, comptabilit\u00e9 et administration financi\u00e8re, techniques de labour propres \u00e0 r\u00e9duire l&#8217;\u00e9rosion des sols, entretien des machines, r\u00e8gles d&#8217;hygi\u00e8ne et de s\u00e9curit\u00e9 dans l&#8217;utilisation de produits chimiques, et pratiques agricoles respectueuses de l&#8217;environnement.<br \/>\nUn responsable syndical remarque que &#8220;les travailleurs ruraux membres du syndicat peuvent maintenant se mobiliser pour faire valoir leurs droits au sein de leur communaut\u00e9 et unir leurs efforts dans le cadre de projets d&#8217;action autonomes.&#8221; (3)<\/p>\n<p>Le Syndicat des travailleurs du bois et de la construction (TWU) a commenc\u00e9 \u00e0 organiser le secteur informel en 1988 avec trois objectifs principaux: (1) promouvoir les int\u00e9r\u00eats de tous les travailleurs ind\u00e9pendants et parvenir \u00e0 l&#8217;unit\u00e9 d&#8217;action sur toutes les questions les concernant; (2) canaliser leur activit\u00e9 par l&#8217;\u00e9ducation et (3) obtenir, aux niveaux national et international, la reconnaissance de leur r\u00f4le \u00e9conomique dans le d\u00e9veloppement national.<\/p>\n<p>Le premier groupe d&#8217;ind\u00e9pendants vis\u00e9 \u00e9tait celui des travailleurs de la for\u00eat: utilisateurs de tron\u00e7onneuses \u00e9lectriques, coupeurs de bois de chauffe, charbonniers et tailleurs de cano\u00ebs. Le TWU a cr\u00e9\u00e9 l&#8217;Association nationale des scieurs (National Sawyers&#8217; Association \u2013 NSA) pour les regrouper. Depuis 1991, la NSA fonctionne comme organisation ind\u00e9pendante affili\u00e9e au TWU. Elle avait 12,000 membres en 1998.<\/p>\n<p>Le syndicat offre une formation \u00e0 ses membres pour leur faciliter l&#8217;inscription de leur entreprise au registre du commerce et de la d\u00e9clarer \u00e0 l&#8217;Office national des revenus, aupr\u00e8s des collectivit\u00e9s locales et au Minist\u00e8re de la Foresterie. Ces inscriptions sont n\u00e9cessaires pour obtenir un permis d&#8217;abattage des arbres.<\/p>\n<p>Les artisans du bois sont \u00e9galement organis\u00e9s par le TWU dans l&#8217;Association des petites entreprises de la charpente. Ce sont les utilisateurs des produits issus de l&#8217;activit\u00e9 des scieurs: charpentiers, menuisiers, \u00e9b\u00e9nistes. Le nombre de ces artisans est estim\u00e9 \u00e0 1,5 millions. Le syndicat, \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, en avait recrut\u00e9 30,000, essentiellement dans les r\u00e9gions de Kumasi et Accra.<\/p>\n<p>L&#8217;Association des propri\u00e9taires de machines de transformation du bois est un troisi\u00e8me groupe de travailleurs ind\u00e9pendants recrut\u00e9s par le TWU. Son activit\u00e9 est concentr\u00e9e dans les six r\u00e9gions foresti\u00e8res du Ghana. Le nombre de travailleurs dans ce secteur est estim\u00e9 \u00e0 6,000; \u00e0 la fin des ann\u00e9es 1990, le TWU en avait organis\u00e9 3,000.<\/p>\n<p>Depuis que le TWU a syndiqu\u00e9 les travailleurs du secteur informel, toute institution souhaitant traiter avec ces travailleurs doit passer par le syndicat: par exemple, l&#8217;Office de d\u00e9veloppement de l&#8217;exportation de bois, le Minist\u00e8re de l&#8217;am\u00e9nagement du territoire et de la foresterie, et le Parlement. Le TWU n\u00e9gocie les taux d&#8217;imposition de ses adh\u00e9rents avec les administrations r\u00e9gionales et les services fiscaux. Il n\u00e9gocie \u00e9galement avec les administrations r\u00e9gionales l&#8217;octroi de terrains o\u00f9 les charpentiers peuvent s&#8217;installer.<\/p>\n<p>Un autre syndicat ghan\u00e9en qui organise des travailleurs du secteur informel est le Syndicat des travailleurs du commerce et de l&#8217;industrie (ICU). Le ICU a notamment organis\u00e9 l&#8217;Association des travailleurs de la coiffure et de l&#8217;esth\u00e9tique (Hairdressers and Beauticians Association \u2013 GHABA), avec 4000 adh\u00e9rents concentr\u00e9s autour de Accra, Kumasi et Takoradi.<\/p>\n<p>Le Ghana TUC a d\u00e9cid\u00e9, il y a d\u00e9j\u00e0 quelques ann\u00e9es, de coordonner les activit\u00e9s de ses organisations affili\u00e9es dans le secteur informel (un secr\u00e9taire \u00e0 plein temps est charg\u00e9 de cette coordination) et il a mis en place une strat\u00e9gie d&#8217;ensemble dont l&#8217;un des \u00e9l\u00e9ments est celui-ci:<\/p>\n<p>&#8220;Mettre en \u00e9vidence la relation entre la syndicalisation du secteur informel et le d\u00e9veloppement national. Cela sous-entend d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 l&#8217;agriculture et \u00e0 la production manufacturi\u00e8re. On pourrait ainsi d\u00e9montrer comment la syndicalisation des travailleurs peut contribuer \u00e0 la croissance de ces secteurs. Il s&#8217;agirait alors de mettre au point une politique d&#8217;intervention dans le cadre de la strat\u00e9gie du d\u00e9veloppement national, reposant sur le soutien de l&#8217;Etat et d&#8217;autres institutions en vue de promouvoir la croissance des entreprises, la protection sociale des travailleurs et l&#8217;application g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e des normes du travail.&#8221; (3)<\/p>\n<p>Si les syndicats du Ghana ont \u00e9t\u00e9 en pointe, en Afrique, sur l&#8217;organisation du secteur informel, ils ne sont pas rest\u00e9s les seuls \u00e0 le prendre en charge. En octobre 1997, la Conf\u00e9rence panafricaine sur la participation d\u00e9mocratique, organis\u00e9e par le Programme pour le d\u00e9veloppement de la participation des travailleurs africains (APADEP)\u00e0 Arusha, Tanzanie, a affirm\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait n\u00e9cessaire d&#8217;organiser les travailleurs du secteur informel. Apr\u00e8s avoir fait l&#8217;inventaire de la situation des travailleurs et des syndicats africains face aux programmes d&#8217;ajustement structurel et face aux tendances actuelles de la mondialisation, elle a formul\u00e9 des recommandations aux syndicats, dont deux sont particuli\u00e8rement importantes dans le contexte de cette discussion:<\/p>\n<p>\u00b7 am\u00e9liorer la d\u00e9mocratie interne et la repr\u00e9sentation des femmes dans les structures syndicales;<br \/>\n\u00b7 \u00e9tendre le domaine de la syndicalisation pour englober le secteur informel.<\/p>\n<p>Ce n&#8217;est pas un hasard si ces deux aspects font partie de la m\u00eame recommandation. En effet, la d\u00e9mocratie \u00e0 l&#8217;int\u00e9rieur du syndicat, la f\u00e9minisation du mouvement syndical et l&#8217;organisation des travailleurs informels, qui sont en fait surtout des travailleuses, sont des questions qui sont \u00e9troitement li\u00e9es.<\/p>\n<p>Il faut relever que dans de nombreux pays les travailleurs et les travailleuses du secteur informel s&#8217;organisent eux-m\u00eames \u2013 et elles-m\u00eames \u2013 sans y \u00eatre pouss\u00e9 par une organisation bas\u00e9e sur le secteur formel. En Inde, plusieurs organisations ind\u00e9pendantes se sont constitu\u00e9es. La principale, et la plus connue, est l&#8217;Association des femmes auto-employ\u00e9es (Self Employed Women&#8217;s Association \u2013 SEWA) qui a maintenant pr\u00e8s de 700,000 membres, et qui a servi de mod\u00e8le \u00e0 d&#8217;autres organisations du m\u00eame type, notamment en Afrique du Sud.<\/p>\n<p>Dans plusieurs pays d&#8217;Afrique occidentale, des associations de vendeuses de march\u00e9, bien organis\u00e9es et politiquement puissantes, se sont constitu\u00e9es ind\u00e9pendamment et ce n&#8217;est que r\u00e9cemment qu&#8217;elles sont en discussion avec les centrales syndicales pour former des alliances, y compris sous forme d&#8217;affiliation.<br \/>\nA l&#8217;heure actuelle, on peut dire qu&#8217;une majorit\u00e9 des centrales syndicales africaines sont activement engag\u00e9es dans l&#8217;organisation des travailleurs et des travailleuses de l&#8217;\u00e9conomie informelle. C&#8217;est le cas de la centrale syndicale du Nigeria (Nigeria Labour Congress \u2013 NLC), d\u00e9j\u00e0 depuis plusieurs ann\u00e9es. En Ouganda, le syndicat des services publics, qui avait chut\u00e9 de 108,000 \u00e0 700 membres \u00e0 la suite des privatisations, s&#8217;est r\u00e9invent\u00e9 comme un syndicat de travailleurs informels (essentiellement de vendeurs de rue et de march\u00e9s) avec 17,000 membres en 1999.<\/p>\n<p>Dans huit pays d&#8217;Afrique occidentale (Benin, Burkina Faso, Cote d&#8217;Ivoire, Guin\u00e9e. Mali, Niger, S\u00e9n\u00e9gal et Togo) un programme de syndicalisation du secteur informel est en route, prenant pied en partie sur des organisations d\u00e9j\u00e0 existantes, dont le but est de cr\u00e9er une f\u00e9d\u00e9ration unique affili\u00e9e \u00e0 toutes les centrales nationales. Il est g\u00e9r\u00e9 par UNI, l&#8217;Internationale du commerce, et StreetNet, le r\u00e9seau international des organisations de vendeurs et vendeuses de rue, avec l&#8217;appui de l&#8217;OIT et de DANIDA, le programme danois d&#8217;aide au d\u00e9veloppement.<\/p>\n<p>En Zambie la centrale syndicale ZCTU a cr\u00e9\u00e9 une association d&#8217;\u00e9ducation des travailleurs (Zambia Workers&#8217; Education Association \u2013 ZWEA) en 1993, avec l&#8217;appui de la Workers&#8217; Education Association d&#8217;Angleterre. A partir de 1991, la ZWEA a mis en place un programme de s\u00e9minaires de formation pour les travailleurs du secteur informel. Cette activit\u00e9, r\u00e9unissant r\u00e9guli\u00e8rement les membres d&#8217;organisations locales, a abouti \u00e0 la cr\u00e9ation, en 2003, d&#8217;une f\u00e9d\u00e9ration nationale: Alliance of Zambian Informal Economy Associations (AZIEA) qui a maintenant plus d&#8217;un million de membres, alors que le ZCTU, dont les membres sont les travailleurs du secteur formel, n&#8217;en a que 250,000. L&#8217;AZIEA est une organisation associ\u00e9e du ZCTU.<\/p>\n<p>Il y a une dimension politique \u00e9vidente dans ces efforts. Pat Horn, la coordinatrice de StreetNet, dans un article r\u00e9cent (5) \u00e9crivant dans un contexte sud-africain sur le NEPAD (New Partnership for Africa&#8217;s Development), fait valoir que les m\u00eames critiques que l&#8217;on peut adresser au NEPAD (manque de transparence, accord ent\u00e9rin\u00e9 au sommet des gouvernements sans consultation de la soci\u00e9t\u00e9 civile) pourrait \u00eatre adress\u00e9 au mouvement syndical tant qu&#8217;il ne prend pas en compte les besoins et les revendications du secteur informel. Encore un effort, camarades, \u00e9crit Pat Horn: si vous voulez \u00eatre pris au s\u00e9rieux dans votre opposition, il faut au moins \u00eatre s\u00fbr au nom de qui vous parlez et qui vous repr\u00e9sentez.<\/p>\n<p>Je vais essayer de conclure, non pas \u2013 bien \u00e9videmment \u2013 pour devancer la discussion, mais pour vous donner mon interpr\u00e9tation de la signification des faits que je viens de d\u00e9crire.<\/p>\n<p>Le syndicalisme dans l&#8217;\u00e9conomie informelle a des cons\u00e9quences multiples. L&#8217;une d&#8217;entre elles, c&#8217;est que la classe ouvri\u00e8re majoritairement informelle et sans influence tant que le mouvement syndical restait circonscrit dans ses bases traditionnelles, tr\u00e8s diminu\u00e9es, se donne de nouveau les moyens d&#8217;exercer un pouvoir politique par l&#8217;organisation. Une organisation, cela sert pour r\u00e9sister et pour lutter: pour se soumettre, les travailleurs n&#8217;ont pas besoin d&#8217;organisation. La grande masse des travailleurs africains vont ainsi pouvoir peser davantage sur les politiques des gouvernements et se m\u00ealer de ce qui les regarde, notamment de la discussion sur les mod\u00e8les de d\u00e9veloppement, sur ce qui pourrait \u00eatre une politique de d\u00e9veloppement au service du peuple plut\u00f4t qu&#8217;au service des \u00e9lites et du capital transnational et o\u00f9 sont les espaces de libert\u00e9 d&#8217;une politique nationale dans le contexte de la globalisation.<\/p>\n<p>Une autre cons\u00e9quence est le changement que l&#8217;effort d&#8217;organisation dans le secteur informel implique pour le mouvement syndical lui-m\u00eame. Dans les cas que je connais le mieux, ceux du Ghana et de la Zambie, il est \u00e9vident qu&#8217;il n&#8217;aurait pas \u00e9t\u00e9 possible d&#8217;organiser avec succ\u00e8s dans le secteur informel sans de profonds changements dans le mouvement syndical. Il s&#8217;agit pour l&#8217;essentiel de d\u00e9mocratiser ses structures, de l&#8217;ouvrir largement aux femmes, de se d\u00e9barrasser d&#8217;une culture bureaucratique et autoritaire l\u00e0 o\u00f9 elle existe. Je pense qu&#8217;il en est de m\u00eame partout o\u00f9 la m\u00eame exp\u00e9rience a \u00e9t\u00e9 faite. &#8220;Changer pour gagner&#8221; (Change to Win) est le nom d&#8217;une centrale syndicale am\u00e9ricaine fond\u00e9e cette ann\u00e9e, essentiellement pour organiser les friches syndicales dans le secteur des services. Cela pourrait devenir la devise du syndicalisme africain.<\/p>\n<p>Je vous remercie de votre attention.<\/p>\n<hr style=\"height: 1px;background-color: gray\" \/>\n<p><strong>Notes<\/strong><br \/>\n(1) Commission des Communaut\u00e9s Europ\u00e9ennes: Communication de la Commission au Conseil, au Parlement Europ\u00e9en et au Comit\u00e9 Economique et Social Europ\u00e9en, <em>La strat\u00e9gie de l&#8217;UE pour l&#8217;Afrique: vers un pacte euro-africain pour acc\u00e9l\u00e9rer le d\u00e9veloppement de l&#8217;Afrique<\/em> (SEC2005:1255), Bruxelles, 12 octobre 2005, 48 p.<br \/>\n(2) <em>Women and Men in the Informal Economy \u2013 a Statistical Picture<\/em>, BIT, 2002.<br \/>\n(3) <em>Les Syndicats dans le Secteur Non-Structur\u00e9<\/em>, par Kwasi Adu-Amankwah, Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral adjoint du Congr\u00e8s des Syndicats du Ghana (GTUC), dans: <em>Education ouvri\u00e8re<\/em> No. 116 (No. 3, 1999), BIT, Gen\u00e8ve.<br \/>\n(4) T. Hormeku, <em>The Transformation and Development of the Informal Sector and the Role of Trade Unions<\/em>, communication pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 un s\u00e9minaire OUSA\/BIT\/FSE sur &#8220;Trade Unions and the Informal Sector&#8221;, Le Caire, 4-6 mai 1998.<br \/>\n(5) Pat Horn, <em>Survival Strategies: What Lessons for Engaging NEPAD? Organising the Informal Sector: Lessons for Labour<\/em>, ao\u00fbt 2002.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conf\u00e9rence donn\u00e9e par Dan Gallin, directeur du Global Labour Institute, dans le cadre du s\u00e9minaire R\u00e9formes \u00e9conomiques et d\u00e9veloppement durable en Afrique, Institut Universitaire d&#8217;Etudes du D\u00e9veloppement, Gen\u00e8ve.<\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[9],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72"}],"collection":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=72"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":392,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/72\/revisions\/392"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=72"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=72"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=72"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}