{"id":85,"date":"2009-09-09T16:08:01","date_gmt":"2009-09-09T16:08:01","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2009\/09\/09\/un-nouveau-consensus-capitaliste-en-voie-de-realisation-par-walden-bello-2008\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:05","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:05","slug":"un-nouveau-consensus-capitaliste-en-voie-de-realisation-par-walden-bello-2008","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2009\/09\/09\/un-nouveau-consensus-capitaliste-en-voie-de-realisation-par-walden-bello-2008\/","title":{"rendered":"Un nouveau consensus capitaliste en voie de r\u00e9alisation (Walden Bello, 2008)"},"content":{"rendered":"<p>Les \u00e9lites politiques et \u00e9conomiques convergent vers une &#8220;social-d\u00e9mocratie globale&#8221; comme solution \u00e0 la crise \u00e9conomique actuelle. Pourtant, nous avons besoin de plus qu\u2019une gestion sociale du capitalisme, argumente Walden Bello: nous devrions aspirer \u00e0 la lib\u00e9ration sociale. Traduction de Fran\u00e7oise Breault de l&#8217;original anglais &#8220;The Coming Capitalist Consensus&#8221;, publi\u00e9 par <a href=\"http:\/\/www.fpif.org\">Foreign Policy in Focus <\/a>(FPIF), un projet de l\u2019Institute for Policy Studies (Institut d\u2019\u00e9tudes politique). La version fran\u00e7aise a paru pour une premi\u00e8re fois dans <a href=\"http:\/\/www.pressegauche.org\">Presse-toi \u00e0 gauche!<\/a> (Qu\u00e9bec).<\/p>\n<p>Walden Bello, professeur de sciences politiques et sociales de l\u2019Universit\u00e9 des Philippines (Manille) est membre de l\u2019Institut transnational d\u2019Amsterdam et pr\u00e9sident de la Coalition : Freedom from Debt, ainsi qu\u2019analyste senior pour Focus on the Global South. Il est \u00e9galement d\u00e9put\u00e9 du parti Akbayan (le parti socialiste) au parlement des Philippines<!--more-->Il n\u2019est pas surprenant que la rapide d\u00e9t\u00e9rioration de l\u2019\u00e9conomie globale combin\u00e9e avec l\u2019arriv\u00e9e au pouvoir d\u2019un pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis afroam\u00e9ricain lib\u00e9ral ait suscit\u00e9 chez des millions de personnes l\u2019espoir que le monde entre dans une nouvelle \u00e8re. Quelques-unes des nominations du pr\u00e9sident Barack Obama \u2013 en particulier l\u2019ex-secr\u00e9taire au Tr\u00e9sor, Larry Summers pour pr\u00e9sider le Conseil \u00e9conomique national, le chef du Comit\u00e9 de la r\u00e9serve f\u00e9d\u00e9rale de New-York, . Tim Geithner, \u00e0 la t\u00eate du Tr\u00e9sor, et l\u2019ex-maire de Dallas, Ron Kirk comme repr\u00e9sentant au commerce \u2013 ont certainement suscit\u00e9 quelque scepticisme. Mais l\u2019impression que les vieilles formules n\u00e9olib\u00e9rale sont compl\u00e8tement discr\u00e9dit\u00e9es ont convaincu plusieurs que le nouveau leadership d\u00e9mocratique dans la plus grande \u00e9conomie du monde va rompre avec les politiques fondamentalistes du march\u00e9 qui ont r\u00e9gn\u00e9 depuis le d\u00e9but des ann\u00e9es 80.<\/p>\n<p>Une importante question, naturellement, est jusqu\u2019\u00e0 quel point cette rupture avec le n\u00e9olib\u00e9ralisme sera d\u00e9cisive et d\u00e9finitive. D\u2019autres questions cependant, visent jusqu\u2019au coeur du capitalisme lui-m\u00eame. Est-ce que la propri\u00e9t\u00e9 publique. l\u2019intervention et le contr\u00f4le sera utilis\u00e9 simplement pour stabiliser le capitalisme, apr\u00e8s quoi ce contr\u00f4le sera redonn\u00e9 aux \u00e9lites corporatives ? Allons-nous voir une deuxi\u00e8me ronde de capitalisme Keyn\u00e9sien, o\u00f9 l\u2019\u00c9tat et les \u00e9lites corporatives collaborent avec le monde du travail bas\u00e9 sur une politique industrielle, de croissance et de salaires \u00e9lev\u00e9s \u2013 bien que cette fois avec une dimension verte ? Ou serons-nous t\u00e9moins du d\u00e9but d\u2019un tournant fondamental dans la propri\u00e9t\u00e9 et le contr\u00f4le de l\u2019\u00e9conomie dans une direction plus citoyenne ? Le syst\u00e8me de capitalisme global pose certainement des limites \u00e0 la r\u00e9forme, mais en aucun autre temps dans ce dernier demi-si\u00e8cle, ces limites n\u2019ont paru plus perm\u00e9ables.<\/p>\n<p>Le Pr\u00e9sident Nicolas Sarkozy de France a d\u00e9j\u00e0 \u00e9nonc\u00e9 sa position. En d\u00e9clarant que \u00able capitalisme du laissez-faire est mort\u00bb il a cr\u00e9\u00e9 un fond strat\u00e9gique d\u2019investissement de 20 milliards d\u2019euros pour promouvoir l\u2019innovation technologique, garder les industries avanc\u00e9es entre les mains fran\u00e7aises, et sauver des emplois. \u00abLe jour o\u00f9 nous ne b\u00e2tirons plus de trains, d\u2019avions, d\u2019automobiles, et de bateaux, que restera-t-il de l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise?\u00bb demanda-t-il r\u00e9cemment. \u00abSouvenirs. Je ne ferai pas de la France une simple r\u00e9serve touristique\u00bb. Cette sorte de politique industrielle agressive dirig\u00e9 en partie dans le but de plaire \u00e0 la traditionnelle classe ouvri\u00e8re blanche, peut \u00eatre rapproch\u00e9e des politiques d\u2019exclusion et anti-immigration avec lesquelles le Pr\u00e9sident fran\u00e7ais a \u00e9t\u00e9 associ\u00e9.<\/p>\n<p><em><strong>La social-d\u00e9mocratie globale<\/strong><\/em><br \/>\nUn nouveau Keyn\u00e9sisme national s\u2019accordant aux vues de Sarkozy, n\u2019est cependant pas la seule alternative disponible aux \u00e9lites globales. \u00c9tant donn\u00e9 le besoin de l\u00e9gitim\u00e9 globale pour promouvoir leurs int\u00e9r\u00eats dans un monde o\u00f9 la balance du pouvoir est d\u00e9plac\u00e9 vers le Sud, les \u00e9lites occidentales doivent rendre plus attrayante une social-d\u00e9mocratie europ\u00e9enne et un \u00abNew Deal\u00bb lib\u00e9ral qu\u2019on pourrait nommer \u00absocial-d\u00e9mocratie globale\u00bb ou SDG.<\/p>\n<p>M\u00eame avant le plein d\u00e9ploiement de la crise financi\u00e8re, les partisans de la SDG avaient d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9 cette position comme une alternative \u00e0 la globalisation n\u00e9olib\u00e9rale en r\u00e9ponse aux stresses et tensions provoqu\u00e9es par cette derni\u00e8re. Une personnalit\u00e9 associ\u00e9e \u00e0 cette alternative, est le premier ministre britannique Gordon Brown, qui avait orchestr\u00e9 la r\u00e9ponse europ\u00e9enne \u00e0 l\u2019effondrement financier par une nationalisation partielle des banques. Largement reconnu comme le parrain du programme \u00abMake Poverty History\u00bb (\u00abRel\u00e9guons la pauvret\u00e9 \u00e0 l\u2019histoire\u00bb) au Royaume-Uni, Brown pendant qu&#8217;il \u00e9tait encore chancelier, a propos\u00e9 ce qu\u2019il a appel\u00e9 une \u00aballiance capitaliste\u00bb entre le march\u00e9 et les institutions de l\u2019\u00c9tat qui reproduirait au niveau global ce que, disait-il, Franklin Roosevelt avait fait pour l\u2019\u00e9conomie nationale : \u00abgarantir les b\u00e9n\u00e9fices du march\u00e9 pendant qu\u2019on en dompte les exc\u00e8s\u00bb Ce doit \u00eatre un syst\u00e8me, a poursuivi Brown, \u00abqui int\u00e8gre tous les b\u00e9n\u00e9fices du march\u00e9 global, et de la fluidit\u00e9 des capitaux, minimise le risque de rupture, maximise les chances pour tous, dont celles des plus vuln\u00e9rables \u2013 en r\u00e9sum\u00e9 la restauration du bien public et de hautes valeurs dans l\u2019\u00e9conomie internationale.\u00bb<\/p>\n<p>Dans l\u2019articulation de ce discours sur la social-d\u00e9mocratie globale, un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne s\u2019est joint \u00e0 Brown, dont, parmi d\u2019autres, l\u2019\u00e9conomiste Jeffrey Sachs, George Soros, ex-secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral Kofi Annan, le sociologue David Held, le \u00abprix Nobel\u00bb Joseph Stiglitz, et m\u00eame Bill Gates. Il y a, \u00e9videment, des diff\u00e9rences dans les positions de ces personnes, mais l\u2019orientation des perspectives est la m\u00eame : proposer un ordre social r\u00e9form\u00e9 et revitaliser un consensus id\u00e9ologique pour le capitalisme global.<br \/>\nVoici quelques-une des propositions-cl\u00e9s avanc\u00e9es par les partisans de la SDG :<\/p>\n<ul>\n<li>La globalisation est essentiellement b\u00e9n\u00e9fique pour le monde;<\/li>\n<li>Les n\u00e9olib\u00e9raux ont simplement \u00e9chou\u00e9 dans le travail de la gestion et de sa vente au public;<\/li>\n<li>Il est urgent de sauver la globalisation d\u2019entre les mains des n\u00e9olib\u00e9raux parce que la globalisation est r\u00e9versible et en fait, est possiblement dans le processus d\u2019\u00eatre renvers\u00e9;<\/li>\n<li>La croissance et l\u2019\u00e9quit\u00e9 peuvent entrer en conflit, et dans ce cas, on doit prioriser l\u2019\u00e9quit\u00e9;<\/li>\n<li>Le libre-\u00e9change peut, en fait, ne pas \u00eatre b\u00e9n\u00e9fique \u00e0 long terme et peut laisser dans la pauvret\u00e9 la majorit\u00e9;<\/li>\n<li>Aussi c\u2019est important pour les accords commerciaux d\u2019\u00eatre subordonn\u00e9s aux conditions sociales et environnementales;<\/li>\n<li>L\u2019unilat\u00e9ralisme doit \u00eatre \u00e9vit\u00e9 et une r\u00e9forme fondamentale des institutions multilat\u00e9rales et des accords doivent \u00eatre entrepris \u2013 un processus qui peut impliquer la suppression ou la neutralisation de quelques-uns, comme, dans le cadre de l\u2019OMC, l\u2019Accord sur les droits des propri\u00e9t\u00e9s intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC);<\/li>\n<li>L\u2019int\u00e9gration sociale globale, ou la r\u00e9duction des in\u00e9galit\u00e9s \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et entre les pays, doit accompagner l\u2019int\u00e9gration du march\u00e9 global.<\/li>\n<\/ul>\n<p>La dette globale des pays en voie de d\u00e9veloppement doit \u00eatre annul\u00e9e ou drastiquement r\u00e9duite, de fa\u00e7on \u00e0 ce que les \u00e9pargnes locales puissent \u00eatre utilis\u00e9es pour stimuler l\u2019\u00e9conomie locale et de l\u00e0, contribuer \u00e0 la reflation globale. La d\u00e9gradation de la pauvret\u00e9 et de l\u2019environnement sont si s\u00e9v\u00e8res qu\u2019un programme massif d\u2019aide, un \u00abPlan Marshall\u00bb du Nord au Sud doit \u00eatre \u00e9tabli \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du cadre des \u00abObjectifs de d\u00e9veloppement du mill\u00e9naire\u00bb; Une \u00abdeuxi\u00e8me r\u00e9volution verte\u00bb doit \u00eatre lanc\u00e9e, sp\u00e9cialement en Afrique, \u00e0 travers l\u2019adoption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e de semences g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es.<\/p>\n<p>D\u2019importants investissements doivent \u00eatre consacr\u00e9s pour diriger l\u2019\u00e9conomie globale vers des sentiers plus soutenables au niveau de l\u2019environnement, avec le gouvernement dans le r\u00f4le de leader \u00ab(Keynesisme vert ou Capitalisme vert\u00bb); L\u2019action militaire pour r\u00e9soudre les probl\u00e8mes doit \u00eatre subordonn\u00e9e \u00e0 la diplomatie et d\u2019un \u00absoft power\u00bb bien que l\u2019intervention militaire humanitaire dans des situations de g\u00e9nocide doit \u00eatre maintenue.<\/p>\n<p><em><strong>Les limites de la social-d\u00e9mocratie globale<\/strong><\/em><br \/>\nLa social-d\u00e9mocratie globale n\u2019a pas re\u00e7u beaucoup de critiques, peut-\u00eatre parce que plusieurs progressistes sont encore en train de se battre dans la derni\u00e8re guerre, c\u2019est-\u00e0-dire contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme. Une critique est urgente et pas seulement parce que la SDG est vraisemblablement le successeur du n\u00e9olib\u00e9ralisme. Plus important, bien que la SDG a quelques \u00e9l\u00e9ments positifs, elle comporte comme le mod\u00e8le de la vieille social-d\u00e9mocratie Keynsesienne, un nombre de traits probl\u00e9matiques.<\/p>\n<p>Une critique peut commencer par souligner les probl\u00e8mes avec quatre des \u00e9l\u00e9ments de la perspective SDG.<\/p>\n<p><strong>Premi\u00e8rement<\/strong>, la SDG partage le biais du n\u00e9olib\u00e9ralisme pour la globalisation, se diff\u00e9renciant principalement par la promesse de promouvoir une globalisation meilleure que celle des n\u00e9olib\u00e9raux. Cela \u00e9quivaut \u00e0 dire cependant, qu\u2019en ajoutant simplement la dimension de \u00ab l\u2019int\u00e9gration sociale globale \u00bb, un processus intrins\u00e8quement socialement et \u00e9cologiquement destructeur et perturbateur peut \u00eatre digestible et acceptable. La SDG prend pour acquis que la population veut r\u00e9ellement faire partie d\u2019une \u00e9conomie globale et fonctionnellement int\u00e9gr\u00e9e o\u00f9 les fronti\u00e8res entre le national et l\u2019international sont disparues. Mais en fait, les gens ne pr\u00e9f\u00e8rent-ils pas faire partie d\u2019\u00e9conomies soumises au contr\u00f4le local et sont ne sont-ils pas rebut\u00e9s par les flous de l\u2019\u00e9conomie internationale ? En r\u00e9alit\u00e9, la trajectoire descendante actuelle des \u00e9conomies interconnect\u00e9es confirme la validit\u00e9 d\u2019une des principales critiques du processus de globalisation par le mouvement antiglobalisation.<\/p>\n<p><strong>Deuxi\u00e8mement<\/strong>, la SDG partage la pr\u00e9f\u00e9rence du n\u00e9olib\u00e9ralisme pour le march\u00e9 comme principal m\u00e9canisme de production, de distribution et de consommation, se diff\u00e9renciant principalement en pr\u00e9conisant l\u2019intervention de l\u2019\u00c9tat pour r\u00e9gler les \u00e9checs du march\u00e9. La sorte de globalisation que le monde a besoin, selon Jeffrey Sachs, dans son livre <em>The End of Poverty<\/em>, (La fin de la pauvret\u00e9), passe par le \u00ab harnachement&#8230;.du pouvoir remarquable du commerce et de l\u2019investissement tout en reconnaissant, corrigeant et compensant ses limites par une action collective. \u00bb Cela est tr\u00e8s diff\u00e9rent de dire que les citoyens et la soci\u00e9t\u00e9 civile doivent prendre les d\u00e9cisions \u00e9conomiques importantes et que le march\u00e9, comme la bureaucratie de l\u2019\u00c9tat, est seulement un m\u00e9canisme pour mettre en oeuvre les d\u00e9cisions prises d\u00e9mocratiquement.<\/p>\n<p><strong>Troisi\u00e8mement<\/strong>, la SDG est un projet technocratique, avec des experts concevant et for\u00e7ant des r\u00e9formes par le haut sur la soci\u00e9t\u00e9 au lieu d\u2019\u00eatre un projet participatif o\u00f9 les initiatives sont propos\u00e9es du bas vers le haut.<\/p>\n<p><strong>Quatri\u00e8mement<\/strong>, la SDG, tout en critiquant le n\u00e9olib\u00e9ralisme, accepte le cadre du capitalisme de monopole, qui profite fondamentalement des profits tir\u00e9s de la plus value du travail par l\u2019exploitation, qui va de crise en crise du \u00e0 ses tendances intrins\u00e8ques vers la surproduction, et qui tend \u00e0 pousser l\u2019environnement \u00e0 ses limites dans la recherche de profits. Tout comme le Keynesisme traditionnel dans l\u2019ar\u00e8ne nationale, la SDG recherche dans l\u2019ar\u00e8ne globale un nouveau compromis de classe qui serait accompagn\u00e9 par de nouvelles m\u00e9thodes pour contenir ou minimiser la tendance vers les crises du capitalisme. Tout comme la vieille social-d\u00e9mocratie et le New-Deal ont stabilis\u00e9 le capitalisme national, la fonction historique de la social-d\u00e9mocratie globale serait de minimiser les contradictions du capitalisme global contemporain et de le rel\u00e9gitimer apr\u00e8s la crise et le chaos laiss\u00e9s par le n\u00e9olib\u00e9ralisme. SDG rel\u00e8ve, \u00e0 sa racine, de la gestion sociale.<\/p>\n<p>Obama a le talent pour \u00e9tablir des ponts entre les discours politiques diff\u00e9rents. Il est aussi une \u00ab table rase \u00bb en ce qui concerne l\u2019\u00e9conomie. Comme Franklin Roosevelt, il n\u2019est pas li\u00e9 par les formules de l\u2019ancien r\u00e9gime. Il est un pragmatique dont le crit\u00e8re-cl\u00e9 est le succ\u00e8s de la gestion sociale. Comme tel, il se trouve dans une position unique pour diriger cet ambitieux programme r\u00e9formiste.<\/p>\n<p><em><strong>La gauche doit se r\u00e9veiller<\/strong><\/em><br \/>\nPendant que les progressistes \u00e9taient pleinement engag\u00e9s dans la guerre contre le n\u00e9olib\u00e9ralisme, la r\u00e9flexion r\u00e9formiste s\u2019\u00e9laborait dans les cercles plus critiques de l\u2019establishment. Cette r\u00e9flexion est sur le point de devenir politique, et les progressistes doivent redoubler de travail pour s\u2019impliquer. Ce n\u2019est pas seulement une question de passer de la critique \u00e0 des solutions. Le d\u00e9fi est de d\u00e9passer les limites de l\u2019imagination politique progressiste impos\u00e9e par l\u2019agressivit\u00e9 du d\u00e9fi n\u00e9olib\u00e9ral des ann\u00e9es 1980, combin\u00e9 \u00e0 l\u2019effondrement des r\u00e9gimes socialistes bureaucratiques dans les ann\u00e9es 1990. Les progressistes devraient courageusement aspirer une fois de plus \u00e0 un mod\u00e8le d\u2019organisation sociale qui vise \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 et au contr\u00f4le d\u00e9mocratiquement participatif de l\u2019\u00e9conomie nationale et de l\u2019\u00e9conomie globale comme pr\u00e9-requis pour une libert\u00e9 collective et individuelle.<\/p>\n<p>Tout comme le vieux r\u00e9gime Keynesien d\u2019apr\u00e8s-guerre, la social-d\u00e9mocratie globale vise la gestion sociale. En contraste, la perspective progressiste vise la lib\u00e9ration sociale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les \u00e9lites politiques et \u00e9conomiques convergent vers une &#8220;social-d\u00e9mocratie globale&#8221; comme solution \u00e0 la crise \u00e9conomique actuelle. Pourtant, nous avons besoin de plus qu\u2019une gestion sociale du capitalisme, argumente Walden Bello: nous devrions aspirer \u00e0 la lib\u00e9ration sociale. 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