{"id":92,"date":"2010-03-04T15:31:45","date_gmt":"2010-03-04T15:31:45","guid":{"rendered":"http:\/\/global-labour.info\/fr\/2010\/03\/04\/critiques-commentaires\/"},"modified":"2022-03-11T14:21:05","modified_gmt":"2022-03-11T14:21:05","slug":"critiques-commentaires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/global-labour.info\/fr\/2010\/03\/04\/critiques-commentaires\/","title":{"rendered":"Sur la difficult\u00e9 d&#8217;\u00eatre l&#8217;interlocuteur du capitalisme mondialis\u00e9: un recueil de textes de Dan Gallin (Andr\u00e9 Gavillet et al, 2009)"},"content":{"rendered":"<p>Le syndicalisme international face aux structures concentr\u00e9es du capitalisme est un contre-pouvoir n\u00e9cessaire, mais difficile. Dan Gallin s\u2019y est consacr\u00e9 pendant trente ans. Dans un ouvrage \u00e9dit\u00e9 avec go\u00fbt et grand soin par le Coll\u00e8ge du travail, il pr\u00e9sente son combat et ses exp\u00e9riences: Fil rouge. Exp\u00e9riences et \u00e9crits sur le syndicalisme international, 2009.<\/p>\n<p><strong>Le combat syndical \u00e0 l\u2019\u00e9chelle internationale<\/strong><br \/>\nLes multinationales jouent, faisant tourner le planisph\u00e8re, de la diversit\u00e9 des sites; elles localisent et d\u00e9localisent. Au si\u00e8ge, l\u2019\u00e9tat-major de direction prend les d\u00e9cisions strat\u00e9giques et centralise les b\u00e9n\u00e9fices ou les investit sur place. Le souci d\u2019efficacit\u00e9 voudrait que les syndicats s\u2019organisent sym\u00e9triquement. D\u2019une part le terrain, celui des conventions collectives n\u00e9goci\u00e9es; d\u2019autre part, en interlocuteurs de la holding, les questions g\u00e9n\u00e9rales. Mais ce sch\u00e9ma est th\u00e9orique. Si le capital accepte (non sans r\u00e9ticences, selon les lieux de production) la discussion des conditions de travail, il ne tol\u00e8re pas que soit contest\u00e9e sa planification.<\/p>\n<p><strong>Formation<\/strong><br \/>\nToute soci\u00e9t\u00e9 offre, pour acc\u00e9der aux postes de responsabilit\u00e9, une \u00e9chelle sociale et un cheminement \u00e9prouv\u00e9. Mais ce parcours correct \u00e9mousse l\u2019inventivit\u00e9. D\u2019o\u00f9 l\u2019apport pr\u00e9cieux de ceux qui ont eu \u00e0 conna\u00eetre et \u00e0 choisir d\u2019autres cultures. Dan Gallin est de ceux-l\u00e0. Ce qui justifie quelques rep\u00e8res biographiques.<\/p>\n<p>Les enfants de diplomate sont contraints de subir le nomadisme de la fonction paternelle. Le p\u00e8re de Dan Gallin repr\u00e9sentait la Roumanie comme consul g\u00e9n\u00e9ral d\u2019abord \u00e0 Lwow (Pologne), puis \u00e0 Hambourg, et enfin \u00e0 Berlin en 1940. Mais pour que son fils n\u2019ait pas \u00e0 subir une \u00e9ducation sous influence nazie, il l\u2019inscrivit dans une \u00e9cole fran\u00e7aise et catholique, quoique sa famille f\u00fbt de religion orthodoxe et sa m\u00e8re de culture allemande. En fin de compte, mieux valait fuir l\u2019Allemagne. En 1943, ses parents choisirent Le Rosey, l\u2019internat rollois o\u00f9 furent (sont) form\u00e9s les enfants de la haute soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne et orientale. Dan Gallin dit y avoir re\u00e7u une \u00e9ducation \u00abpointue\u00bb. Puis, rejoignant les fili\u00e8res traditionnelles, il pr\u00e9para \u00e0 Lausanne \u00e0 l\u2019Ecole L\u00e9mania une maturit\u00e9 f\u00e9d\u00e9rale. Attir\u00e9, hors programme, par le surr\u00e9alisme et le trotskisme.<\/p>\n<p>Boursier de l\u2019Universit\u00e9 du Kansas, il bourlingue aux USA qu\u2019il parcourt\u2026 en autostop, et entre en contact avec une branche du trotskisme, l\u2019ISL (Independent Socialist League). Ce qui lui vaudra d\u2019\u00eatre rep\u00e9r\u00e9 par le FBI. Son visa \u00e9chu et non prolong\u00e9, il rentre \u00e0 Gen\u00e8ve \u00abchez ses parents\u00bb, adh\u00e8re au parti socialiste suisse, apr\u00e8s avoir \u00e9cart\u00e9 l\u2019id\u00e9e de faire une carri\u00e8re politique. Le mouvement syndical, en revanche, offre de mani\u00e8re plus directe des possibilit\u00e9s d\u2019action face au capitalisme. Apr\u00e8s quelques contestations et l\u2019ach\u00e8vement de ses \u00e9tudes de sociologie, il devient secr\u00e9taire de l\u2019UITA (Union internationale des travailleurs de l\u2019alimentation). Il s\u2019y consacre enti\u00e8rement, y apportant et son originalit\u00e9 hors des cheminements battus et son r\u00e9alisme.<\/p>\n<p><strong>Les sigles et les grandes victoires <\/strong><br \/>\nQui, lisant un ouvrage scientifique ou politique, n\u2019a pas eu recours occasionnellement \u00e0 la table des sigles? Mais pour suivre l\u2019histoire du syndicalisme international, il faut s\u2019avancer dans une jungle de majuscules et savoir distinguer le CESA du CES, ou la CISC de la CISL, quand ce n\u2019est pas la CIA, elle, universellement connue. Ce jeu de sigles a un sens, il traduit la guerre des centrales. D\u2019abord, reflet de la guerre froide, l\u2019opposition entre les appareils d\u2019ob\u00e9dience sovi\u00e9tique et les syndicats libres, mais encore il traduit la m\u00e9fiance des Am\u00e9ricains envers les syndicats qui, en Am\u00e9rique latine notamment, sont surveill\u00e9s par la CIA. On lit aussi dans les sigles la volont\u00e9 de Bruxelles de soutenir des syndicats qui seront les interlocuteurs privil\u00e9gi\u00e9s de la Commission europ\u00e9enne. Et dans ces luttes de pouvoir des appuis sont d\u00e9cisifs, par exemple celui des syndicats nord-am\u00e9ricains des bouchers, des boulangers.<\/p>\n<p>Mais l\u2019alimentation a vu se constituer des g\u00e9ants de la production et de la distribution. L\u2019UITA fut amen\u00e9e \u00e0 les affronter pour d\u00e9fendre l\u2019existence de syndicats locaux. Des batailles furent gagn\u00e9es parce que ces multinationales \u00e9taient mondialement connues sous leur nom, porteur de leur publicit\u00e9 \u2013 Coca-Cola, Nestl\u00e9 \u2013 et donc expos\u00e9es \u00e0 une d\u00e9t\u00e9rioration d\u2019image. Les plus belles victoires furent celles o\u00f9 joua la solidarit\u00e9 syndicale. A citer, celle remport\u00e9e sur Nestl\u00e9 qui voulait la dissolution d\u2019un syndicat au P\u00e9rou et qui c\u00e9da sous la menace d\u2019une gr\u00e8ve illimit\u00e9e dans son usine-phare de fabrication de lait en poudre\u2026 en Nouvelle-Z\u00e9lande.<\/p>\n<p>L\u2019UITA ne n\u00e9gocie pas directement mais veille \u00e0 ce que les droits syndicaux soient respect\u00e9s. A l\u2019interne, il faut s\u2019assurer que les d\u00e9cisions sont prises d\u00e9mocratiquement, que les femmes sont associ\u00e9es aux d\u00e9cisions. Dans ce combat, le syndicalisme international peut aussi s\u2019appuyer sur l\u2019OIT (Organisation internationale du travail) qui, issue des Nations Unies, veille par le droit international \u00e0 faire respecter la dignit\u00e9 des travailleurs.<\/p>\n<p><strong>Quel socialisme? <\/strong><br \/>\nEn d\u00e9cembre 2000, r\u00e9pondant \u00e0 un tous-m\u00e9nages de Christoph Blocher, Dan Gallin publie un essai Qu\u2019est-ce que le socialisme? Il parut dans Domaine Public et fut encart\u00e9 dans Le Temps.<br \/>\nLes simplismes bloch\u00e9riens consistaient \u00e0 affirmer que le socialisme \u00e9tait essentiellement liberticide, de la m\u00eame famille que le fascisme ou le stalinisme. Il \u00e9tait n\u00e9cessaire de corriger les erreurs de fait, voire les contre-sens dans l\u2019interpr\u00e9tation des textes cit\u00e9s.<\/p>\n<p>Mais \u00e0 l\u2019occasion de cette rectification, au sens fort du terme, Dan Gallin rend hommage aux socialistes qui ont inspir\u00e9 son propre engagement. Notamment \u00e0 ces hommes, tel Victor Serge, qui eurent, avec un courage intellectuel exceptionnel, \u00e0 faire front contre le stalinisme, et contre l\u2019ordre capitaliste. Les M\u00e9moires d\u2019un r\u00e9volutionnaire de Victor Serge demeurent un t\u00e9moignage capital de cet engagement. Quelque chose de cet esprit, et libertaire et organisationnel, se retrouve, trace trotskiste, chez Gallin. On pourrait la d\u00e9finir: une intransigeance non sectaire.<\/p>\n<p><em>La reproduction de cet article est autoris\u00e9e et gratuite, mais selon les modalit\u00e9s du pr\u00e9sent contrat Creative Commons: activer un lien vers la page ou citer l&#8217;URL de celle-ci, <a href=\"http:\/\/www.domainepublic.ch\/files\/articles\/html\/10270.shtml\">http:\/\/www.domainepublic.ch\/files\/articles\/html\/10270.shtml <\/a>&#8211; Merci<\/em><\/p>\n<p><em>Domaine Public: <\/em><a href=\"http:\/\/www.domainepublic.ch\"><em>http:\/\/www.domainepublic.ch<\/em><\/a><\/p>\n<hr style=\"height: 1px;background-color: gray\" \/>\n<p><strong>Prol\u00e9taires de tous les pays&#8230;<\/strong><br \/>\nC\u2019est une riche id\u00e9e qu\u2019a eu le Coll\u00e8ge du Travail \u00e0 Gen\u00e8ve de rassembler et d\u2019\u00e9diter une vingtaine de textes de Dan Gallin couvrant ses \u00e9crits sur le syndicalisme international au cours des trente derni\u00e8res ann\u00e9es. Le livre a \u00e9t\u00e9 fort bien \u00e9dit\u00e9 et illustr\u00e9, ce qui rend sa lecture particuli\u00e8rement agr\u00e9able.<\/p>\n<p>Les lecteurs et lectrices de Pages de gauche pourront retrouver dans cet ouvrage la prose de celui qui est membre du comit\u00e9 de notre association et contributeur r\u00e9gulier dans ces pages. Les textes rassembl\u00e9es comportent deux longues interview sur le travail de Gallin en tant que secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union internationale des travailleurs de l\u2019alimentation (UITA), une des principales organisations syndicales internationales. Il y revient notamment sur une des c\u00e9l\u00e8bres actions de l\u2019UITA qui avait \u00e9t\u00e9 l\u2019organisation d\u2019un boycott international de Coca-Cola pour forcer la firme am\u00e9ricaine \u00e0 mettre fin aux assassinats de syndicalistes au Guatemala et \u00e0 y reconna\u00eetre le syndicat. Dan traite \u00e9galement des enjeux actuels du syndicalisme international, notamment en lien avec les transformations de la classe ouvri\u00e8re (informalisation du travail, f\u00e9minisation, etc.) et du capitalisme.<\/p>\n<p>Les autres textes portent sur l\u2019histoire du mouvement ouvrier au XX\u00e8me si\u00e8cle dans une perspective social-d\u00e9mocrate que l\u2019on peut qualifier de \u00ab socialisme d\u00e9mocratique du troisi\u00e8me camp \u00bb (ni dans le camp du capitalisme, ni dans celui du stalinisme, mais dans celui de la classe ouvri\u00e8re). On y retrouvera notamment la r\u00e9ponse tr\u00e8s document\u00e9e (publi\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque par Domaine public) que Gallin avait faite au pamphlet anti-socialiste de Christoph Blocher. Ses rappels sur l\u2019histoire du mouvement ouvrier et du parti socialiste suisse en particulier sont extr\u00eamement utiles.<\/p>\n<p>Gallin a le grand m\u00e9rite de combiner \u00e0 la fois une connaissance \u00e9rudite de l\u2019histoire et de la th\u00e9orie du mouvement ouvrier avec un engagement syndical de longue dur\u00e9e et donc une connaissance concr\u00e8te des situations des travailleuses et travailleurs \u00e0 travers le monde. Il nous rappelle \u00e0 cet \u00e9gard la n\u00e9cessit\u00e9 permanente pour le mouvement syndical comme pour le parti socialiste de conna\u00eetre sa propre histoire et surtout de former ses militant-e-s et ses cadres. Cet ouvrage est assur\u00e9ment une contribution de premi\u00e8re qualit\u00e9 \u00e0 une telle entreprise d\u2019\u00e9ducation socialiste.<\/p>\n<p>Dan Gallin,<em> Fil rouge. Exp\u00e9riences et \u00e9crits sur le syndicalisme international, <\/em>Gen\u00e8ve, Coll\u00e8ge du Travail, 2009.<\/p>\n<p>Romain Felli,<em>\u00a0 <a href=\"http:\/\/www.pagesdegauche.ch\">Pages de Gauche<\/a>, <\/em>No. 85 (Mars 2010)<\/p>\n<hr style=\"height: 1px;background-color: gray\" \/>\n<p><strong>Un puits de science syndicale\u2026<\/strong><br \/>\n<strong> par Christophe Koessler, dans <a href=\"http:\/\/www.evenement.ch\">L&#8217;Ev\u00e9nement syndical<\/a>, 10 mars 2010<\/strong><br \/>\n<em>Trente d\u2019ans d\u2019exp\u00e9rience de syndicalisme international r\u00e9sum\u00e9s en un livre. Dan Gallin confie son histoire et ses riches r\u00e9flexions<\/em><\/p>\n<p>Trente ans pass\u00e9s au sein des bureaucraties syndicales n\u2019auront pas alt\u00e9r\u00e9 son sens critique, ni son franc parl\u00e9: \u00abLe partenariat social appartient au pass\u00e9, m\u00eame dans les pays o\u00f9 les syndicats ont \u00e9t\u00e9 les plus forts (\u2026) Maintenir une apparence de n\u00e9gociation sans pouvoir de n\u00e9gociation est une pure illusion, non une strat\u00e9gie de lutte.\u00bb Si Dan Gallin, ex-secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Union internationale des travailleurs de l\u2019alimentation (UITA) ne fait pas l\u2019unanimit\u00e9 au sein des syndicats, il a le m\u00e9rite de pr\u00e9senter une vision coh\u00e9rente, document\u00e9e et bas\u00e9e sur une large exp\u00e9rience. Dans son livre, <em>Fil Rouge: exp\u00e9riences et \u00e9crits sur le syndicalisme international,<\/em> publi\u00e9 fin 2009*, le militant rassemble quelques-uns de ses meilleurs textes, ainsi qu\u2019une large interview sur son exp\u00e9rience syndicale et son parcours. Ce document est aussi le fruit de plus de dix ans d\u2019analyses men\u00e9es au sein du Global labour institute (GLI), centre de r\u00e9flexion sur le syndicalisme international et la mondialisation, qu\u2019il a fond\u00e9 dans les ann\u00e9es 1990 \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p><strong>Crise du syndicalisme<\/strong><br \/>\nSi ce patchwork peut rebuter par son h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9, sa lecture se r\u00e9v\u00e8le passionnante pour tous ceux qui veulent sortir le syndicalisme de son horizon parfois trop \u00e9triqu\u00e9. Comme quand Dan Gallin nous rappelle les raisons principales de la crise que traverse le mouvement syndical \u00e0 l\u2019\u00e9chelle mondiale et l\u2019a rendu si faible. Bien s\u00fbr, la mondialisation et l\u2019internationalisation du capital sont pass\u00e9es par l\u00e0, alors que le pouvoir social et politique des travailleurs reste confin\u00e9 dans les limites des Etats nationaux. Mais les syndicats se sont affaiblis bien avant, analyse l\u2019auteur: d\u00e9cim\u00e9s par la Seconde Guerre mondiale, ils se sont ensuite reconstruits en perdant leur ind\u00e9pendance et leur radicalit\u00e9: \u00abDans l\u2019Europe de l\u2019apr\u00e8s-guerre, tous les gouvernements d\u00e9mocratiques ont commenc\u00e9 par \u00eatre favorable aux revendications ouvri\u00e8res, et les syndicats affaiblis se sont mis dans une situation de tr\u00e8s forte d\u00e9pendance envers les pouvoirs publics. Ils n\u2019aspiraient plus \u00e0 repr\u00e9senter une soci\u00e9t\u00e9 alternative. Dans la paix et la prosp\u00e9rit\u00e9 retrouv\u00e9es, le mouvement syndical avait d\u00e9pos\u00e9 toutes ses armes id\u00e9ologiques et politiques.\u00bb Puis avec le d\u00e9veloppement du secteur tertiaire, les syndicats ont perdu en importance, ne parvenant pas \u00e0 s\u2019y implanter\u2026<\/p>\n<p><strong>Alliances et combat<\/strong><br \/>\nLes syndicats sont-ils donc condamn\u00e9s \u00e0 l\u2019impuissance? Non, pour Dan Gallin, ils sont d\u2019ailleurs les seuls \u00e0 pouvoir arr\u00eater la folie du capitalisme qui d\u00e9truit la plan\u00e8te: \u00abLe mouvement syndical doit-il sauver l\u2019humanit\u00e9? Oui \u00e9videmment. Il n\u2019y a aucune autre force sociale qui ait le potentiel d\u2019atteindre cet objectif, le seul qui compte aujourd\u2019hui.\u00bb Mais bien s\u00fbr pas sans alliances. Un chapitre est consacr\u00e9 \u00e0 la collaboration souvent conflictuelle et pourtant essentielle avec les Organisations non gouvernementales (ONG), notamment sur la question des droits humains au sens large. Pour lui, nombre d\u2019entre elles font d\u2019ailleurs partie du mouvement ouvrier, sujet dont il dresse l\u2019histoire dans le livre. Un combat essentiel commun avec les ONG: la lutte contre le pouvoir sans mesures des multinationales, dont il a fait un axe prioritaire de sa lutte au sein de son organisation syndicale internationale. Les r\u00e9cits de batailles men\u00e9es contre Coca-Cola et Nestl\u00e9 et les gr\u00e8ves de solidarit\u00e9 qui ont eu lieu en Europe en faveur des camarades sud-africains sont des petits bijoux de l\u2019histoire syndicale, trop souvent oubli\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>Rupture et socialisme<\/strong><br \/>\nMais pour Dan Gallin, il faut aller plus loin, et \u00abredevenir une menace\u00bb, gr\u00e2ce \u00e0 une politique de rupture: \u00abJe crois personnellement qu\u2019un capitalisme bienveillant et durable est une illusion (&#8230;). Toute la politique, toutes les activit\u00e9s et les priorit\u00e9s du mouvement syndical devraient \u00eatre revues dans une nouvelle perspective, celle du changement de syst\u00e8me\u2026\u00bb<\/p>\n<hr style=\"height: 1px;background-color: gray\" \/>\n<p><em>* Fil rouge, exp\u00e9riences et \u00e9crits sur le syndicalisme international, <\/em>Coll\u00e8ge du travail, 2009, 33 francs. Peut \u00eatre command\u00e9 \u00e0 l\u2019adresse: <a href=\"mailto:collegedutravail@bluewin.ch\">collegedutravail@bluewin.ch<\/a> ou au num\u00e9ro 022 328 64 95.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le syndicalisme international face aux structures concentr\u00e9es du capitalisme est un contre-pouvoir n\u00e9cessaire, mais difficile. Dan Gallin s\u2019y est consacr\u00e9 pendant trente ans. Dans un ouvrage \u00e9dit\u00e9 avec go\u00fbt et grand soin par le Coll\u00e8ge du travail, il pr\u00e9sente son combat et ses exp\u00e9riences: Fil rouge. Exp\u00e9riences et \u00e9crits sur le syndicalisme international, 2009. 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